ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX
Pendant les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, Paris, qui contenait déjà un très-grand nombre d'anciens monastères, fut surchargé d'environ (?e/i^ sept communautés religieuses d'hommes ou de femmes; dans ce nombre ne sont point compris divers autres établissements, comme chapelles, églises paroissiales, écoles chrétiennes, ni les maisons mixtes, religieuses et séculières. Sous le règne de Louis XV, la moitié au moins de la surface de Paris était occupée f)ar ces nombreux monas|,ères et leurs vastes enclos. Cet excès de plénitude, et la nécessité où l'on se trouva de recourir à la ressource des loteries pour soutenir ces couvents endettés et sans moyen de subsistance, refroidit beaucoup le zèle qu'on avait montré sous les règnes précédents. 11 n'y eut donc qu'un petit nombre de communautés établies à Paris, mais elles avaient u[i but utile (1).
sAiNT-piEKKE DU^fiiiOs-CAiLLou, église paroissialc située rue Saint-Dominique, quartier du Cros-Caillou, n*» 58. Ce quartier dépendait de la paroisse Saint-
(I) Nous citerons U's Filles de StiinteMartIie, rne ilc lu Miiellc, ii" 10, i|tii ont été remplacées par I» s Sœnrs de Sdint-Fninçois; les Filles de Saint-Michel, pour Uts femmes re[)enties, rue des Postes, n" .38; les Orphelines du saint Fnfant-.lésiis, rue des Postes, au coin du cul-de-sac des Vignes, n» ;], l'our l'inslrncliou des jeunes enl'anls orphelins, cl la communauté des Filles de r Enfant-Jésus, rue de Sèvres, u" 3, qui a eu diverses deslinations cliaxit.abics. - •
sors LOTIS W. 517
Sul|»i(M'. la j;r;nuk' (lislaïu'o (pii se ti'ouvail onde J'éjAlise elles parolssii'fis, lit senlir la nécessité (i'élal)lir une é^lisi^ sueeinsale; mais des obstacles imprévus, et suitout (les intérêts particuliers, vinrent s'o|)p()ser à l'exécution de ce projet. Les habitants du (iros-Caillou ne se découragèrent pas; ils obliiucnt, en lévrier 1737, des lettres patentes qui les autorisaient à faire, pendant trois ans, une quête dont le produit devait être destiné aux Irais de la constructioii d'une chapelle, de l'acquisition des vases sacrés et ornements, et des honoraires du prêtre desservant; enliii l'emplacement fut béni en 1738, et l'édifice construit dans la même aimée. Cet édifice, élevé avec précipitation, et dont l'étendue était insullisante, fut, en 1775, rebâti sur un plan plus vaste et sur les dessins de M. Chafgrin. Cette construction fut vendue et démolie pendant la révolution. En 1822, on a réédifié sur le môme emplacement une nouvelle église, d'après les dessins de M. Gordon.
ÉGLISE DE SAi>TE-GEi\EViÈVE, en 1791 érigée en PA^TnKON, située sur le ])lateau et sur la place de ce nom.
La vieille église Sainte-Ceneviève était insullisante au grand nombre de fidèles qui venaient y prier. Un procureur des chanoines réguliers de cette église, nommé if'eVw, imagina de la faire réédifier; il s'adressa à M. deMarigny, récem ment nommé surintendant des bâtiments, et parvint à lui persuader qu'une pareille construction illustrerait son nom et doimerait de l'importance à son adnîinistralion. M. de Marigny adopta son projet; mais la pénurie des linances semblait s'opposer à l'exécution de cette entreprise. On se rapi)ela que les frais de la construction du portail de Saint-Sulpice avaient été faits par les bénéfices d'une loterie : on ne craignit pas de recourir à cette ressource, et on augmenta de 4 sous le billet de 20 sous; les 4 sous de cette augmentation furent employés à la construction du nouvel édifice de SainteCeneviève, et produisirent environ 400,000 livres par an.
De tous les édifices modernes, celui-ci est certainement le plus magnifique. Il fut commencé, en 1757, sur les dessins et sous la conduite de J.-G. SouJJlot. Des travaux préparatoires, le comblement de plusieurs puits rencontrés sous l'espace destiné à recevoir les fondations, et l'atTermissement du sol, prirent beaucoup de temps; et ce ne fut que le 6 septembre 1704 que Louis XV vint solennellement poser la prétendue première pierre de l'édifice, ou plutôt d'un des piliers du dôme. Pour donner au roi et au public une idée de ce futur édifice, l'architecte fit élever une charpente recouverte de toile, sur laquelle le sïeur de Machy peignit le portail.
Le plan de l'édifice qui nous occupe est une croix grecque, formant quatre nefs qui se réunissent à un centre où est placé le dôme. L'architecte avait le projet de rendre ces nefs égales en longueur; mais les convenances du culte actuel l'obligèrent à prolonger la nef d'entrée et celle du fond, à faire à son premier plan des changements peu avantageux; à substituer aux extrémités de ces deux nefs des arcades au lieu de colonnes, et à (lanciuer la nef du fond de deux tours carrées destinées à contenir des cloches. La fac;ade principale, où Ion a prodigué les richesses de l'architecture, se compose d'un perron eieve sur onze inaî'ches, et d'un porche <mi péristyle, imite du Panthéon de P.oiue;
518 HISTOIUE DE PAHIS
elle présente six colonnes de face, et en a vingt-deux dans son ensemble, dont dix-huit sont isolées et les autres sont engagées. Toutes ces colonnes sont cannelées et de l'ordre corinthien. Les feuilles d'acanthe des chapiteaux sont d'un travail très-précieux, mais les profils sont loin de la pureté des beaux modèles de l'antiquité. Ces colonnes supportent un fronton dont le tympan, dans l'origine, représentait, en bas-relief, une croix entourée de rayons divergents et d'anges adorateurs, sculptés par Coustou.
Après la mort de Mirabeau, l'Assemblée nationale, par son décret du 4 avril 1791, changea la destination de cet édifice, et le consacra à la sépulture des Français illustrés par leurs talents, leurs vertus et leurs services rendus à la patrie. Les administrateurs du dépar tement de Paris chargèrent le sieur Antoine Quatremère de la direction des changements à opérer pour transformer ce temple en Panthéon fraiiçnia. Ce savant remplit dignement les espérances de l'administration. Tous les signes qui caractérisaient une basilique de chrétiens furent remplacés par les symboles de la liberté et de la morale publique. La frise porta cette belle inscription en grands caractères de bronze, composée par M. Pastoret : aux gkanus homaies la patrie KECO^^AlssA^TE.
Le bas-relief du fronton était l'ouvrage du sculpteur Moitte, il fut remplacé lui-même plus tard, lorsque la destination de l'édifice fut de nouveau changée. Le nouveau bas-relief qui décore actuellement le fronton du Panthéon est un ouvrage de M. David d'Angers. Ce sculpteur a représenté la Patrie, accompagnée de la Liberté et de l'Histoire, qui distribue des couronnes aux grands hommes de la France monarchique et républicaine, aux maîtres de la pensée comme aux guerriers illustres. Dans les angles on aperçoit des jeunes gens en costumes militaires, se livrant à l'étude. C'est là un des ouvrages de sculpture les plus importants exécutés à notre époque.
