CHAPITRE in
pubUoi» — jfataUîsyaaentfl généVMHb *— HAlleia — Fontaîncf •
Au moment où nous écrivons ces lignes on contmue de reconstruire à Paris , aile par aile, pièce à pièce, les bâtiments de la Bibliothèque impériale, qui tombaient de vétusté et ne pouvaient suffire à contenir les trésors intellectuels accumulés^ depuis des siècles dans cet arsenal ouvert à Tintelligence humaine. Les nouvelles constructions n'ont aucun caractère artistique bien accusé; elles ne se distinguent ni par des ornemex^ts, ni par l'uniformisé de style. Elles sont simples, solides, et convenablement appropriées à leur destination. La nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève, terminée en i85o, sur la place du Panthéon, est plus remarquable au point de vue de l'art. Jbes nouvelles voiçs magistrales ouvertes dans Pétris ayant de temps à autre effleuré des monuments qu'il importait de conserver, de nombreux travaux ont ét^ entrepris tantôt pour construire de nouvelles façades, tantôt pour élever des annexes. Nous mentionnerons les bâtiments actueils de l'école des Mines^, ^ façade du lycée Saipt-*Jx>uis, les embellissements de la place du Palais-Royal, les constructions récentes du Théâtre-Français, la construction de nombreuses casernes, qui sont comme autant de forteresses créées dans Paris, la restauration merveilleuse du palais des Thermes et celle du Conservatoire des Arts et Métiers , les bâtiments destinés aux bureaux de l'Assistance
(ia»UlM63 LIVRE XXI. CHAPITRE III. 3o3
publique, l'agrabdissement du Palais de Justice et de la Banque, la restauration du palais de rinstituL, le remaniemeat, quelquefois heureux, du jardin des Tuileries, les aiuiexesdu Musëuxn, la nouvelle mairie du septième arron* dissement , la façade septentrionale du palais des Beaux- Arts, la construction du nouvel asile de Sainte-Périne, la mairie du premier arrondissement, et la tour carrée qui est destinée à relier cet édifice à l'église Saint-Germain l'Auxerrois. .
En général ces constructions, ces travaux ne répondent pas toujours aux exigences de l'art ; ils sont froids, sans couleur, dépourvus de style, et présentent l'alliance hybride de. plusieurs manières différentes, n i*evanche ils portent un certain cachet de régularité et d'élégance qui suÉGt à l'admiration des partisans de la ligne droite et des fanatiques adorateurs du système qui ccmsiste à. multiplier partout les p^its, squares, les petits jardins, les petites grilles^ les petits bassins , les petits ornements. Lorsqu'on promène dans Paris la charrue et le. marteau^ lorsqu'on abat ^es quartiers sans regarder à la dépense, lorsqu'on fait rayonner des boulevards sur touâles points de la ville, il y aurait peut-être mieux à faire, pour remplacer ce qu'on fait disparaître, que de bâtir, adroite et à gauche, dçs maisons ^ de cinq étages qui se ressemblent toutes et des portions de monuments qui ne ressemblent à rien. Assurément le progrès accompli est grand, il est incroyable ; mais, au point de vue du goût, de la tradition, artistique et.de la forme, il aurait pu être plus grand . Que voulez-vous ? C'est le malheur inévitable des démolitions atdes reconstructions opérées d'un coup de baguette et pour le service d'un public pressé de jouir*
3o4 HISTOIRE DE PARIS. (185M865)
AU mois de novembre i863 on remplaça j sur le faite de la colonne de la place Vendôme^ l'effigie de Tempereur Napoléon V par une autre statue plus conforme aux traditions chères aux artistes, mais beaucoup moins en harmonie avec les souvenirs populaires. La nouvelle statue représente le vainqueur d'Austerlitz en costume d'empereur romain, couronné de' lauriers et portant le globe. Elle est l'œuvre de M. Dumont, pèse 2,5oo kilogrammes et mesure quatre mètres de hauteur avec la plinthe.
Lorsqu'il fut question de hisser cette statue à la place occupée par la statue due à M. Seurre, et qui a été transportée au rond-point de Courbevoie, les procédés employés consistèrent dans l'établissement, au sommet de la colonne, d'une plate-forme de 1 5 mètres carrés, entourée de gardecorps et dont les principales pièces furent de solides madriers. Le tout prenait son appui sur le chapiteau de la colonne au moyen de poutrelles inclinées; le système embrassait, en outre , la lanterne ou dôme qui surmonte le chapiteau. C'est sur cette plate-forme que se trouvait l'appareil élévatoire, espèce de grue montée sur des patins glissants et qui comportait deux montants inclinés en sapin, entretoisés par une croix de saint André, arc-boutés par les pièces droites voulues et reliés en haut par la traverse d'où pendaient le plan élévatoîre et son câble , fixé à la statue qu'il s'agissait d'enlever. L'autre extrémité du câble s'enroulait sur le tambour d'un treuil manœuvré par deux mouUnets et qui recevait seulement un quintuple enroulement du câble. Un second câble, dit de sûreté, faisant contre-poids de l 'autre côté des montants inclinés de la grue, retenait encore la statue, s'enroulait et se débitait de même sur le treuil. Le principal câble était en chan-
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vre tresse, de 48 miliimètres de diamètre; il avait été éprouvé et était calculé pour une charge de 38 kiic^r. par chaque brin de toron. ^
Une fois la statue enlevée de son socle, la grue , qui avait été édifiée dans l'axe de la colonne, glissa avec sa charge vers Textrémité de la plate-forme, du cotéj du ministère de la Justice. La statue étant ainsi arrivée en surplomb de la colonne et assez loin du fut pour qu'il u y eût aucun choc à redouter, on lâcha peu à peu le treuil, la statue pendant au bout du câble dans une sorte de cage formée par quatre montants de fer que réunissait une traverse commune. L'enlèvement, le déplacement de la grue et la descente demandèrent deux heures et un quart.
