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ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX ET CIVILS

CAPUCINS DE LA ciiaussék-d'antin. Églisc, couvcut, hospicc, puis collège, situé rue Sainte-Croix, n« 5. Le quartier delà Chaussée- d'Antin devenant de jour en jour plus populeux, il fut ordonné en 1779, qu'on y établirait une chapelle. On se décida à y transférer les Capucins du faubourg Saint-Jacques. Brongniard fut chargé de fournir les dessins et de diriger la construction de cette capucinière. Commencée en 1780, elle fut achevée en 1782.

La façade de cet édifice est simple et dépourvue d'ornements superflus. A ses extrémités figurent deux pavillons, couronnés d'un fronton que surmonte un attique. Le cloître de ce couvent est décoré de colonnes sans bases. L'église, fort simple, est ornée d'une ordonnance et d'un grand morceau de peinture à fresque, imitant le bas-relief, peint par Gibelin.

Ce couvent de capucins fut supprimé en 1790. Ses bâtiments, pendant plusieurs années, furent a'ffectés à un hospice oii étaient soignées les maladies vénériennes. En 1802, on y établit un des quatre lycées de Paris, nommé Itjcée Bonaparte, Ce lycée, en 1814, reçut la dénomination de collège roijal de Bourbon, qu'il a encore. L'église porte le nom de Saint-Louis d'Antin.

CHAPELLE BEADJON, situéc ruc du Roulc, u*' 59. Cet édifice a été construit vers l'an 1780, sur les dessins du sieur Girardin, architecte, aux frais de Nicolas Beaujon, receveur-général des finances. Le portail est remarquable par sa simplicité. Deux rangs de colonnes isolées séparent la nef de deux galeries latérales dont les murs présentent des niches élevées sur un stylobate. La lumière descend dans cette nef par une lanterne carrée. Cette chapelle est dédiée à saint Nicolas, patron de son fondateur.

HOSPICE BEAUJON, silué ruc du faubourg du Roule, n« 54. L'opulent fondateur de la chapelle dont je viens de parler fit, quelques années après, en

sous LOUIS XV. :)57

1784, bâtir par le même arclnlccle un hospice destiné h recevoir vingUiuatrc orphelins des deux sexes. 11 donna vingt mille livres de rente pour leur entretien. Dans la suite, cet hospice eut une autre destination, et devint un hùpital ; il contient cent cinquante lits pour les malades des deux sexes. On a ajouté de nouvelles constructions à cet établissement dans ces dernières années.

coLLÉr.K ROYAL DK FRA>'CE, situé n" 1, place Cambrai. Les réparations de ce collège, commencées sous Henri IV, ne furent reprises qu'à la fm du règne de- Louis XV, en 1774; trois ou quatre ans après, cet édifice, restauré sur les dessins du sieur Chalgrm, fut terminé. II présentait une grande cour entourée de bâtiments sur trois côtés. Le corps qui se trouvait placé en face de la porte d'entrée, servait pour les séances publiques. Les bâtiments latéraux contiennent plusieurs salles où se font des cours. On comptait, sous Louis XVI, vingt-etun cours auxquels étaient attachés vingt-et-un professeurs (1).

Les bâtiments du collège de France ont été reconstruits en grande partie, dans ces dernières années, sous la direction et d'après les dessins de M. Letarouilly, architecte. L'édifice ouvre sur la place Cambrai par une magnifique grille. Ses divers corps de logis présentent un amphithéâtre spécial pour la plupart des cours qui font l'objet de l'enseignement. Ainsi on y a disposé des amphithéâtres pour les leçons de physique, de chimie, de géologie ; pour les leçons de littérature, de langues étrangères, d'anatomie, etc. Dans les dépendances du collège de France, se trouvent un jardin de botanique, un observatoire, une salle de dissection, une bibliothèque, et diverses collections. Les constructions de M. Letarouilly sont tout à la fois simples et élégantes.

ÉCOLE DE CHIRURGIE ET DE MÉDECINE, située rue de l'École-de-Médecine , no 14. L'édifice actuel consacré aux sciences médicales dont, le 14 décembre 1774, Louis XVI posa la première pierre, fut élevé sur les dessins du sieur Gondouin, et sur l'emplacement de l'ancien collège de Bourgogne. La première thèse y fut soutenue le 31 août 1776.