La face de l'édifice sous le porche était d'abord percée par trois portes qui, ouvertes jusqu'en 1791, furent bouchées en 1806, et rouvertes depuis; celle du milieu, la plus élevée, forme avant-corps. Je ne parle point des précieuses décorations de leurs chambranles. Au-dessus de ces portes on plaça cinq basreliefs religieux, sculptés par Bovet, Julien, Dupré, Boizot,et Houdon. Après le décret de 1791, qui changea la destination de cet édifice, les sujets des cinq bas-reliefs reçurent un autre caractère. On y voyait les Droits de lliomine^ par Boichot, l'Empire de la Loi, par Fortin, la nouvelle Jurispnidence, par Rolland; le Dévouement patriotique, par Chaudet, V Instruction publique par Lesueur. Ces bas-reliefs, qui furent enlevés en 1822 étaient acompagnés de divers groupes déposés, en 180G, dans la cour du collège Henri IV.
Uintérieur de cet édifice se compose, comme il a été dit, de quatre nefs qui aboutissent au dôme. Chacune de ces nefs est bordée de bas-cùiés ; \x\\ rang de trente coloimes corinthiennes en marque la séparation. Ces péristyles supportent un entablement dont la (Vise est enrichie de festons, formés par des rinceaux et des enroulements, découpés en feuilles d'ornement. Au-dessus de l'entablement est une balustrade. Les plafonds des nefs, et de leurs bas-côtés se font remarqtjcr par le goût et l'élégante simplicité de leurs dessins. Ces nefs élaient (M'IîiiriMvs par (l(\s cr()i>é(\s |>laré(*s dans rha(pie (Milre- coUMinement.
SOI s i,(M is \v. r>ii»
M. (^)iialr(MntMV Itvs a lait hoiicluT, cl il (mi ivsullc dv «iiaiuls avanla^cs Ij. Tous les bas-rcliors o( oiihmiumiIs (|iii se rapporlaicnl à la primitive destination de cet édiliee ont été supprimés dans ees nefs; on leuren a substitué d'aulres, (|uaud rédiliee fut converti en Panthéon. Tous les ornements républicains à peu près ont été enlevés plus tard.
Le dôme inlérienr est le centre où viennent aboutir les quatre nefs : il laisse entre elles un espace carré de 62 pieds de c6(é, et dont les angles, à pans coupés, sont occupés par des piliers triangulaires qui su{)portent le dôme et ont remplacé trois colonnes isolées existant primitivement. Ces piliers sont décorés, à leurs angles. ])ar des colonnes engagées et correspondantes à celles des nel's. A l'intérieur du dôme, au lieu de colonnes, sont des pilastres de la môme proportion. Ces piliers, sont réunis entre eux par quatre grandes arcades et paiquatre pendentifs élevés au-dessus des faces intérieures, et qui rachètent par le haut la forme circulaire de la tour du dcjme. Ces arcades et les pendentifs, (|ui autrefois présentaient les quatre évangélistes, ont été peintes de nouveau dans ces dernières années [)ar le baron Gérard, i.e tout est couronné i)ar un entablement circulaire orné de festons de chêne, et dont la corniche est chargée de modillons. Au-dessus de l'entablement dont l'architrave est richement ornée, et la frise tout unie, s'élève, sur un stylobate intérieur, le péristyle composé de seize colonnes corinthiennes. Aux entre-colonnements, s'ouvrent seize croisées composées de vitraux en fer. Celles qui correspondent aux quatre piliers du dôme sont feintes et garnies de glaces; au bas de ces croisées se trouvent des tribunes, auxquelles on arrive par une galerie circulaire.
Le dôme se compose de trois coupoles. Au-dessus de l'entablement des seize colonnes dont je viens de parler prend naissance la première coupole décorée de six rangs de caissons octogones et de rosaces; à son milieu est une ouverture circulaire, de près de dix mètres de diamètre par laquelle on aperçoit la seconde coupole fort éclairée, sur laquelle M. Cros a peint à fresque l'apothéose de Sainte-Geneviève. C'est un des plus beaux ouvrages de ce peintre célèbre (2).
Le dôme extérieur présente d'abord, au-dessus des combles des quatre nefs, un vaste soubassement carré à pans coupés, où viennent aboutir quatre forts arcs-boutants, sur lesquels sont pratiqués des escaliers découverts qui servent à monter au dôme. Sur ce soubassement, est un second soubassement circulaire. Au-dessus s'élève une colonnade, dont le plan est pareillement circulaire. Elle est composée de trente-deux colonnes corinthiennes, elle supporte un entablement couronné par une galerie découverte et pavée en dalles. Ce péristyle de trente-di ux colonnes est divisé en quatre parties par des massifs en avant-corps correspondant aux quatre |)iliers du dôme, et dans lesquels on a prati(iué un escalier à vis. Derrière ce péristyle le mur de la tour du dôme est
(l)Le Panthéon a 100 mèlies de long et 81 nièties 70 centimètres de large. Le dôme a 20 mrtrcs :55 conlinuHres (lodianuMre. — L('s colonnos (In prristylo de la façade ont 19 mc-Ircs 148 millimètres de hantoin- ?nr 1 niètie 80 de diamètre. — Les colonnes de la nef ont r2 mètres 22 centimètres sur environ un mètre de diamètre.
(2) La liantenrde la première coupole, prise depuis le pavé jusqu'au bord inférieur de son oiiveriiire, est de 178 pieds. La hauteur du sonmiet de la seconde coupole, à partir Au pavé, est de 201) pieds 7 pouces. Je parlerai de la troisième coupole qui ff»rme la partie extérieure du dôiTic.
520 HISTOIRE DE PAIHS
percé par douze grandes croisées qui correspondent aux entre- colonnem<'nts de l'intérieur. Au-dessus de ce péristyle, de l'entablement et de la balustrade qui le couronnent, est un attique; il est percé de seize croisées et arcades, garnies de vitraux en fer, et placées dans des renfoncements carrés. Sur le socle de la corniche de cet attique s'appuie la grande voûte, formant la troisième coupole du dôme couverte en lames de plomb.
La guerre ayant causé l'interruption des travaux du Panthéon, ils furent repris en 1784 : après cette année, on s'occupa de l'achèvement de ce dôme. Suivant le projet de Soulïlot, ce dôme devait avoir un amortissement conve nable. Cet amortissement fut exécuté. Il consistait en un balcon circulaire et en une lanterne; on le démolit après le décret de 1791, qui changea la destination de l'édifice. A la place de cette lanterne, on substitua un piédestal ou acrotère rond, terminé par une calotte destinée à supporter la figure en bronze de la Renommée. En 1812, fut établie la lanterne actuelle; elle est circulaire, ornée de huit colonnes, et percée de six croisées en arcades. La hauteur totale de l'édifice, depuis le niveau du perron de l'entrée principale jusqu'à la cime de la lanterne, est de quatre-vingt un mètres. Vers la fin de l'année 1823, on plaça sur la partie déclive et circulaire du dôme de la lanterne une couronne en cuivre doré, composée de huit tètes d'anges et de huit fleurs de lis et surmontée d'un globe et d'une croix; à la place de cet amortissement, on doit placer une statue de la Renommée. Il s'est manifesté, dès Tan 1776, sur la surface des quatre piliers du dôme, des fentes, des ruptures, des éclats : ces dégradations, n'ont occasionné aucun alTaissement, aucun mouvement de la part du dôme. Cependant, comme elles se multipliaient, on crut nécessaire de reconstruire les quatre pdiers. 11 fallut soutenir le dôme par d'immenses étais; et M. Rondelet, auteur de ces grands travaux, a, dans cette entreprise difficultueuse et savante, obtenu le plus heureux succès.