Commencée le lendemain à onze heures , l'ascension de la nouvelle statue dura trois heures; une autre heure fut employée à reculer la grue pour amener la statue dans Taxe du socle. Pour faire glisser la grue sur ses patins CD avait ménagé, au bout de la plate-forme opposé au ministère de la Justice, un treuil marin et deux palans tirant sur les patins, directement dans la deuxième opé"* ration , indirectement, à l'aide de poulies de renvoi, dans la première. Deux pinces à levier enrayaient le câble lorsqu'il fallait ramener au point voulu son enroulement sur le tambour du treuil et empêcher le chevauchement. Préalablement frottées de résine pour assurer l'adhérence, les pinces arrêtaient le câble de sept mètres en sept mètres ; puis on reprenait la manoeuvre des moulinets du treuil, à laquelle six hommes suffisaient. Ce fut ainsi, sans secousse ni balancement sensible, que la statue atteignit le terme de sa course ascensionnelle.
ilST. DB PARIS. — T. T. 20
3o6 HISTOIBE BE. PARIS. (USM865)
En iSSZ lai statue du maréchal Ngr^ monument en bronze, fut solennellement érigée vers le carrefour de rObservatoire, au lieu même où Tillustre lieutenant de Napoléon avait péri,. .le 7 décembre i8i5, victime des ■ réactions de cette époque. La statue du prince de la Moskowa est loin d'être -irréprocbable au point de vue de laçt; le geste, la bouche ouverte, l'attitude du héros, dont on a voulu transmettre les traits à la postérité, sont d'un effet vulgaire, et dépourvus d'inspiration : '
]> tçmbeau de. Napoléon^ commencé sous le règne de Loqîs-Philippe, n'a pu être terminé que sous le successeur de ce roi ; ce monument est placé , comme on l'a vu plus haut, sous le ^ôme même des Invalides, au fond d'une chapelle à demi souterraine. Il est l'œuvre de Visconti.
Cliftrgé d'ériger ce cénotaphe, le célèbre architecte avait à choisir entre deux partis loujrélever sur le sol même de l'église, ou le rejeter dans une crypte. Le premier parti offriiit des inconvénients graves ;i il fallait déranger le coupti'œil, interrompre et troubler rharmonie du dbefd'œuvVe de Mîiusard, enfijn se rastr^nidredaùs les acces- SQiTe^,spus peine de surcharger l'édifice, d'y encombrer la circulation et de sacrifier^ en Ies:écrasanft, peut-être même en les .faisant disparaîtj^e^ les autres, nrenuments qu'ony.^dmire. Il a choisi. le aecpnd parti, «qui, tout en dérpbiant le^ détails aux curieux., lui permettait du moins de déployer à l'aise toutes les ressources de son artj et d'entourer la dernière demeure dé Napoléon de plus de calme et de^ grandeur, en la reléguant dans «cette obscurité mystérieuse qmsied atix tombeaux. Lamajestéde lamort n'^st bi^n à sa pl^ce que dans la majesté du. sitence el de l'isolement. f. . . .r .0 » * - - '^ •
(WMMS; LIYllB XXf. CBLAP1T9M III. 3oj
Le cercueil est renfermé dans un monolithe de grès rouge àmeaé'dfe>Fmlanâé et dressé à grands frais sur un sodé de granit inert des Vosges. Pas la moindre sculpture sur ce monolithe, qui n'a pour ornement que des arêtes arrondies et des volute d'une correction sévère. Il est impossible de n'être point, frappé de cette simplicité imposà'iltey qui ajoute à 14 profoAdear de l'impression pro- (fahè. Autour delà crypte et faisant face au cercueil se dlwssent^ dans leur morne immobilité, douze cariatides de Pradier. Voilà tout ce quel'ceilaperçoitde la balustrade qui domine- le- caveisiu;
Le Visîteun admis à descendre près du sarcophage prend iin des deux escaliers en marbre blanc qui contournent diaque côté de Uàutël, et il arrive à la grande porte en bronze que gardent ^ imposantes sëntindles de la' mort, deux colossales statues de Daret^ tenant sur «des coussins Tunele globe; l'autre le sceptre etla couronne ithpériale. Il trouve, à l'entrée, les cénotaphes des maréchaiix DuH>e et JBertraud, dont les ombres fidèles sont euccM^e associées dans la mort ai celle de>rempèiteur. Il s'engage dans un péristyle, ofascnr^ quit descend à la ci^pte par vifigt-einq mardoK de marbre b}anc, et arriVedans une. galerie circulaire, omce- de dix bas- relîefe '.symboliques, de Stmàrt^ et éclairée par des lampes liinéraii^es; en bnunze, qui pen* dent du plafond ftpuis il entre «dans la chapelle du enrcueil. Pa^ derrière.) en £auie de 'l'entrëexlii' tombeau, é'étend le Reliquaire , dsambre éntîèrëmaaA<. jfevèlue de marbre noir, où l'on voit, au centre^silr un piédestal en brènze et '^n porphyre , . l'épécL et le chapeau 4de Napoléon (f ).
