HISTOIRE DE PAULS
ment institués par le gouvernement de Louis XIV, devaient nécessairement augmenter la population, multiplier les lieux d'habitation et taire déborder Paris hors de son enceinte. Plusieurs édits furent publiés pour défendre de bâtir au delà de certaines bornes. La force des choses rendit^ ces édits inutiles, et Paris, au dix-septième siècle, prit une extension de plus en plus grande.
ÉTAT CIVn. DE PARTS.
Les troubles de la Fronde avaient désorganisé la plupart des institutions civiles de Paris. Le calme ayant succédé aux orages politiques, elles furent rétablies comme auparavant. Voici les changements et les institutions nouvelles qui eurent lieu, pendant le règne de Louis XIV, dans l'état civil des Parisiens.
La tranquillité publique était aussi troublée et la police aussi nulle sous une grande partie du règne de Louis XIV, qu'elles l'avaient été sous celui de Louis XIII. C'étaient les mêmes éléments perturbateurs, la môme impuissance dans l'administration civile, la même insolence de la part des vagabonds et des [)agesdes grands seigneurs, les mêmes dispositions à entraver l'action de la justice., Je vais donner la preuve des excès et de l'inefTicacité des arrêts du parlement pour les réprimer, comme je l'ai fait sous le règne précédent.
Ainsi nous voyons que le 25 juin 1652, on remontra au parlement qu'il se faisait journellement dans Paris des attroupements séditieux, même dans la cour et la salle du Palais, à la Place-Royale, au faubourg Saint-Germain; « entrepre- >' nant de piller les maisons, d'attenter à la vie des magistrats et à celle de plu- » sieurs habitants de cette ville, sans aucun respect de condition, intimidant les " bons bourgeois et autres personnes; en sorte que les particuliers ne peuvent w plus marcher par les rues, ni vaquer à leurs afiaires avec sécurité, etc. " Le 29 novembre 1653, le procureur-général remontre qu'une multitude de laquais et autres personnes attroupés commettent des voies de fait, des violences, et empêchent l'exécution de quelques voleurs condamnés par le lieutenant criminel de la prévôté de Paris. La cour du parlement renouvelle encore ses défenses aux laquais de s'attrouper, et, sous peine de la vie, d'empêcher l'exécution des condamnés à mort. Le 3 juillet 1654, le lieutenant criminel fut mandé en la grand'chambre du parlement, sur ce que plusieurs vagabonds, gens sans aveu, portant armes à feu et autres, après plusieurs violences, avaient enlevé le cadavre d'un homme condamné à mort et exécuté sur la roue. Des lettres patentes du roi, du 22 janvier 1655, défendent très-expressément ayixjmges et laquais de porter dans la ville de Paris, soit de jour ou de nuit, aucune arme, comme épées, poignards, pistolets de poche et bâtons ferrés, à peine de la vie contre les contrevenants, et ordonnent que ceux que l'on trouvera en armes dans Paris et ses faubourgs, après la publication, seront pris et punis de mort, leur procès fart par jugement dernier, sans appel et sur le procès-verbal de capture.
Ces lettres patentes et la procédure brutale qu'elles prescrivent, la peine capitale dont elles menacent les délinquants, ont certainement été provoquées par (juoiques violences éclntantes connnises par les pafjcs et laquais^ et sur les-