IllSTOIUl^ I)i: l>AHIS
corrupUbiiilê des liouimes en place. Après sa mort, les troubles, qu'il avait contenus par la terreur, éclatèrent de nouveau : il ne fit rien pour l'avenir; il ne travailla que pour son temps, que pour lui : il avait l'audace et l'énergie d'un ambitieux; il ne fut point un grand politique. Rempli d'orgueil, son faste effaçait celui de tous les potentats : il pouvait le satisfaire, ayant à sa disposition toutes les finances du royaume. On dit que sa dépense s'élevait, chaque jour, à la somme de trois mille livres; il avait une garde brillante et nombreuse, qui effaçait celle du roi. Il portait le luxe jusque sur les autels : on a vu, au Garde-Meuble, sa chapelle composée de vases, ostensoirs, ornements et ustensiles du culte, tous en or massif, ornés de diamants. Contre les préceptes de l'Église, ce cardinal voulait faire le métier de guerrier; et, par son exemple, il autorisa le cardinal de La Valette et autres prélats à l'imiter. Au dix-septième siècle, on vit se continuer cet abus monstrueux que les temps de barbarie avaient fait naître : on vit ces deux cardinaux, vêtus en miUtaires, marcher à la tète de l'armée qui allait secourir Casai.
Si Richelieu fut sanguinaire, il fut aussi galant. Il eut plusieurs maîtresses : Marion de Lorme, la duchesse de Comballet, sa propre nièce, etc. Il composa des livres de théologie et des pièces de théâtre : il ne réussit qu'à se donner du ridicule. Il eut pour conseillers intimes le fameux P. Joseph, capucin; La Valette, cardinal; Bullion, surintendant; pour bouffons, l'abbé Rois-Robert, Reautru, Raconis, docteur en Sorbonne, depuis évêque de Lavaur.
Le cardinal fit cependant du bien, parce que son ambition insatiable et son ardeur pour la vaine gloire se trouvaient quelquefois d'accord avec l'intérêt général. Il accrut l'autorité royale en abattant les chefs de la féodalité, toujours disposés à l'attaquer; il fit respecter la France, et lui acquit un grand ascendant sur les autres puissances de l'Europe. — Il fonda l'Académie Française ; mais n'entrait-il pas dans son projet de faire prononcer son éloge par chaque récipiendaire, éloge auquel chacun d'eux fut constamment condamné? N'avait-il pas aussi pour objet, en créant cette compagnie de littérateurs, de les obliger à faire la critique du Cid de Pierre Corneille, tragédie dont les succès blessaient son amour-propre? —11 fonda le Jardin des Plantes; mais il y fut déterminé par les instances du médecin du roi, Labrosse. — Il fit rebâtir l'église et le collège de Sorbonne, afin que sa sépulture y fût honorablement placée. — Il fit bâtir le Palais-Royal pour s'y loger avec magnificence. — Tous ces bienfaits eurent un motif personnel ; mais la plupart furent d'une grande utilité.
Après avoir abattu les têtes de plusieurs seigneurs, accablé le peuple d'impôts, soutenu des guerres continuelles, ruiné les finances du royaume, dont le déficil commença sous son administration et depuis fut toujours croissant; après avoir été l'effroi des Français et des étrangers, le 4 décembre 1042, il termina sa turbulente carrière dans la cinquante-huitième année de son âge. A sa mort les prisons s'ouvrirent; les bannis furent rappelés; les misérables satellites de sa tyrannie furent livrés à l'opprobre public; et l'indignation, longtemps contenue par la peur, se répandit en prose et en vers, en langue latine et française, sur le maître et ses valets. Parmi les exagérations de la haine, on entendit les accents de la vérité et de la raison, accents qui vengent et consolent les opprimés.
sous LOUIS MIL :n3
Le roi, qui n'aimait point Uiclielieu et le craignait, apprit sa mort avec l'indifférence qu'il montra lorsqu'il vit sa mère chassée du Louvre et de la France, sa favorite La Fayette jetée dans un couvent, et son favori Cinq-Mars décapité; car ce roi était aussi dépourvu d'énergie que de sensibilité. Bientôt après, il mourut à Saint-Germain, le iï mai 1643, âgé de quarante-deux ans.
COMMUNAUTES RELIGIEUSES D HOMMES.
NOVICIAT DES jKsuiTKs, maisou situéc rue du Pot-de-Fer, n"» 12 et 14. Madeleine Lhuillier, veuve de Sainte-Beuve, le 3 avril 1610, donna aux jésuites son hôtel de Mézières, pour y placer le noviciat de leur société. Ainsi ces pères obtinrent un troisième établissement dans Paris. Dans cette maison de prohation, les jeunes aspirants à la gloire et à la fortune jésuitiques étaient soumis à des épreuves et à un enseignement qui pouvaient les leur faire mériter. Les jésuites achetèrent plusieurs maisons voisines de l'hôtel de Mézières, de sorte que cette propriété ne fut confinée que par des rues, par celles du Pot-de-Fer, Mézières, Cassette et Honoré -Chevalier, Ils firent bâtir, en 1630, aux dépens de François Sublet Desnoyers, secrétaire d'État, une éghse dont le grand autel fut, en 1709, construit par la munitîcence de Louis XIV. Lorsque les jésuites furent, en 1763, chassés de Paris, on vendit cette maison et son enclos à divers particuliers. La loge des francs-maçons, dite du Grand-Orient, a, pendant plusieurs années, occupé quelques parties de cet établissement, et, sur la rue du Pot-de-Fer, on a construit un vaste bâtiment destiné à un dépôt de farines.
CARMES DÉCHAUSSÉS, maisou religieuse, située rue de Vaugirard, n» 70. Déjà il existait, à Paris, deux maisons de carmes. Le pape Paul V jugea ce nombre insulTisant; il envoya une nouvelle colonie de carmes déchaussés, qui arrivèrent dans cette ville peu de temps après la mort de Henri IV. Nicolas Vivien, maître des comptes, leur fit, le 11 mai 1611, don d'un vaste emplacement, situé rue de Vaugirard. Les nouveaux carmes y firent bâtir à la hâte les logements les plus nécessaires, et établirent leur chapelle dans une salle qui avait servi de prêche aux protestants. Bientôt après, avec les amples ressources qu'ils trouvèrent dans le zèle des âmes charitables, ils firent construire, en 1613, un grand et solide bâtiment, puis une vaste église, qui, en 1620, fut entièrement terminée.
Ces moines, qui ne portaient point de bas, qui n'avaient que des sandales aux pieds, excitèrent l'enthousiasme des riches dévots et des dévotes de Paris. Les dons en leur faveur furent si abondants qu'ils purent faire élever encore plusieurs grandes maisons dont le prix de ferme produisait plus de cent mille francs par an. « Ces richesses, dit M. de Saint-Foix, ne les enorgueillissent pas; " ils continuent toujours d'envoyer des frères quêteurs dans les maisons. »
Les carmes eurent le même sort que tous les ordres monastiques. Lors de la révolution , leurs propriétés furent comprises parmi les biens nationaux. Vers l'an 1808, une société de femmes dévotes, à la tête desquelles était madame de Soiecourt, se rendirent propriétaires de l'église et de (luelques bâtiments de ce
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couvent, et y tirent célébrer l'office divin. Depuis quelques années on y a établi des carmélites.
Leur église, régulièrement construite, est surmontée par un dôme, dont la calotte fut ornée, par Bertholet Flamael, d'une peinture représentant le prophète Élie enlevé dans le ciel, et jetant son manteau à son disciple Elisée. J'ai dit ailleurs que les carmes faisaient remonter très-haut leur généalogie, et qu'ils considéraient les prophètes Élie et Elisée comme des moines de leur ordre. L'intérieur de cette église était orné de quelques monuments sépulcraux. On admirait dans la chapelle de la Vierge, située à gauche du sanctuaire, une Vierge en albâtre, sculptée à Rome par Antoine Raggi, d'après le modèle du cavalier Bernin, placée maintenant dans la chapelle de la Vierge à Notre-Dame.
MiNOiHS DE LA PLAC!:-iiOYALE , ruc de la Chaussée-des-Minimes, n» G. Il existait déjà deux couvents de minimes près de Paris, un à Chaillot, l'autre à Vincennes; on en établit un troisiènie dans la capitale, sous le règne de Henri IV. Ces moines, à leur arrivée, occupèrent un bâtiment et une chapelle contigus <à celle de Sainte-Suzanne, situés sur l'emplacement de l'église de Saint-Roch; puis, avec les sommes que leur fournit un chanoine de Notre-Dame, ils achetèrent un terrain dépendant de l'ancien hôtel des Tournelles. En 1610, ils y firent construire une chapelle; mais ils trouvèrent bientôt leur église et leur couvent trop modestes, et résolurent d'en faire bâtir de plus somptueux. Marie de Médicis seconda leur dessein, afin d'acquérir le titre glorieux de fondatrice de c^ monastère. Cette princesse fit poser la première pierre de ces édifices, en son nom, par le cardinal Henri de Condy, en 1611 ; les événements politiques qui agitèrent la France, et dont cette reine fut la victime, retardèrent la continuation des travaux, qui ne furent terminés qu'en 1679. Le portail de cette église, formé de deux ordres, le dorique et le composite, était l'ouvrage du célèbre François M ansard.
Les diverses chapelles qui entouraient la nef étaient ornées de tableaux de Vouet, La Hire, Coypel, Largillière, etc. La plupart d'entre elles renfermaient des monuments funèbres, plus ou moins magnifiques, celui d'Edouard Colbert, un des plus beaux ouvrages de Coustou l'aîné; ceux du duc de La Vieuville, du président Le Jai, du docteur et savant Jean Delaunoy, surnommé le dé?iicheur de saints; d'Abel de Sainte-Marthe, garde de la bibliothèque de Fontainebleau. Une chapelle contenait les monuments en marbre de deux bâtards royaux, de Diane, duchesse d'Angoulème, fille de Henri II, et de Charles de Valois, duc d'Angoulème, fameux dans son temps par ses débauches, ses lâches conspirations contre Henri IV, son bienfaiteur, et par sa longue détention à la Bastille. La suppression du couvent des minimes s'opéra en 1790; l'église fut démolie en 1798 ; et sur son emplacement on a prolongé la rue de la Chausséedes-Minimes, et transformé les autres bâtiments en caserne de gendarmerieinfanterie.