Des comtructions souterraines occupent toute l'étendue du Panthéon. D'abord, une seule de leurs parties, celle qui est située^au-dessous de la nef orientale ou du fond, fut destinée au service divin et disposée en conséquence. Un bâtiment placé en dehors et sur la face orientale, percé de plusieurs portes ornées de belles grilles, contient un escalier à deux rampes, l'une en face de l'autre, par lesquelles on descend dans une crypte ou chapelle souterraine et sépulcrale. Les voûtes de ce lieu sombre sont supportées par des murs et des piliers carrés, correspondant aux colonnes de l'édifice supérieur, et décorés de pilastres d'ordre toscan, accouplés, sans bases.
L'Assemblée nationale constituante ayant, par son décret du 4 avril 1791, destiné l'édifice de Sainte-Geneviève à recevoir les cendres des grands hommes de la France, décerna d'abord les honneurs du Panthéon à Mirabeau, mort le 2 avril de la môme année; Voltaire, le 11 juillet et J.-.I. Rousseau, le 16 octobre suivant, obtinrent les mêmes honneurs. La faction étrangère, dont les agents dominaient la Convention, fit, par décret du 21 septembre 1793, transférer le corps de Marat au Panthéon, et retirer celui de Mirabeau; mais après la journée du 9 thermidor an ii (27 juillet 1794) les restes de Marat furent enlevés du Panthéon, et jetés dans l'égoût de la rue Montmartre.
sons LOUIS W. 521
La ConvontioM iialioiialo, doveniK^ lihrc, /«mil, le 20 plm i.Vsr nti m (8 IV'vriti 17<)r) , innhHM»'! poiianl (pic l«'s liomioiirs du Panlhton \\r poiiinml (^riiMlrccr liés à un ciloyciKpio dix ans apivs sa moii. Dans la sniU^, lîonaparic, par son dôciTt (in 20rôvrior180(>, rendit an mile l'édilice (hi Panlli«H)n, e( lui ronserva néanmoins la destination (pie Ini avait donnée rAssenil)l('e eonslitnanlc; : mais riionnenr qne cette AssembU'e avait réservé au ^éni(î et au mérite éminc^nl d raccorda senUniient aux titres et aux dignitc'^s. Depuis ce d(''cret impérial la chapelle séi)ulcra]c s'est agrandie d(^ tous les autres souterrains de l'iMilice. '
Dans une pièce particulière de ces vastes souterrains, on voit le .cercueil du maréchal Lannes, duc de Montebello, mort le 31 mai 1809. Sur «ce cercueil sont des inscriptions qui rappellent les exploits de ce guerrier, et ses litres d'illustration. Plus loin, dans d'obscurs caveaux et dans des tombeaux en pierre, s<mt déposés les corps, et, dans des urnes, les cœurs de plusieurs grands dignitaires de l'empire. Parmi les noms des divers morts, on distingue ceux du célèbre navigateur Bougainville et du grand g('omètre La r.range. Les corps et les cœurs déposés dans ce sombre asile sont au nom bre de quarante-cinq. Depuis 1815, aucun monumeni funèbre n'(\st venu augmenter ce nombre.
Le magnifique édifice de Sainte-Geneviève ou du Panthéon, dont la construction a coûté plus de soixante ans de travaux, et plus de vingt-cin(} million§ de dépenses, n'a jusqu'à présent, si Ton excepte les constructions souterraines, servi à aucun usage public. Depuis Tavénemcnt du roi Louis-Philijipe, ■ le Panthf^on a reçu de nouveau la destination que la révolution lui avait donnée : en conséquence, l'inscription célèbre : Aux grands hommes la Pairie reconnaissanie, a été rétablie sur le fronton de cet édifice. A partir de cette époque des travaux considérables ont été entrepris, et aujourd'hui on peut considérer le Panthéon comme un monument complètement achevé.
SAiNT-PHiLiPPE-Dii ROULK, églisc paroissiaic , située rue du Faubourg-dulioule. Le Roule était encore un village avant l'an 1722, et, en cette année seulement, il fut érigé en faubourg de Paris. Dès l'an 1697, ses habitants, fort éloignés des églises, sollicitèrent auprès de l'archevêque de Paris la permisLiion d'y bâtir une chapelle, et d'ériger cette chapelle en paroisse. Le 1*"' de mai 1699, cette double |)ermission leur fut accordée.
L'accroissement de la population de ce quartier, et le peu d'étendue de cette chapelle, firent sentir la nécessité de construire un plus vaste édifice. F^ar arrêt du conseil du roi, du 12 mai 1769, cette construction futdécidée. On chargea le sieur Chalgrin d'en fournir les plans et dessins; commencée en 1769, l'église ne fut achevée qu'en 1784. Sur un perron élevé de sept marches paraît la façade de cette église, dont le plan est très-simple. Quatre colonnes doriques, de forte dimension, su()portent un entablement et un fronton orné de bas-reliefs représentant la Religion et ses attributs, sculptés par Duret. L'intérieur a le caractère ' d'une noble simplicité. Deux péristyles ioniques, chacun de six colonnes, séparent la nef des bas-côtés, à l'extrémité desquels sont deux chapelles, run(i dédiée à la Vierge, l'autre à saint Philippe, patron de cette église. — La voûte, qui paraît en pierres, n'est construite qu'en charpente; mais cette conslruction
522 HISTOIl\l£ Dli PARIS
économique est exécutée avec tant d'art et de soins qu'elle fait illusion. Celte basilique, devenue encore trop petite pour la population doit être agrandie. On a déjà commencé la construction d'une chapelle de la Vierge, au fond de l'abside.
Cette église fut, en 1802, érigée en secoîide succursale de la paroisse de la Madeleine o\\ de VAssotnption.
ÉTABLISSEMENTS CIVILS
MARCHÉ DAGUESSKAU, situé daus la cité Berryer, rue royalfe Saint-Honoré. i.es habitants du Roule et du faubourg Saint-Honoré étaient à une grande distance des marchés. Joseph-Antoine d'Aguesseau, conseiller honoraire au parlement, en établit un dans des marais qui avoisinaient son hôtel, situé rue d'Aguesseau. Par le moyen de quelques échanges et d'acquisitions opérés dans les années 1722 et 1723, il établit, avec les autorisations nécessaires, un marché public. La rue qui aboutit au milieu de celle d'Aguesseau, et qui porte le nom de rue du Marché, indique la place qu'il occupait. Dans la suite, on jugea que ce marché serait plus convenablement situé s'il était rapproché de la ville. On le transféra donc, en 1745, au lieu où il est aujourd'hui. Des letlres patentes de cette année permettent d'y établir six étaux de boucherie, des échoppes pour les boulangers, poissonniers, fruitiers, etc.
