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PALAIS, JARDINS, ILES, FONTAINES, THEATRES, ETC

PALAIS DU LUXEMBOURG, situé quartier du Luxembourg, rue de Vaugirard. On imposa à ce palais plusieurs noms; outre celui de Luxembourg, il reçut d'abord celui de Palais d'Orléans ; et, depuis la révolution, ceux de Palais du Directoire, de Palais du Consulat, de Palais du Sénat Conservateur, enfin de Palais de la Chambre des Pairs. Quoique ces diverses dénominations aient tour à tour été inscrites en lettres d'or sur une table de marbre posée au-dessus de la principale entrée, le public, docile à la routine, a constamment nommé ce palais et son jardin, le Luxembourg.

Une grande maison, accompagnée de jardins, que Robert de Harlay de Sancy fit bâtir vers le milieu du seizième siècle, que le duc d'Épinay-Luxembourg acquit ensuite, et qu'il agrandit considérablement en 1583, fut l'emplacement que Marie de Médicis, régente, acheta, en 1612, pour y faire construire un palais. Pour agrandir encore cet emplacement, elle fit acquisition successivement d'une ferme, le pressoir de l'Hôtel-Dieu, de plusieurs jardins et de quelques parties du clos de Vignerai. Après ces acquisitions, elle fit, en 1615, jeter les fondements de ce palais. Jacques de Rrosses en fut l'architecte. Les travaux, poussés avec activité, furent achevés en peu d'années. Cet édifice se recommande par la beauté de ses proportions, sa parfaite symétrie, et par un caractère de force et de solidité. Les ornements, peu nombreux, mais à leur place, plaisent à la vue sans la fatiguer. Ces refends, ces bossages qui sillonnent toutes les faces de ce palais, lui donnent une physionomie très-originale.

Le principal corps de bâtiment ainsi que ses autres parties offrent trois ordonnances ; l'une, toscane, est au rez-de-chaussée; l'autre, dorique, est au premier étage; et la troisième, ionique, se voit au deuxième. Quatre gros pavillons sont placés aux quatre angles du principal corps de bâtiment.

la cour, qui, du côté de la ville, précède ce principal corps de logis, est en-

sous LOUIS Mil. 395

loiiiTo (le bâtiments; et son plan présente un parallélogramme dont la plus grande dimension à soixante toises, et la moindre cincpiante.

La grande entrée est en face de la rue de Tournon; de ce côté la façade présente à ses extrémités deux pavillons; et au milieu, au-dessus de la porte, s'élève, sur un corps avancé, un dôme circulaire orné de statues dans les entrecolonnements. (.e dôme, qui produit un elïet pittoresque, est en parfaite harmonie avec les autres parties de l'édilice. De chaque coté de ce dôme, deux terrasses, supportées dans l'origine par des murs massifs, et qui depuis ont à droite et à gauche été percés par quatre arcades, servent à communiquer du dôme aux deux pavillons de cette façade.

Celle du jardin, outre deux pavillons en saillie, plus forts que ceux de la façade qui vient d'être décrite, olTre au centre un corps avance, décoré de colonnes et de statues exécutées par M. Pradier. Cette façade a été ajoutée, avec les deux gros pavillons qui l'accompagnent, dans ces dernières années. Les travaux, commencés en 1837 et achevés en 1812, ont été dirigés par M. Gisors, qui s'est conformé tout à fait au style du premier architecte, de Brosses.

La façade du côté de la cour 4ilTère peu de celle du jardin. Aux deux portes latérales on voit, dans des impostes, les bustes de Marie de Médicis et de Henri IV; au-dessus, l'avant-corps est décoré de quatre statues colossales, du temps de Marie de Médicis. Le bas relief du fronton circulaire, représentant la Victoire couronnant le buste d'un héros, est l'ouvrage de Dune. La cour est formée par le principal corps de logis dont je viens de décrire les façades, par deux ailes de bâtiments se terminant aux pavillons qui s'élèvent aux deux extrémités de la principale entrée, et enfin par les bâtiments de cette entrée.

Dans l'aile qui occupe le côté oriental de la cour est la galerie des tableaux, dont je vais bientôt parler ; l'aile opposée contient aussi une galerie de tableaux, et, de plus, le magnifique escalier par lequel on monte à la salle de la Chambre des pairs. Cet escalier, majestueux par son étendue, riche par sa décoration, présente plusieurs statues d'hommes illustres par les services qu'ils ont rendus à leur patrie.

Ce palais, bâti à grands frais par Marie de Médicis, qui n'en avait pas besoin et qui ne l'habita que peu de temps, devait porter son nom; mais, cette reine l'ayant légué à Gaston de France, duc d'Orléans, son second fils, celui-ci voulut le faire nommer Palais d'Orléans, Il appartint ensuite à Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier; à Elisabeth d'Orléans, duchesse de Guise et d'Alençon, et enfin au roi Louis XIV. Cet édifice, négligé par ces dilTérents propriétaires, eut besoin de grandes réparations, qui furent faites de 1733 à 1736. Louis XVI le donna, en 1779, à son frère, Monsieur, qui a régné sous le nom de Louis XVni. — Pendant le régime de la terreur, il fut converti en maison d'arrêt. — Sous le régime de la constitution de l'an iv, en 1795, il devint le lieu des séances du Directoire et la demeure des cinq directeurs, qui habitaient plus particulièrement l'hôtel contigu, appelé ï Hôtel du Petit- Luxembourg . — En 1798, le palais du Luxembourg fut entièrement ragréé, et plusieurs réparations y furent faites. On construisit à l'ouest et sur la ligruî de la façade, du rôle du jardin, un corps d(* bâtiment (jui depuis fut démoli.