JACOBINS DE LA uuE sALM-iioNoiiÉ, couvcnt situé sur l'emplacement du marché qui porte ce nom. Sébastim Michaelis, général des jacobins, présidant le chapitre général de l'ordre de Saint-Dominique tenu, en 161 i, à Paris, pour remédier au relâchement et au désordre introduits dans la plupart des maisons
SOIS I.(M:!S XIII. liT.-)
(les jacobins île rraiice, proposa la Ibiulalioii, à l'aris, d'un nouveau couvent (le ces moines, couvent (jui serait assujetti à la iTforme. Il obtint sans peine du roi et (le la regenle la permission de faire cet (3tal)lissement. I^'('n'(^(|ue de Paris donna :>(),00(> livres pour les Irais de construction du couvent et de l'église.
l/église, comme toutes les autres, était ornée de peintures et de tombeaux; on y remanjuait (]uel(]ues ouvr;ij^es des peintres Porbus, JU'jaud^ Hovasse; et, parmi les monuments sépulcraux, on distinj;uait celui du maréchal de Crécjui, exécuté parCoustou l'aîné et Joli, d'après les dessins de Lebrun ; celui de Pierre Mignard, peintre célèbre, mort en 1695. La comtesse Feuquières, sa fille, y était représenl('^e à genoux, priant Dieu pour son père. — La bibliothètjue de ce couvent fut d'abord peu considérable. Llle fut accrue par le don (]u'en 1G89 lit à ces moines un docteui' de Sorbonne, appelé Piques. Elle se trouvait, dans les derniers temps, composée d'environ trente mille volumes. La salle de la bibliothèque servit aux séances de la fameuse société des ^mis de la Constitalion, qui, à cause du couvent, reçut le nom de Société des Jacobins. Il en sera parlé en son lieu. Ce couvent fut sup[)rimé en 1790; dans la suite, les bâtiments furent démolis et, sur leur emplacement, ainsi que sur celui de leur jardin, on a, en 1810, établi un marché appelé d'abord Marché des Jacobins, puis Marché Saint-Honoré.
JACOBINS DU FAUBOURG SATM -GEKMAiN, couvcut situé entre Ics rucs du Bac et de Saint-Dominique, dont l'église est aujourd'hui l'église paroissiale du dixième arrondissement, sous le vocable de saint-thomas-d'aquln. Nicolas Radulphi, général des Jacobins , muni d'un bref du pape, vint à Paris, accompagné de quatre religieux de son ordre, et obtint de Louis XIII, en 1632, la permission d'établir dans cette ville, un troisième couvent de Jacobins, qui devait porter le titre de Noviciat général de C ordre de Saint-Dominique en France.
Le parlement, qui commençait à craindre le résultat d un accroissement inconsidéré de monastères dans une ville qui en était déjà surchargée, opposa quelque résistance à l'établissement de celui-ci; mais les nouveaux jacobins n'attendirent passa décision. Ils vinrent, dès 1631, occuper un assez modeste local disposé pour eux. Bientôt, enorgueillis par la protection du fameux cardinal, enrichis de ses dons et de ceux de plusieurs fidèles, ils ambitionnèrent des bâtiments plus fastueux. A leur petite chapelle ils firent succéder un magnifique édifice, élevé sur les dessins de Pierre Bulet, dont la première pierre fut posée le 5 mars 1682, et qui ne fut achevé qu'en 1740.
Cet édifice est digne de l'artiste habile qui en a donné les dessins. Une ordonnance de colonnes doriques, surmontée d'une autre de colonnes ioniques c;:ractcrise sa façade. A l'intérieur règne l'ordre corinthien. Cet intérieur était autrefois orné de tableaux et de monuments sépulcraux, qui disparurent après 1790, époque où le couvent fut supprimé. L'église des Jacobins aujourd'hui de Saini- Thomas-d' Aquin conserve encore l'intégrité de son architecture et môme de ses principaux ornements, tels que la gloire, placée au-dessus de l'autel principal, autrefois dorée, et les peintures du plafond du sanctuaire, qui représentent la Transtiguration de Jésus, grand ouvrage de Lemoine, etc.
Les bâtiments du monastère des jacobins ont, depuis le temps de la Convention, été destinés au Musée dUirtiUerie , dont je parlerai.
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BÉNÉDICTINS ANGLAIS, couvent situé rue Saint-Jacques, n» 269, entre le Valde-Grâce et l'impasse des Feuillantines. Par suite du schisme que Henri VIII fit naître en Angleterre, des religieux bénédictins de ce royaume vinrent se réfugier en France. Toujours livrés à la merci de leur protecteurs, ces religieux furent encore condamnés à de fréquents déplacements. Enfin le P. Giffort, devenu archevêque de Reims, leur acheta, en 1640, trois maisons, situées rue Saint- Jacques, où ils purent se fixer. Ils commencèrent par y construire une chapelle, et par s'y procurer les logements les plus nécessaires. En 1674, le prieur de cette communauté, le P. Joseph Shirburne, fit démolir les anciens bâtiments, et élever à leur place un édifice régulier et somptueux, ainsi qu'une église analogue, qui fut entièrement construite en 1677. Cette église contenait le corps du malheureux Jacques II, roi de la Grande-Rretagne, mort à Saint-Germain-en- Laye, le 6 septembre 1701 et celui de Marie Stuart, sa fille, morte le 18 avril 1712. Ce couvent fut supprimé en 1790; et dans ses bâtiments, devenus propriété particufière, s'est établie une filature de coton, au n'^ 269.
ORATOIRE, communauté de prêtres située rue Saint-Honoré, entre cette rue et celle du Louvre. Le 11 novembre 1611, M. de Rérulle, fondateur des Carmélites, réunit cinq prêtres savants et de mœurs pures, et les plaça à l'hôtel du Petit- Bourbon, là où fut depuis élevé le bâtiment du Val-de Grâce. Ils n'y restèrent pas longtemps. Le 20 janvier 1616, M. de Rérulle acquit de la duchesse de Guise l'hôtel Du Rouchage ; hôtel fameux par le séjour qu'y fit Gabrielle d'Estrées, et où Henri IV fut frappé par la main de Chastel. Le 22 septembre 1621 fut posée la première pierre de l'église que l'on voit aujourd'hui, et dont la construction fut terminée en 1630. La façade du côté de la rue Saint-Honoré fut reconstruite en 1774. Cette église est vaste, et d'une forme pareille à toutes celles que l'on bâtissait alors à Paris. On y voyait des tableaux et le monument funèbre, orné de figures en marbre, de Nicolas du Harlay, sieur de Sancy. Dans une autre chapelle était le tombeau en marbre du cardinal de Rérulle, sculpté par F. Anguier. Les oratoriens ne faisaient point de vœux; leurs règlements laissaient aux agrégés autant de liberté qu'il en fallait pour que le bon ordre ne fût pas troublé. L'avocat-général Talon caractérise avec justesse cette congrégation, en disant : Cest un corps où tout le monde obéit, et où personne ne commande ;Qi Rossuet, dans l'oraison funèbre du P. Rourgoin, troisième général de cette congrégation, dit : « Congrégation à laquelle le fondateur n'a voulu donner d'autre esprit que » l'esprit même de l'Église, d'autres règles que les saints canons, d'autres vœux » que ceux du baptême et du sacerdoce, d'autres liens que ceux de la charité.» Le haut degré de leur instruction, la pureté de leurs mœurs, et la longue lutte qu'ils ont soutenue contre une société fameuse, dirigée par des hommes corrompus et corrupteurs, ont puissamment contribué à l'épuration des mœurs, aux progrès des connaissances humaines et de la civilisation. Les oratoriens, ainsi que toutes les autres congrégations religieuses, furent supprimes en 1792. Leur égfise servit, pendant quelques années, aux assemblées du district et de la section du quartier. Elle fut, en 1802, concédée aux protestants de la confession de Genève, qui y célèbrent leur culte.
SÉMINAIRE DES ORATORIENS, situé ruc du Faubourg-Saint-Jacqucs, w^ 254,
SOI s I.Ol IS Mil. 3-;7
:>:)G, -iôS. J'ai (ii( poiiKjiioi it\s bcnédiclins de l'abbaye do Saint-Magloire rureul haiislerés dans la maison de Saint Jacques-du-liaut-Pas. Ces bénédictins, qui s'y trouvaient en petit nombre, tenaient une conduite peu réi^qilière : en 1618, lleini de Gondy, évtVjue de Paris, les supprima, et établit dans leurs maisons un séminaire dirigé par les prêtres de l'Oratoire. 11 fut le premier séminaire tondis à Paris : par la suite il devint considérable, et s'est mainteim jusqu'en 1792.
CAi'UciNs DU i AUuouitG SAINT-JACQUES, couvent situé placc des Capucins. Il doit son origine à la libéralité de GodeCroy de la Tour, qui, en 1613, légua à Tordre une grande maison et un jardin. De la grange de cette maison on (it une chapelle qui servit aux religieux, jusqu'à ce que le cardinal de Gondy, évùque de Paris, fournît des fonds pour construire un monastère et une église.
Le 15 septembre 1783, ce couvent étant supprimé, les capucins qui Thabitaient furent transférés dans la capucinière de la Cbaussée-d'Antin, rue Sainte- Croix, dont je parlerai en son lieu. Les bâtiments et jardin des Ca|»ucins du faubourg Saint- Jacquis ont, en 1784, été consacrés à Vliôpilal des vénériens,
CAPUciKS nx} MAUAis, couvcut situé ruc du Peicbe et d'Orléans, dont l'église est aujourd'hui sous le vocable de Saint-François d'Assise. Le P. Athanasc^ Mole, syndic des capucins, appuyé sur le crédit de son parent Mathieu iMolé, en- Irepiit, en 1622, de fondera Paris un Iroisième couvent de ces moines mendiants. Il acheta remplacement du jeu de paume de la rue d'Orléans, et v lit construire une capucinière. Ce couvent étant supprimé en 1790, les bàlimenls et les jardins devinrent propriétés particulières : l'oglise est aujoua'hui la seconde succursale de la paroisse Saint-Merry.
