S52-1M5) LIVRE XXI. CHAPITRE V
C'est au village dlssy, près Paris (i), dans la maison de M. de Lahaie, maître d'hôtel d'Anne d'Autriche, qu'au mois d'avril lôSg fut représenté le premier opéra français. L'ouvrage, imité des pièces italiennes que le cardinal Mazarin avait mises à la mode, s'appelait' la Florale (Tlssjr. L'auteur de la musique était Cambert, organiste de Saint-Honoré ; l'abbé Perrin, introducteur des ambassadeurs auprès de Gaston d'Orléans, frère du roi, avait composé les paroles. Quoique exécuté par des amateurs, en plein jour, sans machines et sans décors, entre deux pavillons de verdure , l'ouvrage eut un grand succès et fut joué plusieurs fois de suite, aux grands applaudissements des personnes de qualité que les auteurs avaient conviées à ce spectacle nouveau. Parmi les nombreux témoignages contemporains qui attestent cette réussite, nous choisirons l'opinion de Loret, qu'il faut toujours consulter pour les petits événements parisiens.
J'allai Pautre jour à Issy,
écrivait-il à M"' de Longueville dans la Gazette du 10 mai 1659,
Village peu distant de Paris ,
Pour ouïr chanter en musique
Une pastorale comique...
L'auteur de cette pastorale ,
Cest monsieur Perrin qu'on le nomme,
Très-sage et savant gentilhomme
Et qui fait aussi bien des vers
Qu'aucun autre de l'univers ;
Cambert , maître par excellence,
A fait l'a/, miy rcj fa, sol, la.
De cette pièce rare là.
(1) Sur l'emplacement aujourd'hi^i occupé par Içs n*** 4^ et 48 dé la grande rue d'Issy.
^ j. HISTOIRE DB PAKIS
bllevardsetàdessq«ares;onena
de plus larges bases et dans de pW< tiens, maisdont quelques-uns no.
la popularité et les sympathies de Ua longue, tant la ville s'agra,
plaisir se déplace. A Pans o.
Lier ce qm e«t, de mer ce .
qu'on détruit. La j-tconime la Justice des tnhu hé«te, elle refuse davanc
que, elle arrive.
Parmi les théâtres ■ très-avantageusement
bornerons à menti< fc/c/ (Vincien Cirq' de la Gaieté. Ce aménagés, ornée
-tîitjoaéeau lur. « Elle eut 3jïiHfaitPerrmà ^. f particuUère- -^çe de son succès j:5 e lessein d'entre- .^, , Umortducar- ^lejrçox essais, et les .^jiaur établir partout ..--^is ou représentations ,:ff»atque'du -28 juia
éxîlairés et mier de Vacousûque grettables édif Mais il est tion a été v imprévus et fices les pu arvons sufl Et ici ( quelques sur un t ter les ment , spéciii
et Cambert se re- \.r9r m nouvel ouvrage du al^ taisaient construire une \ le kl rue Guénégaud, sur /.aum. de la Bouteille, occupé ',nLPoot-Neuf, les répétitions "^iiBsla galerie de l'hôtel de "* ^Uuicini, neveu et hériter de "■"^^ 0tf mise à leur disposition; aBc des imprimés de la Bi-
•^"^ -,inarsi67i devant un public "^^•p«dant dix mois, avec un pro.
^*.^ protégé par M-de Montes-
' .escstâléeaeatierdaosr/ii./oi«
^:HAPITRE V. 38 1
', le Florentin Jean-Baptiste
^ )iis du roi et surintendant de la
^ c , déposséda-t-il facilement Perrin
prétexte de procès avec ses associés.
lires patentes furent accordées le
Avori de la marquise, et Lulli fut auto-
. Paris une académie royale de musique,
-our les gentilshommes et demoiselles d*y
» que pour ce ils soient censés dérogera leurs
ijiesse, ni à leurs privilèges, droits et immu-
)uveau directeur ne perdit pas de temps ; il ouvrit dve salle dans le jeu de paume du Bel-Air, rue de ,lrard , près du Luxembourg, et le 1 1 février 1 673 il .isait représenter Cadmus^ grand opéra dont il avait rit la musique sur les paroles de Quinault.
Cependant Molière venait de mourir (16 février 1673) et laissait vacante au Palais-Cardinal la salle que le roi lui avait cédée en 1660, lorsque le grand comédien avait été obligé de quitter le Petit-Bourbon (1), démoli à cette époque pour dégager la colonnade du Louvre. Lulli obtint cette salle, et Cadmus y continua le cours de ses représentations aux applaudissements de la cour et de la ville (2).
(i) La salle du Petit-Bourbon faisait partie de l'hôtel du connétable , démoli en iSiy^ lors de sa trahison; elle était située vis-à-vis du cloître Saint-Germain-l'Auxerrois, dans la rue des Poulies, qui descendait alors jusqu'au quai. On sait que Molière commença à y jouer en i658. La description de cette salle se trouve dans le Mercure français, t. IV, année i6i4* Loret, dans sa lettre du 3o octobre 1660, rend compte de sa démolition.
(a) Dans une lettre du 6 jlinvier 1684 M"'^ de Sévigné appelait Cad' mus « un prodige de beauté. »
Le nouveau théâtre que venait occuper l'Opéra, et qu'il devait conserver -jusqu'en 1781, avait été construit en 1639 par le cardinal de Richelieu pour les représentations de sa tragédie de Mirame. Il remplissait Taile droite du palais, entre là cour d'honneur et l'emplacement de la rue de Valois, ouverte seulement un siècle plus tard, en 1 782 . Sur le plan à vol d'oiseau dressé par La Boissière en 1679, il est facile de reconnaître les détails de cette construction, dont Sauvai nous a , du reste ,- donné une description complète dans le 2® volume de ses Antiquités de Paris (livre Vil, page 162), en le déclarant « le théâtre de France le plus commode et le plus royal. »
Malgré cette prétendue commodité, l'Opéra, encaissé dans les autres bâtiments du Palais-Royal, n'avait d'entrée que sur une ruelle ouvrant sur la place et appelée d'abord Cour-Orry, puis cul-de-sac de l'Opéra; la sortie se faisait aussi par un passage étroit donnant dans la rue des Bons-Ënfants, à la hauteur du cloître Saint-Honoré. Cette situation nous paraît aujourd'hui bien resserrée pour un théâtre, comparée à la largeur des dégagements que réclame notre circulation; mais il ne faut pas oublier qu'à cette époque les principaux monuments de Paris , le Palais-de-Justice , le Louvre, THôtel-de-Ville et Notre- Dame eatre autres, étaient eux-mêmes entourés de ruelles inextricables dont les Embarras de Paris de Boileau nous ont conservé la piquante physionomie.
Quoi qu'il en soit, Baptiste, comme l'appelait toute la cour, une fois en possession du privilège de l'Opéra, le conserva jusqu'à sa mort (1687); eu collaboration avec Quinault, Thomas Corneille et Campistron , il fit représenter sur cette scène Annide^ son chef-d'œuvre, y^/c*ej/e,