(0 H: Victor F6tili|lei; - «
3o8 . HISTOIRE BE PARIS. (18S2-i€fiS)
Quelle que soit la magnificeace de ce monument, un jour viendra: sans douté (lorsque la restauration de Téglise abbatiale de Saint-Denis sera achevée ) où l'on ne laissera aux Invalides que le cœur et les armes du grand empereur. Les restes seront alors plus convenablement inhumés dans les sépultures impériales et royales où les souverains de la France ont droit de reposer. Louis-Philippe a traité Napoléon comme s'il se fût agi de Vauban ou de Turenne ; Napoléon III se souviendra de ce qui est dû au fondateur de sa race.
Au moment où nous traçons ces lignes, les ponts de Paris sont au nombre dé vingt-sept , et plusieurs d'entre eux ont été construits ou restaurés sous le règne de Napoléon III. A l'extrémité orientale de Paris on remarque le pont Napoléon 111^ bâti en pierres, entre la porte de Bercy et la porte de la Gare. Il est composé de six arches de 34 mètres d'ouverture chacune , sur une longueur totale de 4oo mètres entre les culées, et sert tout à la fois au chemin de fer de ceinture et au passage des piétons. De beaux viaducs en meulière, hauts de Iiuit mètres audessus du quai, viennent aboutir au pont sur les deux n* ves du fleuve. Tjc pont Louis-Philippe^ construit sous le roi de ce nom, a été rebâti par son successeur et s'appuie entre le quai Bourbon et le quai de la Grève. Il est en pierre et formé de trois grandes arches. Le pont Saint^Louis a été élevé en falce de ce pont et relie l'île de la Cité à l'île Saint-Louis ; il est formé d'une arche unique de 65 mètres d'ouverture.
Le pont Notre-Dame a été rebâti par Napoléon III.
L'ancien pont au Change , commencé en iGSg, achevé en 1647, ^ composait de sept arches (six en ri-
•vxi. CHAPITRE m. 3o9
laussée du quai de la rive droite ), et deux rangées de maisons. L'irrégulaians ses alignements^ Textrême déclivité /obstacle que ses énormes pifes opposaient . des eaux, enfin la nécessité d'élargir le )rloge, tout se réunissait pour motiver la Lion de ce pont, dont l'imperfection eût fait lis les lignes architecturales des édifices qui l'ennt. Il était indispensable de ne point suspendre , it les travaux y la circulation des habitants de Paris s'était établie sur ce pont, très-utile aux quartiers jpuleux et considérables qu'il relie. Â cet effet on établit sous les voûtes des cintres reposant sur des corbeaux en bois scellés dans la maçonnerie. Âu*dessus die chaque trottoir courait un chemin de service en charpente, qui s'appuyait à la fois sur les piles et les culées. Des treuils circulaient surces chemins pourvus de rails et enlevaient les matériaux pour les déposer sur des chariots qui les conduisaient aux lieux de dépôt. Â la démolition des voûtes succéda celle des piles, qui étaient assises sur un plancher en chai*pente porté par des milliers de pieux entremêlés de blocs d'enrochement, et parfois même de massifs de maçonnerie. Après avoir fait disparaître les massifs des piles jusqu'à 80 centimètres environ au-dessus de l'étiage, on continuait le travail en creusant dans l'intérieur de la pile et en laissant une paroi suffisamment épaisse pour former batardeau. On arrivait ainsi, en épuisant dans l'intérieur, jusqu'au niveau du plancher de fondation. Des plongeurs venaient ensuite saisir, soit avec des griffes , soit avec une louve ou avec des cordages, les morceaux du pourlour, que Ton
enkvait à l'aide d'une chèvre placée sur un bateau.
Mais Ton s'imaginerait difficilement à ^Uel labeur donna lieu le désenrophçmeïit complet^ de^ anciennes pi)0s,:»dont le lit du fleuve;; semblait -ne Jivrer qu'à regret les derniers vestiges. Vastes ^rans destinés à briser la force du courant, batardeaux, dragi^es puisantes, et d^ mieux équipées, machin^ d'épuisement, tout fot mis en œuvre pour atteindre ce résultat* Lorsque la drague avait ébranlé un bloc d'enrochement on le saisissait sous i'eati avec des griffes, et on l'enlevait à l'aide .des palans et dès treuilside la drague. Dès que. la tête d'un pieu était dé<chaussée, on l'entourait spus l'eaiu fttee fe ^ nœud i coulant d'une fbrte chaîne ;puiS) av4c des treuils^et despalans, on barrait sur cettia chaîne^, de lanière, à J*éagir ainsi -sur le pieu, qu'on parvenait à aJtrapber, Quant âu^ç massifs .de maçonnerie trop volumin^ï, qq: lès divisait • jM*éalablermeptà co^ps, de n^j^p,. Souvent mêtoé.la nuit . n'intcfidrornpait pas,Ie§ travaux,,, et. Q'était chose <îurieuse que .de voir je chantier éclajiré |^ar.4es lampesiqui prêtaient aux objets des for^ies la^tastiques*. r .