CONGUKGATION DKS PRÊTRES DE LA DOCTKINE CHRÉTIENNE, siluéc rUC dcS
Fossés-Saint- Victor, n» 47. Jean-François de Gondy, premier archevOque d(\ Paris, reçut, en 1626, dans cette capitale, quelques membres de cette congre galion, dont l'institution remonte a l'an 1562. Antoine Vigier, chef de ces prêtres, ayant, en 1627, acheté Vliôiel de Verùer/e, y lit construire le bâtiment qui existe aujourd'hui, qu'on nomme la maison de Saini-C/iar/es, et qui devint chef-lieu de la congrégation. Cette congrégation avait [)Our objet de former lias séminaires pour l'instruction des jeunes gens qui se destinaient au sacerdoce. — Cette maison, supprimée en 1792, devint propriété particulière.
LES PRÊTRES DE LA MISSION, établis daus la maison de Saint-Lazare, rue du Faubourg-Saint-Denis. Le projet de confier à des prêtres l'uistruction du peuple fut conçu en 1617 par le comte de Joigny, qui, d accord avec son frère de Gondy, évèque de Paris, en commença l'exécution. On destina le bâtiment du collège des Bons-Enfants de la rue Saint-Victor au premier établissement de ces prêtres; Vincent de Paule en fut nommé principal et chapelain. Le 6 mars 1624, ces prêtres y furent installés; mais, en 1632, on les transféra dans la maison de Saint- Lazare. Ces prêtres furent chargés d'y recevoir les lépreux de la ville et des faubourgs : ils étaient de plus tenus de faire des missions dans les villages du diocèse, d'instruire les enfants, et de préparer les jeunes ecclésiastiques à l'ordination. Cette maison lut le chef-lieu de la congrégation. Les ecclésiastiques et les séculiers venaient y faire des retraites, et l'on y renfermait les jeunes gens débauchés, à la demande de leurs parents. Insensiblement on donna de l'exleii
37S MISTOIIU: ])\: i*ahis
sion à cette dernière destination : les prêtres et les séculiers d'un âge mûr y furent emprisonnés en vertu d'ordres arbitraires. Ainsi Saint Lazare était à la fois hôpital, école, prison et retraite. Chacun de ces établissements avait ses bâtiments particuliers. A l'extrémité de l'enclos Saint-Lazare, et sur la rue du Faubourg-Saint-Denis, est un bâtiment appelé le séminaire Saint-Charles : il était destiné aux prêtres convalescents, ou à quelques ecclésiastiques en retraite.
COLLEGE DES JÉSUITES, dit COLLÈGE DE CLERMONT, situé FUC Saiut-JacqueS.
J'ai déjà parlé de ce collège et de la conduite des jésuites; j'ai exposé les motifs infamants de leur expulsion de la France en 1594; les motifs non moins infamants de leur rappel, dix ans plus tard, auquel Henri IV se détermina uniquement pour détourner de son sein les poignards de ces pères. Mais, en les rappelant, ce roi ne leur permit pas d'enseigner la jeunesse. Ce ne fut qu'en 1618, sous le règne de Louis XIII, que cette permission leur fut accordée.
Délivrés de toutes entraves, les jésuites s'occupèrent de la reconstruction de leur collège deClermont. La première pierre de cet édifice fut posée le l'^^'aoùt 1628 : ce bâtiment fut élevé sur les dessins d'Augustin Guillain. Les jésuites augmentèrent, en 1682, l'étendue des bâtiments et de leur enclos, en faisant l'acquisition d'une ruelle et des collèges de Marmoutier et du Mans. Louis XIV exerça sa munificence envers cette maison, et l'enrichit de ses dons. Ce collège, depuis son origine, avait toujours porté le nom de Clermont, qui lui rappelait Cuillaume Duprat, èvèque de cette ville, son fondateur. Mais en 1674, Louis XIV, invité par ces pères à venir assister à une tragédie représentée par leurs élèves, s'y rendit, fut satisfait de la pièce, qui contenait plusieurs traits à sa louange, .et dit à un seigneur qui lui parlait du succès de cette représentation : Faut-il ,Ken étonner? c'est mon collège. Le recteur, attentif à toutes les paroles du roi, saisit celle-ci. Après le départ du monarque, il fit enlever l'ancienne inscription, et, pendant toute la nuit, des ouvriers furent employés à graver sur une tablette de marbre noir ces mots en grandes lettres d'or : collegicm ludovici MAGNi. Depuis cette époque jusqu'en 1792, ce collège porta le nom de Louis-le-
Grand.
Les jésuites furent chassés pour la seconde fois de la France en 1763 : alors on transféra dans leur maison le collège de Lisieux, et l'Université, qui y tint ses assemblées. En 1792, organisé sous une forme nouvelle, il reçut le nom de Collège de V Égalité ; en 1800, celui de Prytanée; en 1802, on l'appela Lgcée impérial. On lui rendit, en 1814, la dénomination de collège de Louis-le Grand.
AUGUSTiNS DÉCHAUSSÉS OU PETiTS-PÈuES, couvcut ct èglisc situés à l'angle du passage des Petits-Pères et de la rue No tre-Dame-des- Victoires, aujourd hui église succursale dite notre-dame-des victoires. Marguerite de Valois avait fondé dans l'enclos de son hôtel un 'couvent d'augustins déchaussés : elle s'en dégoûta, les renvoya en 1612, et les remplaça par des augustins chaussés. Ces moines expulsés, après avoir erré en divers lieux, obtinrent, en 1620, de l'archevêque de Paris, la permission de fonder un couvent. Ils s'établirent d'abord hors de la porte Montmartre, près la chapelle de Saint-Joseph : s'y trouvant mal, ils acquirent en 1628 un terrain joignant le mail-^ et le 9 décembre 1629,
sous LOUIS XlII. 379
le roi posa la piriniôre pierre de leur «'i^'ise, et voulut qu'elle portât le titre de Notrc-Dame-dcs-Vicfoires, en mémoire des tristes succès qu'il avait obtenus sur les Français protestants. Kn IfîôG, ces augustins entreprirent de reconstruire leur chapelle sur un plan plus vaste. Mais ils avaient trop présumé de leurs ressources. Les travaux n'en furent repris qu'en 1737, et terminés qu'en 1740 : la précédente église servit de sacristie à la nouvelle.
Cet édifice tut élevé sur les dessins de Cartaud. L'intérieur est d'une belle simplicité. On y voit de beaux tableaux de Carie Vanloo, de La (irenée jeune, etc.; une statue de saint Augustin, par Pigalle; les tombeaux du marquis et de la marquise de L'Hôpital. Frère Fiacre, moine de cette maison et considéré comme un saint, fut inhumé dans cette église. Ce frère fut si révéré après sa mort, que la gravure de son portrait était collée sur toutes les voitures de place comme un préservatif de malheur. C'est de cette superstition (ju'est venu le nom dejlncre, que portent encore les voitures de place à quatre roues. Ce saint Fiacre prédit, dit-on, à Anne d'Autriche, épouse de Louis XlII, qu'elle aurait un fils : en considération de cette prophétie, qui ne tarda pas à s'accomplir, cette reine fit vœu de faire construire dans cette église une chapelle à Notre- Dame-de-Snvone. Elle ne tint pas sa promesse; mais sou fils Louis XIV, sous le ministère de Colbert, accomplit ce vœu.
La bibliothèque, composée de bons livres et d'une collection presque complète de tous les journaux, était, ainsi que le réfectoire et la grande galerie, ornée de tableaux de Lafosse, de Louis Boullongne, de Galloche et de Rigaud. A côté de la bibliothèque se trouvait le cabinet d'antiquités, composé d'objets précieux, d'une collection de médailles et de médaillons, et orné de tableaux des plus grands maîtres.
Les augustins, dont le couvent, par l'accroissement de Paris, se trouva bientôt placé au centre d'un quartier populeux, devinrent très-riches : ils vendaient jusqu'à mille livres la toise carrée des parties de leur enclos, sur lesquelles on éleva des maisons. Les richesses corrompirent leurs mœurs et les plongèrent dans une extrême dissolution.
Supprimés en 1790, leurs bâtiments furent conservés; l'église servit de local à la Bourse de Paris, En 1802, elle fut choisie pour être la première succursale de la paroisse Saint-Eustache, sous le titre de Notre- Dame-des-Victoires. Les bâtiments du couvent viennent d'être démolis.
BAUNABiTKs, couvcnt situé daus la Cité, place du Palais-de-Justice. Des religieux de ce nom, favorisés par Louis XIII, s'étaient, dès le mois de mars 1622, établis en France. Henri de Gondy, évêque de Paris, appela en 1629, des barnabites à Paris : ceux-ci allèrent se loger d'abord rue d'Enfer, puis au Marais; enfin, en 1631, l'archevêque de Paris, malgré la vive opposition que firent le curé de Saint-Eustache et tous les curés de paroisses de la Cité, les mit en possession du prieuré de Sainf-Éloi, dont j'ai parlé. Les barnabites furent supprimés en 1 790 : les bâtiments de leur église , bâtie par Cartaud, et ceux du couvent ont servi, depuis 1814, de dêjJôt à la comptabllUé générale du royaume.
sÉMiNAïKE DE SAiNT-MCOLAS-DUCiiARDOiNNET, situé près de l'églisc de cc nom, rue Saint-Victor. Adrien Hourgoin, dans le dessein de tenir des conférences ï our
380 HISTOinK DE PAHIS
l'instruction des jeunes gens qui se destinaient à la prêtrise, réunit dix prêtres et les établit successivement aux collèges du Mans, du cardinal Le Moine et de Montaigu, et enfin, en 16:>0, près de l'église Saint-Nicolas du-Chardonnet. En 164Î, l'archevêque de Paris donna de la consistance à cet établissement en l'érigeant en séminaire. En 1730 on y construisit un grand corps de logis, où étaient reçus, comme pensionnaires, des étudiants qui embrassaient l'état ecclésiastique. Ce séminaire fut supprimé en 1792, et ses bâtiments devinrent propriété particulière.
sÉiviiNAiHE DES TiiENTE-TROis, situé rue Montagnc-Sainte-Geneviève, n» 52. Il fut fondé, en 1633, par Claude Bernard, dit le pauvre prêtre, qui y rassembla d'abord cinq écoliers, en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur, puis douze en l'honneur des dovze apôtres, enfin trente-trois, en l'honneur de ce nombre d'années que vécut Jésus-Christ : la reine Anne d'Autriche assura à ces écoliers trente-trois livres de pain par jour. Ce séminaire, construit en 165i, sur l'emplacement de l'ancien hôtel d'Albiac, supprimé en 1792, est devenu propriété particulière.
