‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 4 sur 96 · LIVRE XIX. CHAPITRE I. O · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. CHAPITRE I. O

attroupements se .former de toutes parts pour abattre des croix ou des fleurs de lis, des mascarades et des cavalcades sillonnaient les boulevards. Ce jour là aussi eut lieu le sac de rarchevêché; pas un meuble, pas un lambris du palais archiépiscopal ne resta debout; on jeta pele-méle par les fenêtres, dans les cours , puis dans la Seine, les livres précieux, les tableaux rares, les tentures qui en faisaient l'ornement. Ces débris amoncelés devinrent la proie des flammes, et Tarchevêché ne fut évacué que lorsque les murs seuls restèrent. La maisqn de campagne de l'archevêque, située à Conflans, fut dé* vastée de fond en comble. Impuissants ou frappés de ter* reur, les maires de Paris, suivirent l'exemple de leur collègue du quatrième arrondissement et firent abattre dans les églises de leurs quartiers toutes les croix surmontées de fleurs de lis. ,

L'excès du mal engendra la force de s'y soustraire. Le i4 mars i83i le ministère fut confié aux mains de Casimir Périer, qui entreprit de contenir la révolution et de l'assujettir au frein d,es lois. Cette œuvre de rés^* tance souleva dans le sein des Chambres, dans les jour* naux, les plus violentes tempêtes; mais la pensée du pouvoir prévalut. Insensiblement l'ordre matériel commença à se rétablir, le crédit à renaître.

Casimir Périer, qui donnait l'impulsion au gouvernement, comprima sans, combat deux émeutes parisiennes qui menaçaient d'emporter la monarchie . La première eut lieu le 1 4 juillet i83i ; le parti républicain voulait, en mémoire de la prise de là Bastille, planter des arbres de liberté sur les principales places ; le ministère résolut de s'opposer à cette manifestation^ qui pouvait amener

une attaque contre le gouvernement; il déploya de grandes forces sur tous les points, et les républicains furent forcés de se disperser. La seconde eut lieu le i6 sep» tembre suivant et fut causée par la nouvelle de la prise de Varsovie, qui produisit dans toute la ville une douleur inexprimable. IjC Palais-Royal fut envahi par une foule d^ jeunes gens, le crêpe au bras, criant : « Vive la Pologne 1 A bas le ministère! » Les uns lisaient les journaux à là multitude irritée, les autres appelaient les citoyens auk armes « pour venger l'héroïque Pologne lâchement aban-^ donnée. » On fit fermer les théâtres ; on pilla quelques boutiques d'armuriers; on commença des barricades. Le lendemain le gouvernement déploya les mesures les plus vigoureuses, et, en enveloppant de troupes kt chambré des Députés et le Palais-Royal, parvint à apaiser ce redoutable tumulte.

Grâce à l'énergie impétueuse de Casimir Périer l'hiver de t83i à, i83:2 se passa sans troubles inquiétants. Paris reprit ses habitudes de plaisirs, et, encore bien que la noblesse continuât à bouder le nouveau régime et les étrangers à se. tenir éloignés de la capitale, les théâtres, les ^lles de baU tous les Ueux d'amusement public' furent presque continuellement remplis ; le commerce r^it quelque prospérité.

De nouvelles catastrophes vinrent émouvoir la population. Le ââ mars 1 832, le choléra asiatique éclata pour la première fois à Paris ; en quelques jours les ravages du fléau devinrent très*intenses ; l'administration des secours^ imparfaitement organisée, fut prise au dépourvu , et les multitudes pauvres et ignorantes, au lieu de se résigner et de se courber sous la main de Dieu, s'imaginèrent, dansleiir

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démence, que les classes riches avaient médité d'empoisonner le peuple. Le i^' avril se formèrent des rassemblements de chiffonniers. Ces hommes se crurent lésés sans nécessité dans leur industrie par des mesures d'assainissement et de propreté que l'autorité avait prescrites ; ils s'opposèrent à* l'enlèvement des immondices; ils chassèrent les balayeurs, attaquèreàt et lûirent en pièces les voitures inventées pour rendre plus prompt l,e nettoiement des rues. Ces ^olences furent réprimées , et toutefois l'autorité eut le tort d'ajouter^ pour sa part, une sorte de. confiance aux bruits absurdes d'un empoisonnement public. Sous l'empire de ces préoceupatioBs- fatales il y eut quelques massacres commis par des attroupements, et un cer* tam. nombre de victimes succombèrent à la fureur du peuple. On revint de! cette funeste méprise, on atccepta l'évidence du fléau ; mais les transactions commerciales furent pairàlyséesy l'activité suspendue, et, les ravages du choléra augmentant dans utie proportion rapide, la plupart des familles riches- se hâtèrent de déserter Paris. Parmi .les personnes illustres que la contagion emporta on remarqua le baron Cuvier et Casimir Périer.

