LIVRE XXI. CHAPITRE IV
Les Sœurs donnent aux jeunes filles Tinstraction religieuse, élémentaire et professionnelle dont le programme est approuvé par llmpératrice. C'est par un règlement intérieur^ encore soumis à Sa Majesté que sont arrêtés l'ordre et' la durée des 'exercices de la journée et le régime alimentaire.
Ce fut le 1®' Janvier 1 857 ^^'^^ ^^ remise de la maison Elugèpe-Napoléon aux Soeurs de Charité de Saint- Vincent de. Paul; ce fut aussi à compter de ce jour-tà^ue s'exécuta ce traité complet ; traité tout de confiance efttre Flrapératrice et les Sœurs de Saint^Vincent de Paul, devenues ainsi les nobles associées de Sa Majesté pour sauver 3oo jeunes filles pauvres des dangereuses douleurs de la misère et de tous les malheurs d'une vie de désordre.
C'est sur les. plans de M. Hittorff^ architecte, qu'a élié construite fa > maison Eugènô-Napoléott, Les divers bâtiments ne sont séparés que par des jardina ornés de massifs de fleurs; l'étabfisœment possède UArich^ potager.:-. \\.' V- ■ , y - . ■ ..:.t
Située, au faubourg Saint>« Antoine , au coin du boalevard Mazas^ toute là maison EugènerNapoiéoti)est très^ avérée j. on y: respire: un air vif et pur. î > .« .
, -Les élèv.e$ sont unif armement habillées- rrobes de mérinos gicis bordées die bleu pour l'hiver;. Orléans gris pour l'été; bottines grises. Le dimanche elles portent auxi ceremanies religieuses un bonnet plus élégant, garni de dentelles^ qui sont Vœavpe de la première. division.
Lerplus souvent couvertes, de. haiUoïisiorsqu'eUes sont admises ^iesri jeunes. filles pauvres « reçoivent à leur entrée un tjcousseau complet. .^ t ..
Presque toutes arrivent à l'asile du faubouvg Saint-
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Antoine faibles, décolorées, amaigries; leur physionomie attristée, souffrante, est souvent même d'un aspect sénile; mais, grâce à la propreté, à une nourriture saine et suffisante, à une vie réglée, grâce à Taîr vif et pur qu'elles respirent, leur teint se colore, leur physionomie prend de la gaieté; elles partagent bientôt les jeux de leurs compagnes, heureuses de ce bonheur qu'elles doivent aux soins intelligents, à la tendresse éclairée, aux douces et affectueuses paroles des Sœurs de Saint- \^incentdePaul.
Ceux qui yisitent cet établissement ne sauraient oublier la chapelle. Munie d'un dôme élevé, spacieuse, elle est garnie ,de bancs d'œuvre en bois de chêne pour les Sœurs, de bancs en bois pour les élèves ; un confessionnal et un seul autel delà Vierge. Un tableau peint à fresque dans un hémicycle représente l'impératrice en- vêtements de mariée; elle fait offrande à la sainte Vierge du collier de diamants; deux groupes déjeunes filles à genoux s'étonnent, admirent et prient avec ferveur pour leur auguste bienfaitrice. Cette composition, due à M. Darrivas, ne manque ni d'attendrissement ni de naïveté.
C'est encore à la demande et sous le haut patronage de Sa Majesté l'Impératrice qu'en i854 un hôpital d'enfants a été créé dans le faubourg Saint-Antoine sous l'invocation de sainte Eugénie.
\jà faubourg Saint- Antoine , ce grand foyer d'une des principales industries parisiennes, ce centre de population laborieuse, se trouvait deshérité de secours offerts aux ouvriers chargés de famille quand la maladie venait les frapper dans la personne de leurs enfants. On ne pouvait voir sans une profonde pitié de malheureux ouvriers