FEUILLANTS DE LA RUE d'enfek , sccoud couvcnt de cct Ordre établi à Paris, situé rue d'Enfer, n» 45. Les Feuillants de la rue Saint-Honoré, autorisés par l'archevêque de Paris, achetèrent, en 1630, un emplacement situé rue d'Enfer, et y firent construire un monastère. Cette maison fut d'abord irjstituée pour servir de noviciat aux Feuillants; mais elle cessa bientôt d'avoir cette destination: l'église, bâtie en 1659 sous l'invocation A^s Saints Anges Gardiens, n'offrait rien de remarquable. En 1790, ce couvent fut supprimé, et les bàt'ments devinrent propriété particulière.
LES PÈRKs DE NAZARETH, couvcnt situé rue du Temple, n" 17. Le premier établissement de ces pères eut lieu , en 1 61 3 , dans le voisinage des Filles de Sninte- Elisaheth. Ces pères prirent possession , en 1630, de la maison que les Filles de Sainte-Elisabeth venaient de quitter pour en occuper une nouvelle; ils y firent bâtir une église, dont la construction fut achevée en 1632. Ce couvent, en 1790, a subi le sort commun : il est devenu propriété particulière. ^ . \
NOUVEAUX CONVERTIS, commuuauté située rue de Seine-Saint-Victor. Le père Hyacinthe de Paris, capucin très-zélé pour la conversion des protestants, forma, en 1 632, une société qui partageait son zèle. L'archevêque de Paris, en mai 1 634, autorisa cette association, à laquelle il donna le titre de Congrégation de la propagation de la Foi et le vocable de Y Exaltation de la Croix. Les protestants dis- /- Si^j posés à se convertir furent d'abord réunis dans une maison située dans l'île de la Cité, puis transférés dans une autre maison, rue de Seine. Cet établissement religieux existait encore en 1775; on ignore le motif et l'époque de sa suppression.
Vingt couvents d'hommes ou communautés de prêtres soumis à une règle furent établis à Paris sous le règne de Louis XIII ; le nombre des communautés de filles ou femmes fut, pendant le même temps, plus considérable encore. En voici la notice.
soi'S Lons Mil. :5SI
COMMlJiNAIITKS HKLICIKUSKS DK FEMINIKS.
r«si!i.i>'KS, couvent de tilles, situé à IMiôIel Saint-André, rue Saint-Jacques, n*'^ 'Ji3, 2V5, fondé par Madeleine Lhuillier, qui attira, en 1598, d'Aix en Provence deux religieuses ursulines. Celles-ci s'occupèrent, suivant la règle de leur institution, à instruire les jeunes tilles, et prirent des pensionnaires. Une simple chapelle sullit d'abord aux besoins des religieuses; '.mais, peu d'années après, on la rempla(;a par un édilice plus somptueux, dont Anne d'Autriche, le 2-2 juin 1620, posa la première pierre; cette construction fut achevée en 1627. De ce couvent sortit cette pépinière d'ursulines qui, peu de temps après, se dispersa dans presque tous les bourgs et villes de France. Il fut supprimé en 1700, et, sur une partie de l'emplacement, on a ouvert la rue des Ursulines.
URSULINES DE LA uuE SAiNTE-AVOYE, situécs daus Cette ruc, n° 47. Il existait dans la rue Sainte-Avoye une communauté de femmes veuves, fondée, en 1288, par Jean Séquence, chevecier de Saint-Merry; Madeleine Lhuillier décida les femmes de cette communauté à embrasser la règle et les constitutions des ursulines, en leur promettant de leur céder une rente annuelle de mille livres. (>e couvent a été supprimé en 1790, et la synagogue des juifs fut établie, en 1802, sur une partie de son emplacement.
BÉNÉDICTINES DE LA ville-l'évêque, couvcnt situé ruc de la Madeleine, au coin nord-est de celle de Surenne. Catherine d'Orléans de Longueville et Marguerite d'Estouteville, sa sœur, se conformant au goût du temps, voulurent aussi fonder leur monastère; elles introduisirent, en 1613, dans les maisons qu'elles avaient achetées à la Ville -FÉvêque, dix religieuses, que Marie de Beauvilliers, abbesse de Montmartre, consentit à tirer de son abbaye pour peupler le nouveau monastère. Puis on érigea le couvent de la Ville-l'Évèque en prieuré, et Marguerite de Veiny d'Arbouse y introduisit la réforme et les austérités de la règle de saint Benoît. Ce couvent fut supprimé en 1790. L'emplacement fut vendu à divers particuliers, qui y ont fait construire des maisons.
LA VISITATION DE SAINTE-MARIE, couYcnt de religicuscs, situé rue Saint- Antoine, entre les n«^ 214 et 216. En 1619, Jeanne-Françoise de Frémiot, veuve du baron de Chantai, conduisit de Bourges à Paris, par ordre de saint François de Sales, trois religieuses de la Visitation. En 1628, leur supérieure, Hélène-Angélique Lhuillier, acheta l'hôtel de Cossé, rue Saint-Antoine. On y fil bàlir, en 1682, une église, sur le modèle de Notre-l)ame-de-la-Rolonde à Rome, et sur les dessins du célèbre François Mansard. Elle fut achevée en 168i, et nommée .Vofre Dame-des-Am/es, Cet édifice est digne de son auteur. 11 olîre une rotonde décorée avec goût; le dôme ou lanterne qui s'élève au-dessus du principal autel offre à l'intérieur une peinture dont le sujet est l'Assomption de la Vierge. Ce couvent fui supprimé en 1790; ses bâtiments fuient vendus à divers particuliers; et l'église, conservée, a été, en 1802, cédée au culte calviniste de la confession de Genève.
VISITATION DE SAINTE-MARIE, autrc couvcut du même ordre, situé rue Sainl- Jac(iues, entre les n*"' 193 et 195. Le premier couvent de la Visitation ne suflit
:)H2 HISTOIRE DE PAIUS
bientôt plus à la ferveur des jeunes filles, sur lesquelles l'exemple a tant de pouvoir. On bâtit, en 1623, dans le faubourg Saint-Jacques un second couvent de la Visitation ; on en bâtit un troisième à Chaillot, dont je parlerai en son lieu, et un quatrième dans la rue du Bac. En 1780, l'église était entièrement reconstruite; elle forme une petite rotonde, à l'instar de celle Saint Antoine. Cette église et les bâtiments sont maintenant occupés par des religieuses de Saint-Michel, qui reçoivent les jeunes filles repenties et celles qui sont détenues par mesure de police.
FILLES DE LA MADELEINE, OU MADELONNETTES, maîson de religicuses située quartier Saint-Martin -des-Champs, rue des Fontaines, entre les n^* 14 et 16. En 1618, Robert de Montry, marchand de Paris, ayant rencontré deux filles publiques qui lui témoignèrent le désir de mener une vie régulière, les retira dans sa maison, près de la Croix-Rouge, faubourg Saint-Germain. Quelques autres filles de la même espèce suivirent l'exemple des deux premières. Robert de Montry pourvut à leur nourriture, jusqu'à ce que la marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondy, acheta, en 1620, pour les y placer, une maison rue des Fontaines. Le 20 juillet 1629, on tira quatre religieuses de la Visitation de Saint-Antoine pour gouverner cette maison, qui, dans la suite, se divisa en trois classes de filles. La première, la plus nombreuse, était celle des filles mises en réclusion pour y faire pénitence : elles gardaient l'habit séculier. La seconde classe se composait de filles éprouvées par la pénitence, et qu'on nommait la Congrégation : eWes poridiieni un habit gris. La troisième classe comprenait les filles qui avaient donné des preuves de leur sincère conversion : elles étaient admises à faire des vœux. L'église fut bâtie en 1680. On y voyait une chapelle construite sur le modèle de celle de Notre-Dame-de Lorette. La maison des Madelonnettes était, dès son origine, une maison de réclusion pour les filles débauchées. Les parents y faisaient renfermer leurs filles enclines au libertinage. En 1793, ce couvent devint une prison publique. En 1795, il fut destiné à renfermer les femmes prévenues de délits : il conserve encore cette destination.
FILLES DU CALVAIRE, couvcut sltué rue de Vaugirard, n^ 23, et fondé parles soins de ce capucin, fameux ministre du cardinal de Richelieu, sous le nom de P. Joseph, et par les libéralités de Marie de Médicis. Ce capucin fit venir, en 1620, du couvent de Notre-Dame-du Calvaire de Poitiers six religieuses qui furent logées d'abord rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, puis dans le Luxembourg, et enfin dans une maison dite de Montherbu ou VEôtel des Trais- Rois, rue de Vaugirard. Ces religieuses furent supprimées en 1790, et leur chapelle a été convertie en remises dépendantes du palais de la Chambre des Pairs.
FILLES DU CALVAiKE, couveut situé rue des Filles-du-Calvaire : il eut aussi l)Our fondateur, en 1633, le même P. Joseph. Douze religieuses, tirées du couvent du Calvaire, y furent transférées quatre ans après : l'église portait le vocable de la Transfiguration. Ce couvent fut supprimé en 1790. 11 occupait un vaste emplacement sur lequel on a, vers l'an 1804, ouvert deux rues : la rue Neuve-de-Bretagne et la rue Neuve-de Ménilmontant.
AiNNONCiADES CÉLESTES, OU FILLES BLEUES. Cc couvcnt de religicuses, situé riip Culture-Sainte Catherine, n" 29. fut fondé, en 1621, parla marquise de Ver-
SOIS LOUIS Mil. :\H:i
nfiiil, ancionnc inailresso de Henri IV, qui crut expier ainsi ses fautes passées. La marquise lit venir du couvent des Annonciades de Nancy neuf religieuses, et les plaça rue Culture-Sain le-Catherine, dans l'hôtel de Danville. On allait à l'église des Annonciades pour y admirer le tableau du principal autel, représentant une Annoncialion peinte par /e /^W6\s- m. Ce couvent, sup|)rime en 1790, est devenu propriété particulière : il est aujourd'hui remplacé par une maison de roulage.
