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publiques trop longues , et spécialement de la rue Militaire, en boulevards.
7** Pour le choix des noms nouveaux, l'administration, résolue, comme il vient d'être dit, à n'introduire dans la nomenclature actuelle que les changements nécessaires, ne pouvait tenter l'application d'aucun système général et absolu ; elle n'avait pas à examiner la proposition qui a été faite de donner aux voies publiques de chaque arrondissement des noms d'une certaine catégorie, comme, par exemple, au i" arrondissement, dont les Tuileries sont le centre, des noms de familles souveraines; au 4®, qui contient l'hôtel de ville , desnomsde magistrats municipaux, et ainsi du reste de la ville. Sans doute il serait résulté de cette classification méthodique que tout nom de voie publique aurait porté en lui-même, pour ainsi dire, l'indication de la région topographiqne dans laquelle il aurait été employé; mais, sans examiner ici les difficultés et les inconvénients qui auraient compensé cet avantage , il est clair qu'une telle combinaison , comme toutes les autres plus ou moins ingénieuses qui ont été mises en avant ou qu'on pourrait inventer, ne serait praticable qu'à la condition de considérer Paris comme une ville entièrement neuve, d'y faire table rase de toutes les habitudes et de tous les souvenirs, et d'y nommer les rues à l'américaine. L'administration municipale a dû s'en tenir à procéder à peu près ainsi qu'on l'a fait dans le passé , seulement avec un peu plus d'ensemble et de méthode.
Elle a dressé d'abord une liste de noms rappelant des victoires ou des événements glorieux pour la France, et de noms d'hommes illustres, ou même simplenient
dignes d'être recommandés à l'estime de la postérité, qu'il paraissait désirable d'inscrire sur les écriteaux de nos rues, ces tables d'honneur plus souvent lues que les annales de l'histoire. Un assez grand nombre de ces désignations^ ont été recueillies, soit dans des demandes adressées, à diverses époques, à l'administratioii municipale, soit dans les suggestions verbales du public. Malgré le soin apporté par la commission à ce premier travail, elle a pu commettre des oublis d'ailleurs réparables; elle a préféré des noms français, mais elle n'a point exclu les grands hommes étrangers, pourvu que leur gloire ne blessât en rien l'esprit national et eût un caractère universel.
Tous ces noms ne sont point attribués au hasard , mais d'après diverses circonstances , parfois de peu d*importance , il est vrai , dont la commission a cru devoir tenir compte. Aux plus grandes voies appartiendront naturellement- des noms augusles qui sont l'objet de la reconnaissance publique. Autour de l'arc de triomphe de l'Etoile les avenues qui rayonnent en tous sens se partageront des souvenirs de victoire. La route Militaire, devenue une suite de vingt boulevards, se décore des noms des maréchaux du premier empiré, dont les ombres héroïques environnent ainsi le cœur de la France.
Plus près de l'ancienne enceinte, aux environs deS points défendus en i8i4, se placent les noms de plusieurs des guerriers qui s'y sont illustrés.
Aux abords des églises, les noms de saints, de prélats, de prédicateurs célèbres, sont naturellement désignés de préférence.
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Les environs des chemins de fer, les quartiers occupés par rindustrie appelleront des noms d'ingénieurs , d'inventeurs, d'industriels célèbres; les médecins se rangeront non loin des hôpitaux; les astronomes, les savants , près de l'Observatoire ou des écoles.
Ailleurs des groupes de célébrités déjà en possession de plusieurs rues existantes . en attireront d'autres d'un caractère analogue ; c'est ainsi que les noms Malesherbes et Tronchet expliquent, pour des rues environnantes, le choix de noms empruntés à des magistrats, à des jurisconsultes. De même les poètes, les artistes se pressent dans le i6® arrondissement, à cause des souvenirs dont s'enorgueillit cette partie de la ville.
Ces exemples suffisent pour indiquer les motifs généraux qui ont guidé l'administration dans son travail.
Les dénominations nouvelles n'ont pas été exclusivement empruntées aux grands hommes anciens ou modernes. JiCsnoms des territoires aujourd'hui compris dans Paris, ceux de diverses provinces qui méritent d'être rappelés à côté d'autres déjà inscrits à l'entrée des rues de la capitale , ceux des principaux cours d'eau qui alimentent le canal de l'Ourcq , ont été employés concurremment. L'administration n'a dédaigné même aucune des désignations qui pouvaient être tirées de l'aspectou de la d irection de la rue, du voisinage d'une usine, d'un bastion, d'une station de chemin de fer, d'une particularité quelconque plus ou moins remarquable. Enfin, lorsqu'il a fallu nommer une rue encore peu habitée , simple chemin tracé naguère au milieu des cultures , dénuée d'ailleurs de tout souvenir, de toute marque distinctiv^, l'administration n'a pas hésité à employer des noms dp fleurs,
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d'arbres fruitiers , etc. A défaut de système applicable , elle a procédé forcémeat par une sorte d'éclectisixie, n'ayant d'autre guide que la convenance et d'autres règles que celles qui viennent d'être résumées.
Un certain nombre de régions de Paris, bien qu'assez éloignées des grands établissements chers à l'armée ou de la ligne des fortifications, semblaient appeler naturellement des noms militaires.
Aux abords de l'ancienne enceinte de Paris , si bravement défenduer par quelques-uns , en i8i4i devaient s'inscrire les noms de ces défenseurs.
Un autre détail se rattache au même ordre d'idées; nous voulons parler de l'inscription du nom des rues et du numérotage des maisons.
On ne sait guère généralement ce qui a été tenté ^ à différentes époques , pour perfectionner le système d'inscription des noms des rues et le numérotage des maisons de Paris. Des particuliers prirent d'abord l'initiative des inscriptions des noms des rues pour l'usage de leur quartier; mais l'indicatien qu'elles contenaient était souvent inexacte ou d'une orthographe défectueuse; la plupart s'effaçaient promptement, une partie de la ville en était dépourvue.
En 1728 le lieutenant général de la police fit placer, par mesure d'ordre, au coin de chaque rue v des plaques de tôle d'égale dimension, portant les dénominations usitées. Dès l'année suivante une nouvelle ordonnance .régla ce qui concernait l'entretien et le remplacement successif de ces écriteaux. Défense y était faite à toutes les personnes, de quelque qualité et condition qu'elles fussent, de faire enlever, de changer, d'effacer les inscrip-