Le sociétés politiques n'avaient point ralenti leurs manc^vreè. On*vit éclater coup sur coup le complot réj)ubKcâih dés tours de Notre-Dame, la conspiration légitimiste de la rue des Prouvaires et la formidable insurreelâondes 6 et 6 juin^ Elle' eut lieu à l'occasion des eh* sècpiés.du général Lsftnarque. Le 5 juin, vers dix heures, cotnniénça la marche du cortège funèbre ; tous les corps politiques et toutes les sociétés d'action y avaient pris rang. A la hauteur de la place Vendôme le convoi fut. détmirné de >forçe ^ et k^ membres des clubs promenèrent

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le cercueil autour de la colonne. Vers le point du boule* vard où aboutit la rue dç Grammont, M. le duc deFitz- James , placé à un balcon, refusa de se découvrir, malgré les clameurs de la foule. Alors des débris de chaises et des pierres furent lancés contre la maison dont les vitres volèrent en éclats ; sur d'autres points des rixes eurent lieu avec des sergents de ville qui gardaient le chapeau sur la tête. Arrivé au pont d'Austerlitz, sur la rive droite de laSoine, le char funèbre s'arrêta au pied d'une estrade tendue en noir, ornée de drapeaux réunis en trophées et destinée à servir de tribune aux orateurs ; là furent prononcées diverses harangues par des personnages français et étrangers que leurs antécédents révolutionnaires rendaient célèbres; les orateurs parlaient encore que déjà la confusion et le désordre régnaient dans la foule. Les ordonnateurs du cortège voulaient transporter le corps du général Lamarque à Saint-Sever; les républicains manifestaient lé vœu de l'inhumer au Panthéoi^ En cet instant parut un individu à cheval, entouré d'une ceinture rouge et promenant au milieu de la multitude stupéfaite un drapeau rouge avec cette inscription : La liberté ou la mort ! Ailleurs un démagogue déployait un autre drapeau de la même couleur, surmonté d'un bonnet rouge. A la vue de ces insignes, qui rappelaient les hideux souvenirs de 1793, une grande partie des spectateurs s'indignèrent ; les autres poussèrent des clameurs factieuses. On porta le général La Fayette, malgré lui, dans un Sacrtqui se trouvaità peu de distance, et on essaya de le ramener triomphalement à son domicile. Deux escadrons de dragons s'étant alors montrés à la hauteur de la caserne de Sully, on les accueillit à coups de feu, et bientôt après la lutte s'engagea

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aux abords de la Bastille . Les dragons^ qui comptaient déjà plusieurs blessés, firent une décharge et balayèrent la rue de l'Arsenal ; les insurgés n'en continuèrent pas moins le feu par les fenêtres du pavillon de Sully et du Grenier d'Abondance. Deux heures après, le mouvement de révolte s'étant* propagé jusque dans les quartiers des Halles, la guerre civile déploya toutes ses horreurs. Vers le soir (5 juin) un grand nombre de postes étaient au pouvoir des insurgés; leurs attroupements menaçaient la Banque, l'hôtel des Postes, la caserne des Petits-Pères; les rues du Temple, Saint- Martin , Saint- Denis , Montmartre, du Petit-Reposoir, étaient coujpéesde barricades. Sur la rive gauche l'émeute avait enlevé le corps de garde de la place Maubert et refoulé la garde municipale dans la direction de la barrière d'Enfer, En ce moment les troupes de la garnison recevaient des renforts des villes voisines et se mettaient en mesure de charger vigoureusement les rebelles. On se battit avec opiniâtreté de part et d'autre ; le boulevard fut dégagé par la troupe, mais la nuit suspendit le combat . Le 6 juin , dès trois heures du matin, on engagea de nouveau la lutte. A cinq heures les insurgés étaient refoulés d'un cotéà la place de la Bastille et dans le faubourg Saint-Antoine, de l'autre dans les rues Aubry-le-Boucher, Saint-Martin, Planche-Mibray et des Arcis. Entre six et sept heures de nouveaux renforts d'artillerie, d'infanterie et decavalerie, arrivèrent de Vincennes, de Saint-Cloudet de Versailles. A sept heures le corps d'armée aux ordres du général Schramm attaqua et enleva les barricades de la Bastille et du faubourg Saint-Antoine; cette affaire fut très-chaude et très- meurtrière. D'autres collisions eurent lieu sur les