HALLE AUX VEAUX, situéc' entre la rue Saint-Victor et le quai de la Tournelle; elle est isolée et entourée de quatre rues. Une îîaîle aux veaux existait rue Planche-Mibrai, au bout de la rue de la Vieille-Place-aux-Veaux; en 16i6, elle fut transférée au quai des Ormes, et y resta jusqu'en 1774, époque où elle fut transférée sur l'emplacement du jardin des Bernardins. Les travaux, commencés bientôt après sur les dessins de l'architecte Lenoir, furent suivis avec célérité. Son plan est un parallélogramme à pans coupés, au milieu duquel est un espace découvert. Aux quatre coins sont quatre pavillons où logent les préposés à la garde de cette halle. Les autres parties couvertes servent de greniers pour le fourrage. —Cette halle sert les vendredis et samedis à la vente des veaux, et le mercredi à celle du suif.
HALLE AUX BLÉS ET FARiivEs, situéc ruc dc Viarmcs, rue qui entoure cet édifice, et où viennent aboutir, comme à un point central, six autres rues. Celte halle fut bâtie sur l'emplacement de Y hôtel de Soissons, qui fut démoli de 1748 à 1749 après la mort de Victor-Amédée de Savoie, prince de Carignan, dernier propriétaire de cet hôtel. Les magistrats de la ville, en vertu de lettres patentes de l'an 1755, acquirent, moyennant la somme de 28,367 livres 10 sous, l'emplacement de cet hôtel, et se déterminèrent, en 1762, à y faire construire un édifice destiné à la vente et à l'entrepôt des blés et farines. Cet édifice de forme circulaire, commencé en 1763, fut terminé en 1772, sur les dessins et sous la direction de M. Le Camus de Mézières (1).
(1) Le diamètre loial de ce plan a. liors d'œiivre, (is mètres tO centimèltes; colni de la conr est de 19 mètres hO centimètres.
sons l.(M IS \\. 52;i
l.a l'ace extérieure de vci ôdilice a le oaraelèie solide ([ui convient an\ éditices destinés à l'utilité publique : elle est percée de -28 arcades au rez-de-chaussée, et d'autant de fenêtres qui éclairent l'étage supérieur. On monte à cet étage par deux escaliers placés à une égale distance l'un de l'autre et (p.ii, ditTérents })ar ieiu' l'orme, sont également curieux par leur a|)|)areil, et remar quables en ce que la double rampe dont chacun est composé permet aux personnes de monter sans être rencontrées |)ar celles qui descendent. Cha(pie étage est couvert de voûtes à plein cintre, composées en pierre de taille (ît en briques.
On sentit bientôt l'insullisance de cet édifice. La cour circulaire offrait uiu*. ressource : on résolut de la couvrir d'une charpente en forme de coupole, de la convertir en une rotonde, et de la faire servir d'abri aux ditTérents grains Sur les parois des murs de l'intérieur de cette rotonde, on plaça des médaillons représentant les portraits de Louis XVI, du lieutenant de police Lenoir et de Philibert Delorme, inventeur du procédé dont MM. Legrand et Molinos, architectes, firent usage dans la charpente de la coupole.
La coupole delà Italie aux blés, en 1802, éprouva un accident. Un plombier laissa sur la charpente un fourneau de feu qui, dans l'espace de deux heures, l'enflamma et la détruisit entièrement. On s'occupa à réparer ce désastre; et sur les dessins de M. Brunet, habile constructeur, on rétablit cette coupole avec des fermes de fer coulé, et on la couvrit de lames de cuivre. Cet ouvrage, commencé en juillet 1811, fut terminé en juillet 1812. Cette nouvelle coupole a les dimensions de la première. Ainsi, l'édifice de la Halle aux blés, entièrement construit en pierres, en briques, en fer et en enivre, est désormais à l'abri des dangers de l'incendie.
COLONNE DE CAïHEKiNE DE iMÉDicis, située rue de Viamics et adosséc à r<^difice de la Halle aux blés. Elle est Tunique reste de l'hôtel que Catherine de Médicis fit construire, et qui a porté les noms d' Hôtel de la Heine et àHôtel de Soissons. Quand on démolit cet hôtel, la colonne de Médicis, qui en faisait partie, allait être comprise dans la démolition générale, lorsque le sieur Petit de Bachaumont, voulant sauver ce monument de la ruine qui le menaçait, se présenta pour l'acquérir, dans l'intention de le donner à la ville, et à condition qu'il serait conservé. Cette colonne lui fut adjugée pour la somme de 1500 hvres. Les magistrats du bureau de la ville, humiliés de la générosité d'un simple particulier qui se montrait plus zélé qu'eux pour les embellissements de l*aris, restituèrent au sieur de Bachaumont le prix de son acquisition, et décidèrent que la colonne serait conservée.
Cette colonne appartient à l'ordre toscan et à l'ordre dorique, et présente dix-huit cannelures. Dans ces cannelures on voyait des couronnes', des (leurs de lis, des cornes d'abondance, des miroirs brisés, des lacs d'amour déchirés et des C et des H entrelacés, lettres initiales des noms de Catherine et de Henri II, son époux. Ces symboles du veuvage de cette reine ont disparu.
Les chefs du bureau de la ville, après avoir acquis et réparé ce monument décidèrent qu'il serait établi à sa partie supérieure, un cadran solaire, et dans la
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partie inférieure une fotilaiiie. M. Piiigré, savant astrononuv membre de l'Académie des sciences, fut chargé du cadran.
ACADÉMIE DE cuiiiUKGiE. Elle tenait ses séances dans la grande salle du Collège de Chirurgie, situé rue des Cordeliers, aujourd'hui de l'École de Médecine, et dans l'emplacement qu'occupe V École gratuite de Dessin. Cette académie, fondée en 1031, et confirmée par lettres patentes de 1748, était composée (le soixante académiciens et d'un certain nombre d'associés, tant français qu'étrangers. On y distribuait plusieurs prix. Quatorze professeurs y enseignaient toutes les parties de la science chirurgicale. — Cette académie tint ensuite ses séances dans le nouveau bâtiment des Écoles de Chirurgie, et s'y est maintenue jusqu'au temps de la révolution.
ÉCOLE GKATUiTK DE DESSIN, rue de TÉcole-de-Médccine, dans l'emplacement qu'avait occupé l'Académie de Chirurgie. Cette école, dont le sieur Bachelier, peintre, sollicita l'établissement, et dont il fut le directeur, fut ouverte en septembre 1766, On admet dans cette école tous les enfants qui se présentent: des maîtres leur enseignent gratuitement l'architecture et l'ornement. Ceux des élèves qui remportaient des prix obtenaient autrefois la maîtrise de la profession ou métier auquel ils se destinaient.
ÉCOLES UE DROIT, situécs sur la place du Panthéon. La plus ancienne École de Droit se trouvait rue Saint-Jean-de-Beauvais. Elle fut établie, dit-on, en 1384, par Cilbert et Philippe ï^onse, dans la maison de cette rue où, depuis, a logé le célèbre imprimeur Piobert-Estienne : on n'enseignait dans cette école que le droit canon ou ecclésiastique. Le droit civil était prohibé à Paris. Le parlement, en 1563 et en 1568, autorisa temporairement quelques légistes à professer le droit civil dans cette ville; mais cette autorisation cessa en 1572, et l'article 69 de l'ordonnance de Blois de 1576 porte : « Défendons à ceux de l'L- " niversité de Paris de lire ou graduer en droit civil. » Louis XIV, par un édit du mois d'avril 1679, ordonna le rétablissement de la chaire du droit romain.