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l.orsque Bonaparte cul envahi le pouvoir, le palais du Luxembourg fut destiîié d'abord aux séances des consuls, et reçut le nom de Palais du Consulat; el peu de temps après, en 1800, celui de l-alais du Sénat Conservate'ur. Ce sénat y tint ses séances jusqu'en 1814, époque où une nouvelle constitution remplaça le sénat par la Chambre des pairs. Dés lors une nouvelle table de marbre, placée sur la porte principale, indiqua que l'édifice du Luxembourg portait le nom de Palais de la Chambre des Pairs.

Les deux ailes de bâtiment qui forment les parties latérales de la cour ren* ferment, comme je l'ai dit, l'une l'escalier, et l'autre la galerie des tableaux. On trouve à l'extrémité supérieure de cet escalier la mile des Gardes, puis celle des Garçons de serviee, où l'on remarque une belle figure en marbre, représentant Hercule couché, ouvrage du célèbre Pujet; une statue d'Épaminondas, par Duret; une autre de Miltiade, par Boisot; et une troisième représentant Persée, vainqueur de la Gorgone. — Vient ensuite la salle des Messagers d'État, ornée de la statue d'Harpocrate, dieu du silence, et de celle de la Prudence; puis la salle du Conseil et celle de la Réunion, salles très-richement décorées de tableaux, dont l'un représentait la figure en pied de Louis XYIII, et d'autres plusieurs allégories sur ses aïeux et sur son retour en France. Le plafond, peint par Barthélemi, offre aussi des sujets allégoriques. — Cette salle mène à l'ancienne salle des Séances, placée au centre du principal corps de bâtiment, au lieu où étaient la cage de l'ancien escalier et la chapelle. Elle fut établie et décorée dans les années 1803-1804. Son plan est un hémicycle. Elle est décorée de vingt-six colonnes d'ordre corinthien; leurs entre-colonnements, adroite et à gauche du trône, sont occupés par les statues de Solon, Périclès, Cincinnatus, Scipion, Caton d'Utique, Lycurgue, Cicéron, Léonidas, Aristide, Phocion, Démosthène et Camille, presque tous ennemis de la tyrannie, tous ardents amis de leur patrie et de sa liberté. Ils furent placés là sans doute pour rappeler leurs exemples à ceux qui ont siégé ou siègent dans cette enceinte.

De cette salle, très-riche par ses ornements, on arrive à la salle du Trône ^ qui ne l'est pas moins. Dans des derniers travaux exécutés au Luxembourg, on a ])àti une nouvelle salle des Séances, plus vaste que la précédente. La voûte de cette salle présente quatre pendentifs peints par M. A. de Pujol. Les trois grands médaillons et les six compartiments des fenêtres où l'on voit la Prudence, la Vérité et la Confiance, et les six plus illustres législateurs de l'antiquité, sont l'ouvrage de M. Vauchelet. De chaque côté de rhémicycle il y a des sujets allégoriques exécutés par M. Blondel. Près du centre de la voûte, il y a les portraits deCharlesV, Louis XII, François P'", Louis XIV, Napoléon et Louis XVIll. Plusieurs cadres ont leurs murs décorés de peintures par MM. L. Boulanger, Bresner, et Boqueplan. A la bibliothèque on remarque l'importante composition de M. E. Delacroix, VÈlysée des grands hommes. Enfin la chapelle vient aussi d'être restaurée avec luxe. J'omets la galerie sur le jardin, les salles des quatre Bureaux, \e salon de lecture^ pour m'arrêter à la salle du Livre-d'Or. Cette salle est remarquable par les peintures restaurées des boiseries qui ornaient les appartements de Marie de Médicis. Ces peintures sont des médaillons olfrant plusieurs sujets mythologiques. Cette salle, très-digne d'exciter la curiosité des artistes cl lad-

SOI s LOI IS Mil. ^Îf7

liiiialioii (le (HMi\ (jui iu> le sont pas, doit son nom à un livi'i» donl la (jualilicalioii iii(li<ni(' rcxcolliMK'c (les iiiatitMTS (iii'il contieiil. QucllecsL ia matière siihliine do ce livre pi'éeieiix auquel on a eonsacré une salle si niagniliiiue? H l'aul le dire, ce livre n'existe pas encore, ou n'est pas encore dé[)osé dans le saneluaii'e (jui lui est pi'éparé. Il contiendra /<:'.s- litres de lu pairie.

