‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 44 sur 96 · M5) LIVRE XXI. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

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de 18 mètres sur i3 mètres 70 de superficie, d'une salle d'attente, des salles du conseil, des délibérés, des Pas*Perdus , et d'une fouie d'autres locaux parfaitement appropriés aux diverses destinations qu'ils doivent recevoir. Tous les services, indépendants les uns des autres, sont mis en communication entre eux au moyen de porr tiques placés au pourtour de la grande cour vitrée de l'édifice. On parvient à cet étage par l'escalier monumental à double révolution qui s'enroule sous la coupole du dôme^ et qui est éclairé partie par le haut, partie par des jours directs. Des figures exécutées par M. Dubut en décorent l'attique. Au niveau du premier étage quatre niches spacieuses ont été ménagées pour recevoir un nombre égal de statues : l'Art industriel , par M. Pascal ; l'Art mécanique, par M. Maindron ; le Commerce maritime, par M. Chapu; le Commerce terrestre, par M. Cabet. Au deuxième étage se trouveront les services du greffe, de l'enregistrement, de la comptabilité, etc. Audessus seront logés les archives et les services secondaires.

Du sol jusqu'au sommet la coupole compte 45 mètres de hauteur. Elle est percée d'œils-de-bœuf surmontés de frontons dont les motifs décoratifs, figurés dernièrement par des cartons peints en grisailles, produiront le meil«leur effet.

L'enseirïble de la construction couvre une superficie de 4)^7^ mètres.

Les modèles de la sculpture d'ornement ont été fournis par M. Leprêtre, pour les parties extérieures de l'édifice^ et par M. Charrier pour l'intérieur. L'exécution en a été confiée aux meilleurs sculpteurs, en collaboration avec ces deux artistes, . .

26a HISTOIRE DE PARIS* ll»a-18»)

Le nouveau tribunal de Commerce a été construit sur les dessins de M. Bailly (i).

Nous venons de mentionner le Palais de Justice j dont nous avons déjà (voir les tomes I et II ) raconté Torigine et décrit les principales transformations. Des travaux sont en voie d'achèvement pour développer et étendre ce lourd et vaste édifice , dont les vicissitudes furent nombreuses, et qui, par le souvenir, se rattache aux principaux événements de notre histoire.

Le Palais figurait au temps de saint Louis un amas de tourelles, de constructions massives, de petites cours, de hautes murailles. Le jardin occupait lé terrain où sont les cours Neuve et de Lamoignon, avec toutes les maisons qui les environnent; à l'endroit où est à présent la rue de Harlay il était séparé par un bras de la rivière des îles aux Juifs et à la Gourdaine.

Sous Philippe le Bel on fit au Palais de nouveaux agrandissements , et alors fut placée dans là grand'salle la fameuse table de marbre, qui servait tour à tour de tribunal, de réfectoire pour les banquets royaiix^ de théâtre pour a les esbattements de la bazoche. » Charles V et ses deux successeurs cessèrent d'habiter le Palais; mais le Parlement, qui y siégeait depuis qu'il était devenu permanent, continua d'y séjourner.

Nous avons mentionné le regrettable inisendie de r6i8, qui consuma la grand' salle et détruisit la table de âiar- -bre. Ija grand'salle, comme on l'a vu plus haut (c'est aujourd'hui la salle des Pas^Perdus)^ fut reconstruite sur les dessins de Jacques de Brosses (1622). En 1776 un

(i) M* Ch» Friès, article inséré au Moniteur,

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nauvei incendie débarrassa le Palais:de Justice de ses deux petites portes sombres et hideusest, de la rue étroite et tortueuse par laquelle on y arrivait^ des maisons fangeuses sdont il était obstrué. AIoi^ fut cts>mtruite la rue de la Babilletîe, démolie depuis quelques années, et^ en memetenips, laloiurde et fastueuse façade du Palais de Justice actuel, avec sa riche grille, ses deux ailes, sa grandie cour. Alors h cour du Mm^ célèbre par les fêles de la bazoche, par tant d'entrées royales et d'émeutes poptx^ laires, par tant de Uyres Ulustres et condamnés 'qaî ; fil^ refit brûlés de la main du' bourreau^ fut régularisée et agrandie. Dans cette cour est la* principale entrée de b Gouciergeiie, qui occupe une partie. !du palais de saint Louifi, son préau, sa salle des gardes, ses oùi^nes, et&. Ces dernières, qui sont enfoncées à cinq' mètres au-ides^ sous du sol, sont devenues le dépôt oii Ton entasse les pré«> venus. C'est dans cette cour quey dans les journées de septembre, furent am^és et massacrés, les prisonniers de la Conciergerie. - .

. De grands travaux ontiété récemment^entrepris pour ajouter, aa Palais^de^nouveaux bâtiments et donner ^ à cet assemblage informe, mais respectable^ :de construo^ tions de tous les> âges, cette froide et insignifiante unité qui sseraiblele. caractèi^e dominant de notre époque.

En (dépit de ces .'restaurations, poiu^suîvies^jbrop soti<* vent, par des honuiies auxquels manque k tradition: de l'art, quatre tours sont. demeurées debèut^du coté sep* tentrional de Tenceinte. Trois d'entre elles sont rondes, une autre carrée. Cette dernière, la tour de V Horloge^ a été restaurée sous le règne de Napoléon III. £lle a r^ couvre son cadran, ses araioiries, son inscription^ comme

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Heiari III les avait fait faire en i585. M. Toussaint a remplacé avec succès les statues allégoriques de Germain Pilon, dont il ne restait que des fragments mutilés. C'est dans cette tour que fut posée, en iSyo, par ordre de Charles Y, et sous la direction d'un artiste allemand, nommé Henri de Vie, la première grosse horloge qu'on ait vue à Paris.