La façade sur la rue offre une ordonnance d'ordre ionique , composée de seize colonnes; elles décorent les extrémités des deux ailes de bâtiments qui s'avancent jusque sur la rue, ainsi que la porte d'entrée au centre, et forment, dans les deux intervalles, un péristyle à quatre rangs, supportant un étage supérieur, et laissant apercevoir une cour entourée de magnifiques bâtiments. Au-dessus de la porte d'entrée est un grand bas-relief, ouvrage de Berruer, dont le sujet offre, sous des figures allégoriques, le Gouvernement , accompagné de la Sagesse et de la Bienfaisance, protégeant l'art de la chirurgie, et le Génie des Arts déployant le plan de cette école.

Au fond de la cour on aperçoit un péristyle de six colonnes d'ordre corinthien, couronné par un fronton, formant avant-corps et présentant l'entrée

(1) Il y a aujourd'hui vingt-quatre professeurs, qui desservent vingt-quatre cours; tels sont : lis cours (ïdstronomie, de niatliématiques , de physique générale et mathématique , de physique expérimentale, de médecine, d'anatomie, ûe chimie, d'histoire naturelle, du droit de la nature et des gens, d'histoire et de philosophie morale, de langue hébraïque, chaldaïque et syriaque, de langue arabe, de langue turque, de langue persane, de langue et de littérature chinoises et tartarcmantchou, de langue et de littérature sanscrites, de langue et de littérature grecques, de langue et de philologie grecques^ d'éloquence latine, de poésie latine et de littérature française, d'économie po/itiq'ff, t\' archéologie et d'histoire des législations comparées.

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de l'amphithéâtre. Sur le mur du fond de ce péristyle, se voient cinq médaillons offrant les portraits de Jean Pi tard, d'Ambroise Paré, de George Maréchal, de François de la Peyronnie, et de Jean-Louis Petit, célèbres chirurgiens français. Dans le fronton qui couronne cette ordonnance, est un bas-relief exécuté par Berruer, représentant la Théorie et la Pratique se donnant la main. L'amphithéâtre, qui peut contenir douze cents élèves, est décoré de trois fresques, exécutées par Gibelin. Les autres corps de bâtiments contiennent des salles de démonstration, d'administration, et une bibliothèque ; l'étage situé sur la rue est occupé par un vaste cabinet d'anatomie humaine et d'anatomie comparée. C'est là que siège la Faculté de médecine. Vingt-six professeurs font des cours sur les diverses parties desrsciences médicales.

L'Académie roijale de médecine fondée en 1820 , tient ses séances rue de Poitiers, n^ 2. Elle se compose de soixante quinze académiciens titulaires , de soixante honoraires, de trente associés libres et de quatre-vingts associés ordinaires. Elle se divise en trois sections, médecine, chirurgie et pharmacie.

ÉCOLE ROYALE DES PONTS-ET-CHAUSSÉES , située d'abord Chaussée-d'Antin, vis-à-vis la rue Sainte-Croix. Depuis elle a changé plusieurs fois d'emplacement : elle est aujourd'hui située rue Culture-Sainte-Gatherine, n° 27. Cette école importante, dont les commencements remontent à l'an 1747, ne reçut de la consistance qu'en 1784, par les soins du sieur Perronnet. Elle fut instituée de nouveau par la loi du 19 janvier 1791, et renferme quatre-vingts élèves, qui sont tous tirés de l'École polytechnique.

L'enseignement de cette école se divise en éludes de théorie et en études de pratique. La théorie consiste dans l'application du calcul, de la géométrie descriptive , de la mécanique et de la physique à l'art de l'ingénieur des ponts-etchaussées, dans l'architecture civile et la minéralogie. Les études pratiques sont le travail intérieur qui consiste dans l'application des théories et dans le travail extérieur , c'est-à-dire dans l'envoi d'un certain nombre d'élèves auprès des ingénieurs chargés de travaux importants.

ÉCOLE DES jMLNEs, située d'abord rue de l'Université, n<> 61, puis rue d'Enfer, n° 34, et enfin rue des SS. Pères. Le cardinal de Fleury avait conçu le projet de cette utile institution. Un arrêt du conseil, du 19 mars 1783, le mit à exécution ; elle se compose d'un Conseil des Mines , qui donne des avis aux ministre de l'intérieur sur tout ce qui concerne les mines, usines, salines et carrières, et qui a sous sa direction des ingénieurs et des écoles pratiques. La curieuse collection de minéralogie contenue dans les salles de cette école est ouverte au public les lundis et jeudis.