Je l)orne ici la description de la partie intérieure du [)alais qu'occupe la Chambre des pairs, partie .changée, rajeunie, embellie par les gouvernements impérial et royal, et je passe aux autres parties et dépendances de ce palais. •

GALERIE DD LUXEMHouKG. Elle fut d'abord, par les ordres de Marie de Médicis, composée de vingt-quatre grands tableaux représentant l'histoire allégorique de cette reine, peints par le célèbre Rubens, de plusieurs autres tableaux provenant de la reine douairière d'Espagne, et de ceux du cabinet du roi. Cette galerie fut longtem[)s négligée. Avant 1780, on avait formé le projet d'en transporter toutes les peintures au Louvre pour qu'elles lissent partie du Musée déjà |)rojeté dans la galerie de ce })alais. En conséquence de ce projet, on retira du Luxembourg les tableaux, qui furent placés au Louvre. Les victoires des Français produisirent une assez ample récolte de tableaux pour que le Musée du Louvre put se passer de ceux de la galerie du Luxembourg. On les y replaça en 1805; on y joignit aussi la précieuse collection des tableaux de la vie de saint Bruno, par Le Sueur, contenus dans une salle particulière; plusieurs autres ouvrages, tels que V Ermite endormi^ par Vien; deux tableaux de David, le !Serment des Hordces, et Brulus., etc. De cette galerie on arrive sur une partie de la terrasse et au-dessous du dôme, ou l'on voyait la Baigneuse en marbre, de Julien, ouvrage digne des plus beaux temps de la Crèce. L'autre partie de la terrasse conduit dans une suite de salles qui étaient ornées notamment des marines de Vernet et de Hue.

En 1815, les puissances étrangères dépouillèrent le Musée du Louvre d'une partie de ses richesses, et y laissèrent un vide immense. Pour le remplir, on enleva de la galerie du Luxembourg ses principaux tableaux. Cette galerie est consacrée maintenant aux ouvrages des artistes vivants. On y a vu longtemps les plus beaux tableaux de David, de Cros, de Gérard, de Cirodet, etc., et d'autres maîtres de l'école française. Au mois d'avril 1818, ce Musée ainsi composé fut ouvert au public.

JARDIN DU LUXKMBOUUG. Ce jardin a éprouvé plusieurs changements. En 1782, on diminua à peu près un tiers de la surface de ce jardin, en retranchant loute sa partie occidentale, qui s'étendait depuis les anciens bâtiments de la rue de Fleurus jusqu'à la grille qui s'ouvre de ce côté. On voulait, disait-on alors, établir dans cette partie retranchée des salles de danse, des cafés, une foire, etc.; on n'établit rien. Les plus beaux arbres du jardin furent abattus; on raccourcit ses plus longues allées; et le terrain, séparé, dépouillé de sa vardure, sans être embelli par la foire projetée, resta, pendant près de trente années, vide, stérile, inhabité, réduit presque à l'état de désert.

En 1795, la Convention commença l'exécution du projet de cette belle aveinu^ qui se dirige depuis le palais du Luxembourg juscpi'à TObservatoiic. En 1801, on renouvela tous les arbres des parties orienlale et méridionale du jardin cl I on donna au terrain une p( nie régulière.

398 IIISTOIKE DE 1»AIIIS

L'ancien parlerre était bordé de deux murs de terrasse, qui présentaient, à leur surface supérieure, de petits bassins, placés à dislances égales et communiquant entre eux par des rigoles. Chaque bassin était percé pour laisser passage à un jet d'eau. Les terrasses qui bordaient ces murs étaient plantées d'ifs et de buis. Au centre du parterre, on voyait une pièce d'eau octogone, du milieu de laquelle s'élevait un triton qui tenait dans ses bras un poisson marin qui lançait un jet d'eau.

Ce parterre, en 1801, fut entièrement changé. Des talus en gazon succédèrent au double mur de terrasse qui le bordait. Il fut élargi considérablement par deux espaces demi-circulaires, établis sur les deux côtés. Au milieu, on plaça une pièce d'eau plus étendue que l'ancienne. Le parterre se terminait du côté méridional par un vaste escalier composé de dix marches, et orné de statues. Tous ces ouvrages furent exécutés sur les dessins de M.Chalgrin. — Dans les années 1810 et 1811, ce parterre éprouva encore de notables et heureux changements sous la direction de l'architecte Baraguey. Le sol fut baissé et nivelé de manière à ce que le parterre et l'avenue de l'Observatoire fussent sur la même ligne de pente. Le grand bassin fut alors refait et on lui donna des proportions plus considérables. Enfin, quand on a refait la façade postérieure du palais, ce parterre a été diminué, sans qu'on modifiât cependant sa disposition.

A l'extrémité méridionale du parterre, de balustrades en ouvrent l'entrée à ceux qui descendent par l'avenue. Elles se raccordent avec les talus de gazon qui en garnissent les parties latérales.

L'ancien jardin avait été dessiné par Jacques de Brosses, architecte du palais ; il construisit aussi, à l'extrémité orientale de l'allée contiguë à la façade du palais, une fontaine, remarquable par ses bossages et ses congélations multipliées. Cette fontaine était dans un état déplorable et tombait en ruine. En 1802, elle fut entièrement restaurée. Les deux figures placées au-dessus du fronton, qui représentent un fleuve et une naïade, furent refaites, ainsi que leurs accessoires. On n'avait, de mémoire d'homme, jamais vu cette fontaine donner de l'eau; on lui a procuré cet avantage : au-dessus des rocailles où elle coule, on a placé une statue de naïade sortant du bain. Elle vient d'être encore réparée dans cette dernière année.

La partie supérieure des talus qui entourent le parterre est ornée de vases , de statues en marbre : quelques-unes antiques, restaurées, quelques autres sculptées d'après l'antique, d'autres enfin ont été exécutées par des sculpteurs de notre époque.

