LIVRE XXI. CHAPITRE VI
lettres, portant pour suscription rue de Berlin, de Londres, de Lille ou de Valeiiciennes, etc., peuvent être envoyées en Prusse, en Angleterre, à Lille, à Valenciennes, pour peu que la mention : à Paris^ ait été omise, ou illisLblement écrite, ou qu^un employé de la poste, dans le travail rapide de la classification des dépêches, n'y ait' pas porté toute Tattenlion nécessaire. A cet égard Tadministration avait tout d'abord songé à changer ces appellations partout où elles existent; mais elle s'est arrêtée devant la crainte de déranger à la fois trop d'habitudes , trop d'intérêts depuis longtemps attachés à certaines adresses; elle s'est bornée à ne point augmenter, par des désignations nouvelles, de telles causes d'erreur, et à n'introduire dans la nomenclature des rues aucun nom de villes, si ce n'est de villes lointaines illustrées aux yeux de la France par quelque victoire.
6° On a pensé qu'il y aurait un grand avantage à réduire, autant que possible, le nombre des noms employés pour désigner toutes les voies publiques ; le moyen est de réunir en une seule voie, sous une seule et même appellation , ces tronçons de rue qui , d'après leur alignement normal, se suivent sur le même axe, et ne sont en réalité , par leur direction , leur largeur moyenne et leur aspect, que le prolongement l'une de l'autre.
Il y a quelques années, une commission administrative avait été chargée de préparer la suppression de toutes ces appellations surabondantes. Sur son rapport, qui n'embrassait qu'une partie de l'ancien Paris, 63 noms de rue furent mis hors d'emploi comme inutiles. Un second travail, qui n'a point été présenté à l'autorité
compétente 9 mais dont les éléments subsistent , préparait la radiation de 65 autres noms. L'administration n'a point négligé de consulter ces documents pour simplifier la nomenclature des voies parisiennes, et elle s'est attachée à ces sortes de réunions de plusieurs voies sous une dénomination unique toutes les fois que l'opération a paru praticable.
La nouvelle administration a cru, cependant, qu'il y avait lieu de maintenir des noms distincts à des voies dont la jonction formerait une ligne trop longue , dans laquelle, par exemple, les derniers numéros des maisons ne pourraient pas être* inscrits au moyen de trois chiffres.
D'ailleurs les rues, à Paris, ont pour ainsi dire leurs limites naturelles : la ligne de la Seine ou quelque voie magistrale. C'est pour ces motifs que l'administration, tout en diminuant le nombre des noms divers que portent dans leurs parcours les boulevards et les quais, à divisé ces grandes lignes , autant que possible , d'après les limites des arrondissements. De même elle a voulu que le nom de Sébastopol demeurât exclusivement à l'avenue ainsi désignée sur la rive droite , et qu'un autre nom, celui de Saint-Michel , par exemple, emprunté à la nouvelle fontaine et à l'ancienne place disparue , fût donné à la même avenue prolongée sur la rive gauche.
Malgré ces exceptions, les suppressions de dénominations ordonnées comme conséquence de la réunion de rues jadis distinctes sont fort nombreuses. On n'en compte pas moins de 333, qui se réduisent en définitive à 294 par suite de la division de quelques voies