AiN.NONCIADES DU SAINT-KSPUIT , aujourd'hui KGLISIÎ DE SAINTA.^IBUOISE , SJ-
tuées rues de Popincourt et de Saint-Ambroise. Une colonie d'annonciades, venue en 1636 de Saint-iMandé, près Vincennes, acquit une grande maison et un jardin rue de Popincourt : elles y firent bâtir une église qui lut achevée en 1659. Ce couvent fut supprimé vers Tan 1780; l'église devint, en 1802, la seconde succursale de la paroisse de Sainte-Marguerite, huitième arrondissement.
RELIGIEUSES DE NOTKE-DAME-DES-Pui S, couvcnt situé rue de Vaugirard. Cette communauté fut fondée, en 1629, à Mouzon, petite ville de Champagne, par Nenrielle de la Vieiiville, veuve iX Antoine de Jofjeuse. En 1637, la guerre chassa ces religieuses de leur couvent; elles vinrent s'établir à Picpus. Peu d'années après, les motifs de leur déplacement ayant cessé, elles retournèrent à Mouzon. Elles obtinrent, le 3 décembre 1675, la permisssion de revenir à Paris; elles se fixèrent dans une maison, rue de Vaugirard. Accablées de dettes et ne pouvant satisfaire à leurs engagements, elles demandèrent à M. dArgenson, lieutenant de police, grand protecteur des couvents de religieuses, la permission d'établir une loterie dont les produits devaient être employés à payer leurs créanciers ; mais d'Argenson refusa à l'établissement de Notre-Dame-des-Prés une faveiw qu'il avait accordée à plusieurs autres. L'archevêque de Pans, en avril 1741, supprima ce couvent; et les dix religieuses qui le composaient furent dispersées dans d'autres maisons monastiques.
ASSOMPTION,, couvent de religieuses, rue Saint-Honoré, entre les n^^ 369 et 371. Les Haudriettes, chargées dans leur origine de servir un hôpital de femmes, ayant envahi le bien de ces pauvres, vivaient inutiles et constituées en communauté religieuse.. Leur conduite n'était pas très-régulière; le cardinal de La Rochefoucauld entreprit de les soumettre à la règle, et les transféra dans un hôtel du faubourg Saint-Honoré. Elles y étaient déjà établies depuis depuis six mois et en avaient fait disposer l'intérieur d'une manière convenable à leur état, lorsque le titre des Haudriettes fut supprimé, et leurs revenus réunis au nouveau monastère du faubourg Saint-Honoré, auquel on donna le nom d' Assomption.
La chapelle de cette maison devint insulfisante, les religieuses achetèrent l'hôtel du sieur Desnoyers, et firent commencer, en 1670, la construction de leur église, qui fut terminée six ans après. Cette église, bâtie sur les dessins d'Erard, peintre du roi, représente urre tour couverte d'un vaste dôme de soixante-deux pieds de diamètre. Le mur circulaire est orné de pilastres corinthiens supportant une corniche qui règne au i)ourtour de cette < glise. La calotte offre des caissons et des peintures de Charles Lafosse. Le plafond du chœur a aussi été peint par Lafosse; il représei^te Y Assomption de la Yicrfje. Ce couvent fut réfor-
:J8i HISTOIHK Di: PARIS
nié en 1790, son église Tut clioisie pour être, sous le nom di^ Sainic-Madelcinc, réi^lise paroissiale du premier arrondissement de Paris. Depuis rachèvement de la Madeleine, l'église de l'Assomption est restée fermée.
PETiTES-coHDELiÈUKS, couveut situé ruc de Grenelle Saint Germain. En 1G28, il se détacha du couvent des Cordelières, établi au faubourg Saint-iMarcel, un essaim de religieuses qui vinrent s'établir dans une maison située au cloître de Saint-Marcel. Elles allèrent de là rue des Francs-Bourgeois, au Marais; et enfin acquirent, en 1687, l'hôtel de Beauvais, situé rue de Grenelle-Saint-Germain, où, deux années avant, le doge et quatre sénateurs de la république de Gènes avaient logé, lorsqu'ils vinrent faire satisfaction à Louis XIV. L'archevêque de Paris, par décret du 4 juin 1749, supprima, on ne sait pourquoi, ce couvent de religieuses. Leur maison et leur jardin furent vendus à divers particuliers, qui y o'it fait bâtir des hôtels.
CAHMÉLiTES, maisou religieuse située rue Chapon, entre les n»» 17 et 25. Les carmélites de la rue Saint-Jacques, dont j'ai parlé, réunirent, en 1617, quelquesunes de leurs sœurs dans une maison de la rue Chapon où elles se bâtirent de vastes édifices. Cetle maison étant supprimée en 1790, les bâtiments et jardins furent vendus à divers particuliers.
VAL-DE-GRACE, abbaye royale de bénédictines, située rue du faubourg Saint- Jacques, entre les n*'^ ^^77 et 279. — Dans une vallée, près de Bièvre-le-Chàtel , existait, depuis le neuvième siècle, une abbaye de religieuses appelée Val-de- 6'mc^. Au commencement du dix-septième siècle, cette maison tombait en ruine et se trouvait menacée par de fréquentes inondations. Les religieuses résolurent de transférer leur abbaye à Paris- elles achetèrent à cet effet, au mois de mai 1621, un vaste emplacement au faubourg Saint-Jacques, avec une maison appelée le Fief de Valois ou V Hôtel du Peiit-Bourbon. La reine Anne d'Autriche paya 36,000 livres, prix de cette acquisition, et se fit (XqqXry^v j'ondalrice. Le 29 septembre 1621 , les religieuses de l'abbaye du Val-de-Gràce vinrent occuper leur nouveau monastère. Anne d'Autriche, après vingt-deux ans de mariage, j[iquiète de ne pouvoir donner un héritier à la couronne, fit vœu d'élever un temple au Seigneur si ses désirs se réalisaient. Enfin, le 5 septembre 1638, elle eut le bonheur inespéré de mettre au jour un fils qui régna dans la suite sous le nom de Louis XIV. Après la mort de Richelieu et du roi son époux, parfaitement libre de ses volontés, elle voulut s'acquitter des engagements qu'elle avait contractés envers les habitants des cieux. Elle fit reconstruire entièrement, et avec une somptuosité digne de sa reconnaissance, l'église et le couvent du Val-de-Gràce. Le 1*^^ avril 1645, la reine et le jeune roi son fils vinrent, en grande cérémonie, poser la première pierre de cet édifice. Les travaux commencés furent bientôt suspendus par les troubles de la minorité de Louis XI V^ on les reprit en 1655 : continués avec activité, les bâtiments claustraux furent achevés en 1662, et ceux de l'église en 1665. Le célèbre François Mansard fournit les dessins de leghse, et la fit exécuter jusqu'au rez-de-chaussée; mais, par l'effet des intrigues de cour, il se vit forcé d'abandonner la direction de cet édifice. On lui substitua Mercier et d'autres architectes bien inférieurs, qui modifieront les plans du [)remier artiste. Mansaid, piqué de se voir si sottement
sous LOUIS Mil. 385
corrigé, entreprit, au château de Fresiies, la construction d'une chapelle (jui, en petite proportion, était l'exacte exécution de son dessin du Val-de-(iri\ce et lit un chef-d'œuvre. La façade de l'église du Val-de Grâce est composée d'une ordonnance corinthienne couroiniée d'un fronton, puis d'une seconde ordonnance du même ordre, pareillement couronnée d'un fronton. L'intérieur, (pii ne paraît pas avoir éprouvé de dégradations, offre une nef séparée des bas-cotés par des arcades et des pilastres corinthiens cannelés : on ne savait guère, au dix-septième siècle, donner d'autres formes à l'architecture des temples. La voûte de la nef est surchargée de bas-reliefs et d'ornements. Toutes ces sculptures sont de François Anguier. Le dôme, qui, après ceux du Panthéon et des Invalides, est le plus élevé de tous les dômes de Paris, a été intérieurement peint par Mignard. Cette vaste composition représente le séjour des bienheureux, divisés en plusieurs hiérarchies : c'est le plus bel ouvrage de ce peintre. Molière, pour en exalter la gloire, a composé un poëme qui n'est pas digne de sa plume. On voit avec peine que la peinture de Mignard a beaucoup perdu de son effet en perdant la vivacité de ses couleurs. Le principal autel est couronné d'un baldaquin supporté par six colonnes torses, de marbre noir, d'ordre composite, et dont les bases et les chapiteaux sont de bronze doré.
La reine fondatrice accorda plusieurs privilèges à ce monastère, le droit de porter les armoiries de France, celui d'inhumer dans son église les cœurs des princes ou princesses de la famille royale décédés. Ces cœurs étaient déposés dans une chapelle qui est à gauche ; on en comptait avant la révolution jusqu'à vingt-six, au nombre desquels figurait celui d'Anne d'Autriche. Enfm, ce monastère avait le droit inestimable de réclamer la première chaussure de chaque fils et fille de la famille royale , chaussure précieusement conservée. Les bâtiments du monastère du Val-de Grâce furent, pendant le régime impérial, et sont encore consacrés à un hôpital militaire.
FEUILLANTINES, couvcnt de rcligieuscs, situé cul-de-sac des Feuillantines, n" 12. Anne Gobelin, veuve d'Estourmel, fit venir de Toulouse à Paris, en 1622, six religieuses feuillantines. L'église, qui fut bâtie et dédiée en 1719, ne conte-^ nait rien de remarquable. Ce couvent, supprimé en 1790, est devenu propriété particulière.
PORT-ROYAL, couvcut de religieuscs, situé rue de Port- Royal, primitivement appelée rue de la Bourbe. Une ancienne abbaye de l'ordre de Cîteaux, fondée en 1204, près de Chevreuse, et nommée Porrois ou Porrais, dont, par corru^vtion, on a fait Port-du-Roi et Port-Royal, fut réformée en 1609 par Jacqueline- Marie-Angélique Arnaud, qui en était abbesse. L'insalubrité du lieu de cette abbaye fut cause de sa translation à Paris; les religieuses s'y établirent en 1625, dans un emplacement composé de bâtiments et de jardins, et nommé la 3Iaison de Clwjmj. Madame Arnaud montra son désintéressement et la pureté de ses principes religieux en demandant elle-même, en 1627, que les abbesses de ce couvent fussent triennales; en conséquence, elle se démit de son titre en 1630. On commença, en 1648, sur les dessins de Lepautre, la construction de l'église de ce monastère. A la demande de madame Arnaud, le pape permit que dans ce monastère fut établie l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.
