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SOCIÉTÉS ET AUTRES INSTITUTIONS

SOCIÉTÉ d'agkiilctuke, dont les séances se tiennent dans une des salles de rilôtel-de-Ville. Elle fut autorisée par un arrêt du conseil du r^' mars 1761. Cette société s'occupe de tout ce qui peut produire le perfectionnement de l'agriculture, et distribue tous les ans des prix et des médailles.

MUSÉE DE PiLATRE DES uosiERS, nommé aujourd'hui Athénée, situé rue de Valois, n" 2. Ce musée tint sa première séance le 11 décembre 1781, dans une maison de la rue Sainte-Avoie. L'objet de cette société était le perfectionnement des études et des arts relatifs au commerce. On faisait des cours sur diverses parties des sciences. Il s'y trouvait un cabinet de physique. A la mort de Pilàtre des Rosiers, en 1785, les membres de ce musée réorganisèrent la société, lui donnèrent le titre de Lycée, titre qu'elle a conservé jusqu'en 1803, époque où ce nom ayant été donné aux collèges, elle prit celui d'Athé^iée, qu'elle porte encore. Les savants les plus distingués de la France y ont professé tour à tour. C'est pour cet établissement que La Harpe fit son Cours de littérature^ Cinguené son Histoire littéraire de r Italie, Fourcroy son Système des connaissances chimiques^ et c'est encore à l'Athénée que Cuvier a fait ses belles leçons d'histoire naturelle et d'anatomie comparée.

LE CLUB POLITIQUE, établi cu avril 1782, par le sieur Boyer, rue Saint-Nicaise ; le Club des Américains, en 1785; la Société olympique, le Cluh des Arcades, et le Club des étrangers^ qui siégeait au Panthéon, ou Wauxall de la rue de Chartres, et qui, le 20 mars 1791, fut transféré dans la rue du Mail, ii" 19, où l'on enseignait la géographie politique, les langues modernes, etc., et où se donnaient des fêtes, furent tous supprimés au mois d'août 1787; on excepta le Lycée; la Société olympique, qui ne s'occupait que de franche-maçonnerie, fut autorisée à continuer ses réunions.

SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA CONSTITUTION, séau te daus le couvent dcs Jacobi US delà rue Saint Honoré. Au mois d'août 1789, plusieurs comités particuliers se formèrent à Versailles, pendant que l'assemblée des étals-généraux s'y tenait encore. Parmi ces comités se distinguait celui des députés patriotes de la province de Bretagne. Bientôt un grand nombre de députés d'autres provinces, et même des personnes qui n'étaient point membres de l'Assemblée, se réunirent à ce comité, dans lequel fut faite la proposition de constituer les étals généraux en Assemblée nationale : proposition qui, le 17 juin 1789, eut son exécution. —L'Assemblée nationale s'étant, en octobre 1789, transférée à Paris, le comité breton y continua ses séances. — Au mois de novembre, une société établie à Londres sous le nom de Club de la révolution de France, ayant adressé à l'assemblée nationale une lettre pour la féliciter de ses travaux, les membres

3{;2 msToiui: de i>ahis

du comité breton conçurent l'idée de former à Paris une société à l'instar de celle de Londres. En conséquence, ils louèrent la salle de la bibliothèque du couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré, et nommèrent d'abord leur réunion Société de la révolution. Mais au mois de février ITilO, ils lui donnèrent le nom de Société des Amis de la ccnstitulion. Son objet principal, outre celui de diriger l'opinion publique et de discuter d'avance les questions qui devaient être portées à l'Assemblée nationale, consistait à s'assurer des nominations à faire dans l'assemblée, en opérant dans la société des scrutins préparatoires, afin de déterminer la majorité des votes. — Cette société, pendant la durée de l'Assemblée constituante, jouit d'une grande considération; elle comptait parmi ses membres des ambassadeurs étrangers, des princes ; et, ce qui l'honorait davantage, elle comptait aussi des hommes illustres par leurs talents, célèbres dans la littérature, et des savants qui ont honoré leur siècle.

