CHAPITRE VI
Détails oomplémentaîres.
Durant l'intervalle qui s'est écoulé entre la rédaction et l'impression de ce livre, quelques changements, quelques transformations nouvelle^se sont encore opérés autour de nous, et nous devons consigner ici, sous peine de laisser notre œuvre incomplète, les principales modifications que Paris a vu s'accomplir depuis bientôt deux ans.
Et d'abord, au mois de mars et au mois d'août 1864, des décrets impériaux et des arrêtés de M. le préfet de la Seine ont réglé les dénominations de 0^7/» voies publiques de l'ancienne ville ou des communes suburbaines comprises depuis 1860 dans les limites de Paris. Les écriteaux ont été posés. C'est l'exécution partielle d'une mesure depuis longtemps préparée par les soins de l'administration municipale et ayant pour but : i^de donner des noms aux rues , aux avenues et aux boulevards récemment ouverts ; 2® de faire cesser des homonymies trop nombreuses qui étaient devenues des causes permanentes de confusions d'adresses et d'incertitudes pour la poste, pour le télégraphe, pour les distributeurs d'imprimés et de journaux, pour le commerce, pour les voyageurs étrangers ou même parisiens , en un.mot pour tout le public.
Voici comment s'exprimait, à ce sujet, M. Ch. Merruau'
4o2 HISTOIRE DE PARIS. (1852-1865)
dans un rapport adressé à M. le préfet de la Seine , au nom d'une commission spéciale :
(c On comprend que les noms donnés jadis aux rues de chaque commune suburbaine, par l'usage populaire ou par , les particuliers ou les autorités qui les ont ouvertes, aient été choisis sans aucun égard aux noms que portaient les rues , soit des autres communes contiguës à Paris , soit de Paris même. De là des répétitions multipliées. Il y avait sans doute un assez grand inconvénient à l'existence d'un nombre considérable de joies homonymes dans des régions si voisines; mais l'inconvénient est devenu intolérable depuis que la même circonscription municipale les
enferme toutes On compte dans Paris agrandi 1 8 rues
ou places dites de V Eglise ^ 'j de la Mairie , i6 appelées Marie y i6 empruntant leur nom à Notre-Dame. Le patronage de Saint-Pierre y de Saint-Louis y dé Saint- Martin j de Saint-Denis ^ de Saint-Jacques ^ s'étend à plus de 60 voies publiques ; on s'est également disputé les noms de Napoléon , de XAlma , de Constantine , etc. ; le mot Croix entre dans le nom de 1 8 rues ou avenues ; les mots Champs , Moulins , F ignés , Carrières , Bac , Chemin de^fer^ Gare^ etc., ne sont pas moins prodigués. I^s habitants de chaque commune ne songeaient guère aux communes voisines, et choisissaient , pour désigner leur chemin habituel ^ Tappellation la plus simple, tiréede . l'édifice ou de l'objet le plus voisin , à moins que leur imagination, excitée par^un sentiment de piété ou de patriotisme, ne leur suggérât quelque nom de saint, de grand liomme out.de victoire; mais dans ces derniers choix mêmes ils se rencontraient encore. Il en résulte lès plus regrettables erreurs* Une lettre .dont l'adressé est