On conservait dans l'église une épine de la sainte couronne, et une autre reli que plus rare et tout aussi authentique, la cruche qui avait servi aux noces de Cana.
Le lieu champêtre d'où étaient venues les religieuses de ce monastère fut réparé et assaini par des canaux qui procurèrent l'écoulement des eaux stagnantes. Il fut peuplé de religieuses, et reçut son ancien titre d'abbaye, avec la dénomination distinctivc de Port-Roijal-des-Champs. Ce fut dans ce désert qu'un grand nombre d hommes illustres par leur savoir, leurs talents et leurs vertus, vinrent se réfugier pour se soustraire aux persécutions dirigées contre eux par les jésuites, dont Louis XIV était l'aveugle instrument. En août 1664, l'archevêque de Paris, suivi du lieutenant de police, d'exempts et de deux cents gardes, se rendit au couvent de Port-Royal de Paris. Cette troupe assiégea les religieuses sans défense; douze d'entre elles furent enlevées, réparties dans différentes communautés de cette ville, et traitées comme des prisonnières. Quelques mois après, on enleva et l'on traita de même quatre autres religieuses. En 1665, ces malheureuses filles, arrachées de leur couvent, furent renvoyées dans le monastère de Port-Ro^al-des-Champs; monastère où l'on plaça en môme temps une garnison de soldats chargés de les empêcher de communiquer au dehors, et même d'aller dans leur jardin. Ces soldats y séjournèrent jusqu'en 1669, et s'y conduisirent comme dans un corps de garde.
Les religieuses de Port-Royal-des-Champs se croyaient dans cet asile à l'abri de nouvelles violences; mais, toujours persécutées par les jésuites, elles furent, le 29 octobre 1709, enlevées de leur maison par le lieutenant de police d'Argenson, escorté d'une troupe nombreuse, qui ne leur accorda qu'un quart d'heure pour se disposer à se rendre dans divers couvents du royaume, où elles furent séquestrées; leur couvent fut alors démoli. L'abbaye de Port-Royal de Paris, supprimée en 1790, fut, pendant la session de la Convention nationale, convertie en prison révolutionnaire. En 1801, on y plaça l'institution de la Ma ternité, et, en 1804, V Hospice de l'accouchement.
FILLES DE SAINTE-ÉLISABETH, OU DU TIEUS-ORDRE DE SAINT-FRANCOIS, rUC
du Couvent-du-ïemple, entre les n"' 107 et 109. Le père Vincent Musard , qui opéra une réforme dans les couvents du tiers-ordre de Saint-François , montra beaucoup de zèle pour établir les filles de Sainte-Elisabeth. Sa belle -mère, sa sœur et dix autres filles ou femmes se réunirent pour former ce nouveau couvent. Les bâtiments, commencés en 1628, furent achevés en 16.30. Ce couvent n'offrait rien de remarquable. Il fut supprimé en 1790. En 1803, son église, seconde succursale de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, a été agrandie dans ces dernières années. Elle a conservé le titre de Sainte-Elisabeth.
NOTRE-DAME-DE-siON, OU Chanoinesses régulières anglaises et réformées de l'ordre de Saint- Augus lin. Ce couvent était situé rue des Eossés-Saint- Victor, à côté et au-dessus du collège des Écossais. Ces religieuses vinrent en France en 1633, s'établirent à Paris d'abord dans la rue Saint-Antoine; puis elles vinrent occuper, dans la rue des Fossés-Saint- Victor, une maison qui avait appartenu au poète Jean-Antoine Raïf, etoi^i les beaux esprits du temps s'étaient réunis autrefois. Ce couvent fut supprimé en 1790.
SOI s \A){\S Mil. :{S7
FiLi.Ks i>ii L\ co\0Ki»TiON, oM rcligiciiscs (lii licM'sordiv , convcMil siluo rue Saint-Hoiioré, (Ml face de l'église de V Assomption. Anne Pelan, veuve de Kéné Uegnaul, conseiller au parlement, doiuia, en 1635, iO,0()Olivres au couvent des Filles de la Conception de Toulouse, pour obtenir treize religieuses de cet ordre, qui vinrent imniédialenient à l*aris. Malgré les donations dont elles lurent gratifiées, lesJUlcs de la Conception étaient tort endettées, et se trouvaient, comme (jnelques autres couvents , dans le cas de faire faillite; mais le sieur d'Argenson , en 1713, détermina le roi à établir une loterie, dont les bénélices leur appartinrent. On sait (]uel prix ce magistrat de mœurs corrompues mettait aux services qu'il rendait aux couvents de religieuses. Ce couvent fut supprimé en 1790.
FILLES DE l'immaculée CONCEPTION, OU WÉCOLLETÏES, COUVCUt situé FUC du
Bac, à l'angle septentrional de la rue de la Planche. Les relig;ieuses récollettes de Saint-Nicolas de Tulle achetèrent, avec l'autorisation de l'abbé de Saint-Germain, une maison, rue du Bac, où elles s'établirent en 1637. En qualité de récol/e/tes, elles étaient sous la direction des frères récollets. Ceux ci se trouvant trop éloignés de leurs sœurs, obtinrent facilement, dans ce temps de prospérité monastique, la permission de faire bâtir un hospice de récollets, rue de la Planche, à côté de celui des récollettes. Ce voisinage fut une source de désordres et de querelles que termina un arrêt du conseil du roi, du mois de mars 1708, condamnant les frères récollets à se séparer de leurs sœurs de la Conception immaculée. Elles durent ce dernier titre à Marie-Thérèse d'Autriche, qui obtint une bulle, du 18 août 1663, pour autoriser ces filles à prendre l'habit, l'institut, la règle et la dénomination de religieuses de f Immaculée Conception de la Vierge Marie. En 1664 , ce couvent fut déclaré de fondation royale. Louis XIV fournit aux frais de la construction de l'église, qui, commencée le 13 juillet 1693, fut bénite et sans doute achevée le 5 décembre 1694. — Ce couvent, supprimé en 1790, a été vendu à des particuliers.
religieuses du saint-sacuement, couvent situé près le Louvre. Sébastien Zamet, évêque de Langres, pensa qu'un couvent dont les individus seraient nuit et jour occupés à l'adoration du Saint-Sacrement deviendrait une institution d'une haute importance pour le public. Une riche dévote, appelée Bardeau, donna 30,000 francs pour commencer l'établissement projeté par Sébastien Zamet. Une maison, dans le quartier du Louvre, fut achetée et destinée à ce couvent. Le parlement enregistra, le 31 mai 1633, les lettres du roi. La mère Angélique Arnaud eut la première direction de cette communauté. Le fondateur avait pour objet d'attirer dans son couvent les filles des courtisans; et pour y réussir, il fit une règle par laquelle les religieuses devaient être vêtues de robes blanches fines et traînantes, de beaux scapulaires d'écarlate et de linge très -fin. Aucune austérité ne devait en éloigner les jeunes personnes. L'église était ou devait être magnifiquement ornée. Tout allait au gré du fondateur et de ses auxiliaires. Mais sous le règne de Louis XiV, cette maison, depuis peu de temps établie, fut supprimée. On ne sait pourquoi.
belle-chasse ou CHANoiNESSES DU SAINT-SÉPULCRE, couvcnt sJtué rue Neuvede-Belle-Chasse, n" 4, quartier Saint-Cermain. Une dame de Planci fit venir, en 1632, de Charîeville à taris, cinq religieuses de cet ordre. La chapelle de cette
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maison fut bénite en 1673. Ce couvent fut supprimé en 1790. On a ouvert sur son emplacement plusieurs rues et une grande place.
LES FILLES DU PRÉCIEUX sAN(;, couvcut situé ruc dc Vaugirard, n^ 60. Des filles de l'ordre de Cîteaux, de la ville de Grenoble, après avoir adopté une réforme, tirent solliciter, auprès de l'abbé de Saint-Germain-des-Près, la permission d'établir un couvent de leur ordre dans l'étendue de sa juridiction. Cette demande fut accordée le 20 décembre 1635. Après avoir changé plusieurs fois de résidence elles achetèrent, en 1658, une maison rue de Vaugirard, qu'elles firent disposer suivant leurs besoins. La chapelle fut bénite, sous le titre de Précieux Sang de Notre-Seicjneur ; et, le 20 février 1659, elles vinrent habiter leur nouveau monastère. Elles furent supprimées en 1790.
BÉNÉDICTINES DE NOTRE-DAME DE LIESSE, COUVCUt situé ruC de SèvreS. CcS
religieuses, établies à Réthel, craignant la guerre et ses dangers, vinrent, en 1636, se réfugier à Paris. Leur chapelle ne fut bâtie qu'en 1663. Ce couvent, presque désert, fut supprimé en 1778; et madame Necker y fonda un hôpital qui porte son nom, et dont je parlerai dans la suite.
FILLES DE SAINT-THOMAS d'aquin, de l'ordre de Saint-Dominique, couvent situé rue des Filles-Saint-Thomas. Les religieuses de Sainte-Catherine de Sienne, ayant reçu Tordre d'aller former un établissement à Paris, obtinrent des lettres patentes du mois de décembre 1629. Après avoir habité rue Vieille-du- Temple, elles vinrent, en 1642, occuper la maison qu'elles avaient fait construire dans la rue qui porte le nom de leur couvent. Ce couvent fut supprimé en 1790. Sur son emplacement on commença, en 1808, à élever l'édifice de la Bourse.
FILLES DE LA CROIX, couvcut de rcligieuses de l'ordre de Saint-Dominique, situé rue de Charonne, n» 86. Ce couvent fut institué pour recevoir le trop-plein de celui qui est mentionné dans l'article précédent. Les bâtiments furent achevés en 1639. Ce couvent, supprimé en 1790, n'a point été vendu. En 1815, on y a placé des religieuses qui portent le titre de Dames de la Croix.