Bientôt les passions, allumées par l'intrigue et l'esprit de parti, se manifestèrent dans cette société. Elle ^e divisa, et les membres dissidents formèrent une nouvelle réunion nommée Club de 89. La société répara cette perte, et fit des règlements nouveaux. Elle était paisible, lorsque Kobespierre vint y semer des germes de discorde. A la fin de 1792, les gens de bien s'en éloignèrent ou en furent exclus; et le parti chargé de rendre la révolution odieuse, de la souiller de crimes, y domina despotiquement.

Le nombre des membres s'élevait alors à plus de treize cents. Plus de trois cents sociétés, établies dans les départements, étaient affiliées à celle des Amis de la constitution de Paris, et correspondaient avec elle. Vers les premiers mois delà session conventionnelle, Robespierre s'empara de cette vaste machine politique, et la fit servir à son ambition. Le lieu des séances a donné à cette société le nom de Jacobins : le 24 juillet 1794, elle fut fermée par le député Legendre.

Il se forma, vers les années 1790 et 1791, plusieurs autres sociétés politiques : le club monarchique, rue de Chartres, et de l'église Saint-Louis, le club des Feuillants (1190), le cercle social, ou cirque du Palais-Royal.

LOTERIES. Il y eut à Paris, dès le quinzième siècle, des loteries, sous le nom de blanque et de tontine. Louis XIV mit les loteries à la mode, en gratifiant ses courtisans de divers lots précieux qui ne coûtaient aucune mise de leur part. Les loteries de toutes espèces furent nombreuses sous ce règne. La cupidité, la galanterie, la dévotion en usèrent de plusieurs manières. Sous Louis XV, lorsque des couvents ou des églises manquaient d'argent pour leurs besoins , le gouvernement les autorisait à établir une loterie. — Louis XVI, par son édit du 30 juin 1776, supprima toutes les loteries, excepté celles des Enfants trouvés, de la Pitié, et la Loterie roijale de France. Le 16 novembre 1794, la Convention ferma les loteries comme immorales. Sous le gouvernement du Directoire, le oO septembre 1797, la loterie de France fut rétablie. Elle reçut une extension considérable sous le règne de Bonaparte. Les bâtiments du tirage de la loterie on été abattus et la loterie abolie en 1837.

MAISONS DE JEUX. Henri IV et Louis XIV avaient donné l'exemple du jeu : leurs successeurs les imitèrent. Le lieutenant de police, de Sartines, autorisa, en 1775, les maisons de jeux, et leur donna une consistance qu'elles n'avaient

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jamais eue. Pour diniiuuer Fodieux de cel élahlissemeutet de son autorisalion, le sieur de Sartines ordonna (|ue les produits qui en résulleraient seraient employés à des ceuvres de bienfaisance, à la l'ondalion de (piehjues hôpitaux.

Douze maisons de jeux piMviiégiées reslèrenl ouvertes jusipi'à l'épotiue de la révolution. Elles furent alors supprimées. Des établissements du môme genre furent fondés depuis, avec l'autorisation du gouvernement : il existait à Paris, en 1818, neuf maisons de jeux; une loi spéciale ordonna leur clôture à partir du !«»• janvier 1838.

MONT-DE-PiKTÉ, situé ruc dcs Blancs-Manteaux, n" 18, et rue de Paradis, n" 7, organisé en 1777 à l'instar des monls-de-piété d'Italie. Le but de cet établissement est le prêt sur gage. On donne à l'emprunteur les deux tiers de l'estimation des objets qu'il met en gage, et pour les matières d'or et d'argent les quatre cinquièmes de la valeur de leur poids. 1/ hôtel du Mont-de-l4été est très-vaste. En 1781, on commença à construire une très-grande partie du bâtiment. Eu 1786, ces travaux furent terminés. En cette année, on y comptait plus de quarante mille montres, et tous les autres gages en proportion. Quinze millions environ y étaient en circulation.

SPECTACLKS.

THÉÂTRE DE l'odéon. Pendant que les comédiens de ce théâtre jouaient provisoirement dans la salle des machines, au château des Tuileries, on faisait plusieurs projets pour leur construire une salle nouvelle. Après plusieurs hésitations, et surtout après beaucoup d'intrigues, en 1779, on jeta les fondations du nouveau théâtre sur l'emplacement de l'hôtel de Condé, que le roi venait de retirer de la ville pour le donner à Monsieur. Les travaux de ce bâtiment furent terminés en 1782 par les sieurs deWailly et Peyre l'aîné. Ce théâtre fut ouvert au public en cette année, et prit le titre de ThécUre- Français. La salle présentait 1913 places.

