‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 42 sur 96 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le nouveau Parif (luîte). — Pelaîi. — ÉgHtei. — Templei*

Combien de fois, depuis que nous avons commencé .ce récit, n'avons-nous pas parlé des agrandissements et des transformations du Louure?

Comme on Ta vu plus haut, sous le gouvernement de Juillet on avait essayé de reprendre Tœuvre préparée par Henri IV, Louis XIV etNapoIéon, et que tous les gouvernements s'étaient vainement léguée. On commença en outre à faire le vide sur la place du Carrousel et Ton démolit en partie les maisons , les hôtels, les rues qui séparaient encore le Louvre des Tuileries. I^a révolution de Février éclata sur ces entrefaites et ne suspendit que pendant quelque temps l'exécution de cette pensée* On avait hâte de fournir de l'occupation et dessalaires aux ouvriers et aux artistes. L'Assemblée constituante et l'Assemblée législative votèrent donc successivement plusieurs millions pour délayer le Carrousel et pour achever une galerie parallèle à celle qui s'étend le long du quai.

En 1 852 M. Visconti présenta au prince président de la République les plans définitifs de l'achèvement du Louvre ; ces plans furent examinés et approuvés, et, le a 5 juillet de la même année, le chef de l'État posait so^ lennellement la première pierre des nouveaux édifices. M. Visconti étant mort, l'empereur Napoléon ITI confia à un autre architecte, M. Lefuel, le soin de mener à

terme cette difficile entreprise. Cinq ans plus tard , le i4 août 1857, on célébrait l'inauguration du palais.

Une grave difficulté, disons mieux, une impossibilité artistique s'était présentée devant laquelle beaucoup d'architectes du dix-septième, du dix-huitième et du dixneuvième siècle avaient recidé. Ni le Louvre, ni les Tuileries ne sont parrallèles ; comment les relier par une double galerie sans que le regard ne soit choqué par la divergence des axes des deux palais, construits à une autre époque sur des plans isolés ? Pour obvier à cet inconvénient on eut l'idée heureuse de rompre le rayon visuel par de grandes masses de verdure établies entre les deux édifices. Sur l'espace qui séparait le Carrousel du Louvre, et qui reçut le nom déplace Napoléon Itl^ on créa deux squares octogones, plantés d'arbres et de fleurs^ et entourés d'une haute grille dorée. Ces gracieux et splendides jardins, en trompant le regard, qui sur eux se repose agréablement, ont servi à dissimuler et à faire disparaître le défaut résultant du manque de parallélisme.

Autour de ces jardins, et comme encadrement de la place Napoléon III, se dressent sept pavillons , dont le style est emprunté au pavillon de l'Horloge du vieux Louvre, ainsi qu'à la partie de ce palais bâtie par Pierre Lescot, mais qui sont revêtus d'une ornementation plus riche et de formes plus élégantes encore. Ils sont reliés entre eux par des ailes à deux étages, sur les parois desquelles on a eu soin de 'ménager d'assez grandes surfaces tranquilles, presque planes, pour laisser briller les sculptures des pavillons. De chaque côté de la place règne une va'^ste galerie ou portique composé d'arcades séparées par des colonnes corinthiennes cannelées, et remplissant

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les vides entre les rez-derohaussëé des pavillons. Cette galerie est surmontée pw une terrasse, de aiyeau ^avec le premier étage, sur la balustrade de laquelle pryamident, à rapl<Hnb^ dé. chaque colonne, le^ statues colossales d'hommes qui ont illustré la France. La patrie reconnaissante, a groupé toutes ces célébrités autour du palais de la monarchie. Dans les. fonds, au*dessus de la principale corniche et de la balustrade, à chaque statue du premier étage cori^espond une figure d'enfant ou de génie entourée d'attributs où de trophées. C'est un ensemble plein de richesse, de majesté, d'harmonieet dé variété dans la symétrie.

Le trois principaux pavillons, auxquels on a donné les noms de Sully, Eichelîeù et Denon, dessinent, au-dessus des lignes horizontales des toits et des balustrades, leurs grands combles en dômes à quatre pans, surmontés d'un couronnemeht en plomb fort orné, flanqués de cheminées monumentales; leurs vastes frontons soutenus par des cariatides gigante&ques et remplis d'une fotde de figures allégoriques et d'attributs ; leur spleridide décoration de génies, de bas-reliefs^ d'armoiries, de consoles, de balustrades, de frises délicatement travaillées.

Les quatre autres pavillons, désignés sous les noms de Colbert, Dâru, MoUien et Turgot, d'une importance un peu moindre et. dont le couronnement quadrangulaire diffère essentiellement des trois dômes, occupent de la manière la plus heureusement choisie les angles des fa*çades. Leurs grandes et magnifiques lucarnes, dont nous ne donnerons point la description, il faudrait un volume si nous nous jetions dans les détails, rivalisent de richesse avec les grands pavillons, dont ils soutiennent l'effet en contrastant avec eux par la forme*

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Le Louvre de Napoléon III commence âu pavillon de Rohan; le nouveau travail ne pouvait avoir un plus heureux point de départ. Le pavillon de Rohan est^ pour Taile de la rue de Rivoli , ce que le pavillon de Lesdi* guières est pour celle du bord de l'eau. Les exigences de la plus simple symétrie réclamaient le nouveau pavillon en face de Tancien. Les deux font pendants, et l'un reproduit Tautre avec fidélité.

Tout le monde connaît Télégant clocheton qui surmonte le pavillon de Tiesdiguières. Celui du pavillon de Rohan n'est pas moins gracieux, et il pyramide d'une façon charmante au bout de la rue Richelieu, sur sa base à quatre pans, escortée de chaque côté de deux grandes cheminées. Sa façade la plus ornée est sur la place du Carrousel ; dans l'arc du fronton supérieur deux statues ailées tiennent l'écusson de l'Empire et symbolisent /le Travail et l'Abondance, et un peu plus bas, sur le couronnement de l'étage inférieur, une autre statue, portant un sceptre, représente la France.

La disposition architecturale comprend trois ordres superposés : le premier est de pilastres toscans à bossages; le second est corinthien et à pilastre cannelés ; le troisième est composite, à colonnes engagées. Devant la fenêtre richement encadrée du premier étage on a placé un balcon d'une serrurerie magnifique. Dans le tympan de l'arcade du rez-de-chaussée se groupent et s'arrangent avec élégance des figures de femme, œuvres de M. Poitevin; M. Diéboldt est l'auteur de celles qui décorent le fronton. Pour ceux qui veulent savoir ce que peut une volonté puissante, donnant l'impulsion aux forces d'une grande nation, disons que ce merveilleux

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