Depuis on a fait disparaître, du côté de l'est, une orangerie, et, du côté de l'ouest, quelques bâtiments communiquant avec l'hôtel dit le Petit-Luxembourg . On a établi sur la rue de Vaugirard une grille d'entrée, des plantations en quinconce, une fontaine élégante^ décorée d'une statue en marbre, et un rosarium clos de treillages. Ces derniers travaux, ainsi que quelques autres, ont été exécutés sur les dessins de M. Baraguey, architecte de la Chambre des pairs. Une autre grille vient d'être disposée le loni» de la rue de Vaugirard, jusqu'à l'autre mur occidental du jardin.

S()l!S \A)[[S MIL :j(^„

Du temps ilo la ivjicMice du duc d'Orléans, W palais et W jai'diii du Luxcinhourj; I'uitiU le Ihéàtre le plus ordinaire des plaisirs ou plutôt des déhanches de la duchesse de Herri, lille du régent. Dans les Mémoires de Duclos, on lit le lail suivant : » La duchesse de Berri...., pour passer les nuits d'été, dans le jardin >' du Luxemhourg, avec une lihcrté qui avait plus hesoin de comj)lices que de » témoins, eu lit murer toutes les portes, à l'exception de la principale, dont M l'entrée se fermait et s'ouvrait suivant l'occasion. »

La liiiiie méridienne de rohservatoire traverse le jardin du Luxemhourg et se dirige sur l'angle ouest du pavillon qui l'orme l'extrémité de la façade du palais du C(Mé du jaixlin, de sorte que l'axe de la grande avenue incline un peu à l'est, et forme au point d'intersection avec la ligne méridienne un angle très-ohtus.

PETIT-LUXEMBOURG, sltué Fue de Vaugirard, à Touest, et contigu au palais du Luxemhourg.il fut commencé vers l'an 1629, par l'ordre du cardinal de Richelieu , qui l'hahita en attendant que le Palais-Royal fut construit. Lorsqu'il vint occuper ce dernier palais, il donna à la duchesse d'Aguillon, sa nièce, le Petit-Luxemhourg, qui passa, à titre d'hérédité, à Henri-Jules de Bourbon-Condé. Après sa mort, la princesse Anne, palatine de Bavière, y demeura, et y fit exécuter des réparations et accroissements considérables. Elle fit construire, de l'autre côté de la rue de Vaugirard, pour ses officiers, pour ses cuisines et ses écuries, un hôtel qui communique au Petit-Luxembourg par un passage souterrain pratiqué sous la rue. Cet hôtel, habité par des princes de la maison de Bourbon-Condé, reçut aussi le nom de Petit-Bourbon.

Le Petit- Luxembourg fut le siège du gouvernement directorial : quatre des directeurs l'habitaient; le cinquième logeait dans le grand palais; les directeurs y ont demeuré depuis vendémiaire an iv (octobre 1700), jusqu'au 20 brumaire an VII (Il novembre 1799). — En 1812 et 1813, on a démoli des bâtiments qui formaient la communication entre le Crand et le Petit-Luxembourg; et, dans l'intervalle, on a établi, comme je l'ai dit, une plantation en quinconce, et sur la rue de Vaugirard, une longue grille en fer. Depuis 1830 on a établi une communication nouvelle entre les deux palais, par un jardin dessiné à l'anglaise.

AQUEDUC d'arcueil. II fallait des eaux pour les besoins et l'agrément du palais et des jardins du Luxembourg, où Marie de Médicis avait résolu de prodiguer toute espèce de magnificence. Il n'existait d'ailleurs encore aucune fontaine dans la partie méridionale de Paris.

Déjà, sous Henri IV, cette disette d'eau et les vestiges de l'aqueduc bâti àw temps des Romains avaient fait penser à son rétablissement. Sully ordonna, en 1609, de rechercher les traces de cet aqueduc; mais la mort de Henri IV arrêta l'exécution de ce projet.

Hugues Crosnier, en 1612, fit ensuite la proposition de conduire à Paris 30 pouces d'eau (1), 18 pour le roi, et 12 pour la ville. L'entreprise fut adjugée, le 8 octobre 1612, à Jean Coing, maître maçon de Paris. Le 17 juillet 1613, le roi Louis XIH et la régente, sa mère, posèrent, avec de fastueuses cérémonies, la

(1) On appelle pnuve d'eau la quantité qui s'écoule par un orincc d'nn ponce cnperficiel. Comin ■ ccl oiilioe contient I li iiyne!^ cariées, le ponce d'eau se (livi.sc en 1 i i parties a])pcl('cs lii;ii('s.

première pierre de l'aquecliic qui fut bàli sur les dessins de Jacques de Brosses, et achevé en 16-24.

Une partie de cet aqueduc traverse le vallon d'Arcueil sur vingt-cinq arclies. La hauteur de cette construction est de vingt-trois mètres quarante cent., sa longueur de trois cent quatre-vingt dix mètres. Ce morceau d'architecture, imposant par sa grandeur, beau par ses formes, rappelle les magnifiques aqueducs des Romains. Près de la face méridionale des arcades modernes existe encore un fragment considérable de l'aqueduc romain. Dans l'espace existant entre Arcueil et Paris, on voit, de distance en distance, plusieurs petites constructions qui sont des regards de la conduite d'eau. La longueur totale de cette conduite, depuis Arcueil jusqu'au château d'eau situé à coté de l'Observatoire, est de douze mille huit cent soixante-dix mètres.