Il existait parmi les acteurs des dissensions occasionnées par la difïerence des opinions politiques; elles éclatèrent. Quelques comédiens furent emprisonnés. En 1793, de nouvelles querelles s'étant élevées entre les acteurs, l'autorité fit fermer la salle. Les comédiens erraient de théâtre en théâtre; Talma, Grandménil et Dugazon s'installèrent au Palais Royal sur le théâtre des Variétés. Les acteurs qui restèrent au faubourg Saint-Germain prirent le titre de Théâtre de la Nation. Le 18 mars 1799, ce dernier théâtre fut détruit par un nou vel incendie. Alors les comédiens du Théâtre-Français jouèrent sur le théâtre du Palais-Royal, qu'on nommait ThécUre des Variétés. Ce théâtre fut en 1807 entièrement réparé par Chalgrin, et concédé au sénat conservateur. Chalgrin, en restaurant cet édiiice, surmonta le fronton de la façadvî par un attique, et du côté de la rue de Vaugirard, ajouta un rang d'arcades à l'édifice.

Sous l'empire de Napoléon, ce théâtre joignit au titre (ÏOdéon celui de Théâtre de l'Impératrice. On y donnait des comédies et des opéra-buffa. Picard, auteur dramatique distingué, en était le directeur, et y jouait ses propres pièces. Le théâtre de l'Odéon devint le second Théâtre -Français. H fui occupé par

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une troupe d'acteurs qui jouaient des comédies, des tragédies anciennes et nouvelles. Le vendredi 20 mars 1818, un incendie très-violent le détruisit pour la seconde fois. Le 20 août suivant, sous la direction du sieur Baraguay, on commença la restauration de ce théâtre, qui, le 1"' octobre 1819, entièrement réparé, fut ouvert au public. 11 a conservé son titre de second Théâtre-Français.

THÉATiiE DE LA C0MÉi)iE-FRA>ÇAisE, situé ruc de Richclieu, n« 6, attenant au bâtiment du Palais-Royal. L'éditice de ce théâtre, commencé en 1787 par l'architecte Louis, fut ouvert au public le 15 mai 1790. Il était destiné aux comédiens des Variétés amvsantes, qui y jouèrent jusqu'en 1799. L'incendie arrivé en cette année à la salle de l'Odéon obligea les comédiens français à jouer sur le théâtre des Variétés. Les principaux acteurs, Talma, madame Vestris, Grandmesnil et autres, se transportèrent sur ce théâtre. Cet établissement régénéré, reçut le nom de Théâtre de la République, qu'il quitta plus tard pour reprendre celui de Comédie-Française. La façade principale de ce théâtre est sur la rue de Richelieu; elle est décorée de douze colonnes doriques; au-dessus de cette ordonnance en est une autre composée d'autant de pilastres corinthiens. Tout autour de cet édiflce , restauré par MM. Percier et Fontaine, est une galerie couverte et non interrompue. Le vestibule est décoré de la statue de Voltaire par Boudon, et de celle de Talma par David. Le foyer, renferme une belle collection des bustes des auteurs français, tragiques et comiques.

PORTE SAiiNT-3iAUTiN. — OPÉRA. Le 8 avril 1781, le théâtre de l'Opéra, contigu au Palais-Royal, devint, pour la seconde fois, la proie des flammes. On s'occupa aussitôt de la construction d'un nouveau théâtre; le sieur Le Noir, architecte, en fut chargé. On choisit un emplacement près de la porte Saint-Martin, où s'élevait autrefois le magasin de la ville. Le 5 octobre suivant, après soixante-quinze jours, le théâtre fut construit et entièrement décoré. — Un soubassement à refends, orné de huit cariatides, supporte une ordonnance de huit colonnes doriques , entre lesquelles sont les bustes de Quinault , Lulli, Rameau et Gluck; au-dessus est un vaste bas-relief exécuté par Roquet. Les acteurs de l'Opéra jouèrent sur ce théâtre jusqu'en 1793, époque où ils allèrent établir leur spectacle dans une nouvelle salle élevée dans la rue de Richelieu, vis-à-vis la Ribliothèque royale. Dans la salle dite de la Porte-Saint- Martin, on joue, depuis lors, des drames, des vaudevilles et des pantomimes.