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boulevards et les insurgés furent successivemsnt cernés et vaincus. Restàil la position de Saint-Mcrry, rue Aubry-le-Boucher, la rue des Aréis et la i^ue Planche-Mibray, occupées par les républicains et coupées pair de haulxs et fortes barricades. On employa le canon pour les réduire. Ces scandales durèrent plusieurs années.'

Le lendemain on mit Paris en état de siège ; i'éqole d'Alfort et l'École polytedmique furent dissoutes ^ ainsi que rarlillerie de la garde nationdle, et, par uûe.ordoninance de police, injonction fut faite aux médecins et^chi^ rurgiens d'avoir à donner les noms et demeures de; tout blessé confié à leurs soins. Cette ordonnance souleva: de toutes parts des marques non équivoques <Je réprcAation et fut retirée presque aussitôt après Bvoir été promulguée.

I^sconsfeils de guerre s'assemblèrent piour juger les coupables ; la Cour de cassation, saisie des pourvois;, proclama que la mise en état de siège était illégale,, et les accusés furent renvoyés' devant les cours d^aasisesi.

Les cours d'assises prononçaient chaque jour des cob^ damnations sévères contre les insurgés de juin, mais la ^i*érogative royale intervenait et ne permettait pas de re*lever l'échafaud politique. Vers le Aiême ten^s (28 août) on jugea fes chefs de la secte saint-simonienne, î)resqiie tous hommes de talent et d'esprit , et qui s'étaient dévoués avec plus ou moins de bonne foi à pi^opagery.par des moyens ridicules ou coupables^ des doctrines antiso-» ciales et rétrogrades et une religion inunorale à tous les points de vue. Malgré Tétrangeté scandaleuse de leur défense, qui restera comme un témoignage des aberrations de cette époque, les accusés furent punis de peines correctionnelles et la secte fut dissoute.

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. L'abbë Chàtel ne se laissa pas décourager par cet exemple; il donna mi libre cours à la parodie déplorable qu'il appelait l^Égtise' française et se mit en' rapport avec une secte maçonique qui se désignait elle-même sous le nom d'ordre des Templiers, et prétiendait avoir continué sans îiltérrtiptîonla< trop' fameuse institution supprimée jadi^ par Je pape GSénient V, et qui semblait s'être éteinte dans hk tortures et '^ns' les supplices ordonnés par Philippé-ile-Bel. Cftiâtel se proclamait lui-même primat dés Gaules et ne ^msîÈ^Bit qu'à séduire de pauvres ouvriers. . •

' La princesse Lôuise-Marie d'Orléans, fille aînée un Toi Lîouiis-Philippe, -épousa Léo poM I®', roi des Belges ( août '1 832); ce mariage eut lieu à Compiègne, au mi« lieu de fêtes brillantes.

' Le 19 noveiïîbi^^e te. même année on tira un coup de pistolet sur le roi, au moment où il traversait le Pont- Royal au milieu, d^une nombreuse escorte et d'une double haie de gardes nationaux. L'assassin parvint à secaéher dans la foulé et ne fut pas découvert. Ce filt-là la première 'de ces quatorze tentatives ' d'assassinat auxquelles ce prince se vit exposé successivement durant son règne.

Le lendemain delà révolution de Juillet M. de Laborde avait été quelque temps préfet dé la Seine; il avait eu ^our successeurs M. Odilon Barrot d'abord et ensuite îtt.ide Çondy; le 25 juin |833 ce dernier fut remplacé à son tour par M. le comte de Rambuteau^ Cet adminis* tratear, aussi habile que prudent et de formes agréables, avait déjà 'feit ses preuves, sous l'Empire, à la préfecture dû Simplon. Dès son entrée en fonctions il eut soin de se

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tenir constamment en dehors des questions de la politique.