L'aqueduc n'était pas encore terminé que l'on vit des solliciteurs puissants, des collèges, des communautés religieuses, demander des concessions d'eau, concessions qui s'accordaient alors sans discernement. Le public, qui avait payé les frais de l'aqueduc, fut la dupe de cette prodigalité. En 1777, cet aqueduc a été l'objet de réparations considérables.

FONTAINES. En 1624, l'aqueduc achevé, les eaux de Rungis parvenues au château d'eau de l'Observatoire, on s'occupa de leur distribution : dix-huit pouces furent livrés au roi pour le palais et le jardin du Luxembourg, et douze pouces à la ville, qui les répartit dans les quartiers de Saint-Jacques, de Saint- Victor et dans la rue des Cordeliers. Quatorze fontaines furent construites, et alimentées par cette portion d'eau. On en conduisit même, à travers le pont Notre-Dame, jusqu'à la place de Grève, où était une fontaine qui fournissait l'eau de Rungis, et dont, le 28 juin 1624, Louis XIII posa la première pierre. Cette fontaine n'existe plus (1).

FONTAINE DES HAUDRiETTES, situéc au coiu de la rue des Vieilles-IIaudriettes et de celle du Chaume. Elle fut établie en 1636, et nommée d'abord Fontaine- Neuve; mais elle reprit son ancien nom en 1760, époque où elle fut reconstruite sur les dessins de Moreau. Le bas-relief, qui représente une naïade, est l'ouvrage de Mignot.

STATUE ÉQUESTRE DE HENiii IV, placée sur le môlc qui se trouve à l'ouest et et au milieu du Pont-Neuf. Voici l'historique de l'érection de cette statue.

Ferdinand, grand-duc de Toscane, fit couler en bronze un cheval colossal, dans le dessein de le faire surmonter par son elTigie. Jean de Boullongne, élève de Michel Ange, fut chargé de ce travail. Ferdinand mourut, et le cheval resta sans cavalier. Cosme II, son successeur, offrit à Mai ie de Médicis, régente de France, ce cheval de bronze, le déposa à Livourne sur un vaisseau qui vint échouer contre les côtes de Normandie. Ce cheval de bronze resta pendant une

(1) Les principales fontaines pîil)liques on particnlièrcs qui furent établies alors et alimentées par ces eaux sont :

La fontaine des Carmélites ; — la fontaine de la rue Mouffelard, au coin de la rue Pot-de-Fer : — la fontaine (lensier, rue Censier; — la fonlaine Saint-Magioire, rue Faul)onrg-Saint-.lacques; — la fontaine dw colléi e de Navarre, dont la première pierre fut posée en cérémonie le 27 mai 1025; — la fontaine Saint-Micli'^1, à l'extrémité uiéiitlionale de la rue de la Harpe; — la fontaine Sainte- Geneviève, rue et montaune Sainte-Geneviève; — la fontaine Saint-Gôme, rue des Cordeliers, etc.

sons loi IS Mil. 101

;!mir(MMili(M(' an tond de lauuM'.Oii l'en rclii'a à {^raiiiis Irais, et on le tiaiisporla à Paris.

On \\{ un piôdoslal on marl)re, et on y élova le ehoval, en allendanl le eavalier (jni (levait le monter. De là vint que le ]ienpîe, accoutumé à voir ci^ cheval seul, prit l'habitude, môme lorsqu'il fut. surmonté par la figure de Henri IV, i\o noinnier l'ensemble du monument \o, cheval dp hriwzc. î.e piédestal fut élevé sur les dessins de Civoli. Aux quatre angles on placardes statues assez mesipiines, qui lionraient des vaincus fiarrottés. Les quatre bas-reliet's de ce piédestal représ(Mitaient les batailles d'Arqués et d'Ivry, l'entrée de Henri IV à Paris, la prise d'Amiens et ceMe 'de Montrnélian. Les fij^ures du piédestal et îes bas-reli(Ms étaient de Francheville. La figure de Henri IV fut exécutée par Diqiré. 11 -ptaii représenté la tète nue, le corps tout entier couvert d'une armure à la française, tenant d'une main la bride de son cheval, et de l'antre le bAton de commandement. Dans une des i- scriptions dont le piédestal était chargé, on lisait le nom de Richelieu, qui avait, en 1635, fait terminer cet ouvrage.

Pendant les divisions qui, en 1788, agitaient la cour et les parlements, .la tête de Henri IV fut couronnée de fleurs et de rubans. Dans les premiers jours de la révolution, en 1789, on plaça sur l'oreille de cette statue la cocarde nationale. Pendant les journées des 15, 16 et 17 juillet 1790, on disposa devant le piédesta une vaste décoration représentant un rocher, sur lequel la statue équestre de ce roi semblait élevée; et, pendant les soirées de ces journées, on exécuta des concerts, des cbants et des danses. Aucun hommage ne fut rendu aux statues des autres rois. Dans un moment d'alarme et de besoin de métal pour fabriquer des canons, dans un moment où l'armée du roi de Prusse s'avançait sur Paris au mois d'août 1792, on renversa dans cette ville toutes les statues des rois, (^t celle de Henri IV ne fut pas même exempte delà proscription. Une nouvelli^ statue équestre de ce roi a été rétablie, en 1817, à la même place.