Sous le règne de Louis XV, le bâtiment de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, où se tenait cette école, devint insuffisant. On s'occupa de procurera cette école un local plus convenable. On choisit l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'édiiice de ces écoles, parce qu'il devait contribuer à la décoration de la place projetée devant la nouvelle église de Sainte-Geneviève. Cet édifice fut commencé en 1771 sur les dessins de Soulllot. Le 24 novembre 1783, les travaux étant terminés, les professeurs de la faculté de Droit vinrent solennellement en pren dre possession. Le 5 décembre suivant, l'Université fit finauguration de ces nouvelles écoles; et, pour ajouter à la pompe de cette cérémonie, on y joignit celle de la réception d'un nouveau docteur en droit; réception assaisonnée de pratiques allégoriques qui sentaient le vieux temps.
Avant la révolution, la faculté de droit se composait de six professeurs en droit civil et canon, d'un professeur en droit français vA de douze a;4régés. Toutes les facultés de droit, en Eraiice , languissaient alors dans l'état le plus déplorable. L'enseignemtnit était nul, les examens, Us thèses n'olVraient (lu'une vaine cérémonie. Le doyen de cette faculté vendait à prix lixe les diplômes
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(io licencies, cl cliaijiie aspirant venait en aciieler. Il ne lailail ni théorie, \\i pra liipio ; mais il lailail de Tardent. I/Université de Paris était, il Tant lavoiiei, plus réiiiilieie ciue celle de Proyes, de IJourfijes, de Valem e et de lieiiiis : elle vendait sa marchandise un peu plus cher ; mais elle oliservail des l'ormes: on y Taisait des cours; de [)lus, on y subissait des examens, on y soutenait des thèses, dont on avajt d'avance communiqué les questions au candidat, qui d'ailleurs étail souillé par un professeur qu'il payait.
amendant la révolution, les écoles de droit furent suspendues. Cependant deux écoles particulières s'établirent, l'une rue de Vendôme, l'autre dans les bâtiments du collège d'iiarcourt, rue de ia Harpe; la première portait le titre iïAcdiléinic de Léyislalîon; la seconde , Q,ii\m iï Université de Jurisprudence. Un décret du '21 ventôse an xn ( 13 mars 180î^ ) réorganisa l'École de droit. Ce décret règle les matières qui y seront enseignées, les cours d'études, les examens et les degrés, etc. Dès-lors tout chang'ea de face : les élèves furent astreints à suivre les cours pendant trois années, à subir quatre examens, et à soutenir un acte public.
Aujourd'hui l'École de droit se divise en cinq cours, où l'on enseigne le droit romain, le droit civil français, la pi^océdure et le droit criminel, le droit comt/icrcial. En 1820, conformément au vœu exprimé par le décret du 22 ventôse an XII, on y a réuni le droii naturel des gens, et le droit positif et administratif. Enfin, en 1831, on a créé une ciTaire à' Histoire du droit constitutionnel des Français. En cette même année, l'édilice des écoles étant devenu insutrisant. une seconde section fut établie dans l'église de la Sorbonne, puis au collège du IMessis; enlin, en 185-0, on a ajouté à l'École un vaste amphithéâtre.
ÉCOLE ROYALE MiLH AiUE, entre les avenues de Lowendal , de la Bourdonnaie, de SulFren et leChamp-de Mars, qui s'étend devant la façade occidentale du bâtiment. Un édit de janvier 1751, enregistré le 22 de ce mois, porte que Louis XV établit l'hôtel de l'École royale Militaire en faveur de cinq cents jeunes gentilshommes, pour y être entretenus et élevés dans toutes les sciences convenables et nécessaires à un oiTicier. Outre ces cin(] cents jeunes gentilshommes, gratuitement logés, nourris, enseignés, on admit dans cette école un certain nombre de pensionnaires étrangers ou nationaux payant 2,000 livres, à ces conditions qu'ils seraient catholiques, et feraient preuve de quatre degrés de noblesse.
En 1752, on commença la construction de ce vaste édifice sur les dessins du sieur Gabriel , architecte du roi. Plus de dix années furent employées à ces travaux. La première pierre de la chapelle ne fut posée que le 5 juillet 1709. La façade principale de cet édifice, fermée par une grille [)lacée en i787, laissait voir deux cours entourées de divers l)àtiments; la seconde de ces cours est appelée Cour Royale, et est carrée. Au milieu s'élevait, sur un piédestal, la stahie [)édestr(' et en marbre de Louis XV, sculptée par Lemoine. Les bâtiments de cette cour sont décorés de colonnes dori(iues accouplées d'avant-corps couronnés par des frontons.
Je passe sous silence les bâtiments les plus simples destinés aux besoins de n't établissement : bâtiments qui entourent quinze cours ou jardins, et je viens
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au principal corps de logis. Du côté de la cour, ce corps de logis est décoré par une ordonnance dorique, que surmonte un ordre ionique; au centre de sa façade est un avant-corps , orné de colonnes corinthiennes, dont la hauteur embrasse les deux étages ; il supporte un fronton surmonté d'un attique. Cet attique est couronné par un dôme quadrangulaire. Le vestibule , qui s'ouvre sur l'avant-corps du centre dé la façade, est orné de quatre rangs de colonnes d'ordre toscan, et de quatre niches où l'on a placé les figures en pied du maréchal-de Luxembourg, sculptée par Mouchi; du vicomte de Turenne, par Pajou; du prince de Condé, par Le Comte ; et du maréchal de Saxe, par d'Huez. — Au premier étage est la salle du conseil , ornée d'attributs militaires et de tableaux représentant les batailles de Fontenoi, de Lawfelt, les sièges de Tournai et de Fribourg en Brisgaw, peints par Lepaon. En 1768, le ministre de Choiseul ordonna l'établissement d'un Observatoire
dans cet édifice. Le savant Lalande, après plusieurs obstacles, en fut chargé ; il fit, en 1774, fabriquer à Londres un grand quart de cercle mural, instrument qui manquait à l'Observatoire du faubourg Saint-Jacques. Cet observatoire fut démoli bientôt après; on ne le rétablit qu'en 1788, par ordre du ministre de Ségur. Il existe encore sur une partie du bâtiment en aile , à gauche de la première cour.
Du côté du Champ de Mars, le centre de la façade du bâtiment principal , présente un avant-corps orné de colonnes*corinthienne^ qui embrassent deux étages, et supportent un fronton orné de bas-reliefs : derrière et au-dessus est un attique, sur lequel est appuyé le dôme quadrangulaire dont j'ai parlé.
Cet édifice a éprouvé plusieurs changements, parce qu'il a eu plusieurs des tinations. Un arrêt du conseil du 9 octobre prononça la suppression de l'École- Militaire, suppression qui s'effectua au 1<^»' avril 1788. Les élèves furent alors envoyés et placés dans des régiments ou dans'divers collèges.
En 1788, cet édifice fut au nombre des quatre qui furent destinés à remplacer l'hôpital de THôtel-Dieu ; et l'on chargea l'architecte Brongniard d'y faire exécuter les changements nécessaires. — Pendant la révolution , cet édifice fut transformé en une caserne de cavalerie. Bonaparte en fit son quartier général, et pendant longtemps on a lu sur la frise de la façade de l'École-Militaire, du côté du Champ de Mars , ces mots : Quartier Napoléon. Enfin aujourd'hui c'est une caserne occupée par une partie de la garnison de Paris.
