‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 41 sur 96 · MM5) LIVRE XXI. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

MM5) LIVRE XXI. CHAPITRE I

tisfaire, le jardia fleuriste du bois de Boulogne vient d'être pourvu d'une succursale qui occupe à Vincennes cinq hectares de terrain ; plus d'un million de plantes vivaces et annuelles de pleine terre y sont cultivées, en ce mù^ ment. Vienne le printemps, et le public parisien retrouvera plus que jamais dans ses squares ce luxe bienfaisant de la verdure et des fleurs dont l'administration munir cipale a su lui faire une douce habitude (i).

Un établissement analogue, le jardin zoologique, quis'est enrichi depiuis sa fondation par des achats et des échanges et aussi par des dons qui lui arrivent de tous les points du globe, est devenu le plus curieux de tous les établisse"^ ments analogues qui existent dans les deux mondes ; ses parcs, ses bosquets, ses pièces d'eau, ses volières, ses ma<gnaneries, son jardin tropical et son aquarium y attirent continuellement une foule de curieux.

Près de la grille d'entrée, à gauche de l'avenue principale, une magnifique collection de perroquets aux vives couleurs babillent sous les arbres, où ils forment la décoration la plus pittoresque; plusieurs variétés de ces charmants oiseaux se sont déjà reproduites chez nous, entre autres la jolie perruche d'Edwards, si remarquable par sa tête et sa huppe dorée.

Plus loin, au milieu de bosquets nombreux, s'élève un chenil où sont enfermés séparément plusieurs couples des plus rares variétés de la race canine ; des dogues de Barcelone, des chiens deLaponie et deux superbes lévriers circassiens. Ujiquarium , dont tout Paris a admiré les merveilles lors de sa création, s'est enrichi depuis lors d'une

(i) M. Ch. Frîès, Moniteur de i863.

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multitude de zoophytes, de coquilikge&v dé poissons, et les viviers se sont peuples de plantes aux 'aspects bizarres quidonneôt une physionomie surprenante à ces paysages sous-marins.

Dans le rocher qu'on rencontre ensuite 4es amateurs d'apiculture peuvent venir étudier les systèmes les plus convenables pour l'éducation des abeilles;'on' y trouve exposé le catalogue des plantes qui conviennent le mieux à ces utiles insectes.

Un vaste bois de sapins, qu'entoure une simple bar* rière rustique, est peuplé de rennes, qui vivent pour ainsi dire en liberté ; ces rapides quadrupèdes, qui servent an Lapon de vaches et de coursiers, sont d'une extrême sobriété et rendraient de grands services dans nos campagnes, si l'on parvenait à les acclimater. Ailleurs une vaste prairie peuplée de dromadaires, de zèbres, de buffles, d'hémiones et de chevaux asiatiques, offre le tableau le plus animé.

A l'extrémité occidentale de la grande allée du Nord on rencontre une jolie fabrique avec cases en grillage; c'est le domicile des marsupiaux australiens, dont la reproduction est très-facile et la chair excessivement délicate; on espère lui voir faire bientôt une apparition sur nos tables. Enfin les bergeries, les parcs d'autruches et de casoars, le vaste poulailler et la prairie des palmipèdes renferment de nombreux spécimens des variétés -les plus productives et les plus curieuses.

La volière, qui fait pendant à l'aquarium , est axvssi l'une des merveilles del'établissemeht ; là , dans une longue série de cages qui ne sont autres que des jardinets grillés avec une maisonnette au bout, se trouvent \esi pt^eau^ l^s

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plus richement emplumés ; la colombe lumacbelle, le lophophore resplendissant, l'ibis rose, le paon spécifère, le faisan versicolore, la pintade à joues bleues, lé gros bec cardinal, letalive bleu à manteau noir et à bec rouge, figurent parmi cette collection unique.

Une élégante galerie &i rotins, garnie destores, préserve du soleil les nombreux vbiteurs. En avant des volières une pelouse de plates-bandes forme un vaste quadrilatère où l'on a placé la statue de Daubenton.

La magnanerie^ avec sa maison de porcelaine, est aussi Tune des choses les plus curieuses du jardin ; dirigée par un spécialiste distingué , M. Pinson, elle présente les systèmes d'aménagements économiques et les procédés d'éducation reconnus les meilleurs ; aucun cas de maladie ne s'y est encore produit . Là des milliers de vers à soie, français, chinois, japonais et indiens, se présentent dans les diverses phases de leur existence et initient le public aux travaux séricicoles qui forment la base de la grande industrie de la soie. A droite et à gauche de la magnanerie on fait plusieurs essais d'éducation à l'air libre; des arbustes chargés de vers sont enfermés dans des grillagés: qui mettent les précieux insectes à l'abri des oiseaux.

Le jardin d'Acclimatatioa possède, en outre, un jardin d'hiver, avec ses bosquets de palmiers et de fougères, sa flore tropicale , sa rivière et ses rochers. Dei^ière ce séjour d'étemel printemps est un salon de repos où l'on trouve tous les journaux illustrés et les diverses publications périodiques qui ont trait à l'histoire naturelle.

En résumé , Paris compte aujourd'hui quatorze squares, non compris le parc de Monceaux, dont l'étendue est de

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dix hectares. L'espace occupe par ces petits jardins, au grand avantage de la santé publique, est de près de trente mille mètres. Voici quelle est l'étendue des principaux squares :

Square des Batignolles, 9,o3o mètres; du Temple, 7,5^5 mètres ; de la place Montholon, 6,540 mètres; de la tour Saint- Jacques, 5,786 mètres; des Arts*^t-Métîei^, 4, iï5 mètres; des Innocents, 2,057 mètres; de Sainte- Clotilde, 1,740 mètres; de la place Louvois, 1,776 mètres; delà place Vintimille, 778 mètres. Les autres jardins sont situés sur les territoires annexés de Belleville, Mont rouge , Grenelle et Charonne.

Les squares les mieux décorés et les plus variés d'aspect sont ceux des Batignolles et de Montholon ; les moins étendus sont ceux de Vintimille et de la Chapelle. Le square des Arts-et-Métiers est celui où il entré la plus grande quantité de personnes.

En été tous les squares sont fermés à dix heures du soir, hormis celui des Arts-et-Métiers, qui par une exception unique, reste ouvert jusqu'à la sortie du théâtre de la Gaîté, son voisin.

La surveillance des squares est confiée à d'anciens militaires, qui, pour ce service plus monotone que fatigant, reçoivent un traitement dont le chiffre varie de 1,100 à 1,200 fr. par an.

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