COURS-LA -RFJNF., situé le loug dc la rive droite de la Seine, dont il est aujourd'hui séparé par la route de Versailles. 11 commence à la"* place Louis XV, et se termine à l'allée-des-Veuves et au quai de P>illy. Maiie de Médiris fit, en 1616, tracer et planter ce cours de quatre rangs d'arbres. Cette promenade, destinée pour la reine et pour sa cour qui venaient fréquemment la pr courir à cheval et en carrosse, fermée aux extrémités j^ar des grilles, et à «^e< côtés par des fossés, était souvent interdite au public. Il n'existait point encore à Paris d'autre promenade régulièrement plantée. Les arbres de ce cours furent arrachés, et l'on en substitua de nouveaux en 1723.

PONT-AU-ciiANGE. Daus la nuit du 23 au '2i octobre 1621, le feu ayant piis au pont Marchand, presque attenant au Pont au-Change, les tlammes, poussées i)ar un vent d'ouest, atteignirent ce dernier pont, et dans nioins de trois hi'ures le réduisirent en cendres. Les débris de ces ponts interceptaient le cours de la Seine. Le parlement en ordonna le déblaiement. Cette cour autorisa des quèlcs pour subvenir aux besoins des incendiés; car ces deux ponts étaient bordés de maisons habitées.

On ne commença à reconstruire le Pont au-Change qu'en 1639, e', on ne l'acheva entièrement (pTon 1617; il fut bà(i en p'erre et 1 or.lé de maisons. Ce

402 HISTOIRE DK PAUIS

pont, à son extrémité septentrionale, avait deux entrées formées par un groupe triangulaire de maisons : la façade de l'un de ces groupes de maisons était ornée d'un groupe de trois (igures ronde-bosse en bronze sur un fond de marbre noir, représentant Louis XIH, Anne d'Autriche son épouse et leur fils Louis XIV, âgé de dix ans. Il était l'ouvrage de Simon Guillain. Au-dessous de ces ligures se voyait un bas-relief représentant deux esclaves, ouvrage d'un beau style. En 1788, Louis XVI, par son édit d'emprunt de 30 millions, affecta la somme de 1,200,000 livres à l'acquisition et démolition des maisons dont ce pont était en grande partie couvert, et les fit démolir.

PONT SAINT-MICHEL, dout j'ai déjà parlé. Dans la nuit du 30 janvier 1616, après un froid extrêmement rigoureux, survint un dégel et un débordement d'eau et de glaçons, qui emporta la partie du pont Saint-Michel du côté d'amont, détruisit les maisons dont il était chargé, et causa une perte considérable à ceux qui les habitaient. Ce qui restait du pont Saint-Michel tomba au mois de juillet suivant; il fut alors rebâti et bordé de 32 maisons. Un édit du roi, donné en septembre 1786, portait que les maisons élevées sur les ponts de Paris seraient abattues. Cet édit ne reçut son exécution, à l'égard du pont Saint-Michel, qu'en 1808 et 1809. Les trente-deux maisons de ce pont furent abattues; la route fut élargie, et sa pente, trop roide, beaucoup adoucie. On abattit pareillement des maisons élevées sur le bord de la Seine, vers la partie méridionale de ce pont, qui, du côté du quai des Augustins, formaient une petite rue appelée rue de Hurepoix. A l'extrémité septentrionale de ce pont était pareillement une suite de maisons élevées sur la rive droite de la Seine, qui formaient, avec les maisons qui bordent aujourd'hui le quai des Orfèvres, une rue appelée Saint- Louis, Cette rue n'existe plus; le quai fut élargi et les abords du pont devinrent beaucoup plus faciles. Par ces réparations, les quartiers situés aux deux extrémités de ce pont, quartiers autrefois obscurs et hideux, ont été embellis, éclairés et assainis.

PONT-BARBIER, situé à l'cndroit du quai Voltaire où la rue de Beaune vient y aboutir. Depuis longtemps oq commuLiquait du Pré-aux-Clercs aux Tuileries par un bac qui traversait la Seine, bac qui a donné son nom à un chemin, ensuite à la rue appelée du Bac. En 1632, le sieur Barbier, qui possédait un clos à l'ouest de ce chemin, construisit sur la rivière un pont en bois. Ce pont fut nommé Pont-Barbier, du nom de son entrepreneur; Po7it Sainte-AnnCy de celui de la reine Anne d'Autriche; et des Tuileries, parce qu'il y aboutissait. On le nomma aussi Pont-Bouge , parce qu'on le peignit de cette couleur. Il a existé jusqu'au 20 février 1684, époque où il fut entièrement emporté. Ce pont se composait de dix arches; au milieu de sa longueur était placée une construction en bois, bâtie sur pilotis, qui paraît avoir servi à une machine hydraulique. On lui substitua dans la suite un pont en pierre appelé Pont-Royal.

PALAIS DE LA CITÉ. Daus la uuit du 5 au 6 mars 1618, le feu prit à la charpente delà grand'salle du Palais. Les pièces de bois enflammées tombèrent sur les boutiques placées dans cette salle. L'incendie, favorisé par un vent du midi, fit des progrès rapides; la grand'salle, la première chambre des enquêtes, le parquet des huissiers, les salles des requêtes de rhôlel, du grefTe, du trésor

sous LOLIS Xlll. 4():i

etc., furent dôtruits, ot pliisiours rcj^istivs (hi parleniout brùlôs ou perdus. La fameuse table de marbre, sié^e d'un tribunal de ce nom, sur laiiuelN; les rois donnaient les festins dan s de grandes solennités, et les clercs de la liasocbe jouaient leurs farces, ainsi que les statues des rois Francs qui décoraient cette grande salle, furent brisées. On employa pour arrêter les ravages du feu tous les moyens alors en usage, des seaux de cuir, de la paille mouillée, etc. On ne connaissait point encore l'usage des pompes à incendie. On s'occupa bientôt après de réparer ces destructions. Jacques de Brosses, arcbitecte, en fut chargé. La grand'salle fut reconstruite sur ses dessins, et terminée en 1622. J'ai donné sa description aux articles Parlement et Palais de Justice.