:Le paru au Change actuel a 3o mèl^slde largeur entre .les parapets} il comporte trois .ai*cbes elliptiques de 3i mètres 60 d'ouverture. Il a été conjiti^it avecles matériaux de l'ancien, à l'exception seulement des têtes, qui sont en pierres neuves de Château-Landon et de Souppes, préparéiçp au Heu d'extraction et amenées, toutes «taillées à pied d'<¥îUvr.e, Les maçonneries des piles ôt des ^voûtes sont hpurdéeseuc. mortier de ciment. hydraulique de Portland.; , . ,. . ., .^, ,..-.( «M 1 ... . •... •. ^ .. ^
Lç pomt SaifU'Michely l'ijin ^des plus anciens ponts de Paris, a été entièrement reconstruit en 1857 ; il a aujour-
Vf!sl--.r. =.
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{i»trmSI^ LIVBŒ'XXI. CHAPITRH m. ^^rî
d'bui 55 mètres. de longueur sur. 3iO de largeur. Les pàra^pets à balustrades soiit em pierre du Jura. De& écus^ons portant des N iestourés de guirlandes dçi feuiHage o^ent chacune des piles. En i85d^es travaux de consolidation tmt été. exécutés au Pmt^Neuf. 'En 1869 on. a construit^ en; face du palais de Ja !bégion«d'Hon:neur, \é pont de Solfénno^fjpimemj^t i44 i^ètrès 5o centimètres de longueur sur^a mètres de largeur entrêles'tBtes>,>etse c©iwpos^ de. trois afcchesde 4o mètres d'oùvierttire^ supportées par daux piles de 3 mètres et par deux culées de! 8 mètr^ d'épai^ur.. • . :
Le pont actuel des Irwalide^ a remplacé un pbnt'suspendu dé$îgné sous le même nocri. Construit de i 854 ^ i855^ sous la direction de M» Michal, il a quatre arches d'environ 3o métrés d'ouverture et est orné de statues à ses. deux extrémités. . . '.
Vers Textcémi té occidentale du quai delà Conférence on a récemment consUoiit léponC de V Mm^Y auquel vieiinent aboutir, sur la rive droite, TavenUe Montaigne ,»les boulevards de l'Aima, Sainte-Périneetde TEimperèur'; sur la rive gauche, le [prolongement du boulevard de TAlma et l'avenue du Champ de Mars. Ce magnifique pont^ orné de statues, porte sur trois arches dont l'ouverture varie de 39 à 43 mètr^.
Au Point du /o^r, près d'Auteuil,oà construit un pont destiné au chemin de fer de ceinturei. et qui , à riiistar du. pont Napoléon. III, à Bercy, doit être à double voie.
La place de Grèue et la place du Palais^Rojral ont été l'une et Tautre < transformées et considérablement agrandies sous le règne de NapoléonlII . Sur la place du
3 1:3 HISTOIRE DE PARIS. (IfSa-lM
Palais^Bourbon on a ërigé, en i855, la statue de la Loi^ œuvre nécessairement assez froide. La place du Pont" SairU'Michelj également construite sous le règne actuel^ a été ornée en 1860 d'une f(Hitaine monumentale représentant un arc triomphal adossé de a6 mètres de hauteur sur i5 mètres de largeur. On y remarque quatre statues en bronze, représentant des Vertus chrétiennes, et qui surmontent quatre colonnes de marbre incarnat du Lan- ^edoc; dans la niche centrale on a installé le groupe en bronze de saint Michel terrassant le dragon. Au point de vue de la perspective et de Part ce monument a été souvent critiqué.
' Vers la même époque Paris, déjà doté à\x puits artésien de Grenelle, a vu établir, sur l'autre rive de la Seine, le puits artésien de Passjr, Ce puits a été percé dans les anciennes carrières situées près du bois de Boulogne, à l'angle de la rue du Petit-Parc et de l'avenue de Saint- Cloud. Le forage, commencé en 1 855, n'a été. terminé que le !24 septembre 1 86 r , jour où la sonde atteignit une profondeur de 586 mètres.
L'instrument de forage était un trépan en fer forgé, d'un poids considérable, armé de dents en acier fondu, et assujetti à un déclic qui lui permettait de se détacher de sa tige de suspension. Le déclic, ou instrument à chute libre, était formé d'un chapeau engutta-percha de 60 centimètres de diamètre , auquel étaient adaptées les branches d'une pince qui soutenait la tige du trépan. Le mode de suspension du trépan consistait en une série de tiges en bois de sapin de plus de ao mètres de longueur, terminées par des douilles et des vis qui servaient aies relier facilement les unes aux autres.
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La manière dont s'opérait le forage était des plus siiii« pies ; tandis que Tensemble de l'appareil descendait rapi-*dementpar son propre poids, le chapeau en gutta*percha, rendu mobile autour de Taxe du déclic par deux coulisses^ était retenu par la pression de l'eau qui se trouvait toujours à la partie inférieure, du puits et faisait ouvrir la pince qui soutenait le trépan. Par contre, la pince se refermait et soulevait le trépan lorsqu'elle remontait avec le chapeau mobile, celui-ci étant alors soumis à un effort opposé. Le mouvement oscillatoire était communiqué à l'appareil par l'une des extrémités d'un puissant balancier , à l'autre extrémité duquel corresportdait une tige de fer adaptée au piston du cylindre d'une machine à vapeur. Suivant la nature des couches de terrain sur lesquelles on agissait, on accélérait ou Ton ralentissait à volonté la marche du piston^ et par suite celle de l'appareil de forage. La hauteur à laquelle on soulevait le trépan pour le laisser retomber n'excédait pas, en moyenne, 60 centimètres.
