‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 7 sur 96 · M8) LIVRE XIX. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

M8) LIVRE XIX. CHAPITRE I

liC 28 juillet 1 840 eut lieu en grande pompe la translation des cendres des victimes de Juillet i83o sous la colonne élevée à la place de la Bastille. Le service funèbre avait été célébré dans l'église Saint-Germain l'Auxerrois, récemment restaurée et rendue au culte. Le soubassement delà colonne de Juillet avait été décoré de draperies funèbres, de couronnes d'immortelles, d'inscriptions et de drapeaux ; le sarcophage était d'une étendue remarquable. Sur toute la ligne parcourue par le cortège, de la Madeleii^e à la Bastille/se pressait un peuple immense.Un temple funèbre de 12 mètres d'élévation, supporté par dquze pilastres d'ordre égyptien, avait été construit en face de la grande entrée des caveaux de la colonne^ vis-à-vis, la rue Saint-Antoine; le char funèbre y fut introduit vers deux heures de l'après-midi, et le clergé procéda à la cérémonie de l'inhumation. Le 6 août suivant eut lieu à Notre-Dame le sacre < du nouvel archevêque de Paris^ M*' Affre, homme distingué par son expérience et son savoir. -

, Au mois d'octobre le prince I^ouis-Napoléon, qui avait échoué dans sa tentative de Boulogne, fut jugé et condamné. Jt Paris par la cour des Pairs. Deux mois après l<î prifice de ^oinyîlle , commandant la frégate la Belles Poulcy ramena en France, par ordre du roi, les glorieux restes du captif de Sainte7JIélène.

Le mardi 1 5 décembre le convoi funèbre fit son entrée à Paris. A onze heures le canon retentit : c'était le moment où la dépouille mortelle de l'empereur s'arrêtait sous la grande voûte de l'arc de triomphe élevé à nos gloires militaires. A deux heures le corps était introduit aux Invalides, porté jsur un char funèbre d'une éblouis-

sanle richesse , après avoir traversé , depuis Neuîlly jusqu'à la cour du Dôme, une haie immense formée de plus de douze cent mille personnes de tout âge, de tout sexe, de toute condition , de tout pays, qui avaient voulu assister à cette imposante solennité, malgré la rigueur du froid.

a Ceux qui ont assisté à cette cérémonie, dit le Moni^ teur^ n'oublieront jamais l'impression profonde que faisait soudainement autour de lui , en passant sous tous les regards, ce cercueil impérial, drapé de velours violet, ce cercueil dans lequel la pensée pouvait voir Napoléon le Grand, calme et endormi, dans son costume de guerre.

« Le prince de Joinville a présenté le corps au roi en disant : Sire, je vous présente le corps de V empereur Napoléon, Le roi a répondu, en élevant la voix : Je le re^ çois au nom de la France. Le général Athalin portait sur un coussin l'épée de l'empereur; il l'a donnée au maréchal Soult, qui l'a remise au roi. Sa Majesté s'est alors adressée au général Bertrand et lui a dit : Général^ je vous charge déplacer la glorieuse épée de V empereur sur son cercueil.

« L'émotion a été solennelle, et les regards se portaient tour à tour vers le corps et vers les soldats mutilés qui ont été une. part de cette gloire... »

Au demeurant , il y avait trop de réalisme populaire dans cette cérémonie. Vainement ramenait- on à Paris les cendres de l'empereur ; la statuaire et la prodigalité nationale de la France ne parviendront jamais à lui élever un tombeau aussi poétique et aussi grand que celui que lui avait infligé l'exil. L'île de Sainte-Hélène, élevée, au milieu de l'Océan , loin du passage des révolutions

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