ÉCOLE ROYALE DE CHANT, DE DÉCLAMATION ET DE DANSE, situéc rue Bergère, n*^ 2. Elle fut fondée par lettres du 3 janvier 1784, à l'instigation du baron de Breteuil. Cet établissement a pour objet de perfectionner les dispositions qu'annoncent les jeunes gens des deux sexes pour le théâtre lyrique. Leur éducation y est soignée ; on leur enseigne le chant, la musique instrumentale, l'harmonie et la composition musicales, la danse et la déclamation. Cette école éprouva des vicissitudes pendant la révolution. Napoléon lui procura une consistance nouvelle, et lui imposa le nom de Cotiser vatoire de musique.

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ûr.OLE DR NATATION, siluôc à la poiiitc (Je l'île Saint-Louis, fondée en juin 1785 par le sieur Turquin, le mùme qui avait établi les lîains Chinois. En 1786, le prévôt et les échevins de Paris prirent cet établissement sous leur protection. Dans la suite, d'autres écoles plus considérables et i)Ius commodes ont été établis sur Seine.

Il lut aussi établi, pendant ce règne, une école de filature \)Our les entants aveugles, située rue de la iMortellerie ; une école de boulangerie, située rue de la Grande Truanderie, que présidaient les sieurs Parmentier et Cadet de Vaux; et des écoles de char/té dans presque toutes les paroisses de Paris.

ÉCOLE ou INSTITUTION DES souKDS- ET -MUETS , située rue du Faubourg- Saint-Jacques, n*'' 254, 256, 258. On avait déjà essayé plusieurs systèmes pour suppléer au défaut de la parole, lorsque l'abbé de l'Épée mit sa mé« thodeen usage. Cet ecclésiastique humble et bienfaisant établit dans sa maison une école où il enseignait aux jeunes personnes sourdes et muettes à lire, à écrire, à comprendre toutes les difficultés de la grammaire, à saisir et à rendre par écrit les idées les plus abstraites de la métaphysique. Persécuté, comme janséniste, par l'archevêque de Paris; inconnu des Parisiens, encore plus du gouvernement, malgré ses vertus, son zèle et son admirable méthode , ce vénérable abbé vivait dans une noble obscurité, lorsqu'en 1777 l'empereur Joseph II, séjournant dans cette ville, vint visiter cette école et admirer les moyens ingénieux qu'employait l'instituteur pour rendre en quelque sorte la parole aux muets. Étonné que le gouvernement laissât cette institution sans encouragement, il en parla à la reine de France, qui voulut voir l'école de l'abbé de l'Épée. Dès lors, la tourbe des imitateurs suivit cet exemple. On s'y porta en foule , et, le 21 novembre 1778, un arrêt du conseil autorisa cette école, mais le gouvernement ne s'en occupa que sept ans plus tard; en 1785 , l'école de l'abbé de l'Épée fut transférée dans le bâtiment des Célestins. L'abbé de l'Épée mourut à Paris en 1790. — il fut remplacé par l'abbé Sicard, son élève, qui perfectionna la méthode de son maître. —Cette institution fut, pendant la révolution, transférée du bâtiment des Célestins dans celui de Saint- Magioire. Les bâtiments actuels ont été bâtis par M. Peyre en 1823 (l).

ÉCOLE ou INSTITUTION DES JEUNES AVEUGLES , situéc ruc Masscrau. Le sieur Hauy fit, pour les aveugles de naissance, par le sens du toucher, ce que l'abbé de l'Épée avait fait pour les sourds et muets par le sens de la vue. II s'of frit en 1784 à la société Philanthropique pour enseigner gratuitement les aveugles-nés dont cette société prenait soin. Son procédé n'était pas nouveau ; mais il fut le premier qui le mit en œuvre à Paris, et qui le perfectionna. Ces aveugles enfants apprenaient la lecture, l'écriture, le calcul, la musique, la géographie, l'art de composer à la casse et d'imprimer.

Dans un exercice public, qui eut lieu le 26 juillet 1814, les jeunes aveugles travaillèient à la casse, et, avec des caractères en relief composèrent les phrases qu'on leur dictait, expliquèrent plusieurs passages de Virgile, et résolurent

(l)Oii j compte cents qualie-vingt élèves, dont cent-dix garçons et soixante-dix filles. Oulre la lecture, le calcul, etc., chaque classe apprend un des métiers suivants : cordonnier, laillcin-, menuisier, tourneur, relieur.

plusieurs problèmes algébriques. On y vit, pour la première fois, un sourd-etmuet communiquer avec un aveugle. Une phrase composée par le premier, fut récitée à haute voix par le second : celui-ci, à son tour, dicta par signes au sourd et muet une phrase que ce sourd et muet écrivit.