Une fois le sol suffisamment creusé , on remontait Iç trépan à l'aide d'un câble plat enroulé sur un treuil mis en jeu par le second cylindre de la machine à vapeur. Ce cable * passait dans une poulie amarrée au sommet de la tour établie sur le puits, à une hauteur suffisante pour faciliter le dévissage de la tige de suspension , formée d'une série de tiges de bois de sapin. Lorsque le trépan était soulevé au-dessus de l'orifice du puits on le suspendait à un plancher mobile sur un rail, et on l'écartait pour livrer passage à l'instrument destiné à curer le fond du puits. Celui-ci était un cylindre en tôle, à fond mobile, de I mètre de hauteur environ sur 80 centimètres de
3l4 . fUSTWWE »E. Râdftie; . (1«62M«»)
diamètta j ft qui 'pénfétrait .dam; dé s^L <par son propre ptnds. Il était disposé de telle 6orte que.les juatémux qui Y pénétraient n'en pouvaient plu9 sortir; on le remontait lorsqu'il était plein et l'on a^ait dé iiouyeau recours au trépan*
On sait que la nature et. If épajdsêur des couches de. terrain traversées par le puûs de pa$sy; ne. diffèrent en ricap de celles qu on avait, rencontrées lors du forage du puits artésien dé Grenelle. Dans les couches, de craie pure oa avait, pu creuser de 5 inètces parvingt-^quatre heures^ tandis que sur d'autres points on avanéàit à peine de I mètre dans un temps égal. Dans Je silex, lesidentsdu trépan: s'usaient très-trapidoment;. elles perdaient prés de a centimètres en deux haui^es de travail, ce qui nécessitait des réparations ;fréquenties, afin de. maintenir là section du j)uits parfaitetmej^t cylindj?ique« , .( ,
Qn avait atteint une pro^iidêur de 535. mètres lorsque les tubes de retepue compris enfreJe.niveau da sol.et une profondeur de 4^ mètres cédèrent en partie sous la pression des sablçs et se. tordirent. .<let accident .fut suivi d'éboulemenls qui créèrent des difficultés dont on ne put triompher qu'en prenant le.pàrtïde^efieuser! un puits orr dinaire dans toute la partie compromise. Ce puits, avait 3 mètres d'ouverture; il était fprmé de cylinârésenjibnte solidement relief les uns aux autres par des boulons; Un cuyelageien boi» de chêne, formant tube dereteinue, avait de plus été établi^dans toute la profondeur du puits, où il maintenait les paroi&des couches traversée^ par la sondq.
Vers ie môme tenips^ sur une longueur de >i8ba. mètres, on recouvrît d'une voûte le danal Saint-Martin, et l'on installa au-dessus de ce canal une dégante prome-
(1892-18«5) LIYBC XXI; GHAPITIIE: III. '5'l$
nade d'ahojrd nommée boulevard 'de la reii» ^^Hbi^nsè, et que Fempereur a désigmoe lui-même soiis le nom dé bojulei^ard Mohard-'Lemyir. Otte promenade s'étend de la rue du Faubourgrdu-Temple à la place delà Bastille. Dix-huit parterres entourés de grilles, avec fontaines jaillissajjtes/ marquent les prises d'air et de jour nécessaires à la navigatîoa du canal désormais souterrain. Les deux C($té3 du boulevard sont bordés de maisoi^s dopt la cons^ truction s'achève rapidement^ à la stupéfaction dé ceux qui ont vu autrefois ce quartier populeux et misérabloy '^t le retrouvent aujourd'hui élégant, riche et Iransfçrmé.
Les ffalles .centrales occuperont une placé- considérable dans rhisl0ire de cette transformation féerique de Paris, dont le: règne de l^poléon III nous rend les témoins émerveillés. Gentil gigantesque où vient aboutir tout ce ijiii concourt à apurer la si^bsistance de là cité^ elles constituent le monument d* utilité publique le plus complet qui ait jamais été çonstrmt daiis la capitale d'un grand empire. L'agrandissement des Halles, ainsi que lauf organisation , éjtàient encore, ' au cotnmencemeirf de ce siècle, une nécessité impérieuse et qui lî'avait pas échappé à l'attention de Napoléon P' . « Vers la fin de 1810, ditM. Baltard, visitant, avec les architectes et quelques officiers de sa suite, la coupole de la Halle au Blé, qu'on regardait alors comme un travail neuf et cUrieùx , l'empereur promenait sçs ^regards sur les quartiers envitpnnants. Il fut frappé de;la confusion qui régnait dans celai des Hklles, et, d'un doigt qui montre le t^emède aussitôt que la plaie est découveï*te, il trace un immense parallélogramme dont la base est la rue Saint-Denis et le sommet la Halle au Blé. » La reconstruction dans ce sens
3l6 HI8TOI1US OS PIRIS. (t85M865)
des Halles ne tarda pas à être décidée par un décret auquel Jes événements de 1812 et des années suivantes ne permirent pas de donner suite. Ce ne fut qu'en r 84^ que la question de reconstruction se présenta de nouveau ; mais les travaux furent encore ajournés.