ILE SAINT-LOUIS , la sccoude des îles de la Seine que l'on rencontre en entrant dans Paris par le cours de cette rivière. Elle portait autrefois le nom à' lie Notre- Dame, parce qu'elle appartenait à l'église de ce nom, comme je l'ai dit ci-dessus. Cette île était encore divisée en deux parties par un fossé qui servait aux fortifications de la ville, lorsque Henri IV forma le projet d'y faire bâtir des maisons et d'en former un quartier de Paris. Ce projet ne fut exécuté que sous le règne de son successeur. En 1614, Louis Xlll acquit cette île du chapitre de Notre-Dame, et Christophe-Marie, entrepreneur général des ponts de France, fut chargé de toute l'entreprise. H prit l'engagement de joindre les deux îles en remplissant le canal qui les divisait, de les revêtir, dans l'espace de dix ans, de quais en pierre de taille, d'y ouvrir des rues larges de quatre toises, d'y construire des ponts qui communiqueraient à la ville, à condition qu'il y établirait un jeu de paume, une maison de bains, et que, pendant soixante ans, lui et ses héritiers percevraient sur chaque maison 12 deniers de cens, avec droits de lods et ventes. Après ce terme, ce droit seigneurial devait revenir au roi.

Les travaux, commencés en 1614, se continuaient avec activité, lorsqu'en 1616 le chapitre de Notre-Dame y mit opposition, et les interrompit. Enfin, en 1618, un arrêt du conseil décida que le marché fait avec le sieur Marie serait exécuté, et que, pour dédommager le chapitre du droit de propriété, il lui serait payé 1,200 livres de rente sur le domaine de la ville; que les droits de censive, lods et ventes, après les soixante années de jouissance par le sieur Marie et ses héritiers, reviendraient à ce chapitre; de plus, que le terrain situé à l'est de l'église Notre-Dame, autrefois nommé la Motte-aux-PapelardSy serait revêtu d'un mur en pierre de taille. Ces difficultés levées, les travaux furent repris; mais il furent longtemps suspendus encore par les oppositions toujours renaissantes du chapitre de Notre-Dame. Enfin, les propriétaires de l'île, mécontents des entrepreneurs, demandèrent au roi, et obtinrent, en 1643, d'être subrogés aux droits de Marie et des associés, s'offrant d'achever dans trois ans les ponts et les quais qui restaient à construire, de payer les 50,000 livres promises au chapitre, de donner une pareille somme pour faire entourer de muiailles le terrain ou la Motte-aux-Papelards, afin de remplir tous les engagements imposés aux précédents entrepreneurs. Ce fut un nommé Hébert, propriétaire de maisons dans l'île, qui, associé aux autres propriétaires, en acheva en 1647 toutes les constructions.

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Celle île, ainsi couverte de maisons, olFrit le premier exemple, dans Paris, d'un ({uartier conslruit sur un plan régulier, dont toutes les rues sont alignées et se coupent entre elles à angle droit. Elle est entourée de quais. La rue la plus étendue traverse I île d^ns sa pl.is grande longueur, et se nomme rue Saint- Louis, à cause d'une église de ce nom dont je vais parler. La rue d'Entre-deux- 1 onts traverse l'île dans sa largeur, et se trouve dans l'alignement de deux ponis qui y aboutissent, le pont xMarie et le pont de la Tournelle. D'autres rues travei'sent aussi cette île, tel le, que les rues Regrattière et Poulletière, qui doivent leurs noms à ceux des deux associés de l'entrepreneur Marie.

A l'extrémité orientale de cette île est une estacade en bois, fermant presque entièrement le bras de la Seine qui coule entre cette île et le quai Louviers , laissant aux bateaux et coches un passage convenable. L'objet de cette construction en bois est de briser l'effort des glaces lors des débâcles , et d'abriter les nombreux bateaux qui, connue dans une gare, remi)lissent l'espace qui s'étend depuis cette estacade juscpi'au Pont-Marie.

SAL>T-L0L is iîN-L'n.E, église, première succursale de la paroisse Notre-Dame, située rue Saint-Louis, île et quartier Saint-Louis, entre les n"M3 et 15. Un maître couvreur nommé 7\Vco/«.v, établit dans cette île, vers l'an 1616, une petite chapelle où l'on disait la messe, lorsqu'on 1622, les constructions nouvelles ayant accru le nombre -des habitants, on fut obligé d'agrandir la chapelle. Le 14 juillet suivant, elle fut érigée en paroisse; le nom de Saint- Louis lui fut spécialement appliqué, et ce nom devint celui de l'île entière. Hébert et les autres habitants de l'île, qui s'étaient chargés d'en continuer et achever les constructions, entreprirent dans la suite de rétablir cette église. La première pierre du chœur fut posée en 1661, on commençajla construction de la nef en 1702, sur les dessins de Levau, et elle ne fut eritièrement achevée qu'en 1725.

