‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 45 sur 96 · LIVRE XXI. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. CHAPITRE II

vilIon central. L'ordonnance générale se compose d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage éclairés par des fenêtres cintrées sans autre décoration que des moulures, des feuilles d'ornement et des écussons où brillent^ scul*ptés dans les tympans des fenêtres du premier étage, Iqs noms des principales villes industrielles. Sur le bandeau supérieur on grava les noms des hommes les plus illustres dans la science, les arts et l'industrie.

Dans les tympans de la grande porte d'entrée Diéboldt sculpta deux figures de la Renommée au-dessus desquelles est inscrite cette légende : J V Industrie et aux Arts. Sur la corniche on plaqua un bas-relief de Desbœufs représentant des personnifications de l'Industrie et des Arts venant rendre hommage à Napoléon III. Enfin l'attique fut couronné par un groupe dû au ciseau de M. Elias Robert, la Patrie couronnant V Industrie et les Arts. . Le même artiste avait sculpté, de chaque coté du groupe principal, deux écussons aux armes impériales supportés par des en&nts.

C'était le Louvre industriel de la France, et au moment où nous écrivons ces lignes, l'Europe intellectuelle et manufacturière ne tardera pas à être convoquée , pour la deuxième fois, en 1867, ^ ^^^^^ ^^^ ^^ palais les grandes assises de l'industrie, dont la ville de Londres voudrait vainement s'attribuer le monopole.

Le» édifices religieux entrepris ou terminés à Paris sous le règne de Napoléon III seront une des' splendeurs de notre époque.

Et d'abord rappelons que de nos jours on a poursuivi et plus d'une fois mené à terme en ce qui concerne les vieilles églises monumentales de Paris, des travaux de res-

tauration et de consolidation qui leur donnent, à toutes, une vie nouvelle, un durable avenir. Sous ce rapport on peut dire que Ton a construit pour la seconde fois Notre- Dame de Paris, qui sort de ses ruines comme une « Jérusalem nouvelle, comme une épouse qui s'est revêtue a de ses riches ornements pour plaire à son époux. »

Mentionnons encore les travaux entrepris à Saint- Étienne-du-Mont, à Saint-Eustache, à Saint-Laurent, à Saint -Gervais et Saint -Protais, à Saint -Leu-Saint- Gilles, à Saint-Merry et à Saint-Séverin, et Tachèvement de Sainte-Clotilde. Ceux qui ont eu lieu à Saint- Germain des Prés suffiraient à eux seuls pour illustrer une époque artistique.

Et ici qu'il nous soit permis de décrire plus au long les origines et les transformations successives de cette église depuis le moyen âge, ère de sa fondation et de ses premiers accroissements.

Comme on l'a vu au commencement de notre récit, cette église, bâtie en 558 par Childebert, fils aîné de Clovis, fut d'abord dédiée sous le vocable de Sainte Finr cent de la Croix; plus tard saint Ouen, évêque de Rouen, la désigna sous le nom de Saint-Germain, et à raison des prairies dont elle était environnée elle reçut la dénomination de Saint-Germain des Prés, qu'elle porte encore de nos jours.

Cette église, bâtie en forme de croix latine, était soutenue par de hautes colonnes de marbre, qui la partageaient en trois nefs recouvertes par un plafond orné de lambris dorés ; les murailles étaient embellies de peintures exécutées sur un fond d'or ; tout l'édifice était revêtu de cuivre doré, et la magnificence du monument au dehors

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était en harmonie avec la richesse de la décoration intérieure. A l'entrée de l'église on avait construit deux oratoires : l'un au midi^ sous l'invocation du martyr Sym* phorien, et où saint Germain fut enterré vers Tan 076 ; l'autre au nord, sous l'invocation de saint Pierre^ et où fut plus tard inhumé saint Doctrovée. L'église, en ces temps de guerre, ressemblait à une citadelle ; englobée dans une vaste abbaye, ses murailles étaient flanquées de tours j et' ceintes de fossés qu'alimentait un canal large et profond , dont le lit s'étendait le long de l'espace aujourd'hui occupé par la rue Bonaparte depuis le quai jusqu'à la rivière ; ce canal était appelé la Petite-Seine ; la prairie qu'il partageait reçut les noms de grand et petit Pré-aux-Clercs.

Sous le règne des fils et des petits-fils de Clovis l'église de Saint- Vincent de la Croix n'était qu'une dépendance de l'abbaye; le saint évêque Germain fit venir de Saint -Symphorien d'Autun des religieux qui s'établirent dans ce monastère et ne tardèrent pas à embrasser la règle de saint Benoît. Sous le règne de Charlemagne, vers l'an 787, Robert P% abbé de Saint-Germain-des-Prés , installa dans son abbaye une école qui devint célèbre ; de cette académie sortirent Abbon, Aimoin, Usqard , et plusieurs écrivains qui furent comme l'avant^-garde de cette longue série d'érudits et de savants Bénédictins dont le nom est demeuré cher à la science. A plusieurs reprises, durant les invasions des Normands, l'église et l'abbaye de Saint Germain des Prés furent prises et pillées par ces barbares; vers l'an 887, lors du siège de Paris, elles furent livrées aux flammes et ne présentèrent bientôt après qu'un amas de ruines. I^s religieux avaient eu le temps

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de transporter ailleurs les reliques dont ils étaient dépositaires, et qu'ils placèrent momentanémelit dans l'église de Saint Jean-Baptiste, située dans la Cité, et qui fut dès lors appelée Saînt*Germain-le- Vieux. En des temps moins agités, et sous le second roi capétien, les Bénédictins firent de nouveau construire une église sur l'emplacement de celle qu'avaient détruite les barbares, et dont il restait encore la grosse tour au bas de laquelle s'ouvre la principale entrée. Les nouvelles constructions durèrent près d'un siècle et demi avant d'être définitivement livrées au culte, et l'église Saint-Germain des Prés, commencée en 10 14, parles soins de Morard, abbé du monastère, fut dédiée et consacrée, le 21 avril 11 63, par le pape Alexandre III. C'est l'un des très -rares monuments qui nous soient restés de l'époque romane. Quant à la grosse tour, dont le caractère a été plusieurs fois altéré et modifié, les savants ne sont pas d'accord sur son origine. Les uns la font dater de Childebert lui-même; les autre prétendent qu'elle à été bâtie sous les Carlo vingiens, mais la première opinion semble mieux établie ; nous croyons du moins que la partie inférieure de cette tour appartient à l'église primitive, construite par Childebert, et que le clocher est du onzième ou du douzième siècle, alors que florissait le style roman-byzant'in.

C'est vers la même époque que paraît avoir été achevé le sanctuaire de l'église. Comme plusieurs rois et princes de la première race avaient été inhumés dans la basilique primitive, on leur éleva, vers la fin du douzième siècle, de nouveaux tombeaux, qui, lors des dévastations de 1793, eurent à subir les profanations révolutionnaires. Recueillis ensuite au musée des Monuments français, ils furent, en

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