Un troisième projet, datant de i85i et qui a fait Tobjet d'un décret en i852 , agrandit de 5o mètres vers l'est le périmètre antérieurement tracé, et relia les Halles au quai par l'élargissement de la rue Saint-Denis et par l'ouverture de voies obliques traversant la place Sainte-Opportune, Une nouvelle étude , faite en i855, rectifia ces abords, prolongea la rue Tirechappe jusqu'au Pont-Neuf, changea le dessin du monument , et substitua, pour la construction, l'emploi du fer à la maçonnerie. Enfin le 4 ^vril 1860 un dernier développement a été donné aux Halles, qui embrassent la Halle au Blé, selon le dessin primitif de 181 1 , et vont se raccorder, au delà de ce monument, avec le projet de prolongement de la rue du Louvre,
Sur les douze pavillons qui figurent dans le plan plus des deux tiers sont livrés au public. Les douze pavillons seront divisés en deux corps , séparés par un bou<levard de 3:i mètres et demi de largeur, dont la direction est perpendiculaire à la Seine, et qui formera, en quelque sorte, le prolongement des rues Montmartre et Montorgueil, réunies à la pointe de l'église Saint-Eustache.
Le corps de l'édifice repose sur une assise de grès rouge des Vosges, surmonté au-Klessus du sol d'un sou» bassement en briques. Le comble est en fer et en tôle; de hautes colonnes en fonte, reliées entre elles par des firceaux^ supportent la toiture. Dans l'espace libre des
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persiennes de tôle défendent l'intërieur des Halles contre le vent et la pluie , tout en laissant un libre passage à Tair. De grandes ouvertures vitrées répandent un jour suffisant dans toutes les parties de Tédifice.
Si nous pénétrons à l'intérieur par une rue couverte qui traverse les Halles de Test à Touest, dans le sens de leur longueur, il nous suffit de quelques pas pour juger l'appropriation du marché entre les diverses spécialités de marchandises. Le premier pavillon à droite est affecté à la vente des fruits; celui qui y fait face, à la vente des légumes. Dans ceux du centre on vend , ici le beurre , les fromages, les œufs, en gros, à la criée; là, le poisson en gros et en détail. Les deux derniers sont occupés par les marchands de volaille, de verdure, de pommes de terre, de beurre et d'œufs au détail , etc. En attendant l'achèvement des Halles , de nombreux étalagistes , qui n'ont encore pu trouver place au dedans , sont pour ainsi dire campés sur les trottoirs extérieurs, et, à certaines heures, juique sur la chaussée de la rue.
Parmi les édifices remarquables à divers titres du nouveau et de l'ancien Paris , il n'en est guère qui attirent l'attention des étrangers plus que les Halles , véritable palais de fonte et de cristal , simple et élégant tout à la fois, où l'air et la lumière circulent à pleins fiots, et dont la hardiesse n'exclut point la solidité , cette condition première de toute architecture.
Ainsi que le reste du sol parisien, pourvu, comme l'on sait, d'un vaste réseau de voies souterraines, les Halles centrales se composent de deux parties distinctes : Tune qui vit à la lumière et qu'anime le mouvement de la foule; l'autre qui vit aussi y mais dans une sphère inférieure et
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qui n'est pas la m<Hii$ curieuse. Chacpie pavillon, en dfSety a son sous-sol eoirespondant^ 'cireuse sous la mêine'étén«due, et qui rfeiiferme une sérié de loges, en treillage de fer , portant chacune . un numéro - con*espondant au chiffre des loges supérieures. Ces cabines, largement aérées ^ sQnt; au nombre de donzae cents pour lespavillons actuellement construits, et servent de resserre pour con* server.fraîches les denrées et les provisions. Sôus quelques-uns des pavillons elles sont remplacées par diverseç installations : abattoir pour les marchandes de volaille, atfelief pour le lavage et>la:malaxation du beurre, dépôts d'ustensiles, réservoir d'eau courante pour le poisson d'eau douce, magasins de salines, et<;. Ailleurs une cave obscure est qoi&sacréè au mirage des ceu£s, qui se fait chaque matin à la clarté de la chandelle. Il ne se vend pas, par Jour^ à Paris, moins de^- six cent mille œufs , qui tous sont préakbl^i&ent soumis à l'épreuve décisive du. mirage.
En construisant les caves des Halles cm a jeu soin de prévoir l'élabKsseib^nt possible '.d'un > chemin de fer qui pçurra les •:mettkie.u3i jour en comnlunication ave<!i le^, Vô^es sobteirainès du bou-levaaîd dé'Sébasto^l, et permettre , çrâcet à: la Ugiie- de cteiuturê , l'arrivée au Heu tnâme de la venta des marcliainds et de' leurs produits. Des emplacements libres ont ité ménagés à chaque carrefour des rues souterraines des Halles :pour les VGiils et les plaques !4oiirnant(es, et trias voies '^ deu^^ d'iaricivée, une de iretour, aboutiraient dkreetement à' ta gare des chemins de fer de l'Est , sous le. sobdu boulevard de SébiartOpôl; ; . ■". ' • a
:PQW donjiei$,4me idée de iréiendue des traivpuK de
(1862-f«n) LIVft£«9CXI. CHAVimS III. 3lt)
construction des nouveUes Halles nous noufi bornerons à mentionner céuît -qu'a niotivës l'achèvement du corps de ^test : 90,000 mètres cubes déterré ibuiliëe^t enlevée, 1 8,000 mètres cubes de bcton^ 1,800,000 lyriques, 600,000 kilogrammes defqnte pour les caves, 200, 000 kilogramfmes de fonte potfT cplonnes et supports,' 700,000 kilogrammes d(Ei fer pour fermes, arcs, châssis, grillés, :2o,ooo lames dèi persA^nnes cfn- cristal dépoli. Le corps de l'ouest, on lejâaii, est en Cours d'exécution; il sera à peu près sewblabltf au premier , dont Un boulevai*d planté le séparera. La Halle au Blé subsiste dans le plaû général, et formera, pour ainsi dire, la tête de l'ensemble des constructions. Cet ensemble sera complète par deux bètimefiits d'administratioti, qui seront élevés entre la Halle an Blé et la rue du Louvtq prolongée. Les Halles occuperont alors une» 'superficie de près de 88,000 mètres, en y iiônàprlenantlés rues ^ranéviersales et le pourtour. L'espace couvert sera de 4oi3^9 wïètrés, pour lès deux corps de l'e^ et de Tôuest, sansptli^er des caves, qui en doubleront l^étendue.' . . / : .