Plusieurs avenues, plantées de quatre rangs d'arbres, bordent cet édifice, ou y aboutissent. La demi-lune qui précède la grille, du côté de la ville, est nommée place de Fonfenoy; la grande avenue qui y communique, et va couper celle de Breteuil, qui fait face au dôme des Invalides, est nommée Arenue de Saxe. Dans l'espace qui se trouve entre les bâtiments de l'École-Militaire et le cours de la Seine, se trouve le Champ de Mars , qui en est une dépendance et dont je vais parler.
CHAMP DE MARS. Il occupc l'cspace qui s'étend depuis l'École-Militaire jusqu'à la route qui borde la Seine. Son plan est un parallélogramme régulier (1), bordé par des fossés revêtus en maçonnerie et muni de guérites aux
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ciiKl oiihvcs et aux aii^U'S de oo jiaialU'loi^rMmiiw'. CUaiiuc (Mitm^ est IcMinôo par uiu' j;ri!lo en for. Toul le long des grands cùlés du parallélogramme, en dedans et en dehors du fossé, sont des plantations de quatre rangs d'arhrcs.
(le Champ de Mars, d'abord destiné aux exercices des élèves de l'IOcole- Militaire, sert depuis longtemps aux exercices de cavalerie et d'infanterie; dix mille honmies peuvent aisément y manœuvrer.
Son nom et même son sol ont éprouvé des changements amenés par les événements politiques. Il fut nommé Ch(unp de la rédération, apiès la fête mémorable de la confédération nationale, célébrée pompeusement le 14 juillet 1790.
HOTEL DES MONNAIES, situé quai Conti , n*» il. Il est présumable que sous la première race des Francs, il est certain que sous la seconde, on battait monnaie à Paris; dans Tédit donné à Piste par Charles-le-Chauve, en l'année 864, capitule 1*2, Paris se trouve au nombre des villes où était établie la fabrication des monnaies. Le bâtiment consacré à cette fabrication devait être dans le palais de la Cité. Charlemagne dans son capitulaire n« 2, de l'an 805, avait ordonné, à cause du grand nombre de fausses monnaies mises en circulation, que la monnaie serait fabriquée dans son palais ou dans sa cour.
Dans la suite, lorsque le faubourg septentrional fut protégé par une enceinte, on dut y transférer cette fabrication. Dans ce quartier est une rue appelée r/^? la Vieille- Monnaie, où se trouvait une maison nommée dans un acte de 1227, Monetaria et de veteri moneta. Ainsi, en cette rue se fabriquait très-anciennement la monnaie de France; il paraît que, vers le commencement du treizième siècle, époque où la rue dont je viens de parler portait le nom de Vipillc- Monnaie^ on avait placé ailleurs le lieu de cette fabrication. Elle pouvait bien, lorsque l'enceinte de Philippe-Auguste fut terminée, avoir été transférée sur remplacement où s'établirent depuis les religieux de Sainte-Croix de la Bretonnerie. En fondant le couvent de ces religieux, saint Louis leur donna une maison appelée de la Monnaie. A la fin du treizième siècle, ou au commencement du quatorzième, un hôtel de la Monnaie était établi dans la rue qui porte aujourd'hui ce nom; rue qui, du côté du nord, sert de prolongation à la ligne du Pont-Neuf. Sur l'emplacement de cet hôtel on a ouvert, en 1778, deux rues appelées Bovcher et Etienne, noms de deux échevins en place à cette époque.
Lorsque, au conseil du roi, il fut question de faire construire un nouvel hôtel des Monnaies, on arrêta qu'il serait établi sur la place Louis XV: mais, en 1767, après des réflexions tardives on renonça à l'emplacement choisi, et on lui préféra celui de l'hôtel de Conti, dont, en 1768, on commença la démolition. Autorisée par le ministre Laverdy, cette construction fut élevée sur les dessins de Jacques-Denis Antoine. Le 30 mai 1771, l'abbé Terrai, au nom du roi , en posa la première pierre.
inilé ('xhMioiiio «lu fusse, rsl de JOOO mrlres. Sii hiriri'iir, irnnc cxln'inilc inh'i iniic du In.--»- ,i l'iiiilif, fît (lo ôoo mètres.
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(>.' bàtinuMU prosenle sa principale façade sur le «jiiai (Je Conti. \\\ centre est un avant-corps dont l'étage inférieur, percé de cinq arcades, sert d'entrée et devient le soubassement d'une ordonnance ionique composée de six colonnes. Cette ordonnance supporte un entablement à console et un attique orné de festons et de six statues placées à l'aplomb des colonnes : ces statues représentent la Paix, le Commerce, la Prudence, la Loi, la Force et l'Abondance, ouvrage des sieurs Le Comte, Pigalle et Mouchi. Dans le vestibule, qui se présente ensuite, sont vingt-quatre colonnes doriques cannelées. A droite est un magnifique escalier enrichi de seize colonnes doriques.
Le plan de cet édifice se compose de huit cours entourées de bâtiments dont chacune a sa destination particulière. La cour où l'on arrive après avoir traversé le vestibule est bordée par une galerie couverte. Le péristyle, orné de quatre colonnes doriques qu'on voit en face, annonce la porte de la salle des balanciers. Dans cette salle, dont la voûte surbaissée est soutenue par des colonnes d'ordre toscan, on remarque la statue de la Fortune, sculptée par Mouchi.—Au-dessus de cette salle est celle des ajusteurs : elle est de pareille étendue, et contient cent places. — En montant par le grand escalier, on arrive au cabinet de miriéra/ogic. Ce cabinet, fondé par le sieur Sage, et où ce savant a longtemps fait ses cours, est décoré tout autour de vingt colonnes corinthiennes de grande proportion, en stuc, couleur de jaune antique. Ces colonnes supportent une vaste tribune.
La façade en retour sur la rue Guénégaud, moins riche que la façade qui se présente sur le quai, n'en est pas moins belle. Le pavillon central faisant avant-corps est orné de quatre statues, celles des Éléments, dont le nombre était encore borné à quatre à l'époque de cette construction. Ces statues sont l'ouvrage de CalFieri et de Dupré. Par la porte du W' 8, qui se trouve aussi sur cette façade et au pavillon le plus éloigné du quai, on entre dans le cabinet de ta monnaie des médailles, qui, jadis placé au Louvre, fut transféré dans cet édifice. Il contient la collection complète de tous les carrés et poinçons des médailles et jetons frappés en France depuis François l«i.
L'Hôtel des Monnaies est le siège d'une administration qui surveille l'exécution des lois monétaires, les fonctionnaires, l'entretien des hôtels et les ateliers de la fabrication ; elle vérifie les titres des monnaies, rédige les tableaux servant à déterminer le titre et le poids d'après lesquels les matières d'or et d'argent doivent être échangées. Elle fait procéder à la vérification du titre des monnaies étrangères nouvellement fabriquées, afin d'observer les variations que ce titre pourrait éprouver. Elle est de plus chargée de régler la comptabilité des divers ateliers de fabrication.