CHERCHE-MIDI, OU Prieuré de Notre-Dame de Consolation, situé rue du Cherche- Midi, n" 25. Des rehgieuses augustines de la congrégation de Notre-Dame, de la ville de Laon, vinrent à Paris, en 1633, pour y former un établissement, et y firent construire un monastère. Ce couvent fut supprimé en 1790.
RELIGIEUSES DE LA CHAuiTÉ-NOTRE-DAME, couvcut et hôpital, situé ruc de la (^haussée-des-Minimes, au coin du cul-de-sac des Hospitalières. Cette maison, destinée pour les filles et femmes malades, fut définitivement établie en 1629. Douze lits furent d'abord fondés. Bientôt les frères de la Charité, les administrateurs de l'Hôtel-Dieu, se réunirent pour s'opposer à cet étabHssement utile. Le parlement, en 1628, mit hn à cette opposition scandaleuse. Françoise de La Croix et ses compagnes furent mises en possession de cet hôpital, et elles firent des vœux en 1629. Dans la suite, le nombre des lits s'accrut par les bienfaits de quelques personnes; en 1775, il s'élevait à vingt-trois. Les malades payaient 30 livres par mois; et ceux qui passaient dans cette maison le reste de leur vie, 400 livrcb par an. Cette maison a subi le sort de tous les établissements religieux. Elle a été supprimée en 1792, et remplacée par une filature de coton établie en faveur des indigents.
sons LOUIS \|||. 389
HOSPiTALiÈui'is DK I. \ HOQiiETTK. Ce couvcnt el hùpilal, sitiiô quaitiei* (le IV)pincourt, ii" 108, fui élal)li par les religieuses de la C hari f é dowl la maison est l'objet (le l'arlicle pn'ct^deut. Aidt^es par la duchesse de Mercœur, elles ac(]uirent cette maison pour servir à leurs convalescents, qui avaient besoin de respirer un air plus pur que celui de la Chaussée des-Minimes. On donna ce nom à ce couvent, parce qu'il l'ut bâti sur remi)lacement d'une maison de cami)agne, dile la Uovhelle ou la Hoquette, Ces religieuses en devinrent propriétaires par acte du 30 janvier 1636. Cette maison a été supprimée en 17î)-2.
FILLES DE LA PROVIDENCE OU DE SAI INT- JOSEPH , COUVCnl Situé rUC Saint-
l)omini(iue-Saint-Cermain, n" 82. Marie Delpech, connue sous le nom de l'Étang, avait établi à Bordeaux une maison pour les orphelines; elle tut appelée à Paris pour en établir une en cette ville. Elle y arriva en 1639, et logea d'abord rue du Vieux-Colombier, puis, rue du Pot-de-Fer, et enfin rue Saint-Dominique, où son établissement fut fixé. L'institution avait pour objet de donner aux orphelines l'éducation convenable à leur sexe, jusqu'à ce qu'elles fussent en état de se marier, ou d'embrasser une profession quelconque. Cette maison fut supprimée en i792. Les bâtiments furent depuis convertis en bureaux du ministère de la guerre, et de sa chapelle on fit un magasin.
NOUVELLES CATHOLIQUES, couveut de filles, situé rue Sainte-Anne, n« 63. Ce couvent fut établi par les mêmes fondateurs, dans le même temps et par les mêmes motifs que le couvent des Nouveaux Convertis dont j'ai parlé ci-dessus. Après avoir occupé diverses maisons, ce couvent obtint, en 1672, une demeure stable, rue Sainte-Anne, où les religieuses firent bâtir une chapelle, bénite sous le titre de VExaltation de la Sainte-Croix et de Sainie-Clotilde. Cette maison, qui jouissait du privilège des maisons de fondation royale, fut supprimée en 1790J et vendue peu d'années après.
LES FILLES OU SOEURS DE LA CHARITÉ, couvcnt situé rue du Faubourg-Saint- Denis, iF 112, en face des bâtiments de Saint-Lazare. Cet établissement, fondé par Saint Vincent-de-Paul près de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fut transporté à la Villette, puis dans la rue du Faubourg-Saint-Denis, en face de Saint-Lazare. Il devint le chef-lieu de toutes les maisons des sœurs de la Charité, car il a survécu aux ravages des temps et aux révolutions politiques, parce qu'il est d'une utilité évidente. Ces sœurs ne sont point cloîtrées; elles vont chercher les malheureux pour les secourir. Les sœurs de la Charité, que le peuple nomma Sœurs grises à cause de la couleur de leur vêtement, n'avaient et n'ont rien du luxe des auti'es couvents de religieuses. La maison du faubourg Saint-Denis a été supprimée en 1792; et on y a depuis placé une caserne et une maison royale de santé, ou hospice de M. Dubois, où l'on reçoit des malades moyennant une rétribution journalière. La maison chef-lieu de cet ordre fut dans la suite rétablie rue du Vieux-Colombier, n" 15, et, en 1813, rue du Bac, n» 132, à l'ancien hôtel de la Vallière.
Voilà environ quarante maisons de religieuses établies à Paris sous le règne de Louis XIJI. Joignons-y les vingt couvents de religieux fondés pendant le même règne; il résultera que, dans l'espace d'une trentaine d'années, Paris fut encombré ou sanctifié par soixante nouvelles maisons monacales.
390 IIISTOIUK DE PAIUS
ALTUES lKSTrrUT10i>JS RELIGIEUSES ET CIVILES.
CHAPKLi.E SAINT-JOSEPH, située Tuc MoiUmartie , ii" 144, au coin de la rue dite Saint-Joseph. Ce n'était, dans l'origine, qu'un oratoire placé, suivant l'ancien usage, au milieu d'un cimetière, celui de Saint-Eustaclie. Le chancelier Séguier prit possession de cet emplacement, à condition qu'il fournirait à la paroisse de Saint-Eustache un emplacement convenable dans le faubourg Montmartre, pour y établir un autre cimetière et une autre chapelle. Le 14 juillet 1640, le chancelier Séguier posa la première pierre de la chapelle de Saint-Joseph, qu'il lit construire à ses frais. Cette chapelle fut illustrée par les tombeaux de deux hommes célèbres : c'est là que furent enterrés Molière en 1673, et Lafontaine en 1695. (^ette chapelle fut démolie pendant la révolution-, les tombeaux de ces hommes illustres sont maintenant au cimetière du père Lachaise, où on les voit réunis. On a établi un marchç sur l'emplacement de cette chapelle.
SAiNT-ROCH, église paroissiale du deuxième arrondissement, située rue Saint- Honoré, entre les n^»* 296 et 298. 11 existait dans le faubourg Saint-Honoré une grande maison, appelée V Hôtel de Gaillon, où se trouvaient deux petites chapelles, l'une dédiée à sainte Suzanne, et l'autre aux Cinq-Plaies. On ignore l'origine de celle de Sainte-Siizanne-de-Gaillon : on sait que celle des Cinq-Plaies avait été construite, en 1521, par Jacques Moyon, Espagnol domicilié à Paris, qui obtint la permission d'y établir un hôpital pour les Français et pour les étrangers affligés des éc rouelles. D'autre part, les habitants de ce faubourg désiraient avoir une église; Etienne Dinocheau, neveu du fondateur de la chapelle des Cinq- Plaies, leur donna, en 1577, une place et un grand jardin qui en dépendait. En outre, l'official de Paris leur permit de bâtir une chapelle qui serait succursale de Saint-Germain-l'Auxerrois. En 1587, à la place des deux chapelles de Caillon, on fit construire une église succursale. On fit l'acquisition de l'hôtel de Gaillon en 1622. Les paroissiens voulurent ensuite que leur chapelle devînt indépendante de Saint Germain-l'Auxerrois, et qu'elle fût érigée en église paroissiale, ce qui fut exécuté l'année suivante. La population croissante de ce quartier fit bientôt sentir l'insuffisance de la chapelle bâtie en 1587. On s'occupa de la construction d'un édifice plus vaste. Le roi et sa mère, Anne d'Autriche, en posèrent solennellement la première pierre le 28 mars 1635. Sa construction s'exécutait avec lenteur ou était suspendue, lorsqu'en 1620 le fameux Law, converti par l'abbé de Tencin, ayant abjuré le protestantisme afin d'être nommé contrôleur-général des finances, et ayant entendu la messe et communié dans l'église de Saint-Uoch, sa paroisse, donna à cette église 100,000 livres pour achever son bâtiment. Ces 100,000 livres, consistant en billets de banque, servirent peu à la construction de cet édifice, qui ne fut entièrement achevé qu'en 1740. Cette église, d'abord élevée sur les dessins de Mercier, fut continuée sur ceux de Robert de Cotte, qui notamment a fourni le dessin du portail, dont la première pierre fut posée le V^' mars 1736. Ce portail, élevé au-dessus d'un grand nombre de marches, se compose de deux ordonnances, l'une dorique, l'autre
sors ions \iii. 39,
corinthienne : cette dernière est couronnée par un fronton. On ajouta à l'arcliitecture de ce portail des ornements de sculpture qui ont disparu depuis lon*'temps. l/intérieur de cette église se divise en cinq parties distinctes : la nef le chœur, la chapelle de la Vierge, celle delà Communion qui vient ensuite, et entîn la chapelle du Colraire .ces parties ont chacune un caractère ditVèrent des autres. En les parcourant, on éprouve le sentiment que donne un changement de scène et de décoration : c'est un ellVt théâtral qui na point d'exemple dans les autres èditices religieux de l\\ris. L'ordre dorique règne dans la net et le oliœur, qui n'ont rien de remarquable; aux extrémités de la croisée sont deux autels l'un en face de l'autre, décorés sur les dessins de Boullée. On y voit des statues de saint Augustin, de sa nt François de Sales, etc. Cette dernière est de M. Pajou. On y remarque aussi deux grands tableaux de vingt-deux pieds de hauteur : celui qui est sur l'aulelà gauche représente saint Denis prêchant la foi; il est de M. Vien : celui qu on voit sur lautel à droite a pour sujet la Maladie des Ardenls; il est peint par Doyen. La chapelle de la Vierge, située derrière le chœur, fut bâtie en 1709 : sa forme circulaire est couronnée par une coupole qui représente r.4.v8o/'>7J//o« de la Vierge, peinte par Pierre. L'autel de cette chapelle otTre une scène de VAnnoneialiou, exécutée sur les dessins de Falconnet. La chapelle de la Communion vient ensuite: elle est moins grande que la précédente. M. Pierre a peint sur sa coupole le Triomphe de la Religion : sur l'autel est un groupe, sculpté par Paul Slodtz, représentant deux anges d'une forte stature, s'inclinant pour adorer le tabernacle. Enfui on arrive à la chapelle du Calvaire^ située à la suite, sur la ligne des chapelles précédentes, et à l'extrt^mité de l'édilice. Le caractère de solidité qu'olTre sa construction, le jveu d'élévation de la voûte, l'obscurité et le silence, peuvent produire dans les âmes faciles à s'émouvoir une sorte de terreur religieuse. Une vaste niche, éclairée par une ouverture qu'on ne voit point, par un jour que les aiThitectes nomment ^awr céleste, présente la cime du Calvaire, limage de Jésus crucilie. et la Madeleine pleurant au pied de la croix. Sur le premier plan sont des soldats couchés, des troncs d'arbres, des plantes parmi lesquelles ramj>e le serpent. Plus avant et au bas de cette espèce de montagne est un autel de marbre, en forme de tombeau antique, orné de deux urnes en marbre d'où sort de la filmée. Au milieu s'élève le tabernacle composé d'une colonne tronquée, et autour duquel sont groupés les instruments de la passion. Cette composition sépulcrale a été conçue par M. Falconnet. La sculpture des ligures de la niche est l'ouvrage de Michel Anguier. Une nouvelle scène a été récemment ajoutée. A droite de cette chapelle, de vastes rochers présentent l'ouverture d'une grotte devant laquelle sont deux grou^>es de ligures plus grandes que nature, et i^présentant Jésus mis au tombeau, lis lurent établis en 1807, et sculptés par de Seine. C'est là ce qu'on appelle la douzième slation. Dans les chapelles qui environnent la nef et le chœur, les onze premières stations sont indiquées par des bas-reliefs dont les sujets sont tirés de la vie de Jésus. Ils sont pareillement sculptés par de Seine. Cet ètlilice est, comme les autres églises, entouré de chaj^lles la plupart ornées de tableaux, et autrefois de plusieurs moiui ments funèbres.