Les Halles centrales resteroiat coMîtie UÉtetènïple^i^ sissant, et des mieux réussis^ des reÈSourc^^iife-)^ fët et la fofifte offrent à l'architecture moderne^' . / /^ )
Les gares de chettiînde fer sent une catégorie de monuments Spéciaux dôht nos pères n'avaient poiftt ridée et qui forment l'un des pltis remarquables embelH^^mënts du Paris moderne.
Connne o|i le sait, les entreprises de voies de* fer aboutissant à là capitale se répartisstot' en ciftiq grandes com«paghies : lèS compagnies du^or^ d^Orléans; Ûé Lfon et die la Méditerranée^ dé V Est et de VOueét.^
Cette dernière compagnie possède deux embarcadères, l'un situé me Saint-Lazare y l'autre au boulevard Mont-. Parnasse. I^ premier est le point de départ de la plus grande partie des chemins de fer qu'on peut appeler des chemins d'agrément. Delà on peut se porter à yersailles^ à Saint-Germain^ à Argenteuil^ ou bien à l'un ou l'autre des nombreux et charmants villages semés sur le parcours de ces lignes. Un rameau se détache du même groupe pour gagner Auteuil en longeant le bois de Boulogne^ sur lequel s'ouvrent trois stations. A l'embarcadère du boulevard Mont-Parnasse arrive le second chemin de Versailles. De l'une et de l'autre de ces gares partent les grandes voies dirigées vers le nord-*ouest de la France, et qui toiuchent, d'un côté, à tous les ports de la Manche, de Dieppe à Cherbourg, et, d'un autre coté, s'étendent jusqu'au cœur de la Bretagne , en attendant qu'elles gagnent les extrémités de cette province.
La compagnie de l'Est possède aussi deux gares dans Paris, l'une entre les faubourgs Saint-Denis et Saint- Martin, l'autre sur la place de la Bastille. Cette dernière ne donne encore issue qu'au chemin de Vincennes, prolongé jusqu'à la Varenne , sur les bords de la Marne. L'autre est le point d'arrivée. des grandes lignes de Strasbourg et de Mulhouse et des. nombreuses ramifications qui s'y rattachent. Le vaste édifice qui sert ici d'embar-. cadère aux voies ferrées de la compagnie de l'Est est, à coup sûr, de tous les embarcadères de Paris, celui qui présente le caractère le plus monumental. Sa position est d'ailleurs des plus favorisées sous le rapport de la perspective. Il termine, ou plutôt il domine la longue ligne du nouveau boulevard qui coupe la capitale du nord au
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midi. Vu de loin il produit un effet saisissant; vu de près il offre de nombreux détails dignes d'être remarqués. L'édifice occupé le fond d'une large cour semi -circulaire, entourée d'une grille en fer. 11 est entièrement construit en pierres de taille. Entre deux ailes élevées de deux étages et renfermant, au rez-dechaussée, Tune les salles de départ et l'autre les salles d'arrivée, et, aux étages supérieurs, les divers services administratifs de la compagnie, règne un vaste portique auquel on monte par six gradins. Divisé en arcades cintrées, entre lesquelles on a sculpté des médaillons où sont figurées , en bas-reliefs , les armes des princi*pales villes traversées par le chemin de fer, ce portique forme une galerie extérieure qui donne accès à une longue salle rectangulaire, dans laquelle se distribuent les billets. Au-dessus du péristyle extérieur, et à la hauteur du premier étage , deux statues couchées , représentant la Seipe et le Rhin, surmontent le cadran d'une horloge. En retraite se dessine le toit de la gare, en forme de triangle éclairé, au centre, par un immense demi-€ercle vitré. Au sommet est assise une statue gigantesque, personnifiant la- ville de Strasbourg.
Dans l'intérieur de la gare une galerie cintrée règne à droite et à gauche des vastes quais d« départ et d'arrivée. La charpente qui supporte le toit du vaisseau est en fer. Construite à l'époque où la compagnie de l'Est n'avait pas encore entrepris la ligne directe de Paris à Mulhouse , cette gare est déjà insuffisante pour ce double service.
