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soldat en la guerre du Saint-Père Eugène, et y commit deux fois un homicide. Quand elle revint à Paris elle retourna encore en guerre et fut en garnison, et puis s'en alla. j>
Au mois de septembre 1439 Charles VII vint Paris; il n'y resta que quelques jours. Le royaume n'était encore affranchi ni de la guerre étrangère, ni des dissensions civiles. Les Anglais cependant n'avaient plus guère l'espérance de rentrer dans Paris. Une de leurs bandes s'approcha du côté de la porte Saint- Jacques au mois de février i44 1 • Le connétable envoya aussitôt contre eux Gilles de Saint- Simon, Jean de Malestroit et Geoffroi de Couvran, à la tête de quatre à cinq cents cavaliers. Ceux-ci passèrent la Seine au pont de Saint-Cloud, tombèrent à l'improviste sur les Anglais et les défirent entièrement. Le roi résolut alors de frapper un coup décisif et de chasser les Anglais de son royaume; il marcha d'abord contre Creil, Conflans et Pontoise. Mais il n'avait point d'argent, et il fallut, suivant l'énergique expression d'un vieil historien , prendre encore une beschée sur la pauvre ville. A la fin de mai « le Dauphin vint à Paris et fut logé en l'hostel des Tournelles, et n'y demeura qu'une nuigt et ne se montra point, ni son père le roy n'y vint point, pour ce qu'on leva la plus grande taille à Paris, selon la grande pauvreté d'argent et de gain, qui pour lors étoit, qu'on eust veu depuis cinquante ans; car on faisoit d'abord très-grands emprunts à tous ceux du Parlement , du Chastelet et de toutes les cours, sous peine de perdre leurs biens ; et il falloit payer ou estre mis en prison , et avoir sergents en son hostel en garnison, qui tout gastoient aussitost qu'ils y étoient; car ils faisoient très-outrageuse dépense et
Vers la fin de juillet 1461 Charles VU tomba malade et mourut au château de Mehun. Sessujets le regrettèrent, car, disent les Chroniques, c'était un moult sage et vaillant seigneur. On doit à ce prince rétablissement d'une armée régulière et permanente , et la création d'une taille perpétuelle établie pour l'entretien des gens de guerre. Ce fut pour nos rois un double et puissant instrument, qui les affranchit plus que jamais des agressions et des rivalités féodales. Ce prince établit en outre l'inamovibilité des offices judiciaires; cette importante amélioration fut suivie de la création du parlement de Toulouse. Charles VII est le premier de nos rois qui ait levé des contributions publiques sans le concours des états généraux. Sous son règne les impositions ou tailles s'élevaient à dix-sept cent mille livres. « Charles VII, dit le président Hénault, ne fut en quelque sorte que le témoin des merveilles de son règne ; on eût dit que la fortune, en dépit de l'indifférence du monarque, et pour faire quelque chose de singulier (c'est ainsi que l'école philosophique explique la Providence), s'était plu à lui donner à la fois des ennemis puissants et de vaillants défenseurs , sans qu'il semblât avoir part aux événements. Ce n'est pas que ce prince n'eût beaucoup de courage ; mais, s'il paraissait à la tête de ses armées , c'était comme guerrier, et non comme chef. » Ce jugement, sous quelques rapports, paraît exagéré, mais il est généralementjuste. Charles VII ne manqua ni de talents , ni de prudence, ni de politique. Il introduisit dans l'administration des réformes sages et utiles, et son règne rendit à la France le repos et la prospérité dont les populations étaient, depuis un demi-siècle, frustrées. Mais l'amour des plaisirs, la licence de ses mœurs et sa lâche in-
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gratitude envers Jeanne d'Arc sont pour sa mémoire des taches ineffaçables.
Le corps de Charles VII fut apporté à Paris le 5 août au soir et déposé dans l'église du prieuré de Notre-Dame des Champs sous un dais éclairé par deux cent soixante torches. Le lendemain matin le duc d'Orléans, accompagné de plusieurs seigneurs, assista au service célébré par les religeux. L'après-midi il retourna à l'église avec les comtes d'Eu , d'Angoulême, de Dunois»et autres seigneurs; puis arrivèrent le prévôt et les sergents, le Parlement en robes rouges, la chambre des comptes, le Châtelet, le corps de ville, le clergé et les religieux, les pauvres de l'Hôtel-Dieu et ceux des Quinze-Vingts. A cinq heures du soir le cortège se rendit à Notre-Dame des Champs, d'où il se dirigea vers l'église cathédrale. Le clergé et les ordres religieux ouvraient la marche ; ils étaient suivis par les principaux corps et les hauts dignitaires de l'État. Devant la litière sur laquelle était le cercueil , et que portaient les hénouars (officiers des gabelles), marchaient les crieurs de la ville et deux cents pauvres vêtus de deuil et des torches en main ; derrière étaient à cheval les quatre princes qui conduisaient le deuil, le duc d'Orléans, les comtes d'Angoulême, d'Eu et de Dunois, accompagnés de Juvénal des Ursins, chancelier de France, et du grand-écuyer. Ils étaient suivis de tous les officiers de la maison du roi. L'église Notre- Dame était magnifiquement ornée; la nef était tendue d'une toile bleue fleurdelisée, et le chœur d'un satin ou velours noir à franges de même couleur. Au milieu du chœur était la chapelle ardente. Ce soir-là on entendit les vigiles des Morts, et le lendemain le patriarche d'Antioche célébra le service divin. Jean de Châteaufort pro-
nonça l'oraison funèbre. A deux heures après-midi, le cortège, passant par la rue de la Calendre, le Pont-au- Change la rue Saint-Denis, se mit en marche et conduisit le corps du prince à la Croix aux Fieux ou penchée, sur la route de Saint-Denis. Les religieux y reçurent les restes mortels de Charles VII, qui fut enseveli le lendemain (1).
(i)Félibien, tome II, page 847.