‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 61 sur 96 · LIVRE XXI. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. CHAPITRE IV

contraints de traverser Paris, par les plus mauvais temps, portant dans leurs bras jusqu'à l'hôpital de la rue de Sèvres, bien souvent sans pouvoir les y faire adiqettre, faute de place, leurs jeunes enfants atteints d'une de ces maladies qu'engendre si souvent la misère.

Émue de compassion pour des maux dont souffrent les mères de famille dans ce qu'elles ont de plus cher, l'impératrice voulut qu'il y fût mis un terme. A sa voix toutes les difficultés s'aplanirent; le projet que l'administration de l'Assistance publique avait conçu d'élever un hôpital de 400 lits d'enfants sur un emplacement dépendant de l'hôpital Saint-Antoine et bordé par le boulevard Mazas fut accueilli avec faveur; les acquisitions de terrains nécessaires furent ordonnées, et l'architecte reçut l'ordre de préparer les plans.

Mais la construction d'un hôpital ne s'improvise pas; Sa Majesté, par un mouvement spontané de sa sollicitude toute maternelle, ordonna qu'on examinât si, en attendant que le nouvel hôpital fût construit, il ne serait pas possible de créer un service temporaire pour le traitement des maladies de l'enfance.

L'hôpital Sainte-Marguerite, situé rue de Charenton, avec une entrée sur la rue du Faubourg-Saint- Antoine, fut celui qui parut à l'administration se prêter le plus facilement à l'établissement de ce nouveau service; mais, par des raisons de convenance et de moralité qui se comprennent, il ne fallait pas songer à placer des enfants au milieu d'adultes; dès lors convertir l'hôpital Sainte-Marguerite tout entier en hôpital d'enfants était le seul parti à prendre.

M. le préfet de la Seine s'empressa d'accepter les pro-

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positions que l'administration de TAssistance lui présenta à ce sujet, et dès les premiers jours de février i854 les travaux d'appropriation commencèrent; ils se poursuivirent sans relâche ; bientôt les lits furent établis^ la communauté des Sœurs et le service de santé installés. Enfin, le 9 mars suivant, lueurs Majestés en personne vinrent visiter le nouvel établissement prêt à recevoir les jeunes malades.

L'ouverture en fut fixée en effet au i5 mars i854.

Le nombre des lits et des berceaux s'âève aujourd'hui à 4o5.

Il existe à l'hôpital Sainte-Eugénie :

I® Une école où les enfants suivent les classes, les garçons sous un instituteur , les filles sous une religieuse institutrice ;

2" Un gymnase complet où, sous un habile professeur, M. Laisné, les enfants malades, les rachitiques, tous ceux qui sont atteints de la danse de Saint -Guy, obtiennent très-souvent une guérison complète ;

3*^ Un ouvroir pour les garçons : ils y sopt occupés à la préparation du linge à pansement, à la confection de la charpie ; un ouvroir pour les filles : elles s'y exercent au raccommodage du linge, elles confectionnent et réparent les vêtements.

Un autre établissement charitable^ Orphelinat du Prince impérial, a pour but de favoriser l'instruction, Téducation^ le placement et l'apprentissage d'un trèsgrand nombre d'orphelins, du sexe masculin, appartenant aux classes ouvrières.

Entrepris en 1846, dans le clos Saint-Tjazare, sous l'administration si intelligente de M. le comte de Rambu-

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