PLACE LOUIS XV, situéc entre le jardin des Tuileries et les Champs-Elysées.
La place Louis XV doit sa principale beauté aux objets qui l'environnent. Les terrasses du jardin des Tuileries, leurs arbres et deux statues équestres en marbre la bornent du côté de l'est. — Au nord sont deux vastes édifices pareils, richement décorés, dont l'un plus près des Tuileries, d'abord destiné au Garde Meuble des bijoux de la couronne, sert aujourd'hui au ministère de la marine, et l'autre n'a point de destination publique. Ces deux édifices sont séparés par la rue
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Royale, qui laisse voir à son extromité opposée l'cdilice de. la Madeleine. — Au couchant de cette place se présentent deux vastes massils de verdure formés par les arbres des Champs-Elysées. Au milieu s'ouvre une larj^e route qui sert de prolongation à la grande allée du jardin des Tuileries. Cette route, dite Avenue de ISe^iilhj, commencée en 17()8, est bornée parles hauteurs de Chaillot, par les édifices de la barrière de Neuilly et par l'arc de Triomphe de l'Kloile. — Au sud de celte place, on aperçoit la façade du palais du Corps-Législatif, aujourd'hui nonnné Chambre des députés, qui se trouve, ainsi que le pont qui la précède, en correspondance avec le centre de la place de Louis XV, avec la rue Hoyale et la façade de la Madeleine.
Cette place doit son nom de Louis XV à la statue équestre de ce roi, laquelle s'élevait au centre. Dès l'an 1748, le prévôt des marchands de Paris avait déterminé ses subordonnés, les échevins de cette ville, à faire élever ce monument à la gloire du roi, et à le lui offrir au nom des Parisiens. Edme Bouchardon exécuta la statue. Elle fut, le 17 avril 1763, transférée à la place qui lui était destinée. Pigalle fut chargé des ornements du piédestal, lequel était décoré de quatre figures colossales faisant l'office de cariatides et représentant des vertus. C'est à propos de ces dispositions que furent faits ces deux vers satiriques si connus :
0 la belle statue ! ô le beau piédestal !
Les vertus sont à pied, le vice est à cheval !
Le 11 août 1792, cette statue équestre fut renversée, ainsi que tous les autres monuments de cette nature qui existaient à Paris. Un décret de l'assemblée législative, de la veille, en avait ordonné la destruction.
Quelques mois après fut élevée, sur le piédestal, une figure colossale de la Liberté en plâtre, exécutée par Lemot. Alors la place de Louis XV reçut le nom Aq place de la Révolution. Cette figure resta en place depuis la fin de 1792, jusqu'au 20 mars 1800, époque où un arrêté des consuls ordonna que des colonnes triomphales seraient élevées dans tous les départements de la France, et qu'une colonne nationale serait érigée, à Paris, sur la place de la Révolution, au lieu de la figure de la Liberté. Dans les départements, ainsi qu'à Paris, on fit toutes les dispositions nécessaires pour exécuter ce décret. Le 25 messidor an viii, Lucien Buonaparte, ministre de l'intérieur, vint poser en grande cérémonie la première pierre de cette colonne monumentale. Ni la colonne de Paris, ni celle des départements ne furent construites. Lorsqu'on éleva à Paris le simulacre '^e cette colonne, on changea le nom de la place; elle reçut alors celui d^i place de la Concorde. Dans les premiers jours d'avril 1814, on lui rendit sa première dénomination, celle de place de Louis XV; mais depuis la révolution de 1830, elle a repris son nom de place de la Concorde. Sur cetle place, pendant plus de quinze mois qu'a duré le régime de la terreur, un grand nombre de victimes furent décapitées. Le 21 janvier 1793, l'infortuné Louis XVI y éprouva le même sort, etc., etc. Cette place fut commencée en 1763 sur les dessins de Cabriel, achevée en 1772, et décorée de nouveau de 1830 à 1840, sur les dessins de M. Hitterb. Son plan octogone est toujours limité par des fossés revêtus en ma-
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çonnerie, bordés de balustrades et terminés par huit pavillons au-dessus desquels s'élèvent des statues allégoriques représentant les huit principales villes de France (1). Au centre de la place se dresse le célèbre obélisque de Louqsor, présent du pacha d'Egypte. Ce monolithe qui décorait l'entrée d'un palais de Thèbes, date du règne de Rhamsès IV ou Sésostris, pèse deux cent cinquante mille kilogrammes , et a été érigé le i>5 décembre 1836. On a construit deux fontaines monumentales, l'une au midi, l'autre au nord de l'obélisque.
GARDE-MEDBLE DE LA CODRONNE , situé sur la placc Louis XV, daus un des deux édifices qui décorent la partie septentrionale de cette place, et où sont aujourd'hui les bureaux du ministère de la marine.
11 existait près du Louvre un dépôt des meubles et bijoux de la couronne. En 1760, lorsqu'on entreprit la construction des deux édifices élevés au nord de la place de Louis XV, on destina le plus voisin du jardin des Tuileries à recevoir ces objets précieux. Cet édifice présente un corps principal, terminé à ses extrémités par deux pavillons formant avant-corps. Un soubassement en bossages, percé de portes aux avant corps et, dans le milieu de onze arcades qui éclairent une galerie, supporte une ordonnance corinthienne, composée de douze colonnes et d'un entablement couronné par une balustrade. Les deux pavillons des extrémités terminent la galerie du rez-de-chaussée et celle du premier étage, et représentent, au-dessus du soubassement, quatre colonnes corinthiennes, qui supportent des frontons dont les tympans sont ornés de bas-reliefs. Aux deux côtés de chacun de ces frontons s'élèvent des trophées.
On entrait à ce garde-meuble par l'arcade du milieu de la façade ; un escaher, orné de bustes, de termes et de statues antiques, conduisait dans plusieurs salles. La première était consacrée aux armures étrangères et françaises : au milieu de cette salle étaient deux petits canons, montés sur leur affût, damasquinés en argent, offerts, en 1684, à Louis XIV, par les ambassadeurs du roi de Siam. Ces canons ont servi à la prise de la Bastille.
La salle suivante contenait des tapisseries : vingt-deux pièces, que François 1" acheta vingt-deux mille écus des ouvriers flamands, représentaient les batailles deScipion, exécutées d'après les dessins de Jules Romain; huit pièces, dont les sujets étaient l'Histoire de Josué, les Amours de Psyché, en cent six aunes; les Actes des Apôtres, en dix pièces, d'après les dessins de Raphaël, et formant cinquante-trois aunes. Ensuite se trouvaient une grande quantité de tapisseries que Louis XIV avait fait fabriquer à la manufacture des Gobelins, d'après les dessins de Le Brun, Coypel père et fils, Jouvenet, Oudry et de Troys.
Dans la troisième salle, on voyait une quantité considérable d'objets précieux, tels que vases, hanaps, coupes d'agate, de cristal de roche ; des présents envoyés au roi par des princes orientaux; des ustensiles du culte, etc.; le tout contenu dans onze armoires. Une d'elles offrait la chapelle d'or du cardinal de Richelieu, dont toutes les pièces étaient d'or massif et enrichies de gros dia-
(1) Sa longueur du nord au sud est de 126 toises, et de Test à l'ouest, de 87 toises.