Le groupe des lignes qui forment le domaine de la compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée,, qui desservent tout le sud-est de la France et tou--
chent à Fltalie et à la Suisse, n'a qu'un poÎQt d'arrivée à Paris/au faubourg Saint- Antoine, surIe];)ouleyard ^lazas. Au point de vue de l'art le monument i^'ofFre rien de remarquable, mais il est très-conveQabkmeii^t iip^roprié à sa destination. Nous en dirons autant de la petite gare du chemin de fer dip Vinceqine?, sUuéç à l'extrémité de la place de la Bastille. .;
La compagnie d'Ocléân^ m'a, qu'yn et^havaiL^ève pour toutes ses lignes du centre çt du sud-ouest.^e.la France. Elle possède, ilestVrai^à ranciçnnebarrière$aint>-Jàcques, une gare spéciale pour le çhemiil de Sceaux et d'Orsay, devenu sa propriété depuis. quelques années ; mais ce fait rentre encore vbiblement dans le domaine des eixceptioiis dont nous parlions tout à l'heUre. Lorsque l^ei chemin d'Orsay sera prolonge vers Toyrs^çpmme il doit l'être, il est probable que la compagnie sollicitera la concession de. quelque voie' de raccord avjeq la lig^e d'Orléans^ de manière à concenti*er au boulevard dé TjIopitalJia plus large part du service; AT heure ç/a i^oU^ éçFivon$ ces lignes de vastes tVavaux sont entrepris pour grandir la gare du chemin de fer du Centre et du Sud-Ouef^et la mettre en harmonie avec les besoins npuveaui; die rindus^rje #t de la circulation. ■ y, %: ■ ,. '
La règle d^une seule gare est plein&tnent suivije.poUr le chemin de fer du Noi^d, qui parçc^urt {es d^partejnents de la France oh règne la plusgrandeactivké Jndtist^ielle, qui met Pàriis eh relation av;^ l'Alleq^agne par Liège et Cologne, aved la Hollande et la Belgi<)uë par^Pouai, avec TAnglèlBrre par Boulogne, p^r:C^laid> pftr Duiikerque. On peut dire que jusqu'à ce jour U compagnie, du. Nord •n'a eu dans, la capitale qu'un embarcad^ proviscore;
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tQUt y éta^ inesquiii, étriqué; le be30Îi| d^largisseinent y était manifeste. On a commencé de construire, il y a c(nel- .ques années, une nouyelle garQ du NQrd> doU h façade occupe un très- vaste développement et qui a dr(Ht d'être comptée au nombre des plu9 repiarqua,bl<^ ^ moau^ mepts de Paris. ^ , . .
. Au moment où nous écrivons les travaux de dikxHH» .tion de cette nouvelle gare à Textéri^ur sonta peu près achevés, les logettes qui servaient d'ateliers àut artistes ont dispani, et tout un monde de statues apparaît au som* met et dans Tarcature de la gigante»quje façade; Celles de ces statues qui sont ed amortissements doniiçntà la silhouette de rédifîce^ un aspect vrairnent grandiose et font disparaître la rigicUté froide de Tinimense triangle qui couronne le tout. En outre, leur poids ajpute à là stabilité des^ points d'appui prinçipaiu:.
. C^les qui sont placées dans( Içs arcs amortissant la grossepr des montants et en di^imulent. la roideur rectiUgne. Quant aux têtes de divinjté,. aux dauphins et liux foudres sculptés si;r différents points, ce sont lei^ car^èr^ d'yn langage emblématique; chs^un a^upe jdgniÇc^tionv lie buste de Mercure, qui décore la clef de^l'archivqitepuineipaliei.symbplise le commence ; ai|8|si |i ]ui la place d'honl^eur,à l'exclusion de Jupiter* et ^dfe ÎTc^ptuiieV qu'on vott sçpilptés dans des médaiUf^ns ^(éi^X) ,ç^s,deu^ deiMiiters, i^Qsi que lesdaupliinS) les foudres ^ les coquillages, représentent 1^ deux él^m^^ts de Itt locomotion! à. Vapeur^ le:fei;(içU'eaiii. ^^ ^ .' .
Dans les frontons de la $al|e^des Pas*Péi*duSr, coté des départs, sont les têtes de Papin et de Watt, qui lés premiers dans le$ temps njrodemes se s^t kigéniéi à utiliser
ïr.
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ia vapeur comme force; Salomon deCaus et Fultonleui: serviront de pendant du côté de l'arrivée.
La façade de la gare du Nord peut donc être maintenant définitivement jugée. La coupe en est hardie, le style ample, élégant^ et d'une sobriété ornementale qui sied à im monument de cette nature. Tout y a sa raison d'être, rien n'y a été sacrifié à Fornementation proprement dite, et ses formes apparentes accusent franchement la destination de l'édifice.
Une corniche à simple vignette couronne le bâtiment central et les pavillons d'angles; de robustes pilastres groupés deux par deux portent l'entablement et les frontons, et les pieds-droits sont dissimulés par des colonnes engagées qui constituent au rez-de-chaussée une longue colonnade à trois sections.
Le premier étage des pavillons est ajouré par d'immenses verrières, et dans les galeries intermédiaires des baies à plein cintre forment des arcatures au-dessus des sections de la colonnade ; enfin, dans tous ces détails, rien de heurté, mais un rhythme harmonieux qui charme l'œil. Cette façade a 180 mètres de développement; elle est de M. Hittorf.
Malheureusement on a lésiné, comme nous Pavons déjà dit, pour l'espace qui doit lui servir d'esplanade, de sorte qu'elle est resserrée dans un cadre trop restreint. En effet c'était quelque chose comme la place de la Concorde qu'il eût fallu devant un édifice de proportions pareilles, et la place Roubaix possède à peine la largeur d'un boulevard de premier ordre ; donc, pas de perspective possible. Mais^ sans être prophète, on peut prédire qu'avant vingt ans <ses abords seront dégagés jusqu'au boulevard Magenta.