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.tions, à peine de loo livres d'amende pour chaque contravention. En même temps injonction était faite aux propriétaires des maisons situées au coin des rues , lorsqu'ils auraient à restaurer leurs façades , ou lorsque les écriteaux établis contre leurs murs seraient usés, effacés ou enlevés, de placer en lieu convenable des tables de pierre de liais, d'un pouce et demi d'épaisseur, pour y fdire graver les mêmes noms des rues et les mêmes numéros de quartier. Les dimensions des tables, le système d'attaches à l'aide duquel elles seraient fixées, la hauteur et la forme des caractères à employer étaient ensuite soigneusement décrits. Ces prescriptions sont demeurées en vigueur, mais incomplètement exécutées , jusqu'à la fin du dix-huitième siècle.
Un arrêté du préfet de la Seine, en date du 1 2 brumaire an Xir, prescrivit aux architectes voyers de dresser l'état des noms de inies et places changés ou conservés depuis Î789, afin de procéder à l'inscription des noms qui seraient définitivement adoptés. En i83o les inscriptions, qui n'étaient encore placées qu'à l'un des angles de chaque rue, le furent aux deux angles. Enfin, en i844j le préfet de la Seine détermina par un arrêté la hauteur au-dessus du sol et la distance précise de l'arête des murs d'angle auxquels seraient désormais fixés les écriteaux. Il fut décidé, en outre, que toute voie publique sur laquelle débouche une autre rue porterait l'inscription dfe son nom en face de l'axe de la rue adjacente. Les plaques destinées à recevoir ces inscriptions durent être untforniémenten lave de Volvic égaillée, fond bleu, avec lettres blanches. C'est le meilleur procédé qu'on ait imaginé jusqu'à ces derniers tehips pour rendre les noms des rues
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à peu près lisibles là nuit. Un progrès marqué a été réalisé dans cet ordre de travaux par un système nouveau qui fonctionne depuis plus d'un an sur la place de THôtel-de- Ville et à ses abords. Ce système, dont M. Merruau signale les avantages dans son rapport sur la no- * menclature des rues et le numérotage des maisons de Paris, consiste dans des cadres de bronze auxquels s'ajustent deux verres, l'un bleu , avec lettres gravées en blanc, l'autre ordinaire, doublé d'un calicot, qui font apparaître l'inscription en blanc pendant le jour et lumineuse pendant la nuit, au moyen d'un appareil de gaz logé derrière la plaque, dans une entaille faite au mur de la maison d'angle, à la hauteur convenable. Le même système s'applique avec un égal succès aux numéros des maisons.
L'administration , en réalisant les progrès- et les améliorations que nous venons de résumer, n'a point eu la prétention d'échapper à toute critique et d'atteindre à une perfection idéale. Des observateurs spirituels, dont la bienveillance pourrait être révoquée en doute, ont-dirigé une série de reproches contre la nouvelle nomenclature des rues de Paris. Pour être impartial, nous citerons ici quelques remarques dues k la plume de M. Victor Fournel :
a 11 faut rendre cette justice à la nomenclature de la commission municipale qu'elle a mécontenté à peu près tout le monde. Les journaux des opinions les plus diverses se sont rencontrés sur le terrain de l'opposition; je ne parle pas, bien entendu, des journaux officieux, qui ont des grâces d'état.
« Il est possible, comme je l'ai lu dans un communi'
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qué'j que cette mesure ait pour résultat ramélioralion du service postal. Ce point de vue administratif est en dehors de la question qui nous occupe et on nous permettra d'y être peu sensible. D'ailleurs les analogies réelles, mais incomplètes, ou faciles à discerner nettement Tune de l'autre, qu'on pouvait signaler dans la liste primitive, n'ont jamais été un obstacle sérieux à la rapidité des communications, comme à Londres par exemple, où elles sont innombrables et bien autrement compliquées, et il est à craindre que ce changement n'embrouille d'un côté ce qu'il éclaircit de l'autre et n'apporte autant d'embar- 'ras nouveaux qu'il en détruira d'anciens. Un homme qui a été incapable jusqu'à présent de distinguer la rue des Marais-Saint-Germain de la rue des Marais-du-Temple , et de marquer sur l'adresse de sa lettre s'il écrit à la rue Saint-Jean de Paris-Batignolles ou de Paris-Montmartre, ne le sera-t-il pas tout autant de se loger dans la tête, sans erreur et sans confusion , cette foule de nouveaux noms substitués aux anciens , et est-il bien sûr que la tâche se trouvera simplifiée pour lui ou pour les intermédiaires qu'il emploie? Je souhaiterais savoir ce que les cochers et les commissionnaires , directement intéressés à la question , pensent du soulagement que l'administration leur a préparé. Pour ma part , je sens que le prétendu fil d'Ariane de la commission municipale va me dérouter pour
longtemps Nous voilà obligés de renouveler tous les
mois nos provisions de cartes et de Guides ^ de démeubler et de remeubler sans cesse notre mémoire, obligée par ces transformations incessantes à plus de déménagements encore que n'en a eu à subir le citoyen le plus traqué par l'expropriation. Les libraires detnandent grâce, les géo-
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graphes n'y peuvent suffire. A peine mis en vente , le dernier plan de Paris n'est plus qu'un chiffon de rebut. Les Indicateurs s'essouflent à vouloir fixer au vol la ville du jour, dont la mobilité raille tous leurs efforts, et ils en sont réduits à jeter leurs tableaux au pilon avant même de les avoir mis en vente. Paris se dérobe sans cesse devant l'esprit qui veut en prendre possession, comme ces sièges qu'un enfant taquin renverse derrière vous au moment où vous allez vous y asseoir. L'armée des éditeurs va pour la vingtième fois se remettre à l'œuvre , mais, avant qu'ils aient fini , on aura percé deux ou trois nouvelles rues , raturé trois ou quatre anciennes, projeté cinq ou six nouveaux boulevards et dressé une nouvelle nomenclature qui les forceront à recommencer
« C'est une règle élémentaire, et dont personne, je crois, ne contestera la justesse, qu'il faut toucher le moins possible au nom des rues , et seulement en cas die nécessité réelle , — nécessité matérielle ou nécessité morale, — tant pour ne pas apporter de trouble d^tns les habitudes consacrées que par respect pour les' traditions et les souvenirs que ces noms rappellent. La commission municipale ne semble pas se douter suffisamment que les anciennes étiquettes de ^ nos rues ont une signification , qu'elles écrivent, pour ainsi dire, à tous les pa^ , la chronique des mœurs, des usages, des croyances , des divertissements de nos pères , l'histoire physique et civile de la plus illustre cité du monde. Avant les embellissements implacables qui ont produit dans la vieille ville l'effet désastreux de dix sièges et d'un tremblement de terre, on eût pu reconstituer, rien qu'avec ces nonis,les annales de Paris* Je le répète 7 la commission municipale ne le sait