LIVRE XXI. CHAPITRE YI
grande artère voisine sans homonyme. Enfin, pour plus de précision, on peut y joindre les lettres initiales qui déterminent à la fois le point cardinal vers lequel est située la rue à faire connaître et la subdivision postale de la vilie dans laquelle cette rue est comprise.
Lés habitudes anglaises peuvent se plier à ces détails minutieux, à ces appellations longues et compliquées; à Paris on va plus vite au but, et on n'aime que les nomenclatures courtes et précises. Aussi a-t-on dû préférer le système qui consiste à donner à chaque rue un nom différent, sans ressemblance avec ceux d^autres voies publiques, de telle sorte que, le nom seul de la rue et le numéro de la maison étant donnés, l'adresse soit complète et l'erreur impossible, alors même qu'aucune désignation du quartier n'y serait jointe.
C'est à ce système simplificateur que s'est arrêtée l'administration municipale et elle a essayé d'en préciser comme il suit l'application.
i" Il lui a paru avant tout qu'elle ne devait proposer que les changements nécessaires, et ne point se laisser entraîner, par l'esprit d'innovation ou de méthode systématique, -à modifier un trop grand nombre d'inscriptions de rues et à jeter ainsi le trouble dans toutes les mémoires. Quel moyen de se reconnaître dans le dédale de Paris si les noms des voies publiques principales, qui servent de points de repéré, n^étaient pas autant que possible maintenus, si le plus grand nombre des rues ne conservaient pas leurs appellations traditionnelles? Les plus anciens- Parisiens s'y perdraient comme des voyageurs débarqués de la veille. La ville ressemblerait à une immense bibliothèque dont tous les
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volumes auraient changé de titre» La coutume obstinée protesterait contre les écriteaux novateurs et perpétuerait les anciens noms; elle le fait souvent, même lorsque le changement opéré a été le mieux fondé , le plus raisonnable. Que d'habitants de Paris ont persisté^ pendant de longues années, à désigner par les dénominations de Pont-Tournant^ déporte Saint- Honoré y etc., des emplacements où n'existait plus aucun vestige de pont ni de porte?
2^ L'homonymie n'a point d'inconvénient lorsqu'elle s'applique à deux ou plusieurs voies contiguës et de catégories diverses, une rue et une place, une rue et un boulevard, etc. Le boulevard Montmartre et la rue Montmartre portent le même nom sans qu'il en résulte aucune erreur possible.
3^ Afin de ne point jeter la confusion dans les souvenirs , un nom supprimé sur un point n'a jamais été transporté sur un autre, si ce n'est dans des circons* tances tout à fait exceptionnelles.
4® On a eu soin , lorsqu'il s'est agi de donner des appellations différentes à plusieurs rues homonymes , de laisser l'ancien nom à celle qui paraîtra la plus importante, non pas toujours par l'étendue, mais surtout par la notoriété , par l'ancienneté des souvenirs et des habitudes populaires qui s'y rattachent , les intérêts commerciaux ou industriels qui s'y sont groupés.
5® On a avisé à introduire, au moins pour l'avenir, une réforme que l'administration des postes demande avec instance pour la plus grande simplicité des adresses : c'est que les rues de Paris n'empruntent que le moins possible les noms des villes de France ou d'Europe. Nombre de