392 HISÏOIKE DE PARIS
La chaire à prêcher est remarquable par sa construction : elle a été exécutée sur les dessins de Challes. Il est peu d'édifices religieux de Paris qui soient aussi riches en ouvrage de sculpture des dix-septième et dix-huitième siècles que Saint-Roch. On a rassemblé dans quelques chapelles les restes des monuments funéraires échappés aux mutilations de 93, et qui ont appartenu à diverses églises rentrant dans la circonscription de cette paroisse. Les ouvrages les plus remarquables sont le tombeau du cardinal Dubois, exécuté par Coustou le jeune; et le mausolée du maréchal deCréqui, composé par Lebrun, et exécuté par Coyzevox et Coustou l'aîné. Le monument du comte d'Harcourt mérite aussi d'être cité. Il a été sculpté par Lestocart. En 1776, d'Huez fit le tombeau du célèbre Maupertuis, qui n'est pas moins remarquable qu(3 les débris de celui de Désiré de Sully, par Falconnet. Le buste de Le Nôtre, par Coyzevox, et celui de Mignard, par Desjardins, sont justement estimés.
Saint-Roch est l'église paroissiale du deuxième arrondissement : elle a pour succursale l'église de Notre-Dame-de-Lorette.
SAINTE-MARGUERITE, églisc paroissialc du huitième arrondissement, située rue Saint-Rernard, n»» 28 et 30. Antoine Fayet, curé de Saint-Paul, fit, en 1625, bâtir à ses frais une chapelle, sous l'invocation de sainte Marguerite, pour servir de sépulture à lui et à ceux de sa famille. Les habitants de ce quartier, fort éloignés de l'église Saint-Paul, leur paroisse, s'accommodèrent de cette chapelle, y firent célébrer l'office divin, et déterminèrent l'archevêque de Paris à l'ériger en éghse succursale. On construisit une église à côté de la chapelle qu'avait établie Antoine Fayet. Enfin, en 1682, la succursale fut entièrement distraite de la dépendance de Saint-Paul, et forma une cure particulière.
L'église se trouvant insuffisante par l'accroissement delà population du faubourg Saint-Antoine, on construisit, en 1765, une chapefie contiguë, élevée sur les dessins de Louis. Deux arcades forment l'entrée, et présentent entre elles le portrait en médaillon du célèbre mécanicien de Vaucanson, mort en 1782. L'intérieur est décoré de peintures à fresque, exécutées par Rrunetti. L'autel est en forme de tombeau antique : derrière est un grand tableau représentant le Purgatoire, peint par Rriard, et un groupe sculpté par Lorrain et Nourrisson, élèves de (iirardon.
ÉTABLISSEMENTS CIVILS
HOPITAL DES CONVALESCENTS, situé ruc du Rac , n» 98. Angéfique Faure, veuve de Claude Rullion, conçut, en 1628, le projet louable de procurer un asile aux convalescents qui sortaient des hôpitaux. L'exécution de ce projet utile éprouva beaucoup de lenteurs que nous ne détaillerons pas. Cette dame acheta, ou plutôt fit acheter en son nom une maison située rue du Rac. La maison, construite et disposée pour recevoir huit convalescents, put dans la suite en contenir un plus grand nombre. En 1775, elle possédait vingt et un lits. Cet hôpital fut en mars 1652 donné aux religieux de la Charité, qui en eurent la direction. Il fut supprimé en 1792, et appartient encore au gouvernement, qui le loue à divers particuliers.
SOLjS lotis XIII. .H03
iioiMTAi. i)K N(HRiM>A>iK-i)K-i.A-Misii:iu(:(miM<: OU les ciiNT-Fii.Mîs, situé ru î (liMisior, II*' 11, et rue (lu Pont-aux-Hiches, quartier Saiut-Maro(»i. Antoine Séguier, président au parlement, acheta, le 2\ mars 10-22, une maison appelée le petit séjour cVOrléamy qui avait fait partie de l'ancien liotel (pie les ducs d'Orl(»ans possc'daient dans ce quartier, et y fonda un h(')pital pour cent pauvres orphelines de père et de m(M*e. On y enseignait, à ces jeunes lilles, la religion et un métier. En Kî.jfi, le roi ordonna (pie les compagnons d'arts et métic^Ts (jui épouseraient des filles de cette maison seraient reçus maîtres sans faire leur chef-d'œuvre et sans payer aucun droit. Elles y étaient reçues à l'âge de six à sept ans, en sortaient à vingt-cinq; et l'hijpital, lorsqu'elles se mariaient, leur accordait une dot.
Cette maison fut supprimée pendant la révolution : elle appartient ;\ l'admi nistration générale des hôpitaux et hospices de Paris. On y a établi des manufactures.
HOPITAL DES INCURABLES, situé HIC de Sèvrcs, n» 54. Plusieurs personnes concoururent à cet établissement; entre autres Marguerite Rouillé, Jean Joullel deChàtillon et le cardinal de la Rochefoucauld. Avec ces secours, l'iH^pital fut construit. Trente-six lits furent d'abord établis dans les salles : dix-huit pour les hommes, dix-huit pour les femmes. Le même cardinal lit encore don d'une somme de 38,0i7 livres, destinée à la construction et à l'entretien d'tme chapelle qui fut consacrée, le 11 mars 16iO, sous le titre de V Annonciation de la. sainte Vierge.
Des lettres patentes du mois d'avril 1637 confirmèrent la fondation de cet hôpital, qui, dans la suite, reçut un accroissement considérable en étendue do terrain et en revenu; de sorte qu'avant la révolution on y comptait trois cent soixante lits. Je parlerai du sort de cet hôpital, lorsque je présenterai le tableau des hôpitaux et hospices qui existent maintenant à Paris.
HOPITAL DE LA PITIÉ, situé Fue Copcau, i\'' 1, entre les rues du Jîattoiret du Jardin-des-PIantes.
Les désordres et les guerres civiles du temps de la régence de Marie de Médicis avaient considérablement accru le nombre des pauvres. On ne trouva d'autre remède pour le diminuer que d'emprisonner ces malheureux : c'est ce qui fut ordonné dès l'an 1612, En conséquence, les magistrats louèrent cinq grandes maisons situées entre les rues du Battoir et du Jardin-des-Plantes; puis on lit l'acquisition d'une de ces maisons, où se trouvait le jeu de paume de la Trinité. Ce local fut augmenté par de nouvelles acquisitions : on construisit des bâtiments réguliers et conformes à leur destination. On y renferma les pauvres que l'on put arrêter. Cette maison reçut le nom de Pitiés parce que sa chapelle était sous l'invocation de Notre-Dame-de-Pitié.
Lorsqu'en 1657 l'hôpital général, dit de la Salpêtrière, fut construit et ouvert à tous les mendiants, la maison de la Pitié reçut une nouvelle destination : on y plaça les enfants des mendiants. Les filles, auxquelles on apprenait à lire, à écrire, à coudre, à tricoter, occupaient une partie de la maison; les garçons, (pii recevaient une ('éducation analogue, liabitaient une cour appelée Petite-Pitié. Enlin, on y plaça des enfants trouvés, des orl)h(^lins, auxquels on faisait appren-
394 HISTOIKE 1)1:: l'AlUS
dre des métiers : on y fabriquait des draps pour les habits des hôpitaux, et même pour les troupes.
Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1809, éiwque où les orphelins de la Pitié furent transférés à l'hospice du faubourg Saint- Antoine : dès lors, cette maison devint une annexe de i'Hôtel-Dieu.
MAISON DE scipiON, situéc ruc de la Barre ou de Scipion, place du même nom. Scipion Sardini, gentilhomme italien, fameux et riche traitant sous le règne de Henri III, avait fait bâtir en ce lieu un hôtel qui, en 1622, fut destiné à recevoir des vieillards pauvres et infirmes. En 1636, il fut donné à Thôpital général, qui y fit établir sa boucherie, sa boulangerie, etc. Cet éditice, convenablement construit, renferme aujourd'hui la boulangerie générale de tous les hôpitaux et hospices de Paris. -