La quatrième tour est la seule qui soit couronnée de créneaux ; elle renferme plusieurs salles avec cheminées de pierre; à son étage supérieur on trouve des écussons armoriés peints sur les murs et des meubles gothiques oubliés là depuis des siècles. Une cinquième tour, construite en encorbellement, vers le quai des Orfèvres, au sud, au coin de la rue de Jérusalem, a été convertie en habitationsparticulièreset défigurée ; elle pourrait dater du commencement du quinzième siècle. S'il faut en croire la tradition, elle communiquait par un passage en charpente avec une galerie qui existe de l'autre côté de la rue, et la reine Catherine de Médicis y serait venue plus d'une fois sur la plate-forme pour examiner le cours des astres. La galerie servait autrefois de dépôt pour les archives de la chambre des Comptes.

La plus grande partie du rez-de-chaussée du Palais appartient au style ogival des règnes de saint Louis et de Philippe le Bel. Nous ne connaissons rien de plus pittoresque dans les monuments du vieux Paris, rien qui réponde mieux à l'idée qu'on peut se faire d'un royal manoir du moyen âge, que les salles immenses dont les piles et les voûtes portent la salle des Pas-Perdus ou les longues et sombres galeries de la Conciergerie. On peut traverser le palais dans toute sa largeur, pour aller du

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quai de l'Horloge à l'ancienne rue de Jérusalem; dans le trajet on remarque à chaque pas des constructions gothiques; derrière l'épais grillage des ouvertures l'œil découvre, à des profondeurs mystérieuses, ici la colonne du treizième siècle avec son chapiteau feuillage, ailleurs quelque voûte croisée de vigoureuses nervures.

Le premier président du Parlement habitait tref ois, au fond de cette rue de Jérusalem, un hôtel qui avait servi de demeure au bailli du Palais et qui est maintenant occupé par les bureaux de la préfecture de Police. Il y reste quelques appartements à lambris dorés. Une partie des façades intérieures, bâtie au dix-septième siècle en pierres et en briques, présente un modèle, aujourd'hui unique à Paris, d'une décoration peinte appliquée en plein air à de l'architecture. Ce sont les portraits en médaillons de quatre présidents vêtus de la robe rouge, de deux connétables et de trois autres guerriers. Des inscriptions sur tablettes de marbre indiquaient les noms des personnages; il n'y en a plus que trois; elles nous désignent les effigies des connétables Bertrand Duguesclin et Charles de Bourbon, et celle du vaillant Biaise de Montluc, maréchal de France.

La Sainte-Chapelle, le plus gracieux monument que nous ait légué le moyen âge, est comme enclavée dans Penceinte du Palais de Justice . Nous en avons donné la description en racontant les annales de Paris sous le règne de saint Louis.

Le palais de V Industrie a été construit dans le vaste espace non planté d'arbres qui existe entre la grande allée des Champs-Elysées et le CoursJa-Reine, et qu'on appelle le carré Marigny. La première pierre de cet édi-

ùce fat posée le 5 mai 1 853. DeuiL ans après lePalais é^ît achevé, iD^is la critique trouva ample matière à s'exercer à regard de ce monument. Oia reprocha à son fircbitectuiie d'être massive^ écrasée, sans véritable grandeur dans Fidée^ sans nouveauté dans l'exécution, et nç l'épondadt nullement aux exigçpces d'ua pareil monfiniet^t. A l'intérieur, la nef, malgré ses proportions grandioses, semblait insuffisante. A part le choix de l'emplac^ns^t) qui<,|>oU'» vait être moins fvineste> et l'effetdisgraciwx qi^ produit^ vue des Tuileries^ de la* grande avenue, où des quais, cette immense cage de verre enfouie dans les arbres^ rien dans le palais de l'Industrie, aux yeux d'un juge impartial, ne justifie ces reprochesi. Ses grands murs en pierres de taille, ses compartiments intérieurs en fer et en fonte, ses châssis dé verre sans fin, qpi cç«iv7:0nt plus de trois hectares, présentent leyri^i caractère desolidité et de force qui convient seul au palais du travail. Quaûd on franchit la porte principale^ plus haute qu'uni arc de triomphe^ on est frappé de l'éten^u^ : de; la s^\le' - rectan*gulaire du rez-de-chaussée^ longuçde iq% piètres etlarge de 48, et de l'ampleur des galeries latérales^ qui n'ont pas moins de ^4 mètres; celles du premier étagevOÙ Ton.^r* rive par de magnifîques et doubles :esQalîe)rs, f^dAplèfent dignement l'ensemble par la larg^eur, Ja btai?di^6 ^ ^'b^' bile disposition de leurs travéesj.

Extérieurement le palais die l'Industrie forme: un. ispiadrilatère de ^54 mètres de long sur i lo mf^res 4^ centimètres de large; des pavillons, trop peu ssùUants peutêtre pour la masse de l'édifice et trop ^rappro^bf^ qiiand ils se présentent de profil, en flanquent Ies.q»iflU*e angles.

Au nord et au micti chaque façade ei^t déw^ -d'un pa-

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