‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 43 sur 96 · I852-18(») LIVRE XXI. CHAPITRE II. 20'J · texte numérisé non relu

I852-18(») LIVRE XXI. CHAPITRE II. 20'J

pavillon de Rohan a été sculpté et ciselé en quatre mois.

Une longue galerie qui se profile sur la rue de Rivoli et la place du Palais-Royal joint les Tuileries au Louvre. La ligne de l'entablement se poursuit à perte de vue, avec ses balustrades, ses trophées et ses groupes. La façade centrale est extrêmement riche ; on a voulu qu'elle fût digne de la belle place qu'elle complète et du palais auquel elle correspond. Elle comprend trois étages décorés : le premier, d'un ordre toscan rehaussé de bossages vermiculés; le second étage, d'un ordre ionique , dans les cannelures duquel , comme dans celles de Tordre précédent, rampent des lierres et de légers feuillages ; le troisième étage, de quatre cariatides, grandes et nobles figures sculptées par M. Rosio. En s'inspirant de Tantiquité Tartiste françsds ne Ta point imitée servilement jusqu'à priver ses statues de leurs bras, comme l'ont fait les anciens, et à leur imitation le célèbre Jean Goujon, pour ses cariatides que l'on admire dans une des salles du vieux Louvre ; il leur a laissé les mains, qu'il a chargées d'attributs.

Ces gracieuses figures soutiennent un fronton décoré d'un buste de Minerve entouré d'enfants, qui ne sont autres que les génies de l'Étude, groupés, exécutés avec habileté par M. Charrier. L'ornementation plus proprement dite de cette partie du Louvre, les chapiteaux, les panneaux , les consoles , les clefs de voûte , les rinceaux, les chiffres, les arabesques, les nielles, les fruits et les fleurs qui décorent la façade, sont dus aux talents divers, mais très-distingués, de MM. Charrier, Morand, Leprêtre, Lafrance, Duvieux, Knecht, Simouillard , Hayon et Hurpin , qui ont fait preuve d'un

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goût et d'une fécondité vraiment inépuisaÙes. Une inscription en lettres d'or sur plaque.de marbre noir indique aux passants que cette partie des.nouveaux bâtiments est destinée à la bibliothèque du Louvre. L'escalier de cette bibliothèque est une des choses les plus complètement réussies du nouveau Louvre, et, par sa conception grandiose et sa par&ite exécution, il £fdt le plus sérieux bon* neur à M. Lefiiel , qui a si habilement continué l'-œuvre conçue et commencée par Visconti (i).

Ne craignons pas de dire que les gens de goût ont blâmé , dans le nouveau Louvre , .la profusion exagérée des ornements ^ qui fatiguent la vue et alourdisseiU: les façades extérieurçs.

Nous ne mentionnons <}ue pour qiéraoire les gracieus^: jardins, qui, sous trois de ses faces, entoui^nl le palais du Lauvre^ le parterre. du. sud., ijfi^on^ppeUe le jardin €le^ Vlnjimte^ est fermé à l'ouest par le bâtiment perpendirculaire dont le rez-de^diaussée est dû va Catherine de ]\Iédicis, et dont le premier» étage , 'récemment restauréy^ a été construit par Henri IV. . . « ' . ^ ^

^kXL moment où nous traçons ces lignes, ks architectes achèvent la construction d'un nouveau palais^ destiné au tribunal de Commerce^ et qui s'élève, dans4a cité, en face du. Palais de Justice^ à l'angle du boulevard et du quai. .» ; I :. ..

11 a fallu vaincre de grandes difficultés pour asseoir les fondations de ce vaste édifice. C'est ainsi qUe les fouilles entreprises ^BS un terrain argileux^- détrempé par des pluies torrentielles études infiltrations que le Voisinage de

' (i)M. Louis Esnaalt. < . . . ^ .. .

(1852-1865) LIYKE XXI. CHAPITRE II. ^Sg

la Seiûe rendait inévitables , durent être descendues à 7 mètres de profcHideur. On eut ainsi à enlever près de 3o,ooo mètres cubes de déblais. Sur l'espace devenu libre l'architecte appliqua alors un système de grillage en bois composé d'énormes longrines. Une particularité à noter, c'est que parmi ces longrines on a fait figurer des pièces de diarpente en chêne retrouvées dans les fouilles et parfaitement conservées , bien qu'elles aient appartenu à quelque construction du moyen âge aujourd'hui disparue. Du reste, s'il est un coin de Paris privilégié pour les découvertes historiques, c'est assurément la Cité. Les fouilles dont il s'agit l'ont prouvé une fois de phis, en mettant à nu, outre les objets que nous venons de mentionner, de nombreux vestiges d'anciennes constructions, notamment des restes de l'église paroissiale et royale de Saint-Barthélçmy, sur l'emplacement de laquelle fut bâti le thçâtre de la Cité.

Le nouveau tribunal de Commerce est fondé sur un lit de béton de deux mètres d'épaisseur, qui a lui-même pour base le système de grillage dont nous parlions tout à l'heure. Lie tout forme une assise d'une solidité à toute épreuve. Avec la coupole qui le surmonte, l'édifice est destiné à former point de vue à l'immense perspective du boulevard de Sébastopol. Certaines parties de l'œuvre rappellent heureusement Je vieux palais de Brescia, spécimen remarquable de l'architecture de la Renaissance. La façade sur le boulevard, à l'opposé du Palais de Justice, est surélevée de plusieurs marches. Elle se divise en cinq arcades qui donnent accès dans un grand vestibule d'où un. escalier monumental conduit à la salle des Pas-Perdus du tribunal de Commerce, ^etj à une salle

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d'attente précédant la salle des réunions générales du conseil des Prud'hommes. A droite et à gauche du vestibule sont trois travées de boutiques destinées au commerce.

Sur le quai Desaix l'édifice a son principal motif de décoration dans l'axe même du boulevard de SébastopoL Ce motif, d'une élégante ampleur, consiste en trois arcades isolées du sol par six marches et ornées de colonnes^ composites que surmontent les statues suivantes : la Loi, exécutée par M. Elias Robert; la Justice, par M. Chevalier; la Fermeté, par M. Eude ; la Prudence par M. Salmson. La partie supérieure en attique est décorée des armes impériales enfermées dans un fronton coupé. Quatre figures décoratives, en forme de gaines, dues au ciseau de M. Carrier-Belleuse, supportent ce fronton ainsi que l'attique. Du trottoir au sommet la façade du quai mesure 2 5 mètres. Cinq baies de boutiques font suite de ce côté aux arcades du bas. Une place est aussi réservée au commerce sur les autres façades. Sur la rue de Constatitine un motif répète la décoration de la façade du quai Desaix ; il est surmonté de groupes d'enfants sculptés par M. Eude.

En pénétrant dans l'intérieur de l'édifice on trouve, au rez-de-chaussée et à l'entresol, les services du conseil des Prud'hommes, dont l'entrée est par la rue du Marché-aux-Fleurs. C'est par le quai Desaix et le boulevard que l'on accède aux services du tribunal de Commerce. Le conseil des Prud'hommes embrasse quatre catégories d'industries, à chacune desquelles tout l'espace nécessaire a été dévolu. Au premier étage est le tribunal d^ Commerce, qui dispose d'une grande salle d'audience

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