‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 40 sur 96 · LITRE XXI. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LITRE XXI. CHAPITRE I

l'oncle. d'HéloïsQ, La maison de celui-ci, qui Ait une des dernières démolies , se trouvait au bout de la rue des Chantres. Longtemps on l'épargna, mais enfin on là jeta par terre en respectant la seule chose peut-être qui n'en fût pas respectable, un distique, trop lisible aujourd'hui sur la maison du quai. Napoléon dont la façade pseudogothique a usurpé la place du pauvre logis, d'autant plus cherché qu'il craignait de se faire voir.

Le square Belle-Chasse^ situé en face de l'église Sainte- Glotilde, est une promenade de peu d'étendue, mais trèsaimée et très-recherchée des habitants du Êiuboui^ Saint- Germain.

Mais, à l'autre extrémité de Paris, au nordrcst des Champs-Elysées, au sud deBatignolles, et vers le point le plus reculé du boulevard Male^erbes, on a transformé en jardin public le parc de Monceaux, et on en a fait un square gigantesque mis à l'usage des habitants de Paris.

M. Alphand, que nous retrouvons toujours lorsqu'il faut parler de ces travaux, a tracé les plans et surveillé l'exécution de la métamorphose de l'ancien parc Monceaux. Des grilles, séparées par une zone de parterres des terrains choisfê pour recevoir des constructions, marquent la limite de la promenade sur trois de ses faces. Une grille monumentale l'enclôt du coté des anciens boulevards extérieurs. Le square est pourvu de quatre entrées ; elles sont établies, l'une à l'extrémité et dans l'axe du boulevard de Monceaux, venant de la place dé l'Étoile; la deuxième occupe les deux cotés de la Rotonde , sur l'ancien boulevard extérieur; la troisième s%. trouve sur le boulevard Malesherbes, et la quatrième, sur la rue de Valois-du- Eoule, dans l'axe du prolongement de l'avenue d'Antin ,

à travers les quartiers du faubourg Saint^Honoré et de Monceaux.

Les entrées que nous venons d'indiquer sont reliées entre elles par' deux voies carrossables de 1 5 mètres de largeur, garnies d'élégants candélabres et de bordures en granit. Indépendamment de ces deux grandes artères e( d*une allée de ceinture destinée à donner accès aux hôtels qui ont des entrées particulières sur le parc , toutes les autres allées du jardin sont maintenues, ainsi que les massifs^ dont une profusion de fleurs de toutes espèces vient former la ceinture. Le soubassement des grilles des hôtels est masqué par des plates-bandes de fleurs, disposition adoptée déjà sur les pelouses du Ranelagh, dans le bois de Boulogne , où elles produisent le meilleur effet. Des apports considérables de terre végétale rendent au sol épuisé sa fécondité première et aux gazons jaunissants cette teinte d'un vert d'émeraude si bien faite pour charmer les yeux.

Les ruisseaux, les cascades et les ponts ont été l'objet d'une reconstruction complète. Les maçonneries tombaient en ruine ; les radiers des pièces d'eau étaient percés et laissaient filtrer l'eau de toutes parts. Un pont d'un aspect pittoresque, dont les garde- corps ne justifiaient plus leur nom, car ils cédaient sous la moindre pression , a été refait en entier en pierres des carrières de l'Échaillon, dans le département de l'Isère , qui prennent , étant polies, l'aspect des marbres de Carrare. Une cascade, un rocher et une grotte, placés à gauche de la grande allée , servent de point de départ aux eaux alimentant la Naumachie. Cette Naumachie, qui constitue un des principaux motifs de décoration du jardin , a été conservée avec son

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caractère si oirieux de ruine ; on s'est borné à cûnsolider les parties endommagées. La rotonde du fond seule a été recoDStruite ; elle sert de lieu de repos. Une source sort de terre au centre j et vient ^ en tombant sur des marches en pierres de l'Échaillon, animer la ISaumachie de son doux murmure.

Dans le principe on avait eu l'intention de reconstruire la Naumachie de fond en comble ; mais, après bien des recherches, ou a pu constater^ à l'aide d'anciens documents, qu'elle avait toujours existé à l'état de ruine, et dès lors il eût été regrettable de voir altérer le caractère de ce monument d'un autre âge. Ici, comme dans les autres parties du square, on s'est borné à restaurer pour conserver et à ne modifier que ce qu'exige impérieusement la nouvelle destination donnée au parc, qui est devenu promenade publique.

Pour assurer d'une part l'écoulement des eaux et de l'autre leur arrivée, deux égouts sont établis dans chacune des grandes allées. Ils reçoivent le trop-plein des pièces d'eau, ainsi que les eaux pluviales, toutes ramenées au niveau de leur radier par des branchements secondaires, et ils desservent en outre les hôtels bordant les entrées. Ces égouts se déversent dans les égouts publics du boulevard Malesherbes et de la rue de Courcelles. Une conduite principale^ branchée sur celles qui entourent le parc, alimente les bouches d'eau réparties pour l'arrosage des pelouses, comme pour la Naumachie et la cascade.