Le 2g juillet 1 833 la statue de Fempereur Napoléon I" fut replacée en grande pompe sur la colonne de la place Vendôme.

a La nouvelle statue , disent les récits contemporains, devait être livrée par M. Crozatier, fondeur, faubourg du Roule, et à ses frais, au pied de la colonne. Un fardier attelé seulement de quatre chevaux en a opéré le transport. La figure était debout, retenue par de fortes cordes, à peu près comme les caisses d'orangers sont transportées chaque année de la serre dans le jardin des Tuileries. Pour éviter la pente trop rapide du faubourg la voiture a remonté la barrière du Roule, a suivi le boulevard extérieur, la barrière de TÉtoile ,' l'avenue de Neuilly , la place de la Révolution, les rues de Rivoli et de Castiglione. Ce trajet n'a duré que cinq quarts d'heure. Partie de la fonderie hier à quatre heures moins un quart ^ la voiture est arrivée à cinq heures précises à la colonne.

a Un plancher en pente avait été pratiqué sur la place Vendôme pour qu'on pût arriver à la hauteur des marches, en passant par la porte, et sans être obligé d'abattre un côté de la grille d'enceinte. Déposée à la naissance de cette pente, la statue a été poussée sur des rouleaux jusqu'au-dessous du câble qui devait la hisser et qui descendait du sommet de la colonne. Il a fallu plus de trois heures pour cette opération ; c'était à peu près le temps que l'architecte avait calculé.

<f On sait qu'un échafaudage a été élevé au-dessus de la lanterne de la colonne. Là se trouve un plancher de 4o pieds carrés environ. Un autre plancher moins large

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a été établi aussi sur le tailloir du chapiteau pour y placer des ouvriers qui pussent éloigner la figure au moment de son passage, et prévenir ainsi un frottement dangereux. L'arcliitecte, M. Lepère, auquel on doit la construction de ce beau monument, et, ce qui est également digne d'éloges, tous les procédés ingénieux qu'il a fallu inventer pour cette construction, M. Lepère, disons-nous, a combiné le système de charpente de son échafaudage de manière à trouver le centre de la colonne pour point d'appui et pour contre-poids la calotte de bronze qui pèse 34 milliers,

« Tout ayant été prévu et la machine ayant été faite sur un poids triple de celui de la statue, on a placé, vers neuf heures et demie, le crochet du mouffle, pendant à l'extrémité de la double corde, au haut de l'armature préservative en fer dont on a garni la figure sous son enveloppe de toile. Aussitôt les ouvriers se sont mis à l'œuvre; ils étaient au nombre de seize environ, tant pour mouiller le câble et diriger les cordages que pour faire mouvoir le double moulinet du treuil sur lequel venait se rouler la corde à mesure que la statue s'éloignait de terre. C'est du côté de l'ouest, en face de la chancellerie, que la figure a été montée. L'appareil dont on s'est servi est fort simple; il consiste en une chèvre-chariot glissant dans une rainure de fer ménagée sur les deux pièces principales du plancher supérieur. Cette machine s'avançait presqu'à l'extrémité du plancher, où une ouverture carrée avait été pratiquée pour le passage de la statue. Trois heures ont été employées pour faire traverser à ce poids énorme (il est de 4 milhers environ) un espace d'à peu peu près 126 pieds. L'ascension était à peine sensible; il

fallait cesser de regarder pendant quelq|i#» imtdntS' et prendre ua point de remarque pour jugera des progrès lorsqu'onreportait de nouveau fleç. yeux sur ci^tte pisiisse. D'autres ouvriers éta^nt sur la pljBU^e et retenaiepit la figure avec^des corder, dans ua SM^le;^plus x>umoin$)/ilr longe, pour qu'eue n'éprouvât pas ^e, trop<i^rtïe0 , oscillations. Lorsque la statue est paryepue au-nies^us.du niveau du plancher etqu'elle s'est < troi^vée si.vsp^d(i0 ç^r^) les deux montants de la chèvre, les deux.pQultes se joignant presque , alors on a débarrassé le pl^nejl^erf on< a &it couler le chariot avec facilité, et la plinthe, de -la figure est venue s'ajuster sur la plape qu'on lui ^vait préparée. A midi et demi tout était termjLné. . . ,

« La statue/a été fixée au moyen de boulons. en cuivre.^ qui sont âceUés. dans la colonne et: rivés sur la pUat^e^ »

Nous verrons, en poursuivant le résuitîé de nos annales contemporaines, que cette statue fut remplacée, Ipeâte ans plus tard, par une.autre effigie rnoiq^ popitlaireaù point de vue de la.forme et du costume^ mais mieux en harmonie avec les idées et le^ traditions chères aux firtiste. ,

Cependant les jours d'épreuve étaient k>i|i d'être finis pour la dynastie de Juillet.

