‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 57 sur 96 · M5) LIVRE XXI. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

M5) LIVRE XXI. CHAPITRE IV

reçoit à l'égal du soldat, et la caisse de secours mutuels l'aide momentanément à soutenir sa famille ; mais, quand il sort de l'hospice, assez rétabli pour ne plus y rester, trop faible cependant pour reprendre son travail, il traîne sa convalescence dans la misère ; ou bien même, s'il en sort mutilé, pas assez vieux pour avoir conquis par ses économies une pension suffisante sur la caisse de la Vieillesse, impuissant cependant désormais pour tout travail qui suftise à le nourrir, il reste condamné au plus affreux dénûment. Votre Majesté voudrait alors pour, lui une sorte d'asile où il pût venir, soit définitivement prendre une retraite accordée à une grave blessure , à la perte d'un membre, soit, en passant, recouvrer toutes ses forces, pour mieux rentrer ensuite dans la vie de travail. »

Aujourd'hui les asiles du Vésinet et de Vincennes (nous avons ailleurs décrit ce dernier établissement) sont ouverts à tous les convalescents , soit des hôpitaux ou des bureaux de bienfaisance envoyés par le service du traitement à domicile , et l'administration songe à organiser des services spéciaux de convalescents dans chaque hôpital .

Malgré tous ces progrès réalisés dans l'hygiène des hôpitaux pour que les malades y trouvent toutes les conditions de bien-être désirables , les ouvriers parisiens appréhendent . encore le séjour de l'hôpital. Ils y sont, disent-ils , séparés de leur famille , de leurs amis , dont* les consolations , les soins assidus et dévoués ne peuvent jamais être remplacés par des mains et des cœurs étrangers. Sans doute il est toujours pénible pour un père ou une mère malade de quitter sa famille pour entrer dans un hôpital ; mais , dans les hôpitaux , les malades

^6!À HISTOIAE DE PtiiRIS. (f852Un}

trouvent les médecios les plus instruits, les chirurgiens ks plus habiles:, les médicdinents les mieux préparés; ils ont du liioge propre abondant , et tes soins intelligents el dévoués des bonnes Sceurs. De plus ilsne sont pas séparés/de leurs parents;- ils jouissent^ au contraire, de laplus grande latitude pour les voir aussi souvent qu'ils peuvent le désirer pendant la durée du traitement et jusqu'au moment de leur sortie. ;

D'un autre coté le: service du traitement à domicile n'a pas été négligé dans Paris. A ceux* qui né sont pas assez malades pour entrer dans un rhopitalry ou qui ne veulent pas quitter loir famille, on a prodigue tous les soins possibles. En 1 86 j , à . Paris , . le nombre des personnes qui ont été traitées à domdciie s'est élevé à l^QyoS^ , celui des journées de maladie à 658,123 , et la dépense totale à 88yai5'fr. 99 c;. . . .-. ?' : j. '

Ces progrès réahsés dans Us hôpitaux^ dans le; traitement à domicile, ne sont pas .moins^ évidents dans les hospices d'aliénés. La voix de Bifi€la>été entendue; on a enlevé à ces malheureux leurs chaînes > on lés a retirés des cachots infects , et, au lieu de les maltraiter comme des bêtes féroces, on les a. rendus ^ leur dignité de malades. L'administration nes'est.pas contentée de pourvoir. à ce qui: pouvait leur être- utile;, elle- s'est occupée jen-miênie temps, de cequi pouvait les amvser, les. distraire et rompre la monotonie de leur séjotir. Des jeux. onté|:é étabtis dans plusieurs sections; des promenades* à -Uextérieur, accordées à litre d'encouragement et de récompense, sont souvent devenues, entre les: mains du médecin, d'utiles moyens d'action. ... .'.

Des maîtres de chant viennent, plusieurs fois par se-

Page 1