La partie réellement monumentale du projet a consisté dans la restauration de la ,Rotonde et la construction des grilles et des portes d'entrée. La Rotonde, conservée

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pour former un point de vue à deux dés grandes voies projetées dans la plaine de Batignolles^ a du être restaurœ à l'extérieur et subir une complète transformation à rin* térieur. Elle sert de logement au conservateur du parc. Les portes d'entrée et les grilles , conçues dans le style de l'époque où le parc fut créé , rehaussent par leurs proportions grandioses l'aspect extérieur de la nouvelle promenade. Elles répondent d'ailleurs à tout ce qui est fait ou projeté pour le splendide quartier dont le parc de Monceaux est déjà le centre.

U importait de pourvoir à l'entretien, à la conservation^ au renouvellement des végétaux et deà arbustes prodigués dans les divers squares dont nous venons de parler, et qui, durant l'hiver, exigent des soins spéciaux.

C'est l'une des destinations affectées aujérdin.dAccl> matation du bois de Boulogne. La ville de Paris a fondé au bois de Boulogne, près de la Muette, un établissement considérable où s'élèvent et se multiplient ces légiotisde plantes de toutes espèces qui viennent décorer les squares de la capitale et faire passer sous les yeux du publie le brillant panorama de la flore de chaque saison.

Cet établissement, unique en Europe^ vient de recevoir de notables agrandissements; il occupe une superficie de t\j[^oo mèive&\ en y comprenant les logements des agents du service. On n'y rencontre pas moins de ^4 serres de diverses natures, et 3t,ooo châssis représentant uue surface vitrée de plus d^ 10,000 i^ètresi Ces serres se composent d'une vaste serre chaude qui couvre 433 mètres de terrain et est affectée à la culture des palmiet-s et autres grands végétaux, au nombre de 3,600 environ. Une autre serre , de 5oo mètres , abrite 25o camélias en arbre de 3 à

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6 mètres de hauteur, qui sont élevés en pleine terre. Des souvenirs intéressants se rattachent à plusieurs de ces beâiix arbres, qui proviennent des anciennes collections formées à la Malmaison par S. M. l'impératrice José«> phine. Certains d'entre eux peuvent donner 4 à' 5,ooô fleai^ par année. Mlieurs 2,5oo fortes pkntes de tout genre sont logées dans une serre tempérée dé 433 mètres. Une serre froide de SgS mètres contient une colfection de camélias en caisses et eu pots de près de 3oo variétés j une collection d'eucalyptus et une autre de mimosas , smt près de 3,ooo plantes au total. Cent espèces de /îck^j au nombre de a^5oo sujets, ont une place spéciale dans une serre de 1 1 o mètres . Un pavillon est affecté aux grandes araliacées, qui y sont au nombre de 4oo en 60 espèces. Enfin dans d'autres serres se trouvent â,5oo hibiscus de la Chine, 3, 5oo bananiers, 12,000 bégonias rustiques^ 6 9 000 aroïdées du plus beau port^ et des quantités inw nombrables de pélargoniums, de dragonniers de serre chaude et de serre tempérée, de fougères, de cinéraires et de primevères de la Chine, de plantes d'orangerie de toutes sortes, etc.

La serre où se font les multiplicationis a 290 mètres die surface. Elle est d'une forme tout à fait nouvelle, à Vïtrage surbaissé; divisée iht:érieurement en cinq bâches, elle est chauffée par dix-huit rangs de tuyaux à circulation d'eau chaude. On y compte près de 700 cloches de verre pouvant recevoir 5o,6oo boutures, qui sont renouvelées qumze à vingt fois dans le courant de Fanuée. Jamais , jusqu'à présent, aucun établissement d^horticulture n'avait eu à sa disposition un laboratoire' aussi coniplet. C'est une véritable fabrique, d'où les végétaux tsortent

par centaines de milliers et qui ne connaît pas le dbômage. En quittant cette serre les jeunes plantes sont transférées dans une serre dite de sevrage, où elles se fortifient avant d'être réparties dans les diverses serres spéciales. Cette dernière serre contient aussi les pieds^ mères des plantes nouvelles à multiplier ; elle renferme ordinairement de 8 à 10,000 sujets.

La culture et la conservation de toutes les plantes susceptibles de passer l'hiver sous bâches occupent 3, 000 châssis ; le nombre de ces plantes n'est pas loin de 35o,ooo. Une cave immense, de i,5oo mètres de superficie, reçoit, pendant l'hiver, une provision de 200,000 tubercules de canna ; on sait l'effet admirable que produisent dans les squares de Paris, groupées en massifs, ces plantes au luxuriant feuillage. Un vaste laboratoire, dans lequel travaillent à l'aise, pendant les journées pluvieuses, cinquante ouvriers, est destiné au rempotage et à toutes les manipulations des terres, terreaux, composts, etc. L'établissement est complété par 5po mètres d'abris en thuyas, qui garantissent les plantes contre les ardeurs du soleil et contre les vents. La surface du terrain restant libre pour les cultures de plein air est principalement consacrée à l'éducation des pieds-mères, à la multiplication et aux cultures expérimentales des plantes nouvelles à essayer. L'ensemble des serres est chauffé par vingt-deux appareils à eau chaude et par deux puissants calorifères à air chaud. La conduite de l'établissement est confiée à l'exérience bien connue de M. Barillet-Deschamps, jardinier en chef, sous la haute direction de M. Âlphand, administrateur des promenades et plantations de Paris. £n vue des besoins croissants auxquels il est appelé à sa*

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