La profession de crieur des ruçs, places et c^^rrefours, s'exerçait à peu près* librement depuis la révolution de Juillet i83o, et des nuées de crieurs silloni^ai^nt . régulièrement tous les quartiers de Paris, colportant,; vendait force petits écrits et aussi bon nombre de journauXi.

Us fatiguaient les gens paisibles de leurs ciis* et contribuaient beaucoup, par la nature même des écrits qu'ils vendaient, à augmenter l'agitation, dans les esprits. Les crieurs publics appartenaient, en grand nombre, à la so-

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ciété des Droits de rHomme^ dçjat ils vendaient. les publications, ou du moins avaient avec elle des rapports fort intimes. Ijcs lois étaient alors impuissantes pour remédier à de pareils scandales, et la police fut réduite à des mesures de répression inefficaces.

La session de i834< s'ouvrit alors, et le gouvernement demaxtda aux Chambres de$ lois qui le missent en mesure de disisoudre les sociétés politiques organisées pour la révolte et d'interdire dans les rues le colportage desi^'crits immoraux ou séditieux. Ces lois^ après une discussion longue, solennelle et mémorable, lui furent accordées^ et il en obtint une autre contre les détenteurs, d'armes de guerre et les constructeurs de barricades.

Le&factions avaie9t repris de l'audace celles préludaient à une lutte armée par des actes d'agression isolés ^ par des bravades, par l'organisation d'agglomérations conspiratrices, telles que la société des Droits de l'Homme. A.u mois de février elles se passèrent en revue à l'occasion de la n^ort déplorable de M. DuloQg, député, tué en duel par le général Bugeaud, l'undesescollèguesà la Chambre. Au mois d'avril une insurrection préparée de longue main ensaipglanta les rues de Çaris- Le même mouvement de guerre civile se produisit à Lyon, dans le Jura, dans la. Meurthe^ sur d'autres points du territoire; mais nulle part la lutte ne fut plus longue et plus meurtrière qu'à Lyon. A Paris elle dura deux jours ( 12 et ]3 avril). La répression donna lieu à un douloureux événement, trop souvent reproduit dans les luttes intestines. Dans la rue Transnonain, coupée parplusieurs barricades^ un coup de fusil étant parti d'une fenêtre atteignit un officier du 35 de ligne; les soldats, pour tirer vengeance de ce meurtre, envahirent la maison,

et passèrent à la baïonnette tous ceux qui Tliabitaient, sans distinction d'innocents et de coupables. Dès que la tranquillité fut rétablie une ordonnance royale renvoya devant la cour de Pairs les auteurs de l'insurrection d'avril, et l'on put pressentir de nouveaux scandales.

£n i835 les luttes politiques prirent un caractère d'âpreté et de violence qui prolongea l'agitation dans les esprits et paralysa le mouvement ascensionnel des affaires. La cour des Pairs fut le théâtre des débats orageux suscités par le procès des accusés d'avril i834, et, dans ces étranges conflits engagés entre les vainqueurs et les vaincus^ ces derniers déployèrent une opiniâtreté et une audace si grandes que plus d'une fois on eût dit que les juges consentaient eux-mêmes à descendre au rôle d'accusés. Le procès se termina par un assez grand nombre de condam» nations. i

Ces violences du prétoire furent comme le signal d'un attentat épouvantable et qui, dans notre histoire, avait eu un douloureux précédent sous le Consulat, lorsque des assassins essayèrent, au mois de nivôse an IX, de faire périr le premier consul par l'explosion d'une machine infernale. Le 28 juillet i835, le roi, escorté de ses fils et d'un brillant étaj-major, passait une revue à l'occasion des fêtes anniversaires de 1 83o ; les régiments de la garnison de Paris et les légions de la garde nationale occupaient les deux côtés des boulevards dans toute leur longueur, depuis la place de la Madeleine jusqu'à la Bastille. 11 était entre midi et une heure. Le roi se trouvait devant le front de la 8^^ légion, à la hauteur du quatrième arbre qui précède la grille d'entrée du Jardin Turc. Tout à coup une forte détonation retentit comme un feu de peloton

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