En 1790, cet étabHssement était situé rue Notre-Dame - des-Victoires ; en 1801, il fut réuni à l'hospice des Quinze-Vingts; en 1815, il fut fixé rue Saint- Victor, dans les bâtiments de l'ancien collège des Bons-Enfants, enfin on vient de le transférer dans de vastes bâtiments, rue Masseran, construits sur les dessins de M. Philippon. La façade principale qui regarde le boulevard des Invalides, est décorée d'un fronton et d'un bas-relief exécutés, avec un rare talent, par M. Jouff*roy.

BDREAU ACADEMIQUE d'ecritdiie, situé ruc Coquillèrc. Un établissement de cette nature existait déjà ; il était composé d'une communauté d'écrivains-jurés, experts, vérificateurs; sous Louis XVI, on lui donna une nouvelle consistance. Ce bureau est'aujourd'hui représenté par la Société académique d'écriture.

HALLES ET MARCHÉS. Plusicurs hallcs ct marchés furent institués sous le règne de Louis XVI. Je citerai d'abord le marché Seauveau, rue du faubourg Saint- Antoine, construit en 1779 par l'architecte Lenoir le Romain ; le marché Boulain villiers, rue du Bac, établi sur l'emplacement de la halle du petit Pré-aux-clercs ; le marché Sainte-Catherme{i78^) -^ la halle aux cuirs, rue Mauconseil n° 34, à la place de l'hôtel de Bourgogne; la halle aux toiles, entre les rues de la Poterie et de la Petite-Friperie, bâtie en 1786 sur les dessins de Legrand et Nulinot; et enfin le m?LVQ\\Q des Innocents , situé sur l'ancien cimetière de Innocents. Il s'étend depuis la rue Saint-Denis jusqu'au marché aux Poirées et à la rue de la Lingerie. On commença les travaux en 1786. Le sol fut renouvelé, et pavé. Au centre de la place s'éleva une fontaine dont j'ai parlé déjà. Vers l'an 1813, on a construit autour de ce marché des galeries en bois, où les marchands sont abrités.

EAUX DE PARIS. Lcs concessious étaient toujours renouvelées; les machines hydrauliques ne donnaient que de faibles produits; les fontaines publiques restaient stériles. Cette pénurie réveilla l'attention des magitsrats de la ville. Les sieurs Perrier, en 1778, formèrent une compagnie de capitalistes; ils commencèrent les travaux d'un établissement, dont voici la description.

POMPE A FEU DE CHAiLLOT, situéc sur le quai de Billy, n» 4. Un bâtiment solide fut construit (1781) sur ce quai. Un canal, pratiqué sous le chemin de Versaifies, reçoit l'eau du milieu de la Seine, et la conduit, sous cette maison, dans un puisard : cette eau s'élève du puisard par deux pompes à vapeur, aspirante et foulante, destinées à se suppléer au besoin. Une de ces pompes élève l'eau à la hauteur de cent dix pieds, et la verse dans quatre réservoirs placés sur le coteau deChaillot; réservoirs où l'eau se clarifie, et dont chacun contient neuf mille muids. Des canaux et des tuyaux distribuent ces eaux jusqu'aux extrémités du faubourg Saint-Antoine. — Une des deux pompes élève, dans l'espace de vingt-quatre heures, 15,768 muids.

POMPE A FEU DU Guos-CAiLLOU, sîtuéc sur le quai des Invalides, au bout de la rue de la Pomi)e. Les sieurs Perrier firent établir cette seconde pompe à feu pour alimenter les fontaines de la partie méridionale de la ville. La première

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piiMTo Cil lui posoo \c -21 juillet 178(). (lomnic le sol du cùlé du (Jros-(]aill()u ne préseiUail point d'cininiMice pour placer les réservoirs, on fut obligé, dans la construction du bâtiment, d'ajouter une tour cariée, haute de près de 70 pieds, pour y [>lacer le réservoir des eaux élevées par cette machine. Cette pompe produit en vingt-cjuatre heures 5040 muids.

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