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mants. On remarquait, parmi ces précieux objets, deux chandeliers d'église entièrement en or, émaillés, enrichis de deux mille cini] cent-seize diamants, et qu'on a estimés valoir deux cent mille livres. On comptait sur les burettes, pareillement d'or émaille, «louze cent soixante-deux diamards. - Une autre armoire contenait inie partie des i)résents qu'en 1740 (it à Louis XV Said Méhémet, ambassadeur de la Porte. Ces présents consistaient en un caparaçon de drap écarlate, brodé d'or, d'argent et de soie, et enrichi de |)erles; en une selle de velours cramoisi, brodée en or et en argent, chargée d'émeraudes, de diamants et de rubis; en deux sangles d'un tissu d'or, ornées de perles: en un poitrail accompagné d'une pomme d'or, avec des ornements d'or émaillé de diverses couleurs, et enrichis de diamants. Le reste de ces présents se composait détriers, de pistolets, de fusils et de leurs fourreaux, et de plusieurs autres armes d'une richesse extraordinaire. Dans deux autres armoires étaient les présents du dey de Tunis, et ceux faits à Louis XVI par Tipoo-Saïb. L'objet le plus estimé de cette salle était la nef d'or, ouvrage de l'orfèvre Balin, et qu'on servait à la table du roi dans les grandes solennités. Cette nef, portée par quatre sirènes, était ornée de plusieurs diamants, et pesait cent six marcs. En 1791 elle fut estimée à trois cent mille livres. A toutes ces curiosités, nous devons joindre les diamants de la couronne y renfermés dans une commode d'une des salles du Garde-Meuble. L'assemblée nationale législative, par son décret du •26 mai 1791, ordonna qu'il serait fait un rapport sur ces diamants et sur tous les objets contenus dans cet édillce, nomma une commission qui en fut chargée et céda à la famille régnante le vaste mobilier de la couronne estimé 15 ou 20 millions (1).
Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1720, il s'effectua un vol considérable dans le Garde-Meuble : presque tous les diamants, au nombre desquels étaient le Sanci et le Régent, furent enlevés par une troupe nombreuse de voleurs; plusieurs furent pris ou tués sur le coup, les autres furent arrêtés ensuite, et on finit par recouvrer la plupart des objets volés. Sous Napoléon, le bâtiment du Garde-Meuble fut destiné au ministère de la marine et des colonies. Alors on éleva sur le comble du bâtiment un télégraphe qui correspond à I? ville de Brest.
EADX ET FONTAINES DE PARIS. Sous cc règne , Tadministration dcs foutaiues présenta les vices et les abus que nous avons signalés pendant les règnes précédents. On en construisit plusieurs , même avec luxe : mais elles ressemblaient à des cadavres qui n'avaient que les formes de l'existence. Les Parisiens demandaient de l'eau , et on leur offrait des pierres arides artistement disposées.
(1) Voici un extrait du rapport fait, le 28 septembre suivant, par M. Delaltre, député, un des membres de cette commission. Suivant un inventaire fait en 1774, le nombre des diamants s'élevait alors à 7,482, sans y comprendre un certain nombre que le roi fit vendre, depuis 1784, pour la somme de 75,050 livres; sans y comprendre un article de cet inventaire, qui fut retiré, par autorisaiion du roi, le 11 mars 1785. Cet article, composé d'un nombre indéterminé de diamants et de rubis, fut employé à une parure pour la reine.
Depuis l'an 1784, le roi, à diverses reprises, fit vendre 1,471 diamants; il en acheta, dans la même année, 3,53G pour eompléter la garniture de ses boutons et de son éjx'o; mais les diamants achetés ne valaient pas les diamants vendus. En outre, cette collection se composait de 230 rubis, de 71 toicizes, de ISO émeraudes, de 134 saphirs, de 3 améthystes orientales, et autres pierres de moindre valeur.
C'est alors cependant qu'on fit bâtir la fontaine de l'Abbaye de Saint-Germaindes-Prés, au coin de la rue Childebert, outre celle des Blancs-Manteaux , qui date de 1719 et plusieurs autres moins importantes, c'est alors, dis-je , qu'on a bâti à grands frais celle de la rue de Grenelle-Saint-Germain.
Sa façade s'élève sur un plan demi-circulaire; elle a 15 toises d'étendue et 6 toises de hauteur. Elle se compose d'un soubassement à refends, qui, au centre, forme un avant-corps, sur lequel est une figure en marbre, assise et couverte d'une draperie : c'est la représentation de la ville de Paris. — A ses deux côtés sont, à demi couchées , des figures de rivières ; l'une représente la Seine , et l'autre la Marne, Derrière ce groupe, l'avant-corps est décoré de quatre colonnes ioniques couronnées par un fronton ; au centre de ces colonnes est une table de marbre chargée d'une inscription. Aux deux côtés de cet avantcorps se présente une ordonnance de [)ilastres ioniques, et quatre niches où sont placées Ie3 statues allégoriques des Saisons, au-dessous desquelles on voit des bas-reliefs sur des tables renfoncées. Ce monument a été composé et exécuté en entier par Edme Bouchardon. Cette fontaine fut achevée en 1739. Pendant de longues années elle a mérité la qualification de trompeuse^ elle promettait de l'eau qu'elle ne donnait pas : ce n'est que depuis l'établissement des pompes à feu qu'elle s'est animée et a cessé d'être stérile : elle fournit aujourd'hui les eaux de la pompe du Gros-Caillou.
Je dois citer encore la fontaine du Regard- Saint- Jean, bâtie en 1748 au coin de la rue Neuve-Notre-Dame ; celle du Diable, établie en 1759, à l'angle des rues Saint-Louis et de l'Échelle, et enfin celle du Marché- Saint- Jean qui date de 1768.
EXPOSITION PUBLIQUE DES TABLEAUX dans le grand salon du Louvre.
Les arts d'imitation tombaient dans la barbarie ; les membres de l'Académie de peinture et de sculpture le sentirent; et, pour les arrêter dans leur chute, ils imaginèrent d'exciter l'émulation parmi les artistes, en faisant exposer leurs ouvrages , et en les soumettant au jugement du public. Déjà on était autorisé par l'exemple de quelques expositions faites sous Louis XIV.
La première des expositions qui eurent lieu dans le salon du Louvre , par ordre du roi et du sieur Orry , directeur-général des bâtiments, ne fut pas de longue durée : elle commença le 18 août 1737, et finit le i^»^ septembre suivant. On voit dans le livret qui parut en cette année, sous le titre à' Explication des peintures et sculptures, qu'il n'y avait que deux cent vingt articles. Les seuls membres de l'Académie avaient droit d'y exposer. D'abord, l'exposition fut annuelle ; mais, étant peu considérable, on arrêta, en 1745, qu'elle n'aurait lieu que tous les deux ans. Cet ordre de choses s'est maintenu jusqu'au temps de la révolution.
La révolution fut, plus qu'on ne pense, favorable aux arts : un décret du 21 août 1791 autorise tous les artistes français et étrangers à participer aux expositions. L'étendue du salon devint alors insuffisante, et les productions des artistes envahirent toutes les pièces aboutissant à ce salon : les salles qui le précèdent, la galerie d'Apollon tout entière, et une partie de la grande galerie du Louvre. En 1796, l'abondance des objets exposés obligea le gouvernement
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