Cette église n'a rien de remarquable, si ce n'est son clocher qui a la forme d'un obélisque percé à jour,

i»ONT-MAUiE. Ce pont, qui communique de l'île Saint-Louis au quai des Ormes, fut commencé en 1614. Le roi et la reine^sa mère, en grande cérémonie, le J 1 octobre de cette année en posèrent la première pierre. Les travaux en fuient discontinués autant de fois que ceux de l'île, et ne se terminèrent entièrement qu'en 1635. Il reçut le nom de l'entrepreneur Marie.

Le !"• mars 1658, la Seine, extraordinai rement débordée, entraîna deux arches de ce pont, du côté de l'île; plusieurs personnes périrent. H s'y trouvait deux maisons habitées i^ar des notaires; l'une d'elle fut engloutie avec les arches du pont, et le notaire fut enseveli avec ses minutes. Ces arches furent rebâties en pierre; mais on n'y éleva point de maisons dessus. A la fin de l'an 1788, et au commencement de 1789, le pont fut entièrement débarrassé des autres maisons qu'il portait. On les remplaça par des trottoirs commodes; la route fut élargie, la pente adoucie.

( e pont a cinq arches à plein cintre : sa longueur entre les culées est de 93 mètres 97, et sa largeur, de 23 mètres 70.

i»Oi\T DE LA T0Ul;^ELl.E, qui sert de communication entre le quai de la Tournelle et l'île Saint Louis, était construit en bois et fut plusieurs fois détruit.

SOLS I.OIIS XIII. UK)

Kii lt)5l, on commoiica à le icconslriiire en i)icnv. 11 lui acheva cm !(;:)(;, ainsi que rallt'slc une insci iplion placée sous une de ses arches.

Le [)ont de la Touruelle est bordé de trottoirs; on y a lait de[)uis, à diverses reprises, des réparations qui en ont rendu le passage plus commode. Il se compose de six arches à plein cintre : sa longueur entre les culées est de IIG mètres 56; sa largeur enlre les télés est de 14 mètres 75.

i»o>T-KOUGE. 11 servait de communication entre la pointe occidentale de l'ilc Saint-Louis et l'île de la Cité. Une des clauses du traité conclu en 1614 avec le sieur Marie, et eu 1623 avec le sieur Lagrange, déterminait la construction de ce pont. Les oppositions fréquentes du chapitre de Notre-Dame en relardèrent la confection, et la forme étrange que l'on fut obligé de lui donner est un témoignage de l'obstination de ce chapitre à contrarier sa construction. Ce pont, parlant de la pointe de l'île Saint-Louis, n'aboutissait point directement à la rive opposée; arrivé à quelque distance de cette rive de la Cité, par respect pour des maisons de chanoines, il la longeait dans, l'espace d'environ vingt-cinq toises, formait un angle obtus, et descendait jusqu'à une place du cloître Notre- Dame, où aboutissait la petite rue d'Enfer.

Ce pont était presque entièrement terminé en 1634; les gens de pied pouvaient alors y passer, comme le prouve l'événement malheureux dont je vais parler. En cette année, le pape ayant accordé un jubilé, on ordonna à Paris une procession générale. Trois paroisses, jalouses sans doute d'obtenir l'une sur l'autre la gloire du premier pas, se précipitèrent en foule sur ce pont et rébranlèrent. Des balustrades ou garde-fous peu solides cédèrent en deux endroits à la pression de la multilude. Plusieurs personnes furent précipitées dans la Seine; d'autres, croyant que le pont s'abîmait sous eux, se jetèrent volontairement dans cette rivière. Vingt personnes perdirent la vie, quarante furent blessées. Cet événement détermina le parlement, en 1636, à ne plus permettre aux processions le passage des ponts en bois.

Ce pont éprouva tant de secousses par la débâcle de l'hiver de 1709, qu'on résolut de le détruire. 11 fut rétabli en 1717. Alors on le peignit en rouge; et le nom de cette couleur a, depuis, servi à le désigner. On n'y passait qu'à pied. On y percevait le péage d'un liard par personne. Il ne supportait aucune maison. Vers l'an 1795, il menaçait ruine : il fut détruit. On construisit en 1804, à quekpjes toises plus haut, un autre pont que l'on nomme le Pont de la Cité.

QUAI MALAQUEST, qui s'étend sur la rive gauche de la Seine, depuis la rue de Seine jusqu'à la rue des Saint-Pères. Les maisons qui bordent ce quai faisaient partie du petit Pré-aux-Clercs; le bord de cette rivière était, en cet endroit, nommé le Port Malaquest, le Heurt du Port aux Passrurs; et une partie portait les noms de VEcorcherie ou de la Sablonnière. En 1540, l'Université aliéna la plus grande partie du petit Pré-aux-Clercs : l'adjudication s'en fit en 1542. Le quai Malaquest commença à se construire dans ce temps-là; et lorstjue, dans les premières années du dix-septième siècle, Marguerite de Valois fit bâtir son î'.otelsur une partie du petit Pré-aux-Clercs, ce quai porta le nom de quai delà reine Marguerite, parce que son hôtel était placé rue de Seine. Cet hôtel, qui fut vendu en M\l\, fiivorisa l'achèvement de ce quai, qui put alors se border

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