THÉÂTRE FAYARD, DES ITALIENS OU DE L'OPÉRA-COMIQUE. Il fut, pendant

le règne de Louis XVI, situé d'abord sur l'emplacement de l'hôtel de Rourgogne, rue Mauconseil, emplacement occupé aujourd'hui par la halle aux cuirs. Les acteurs de ce théâtre étant mécontents de leur salle, il fut arrêté qu'un nouveau théâtre serait construit sur l'emplacement de l'hôtel de Choiseul, situé sur le boulevard. Les travaux commencés en 1781, sur les dessins de Ileurtier, furent terminés en 178.3. Par amour-propre, les comédiens pour n'être point assimilés aux acteurs des boulevards, en consentant à ce que leur théâtre fût placé sur cette promenade, exigèrent, dit-on, que quelques bâtiments les en séparassent, et que la façade fût tournée du côté de la ville. Cette façade, offre six colonnes d'ordre ionique d'une grande proportion , faisant avant corps. Les acteurs italiens y jouèrent jusqu'en 1797, époque où des répaiations néces-

sous LOUIS XVI. :,<;:,

saircs les obligèrent à rabandonner pour aller oceuper le Ibéàtre de la rue Feyileau, (lu'ils ont aussi été forcés d'abandonner. La salle Favard, brûlée en 1838, a été reconstruite et occupée par les artistes de l'Opéra-domique.

THÉÂTRE DE MONSIEUR, OU THÉÂTRE FEYI)EAU,OU VAUDEVILLE, situé rUC Fcy-

deau, n" 19. H l'ut construit en 1789 et 1790 par Legrand et Molinos. Il était destiné à une troupe venue d'Italie, qui débuta, en 1789, dans la salle de s|)ecfacle du cbàteau des Tuileries. Cette trou[)e avait Tespérance de jouir pendant trente ans de son privilège. En 1789, Louis XVI étant venu occuper les Tuileries, ces boulTor.s lurent forcés de déménager; ils s'établirent à la foire Saint- (lermain, dans la salle de Nicolet, en attendant la construction du théâtre qu'on leur destinait et où ils débutèrent en 1791. Cette salle n'existe plus.

THÉÂTRE DES VARIÉTÉS AMUSANTES, situé sur le boulcvard du Temple, au coin de la rue de Bondi. Le sieur l'Écluse, fameux sur les théâtres forains, fit construire, en 1778, un théâtre sur le boulevard du Temple, à côté du Wauxhall de Torré. Cet acteur voulait faire revivre le genre populaire et les scènes de Vudéj il jouait parfaitement les rôles de poissardes. Ce théâtre fut ouvert en 1779; et grâce à la protection du lieutenant de police Le Noir, il devint bientôt le théâtre à la mode. C'est sur ce théâtre que Volange étala ses talents dans les rôles des Jeannot et des Pointus, etc. Le spectacle des Variétés prétendant à la dignité de second Théâtre-Français, vint s'établir au Palais-Royal, où en 1786, on lui fit bâlir une salle provisoire en attendant l'achèvement d'une salle plus solide et plus convenable. La construction de cette dernière salle fut achevée en 1790, et jirit le titre de Théâtre-Français de la rue de Richelieu. La troupe des Variétés y resta jusqu'en 1799, époque où, comme je l'ai dit, les comédiens français vinrent l'occuper.

THÉÂTRE DE BEAUJOLAIS, situé d'abord au Palais-Royal, puis sur le boulevard de Ménil-Montant. Ce théâtre fut, le 23 octobre 1781, ouvert au public pour la première fois. Les acteurs qui figuraient sur ce théâtre étaient de bois; des mains invisibles les faisaient mouvoii', tandis que des acteurs vivants, cachés dans la coulisse, parlaient pour eux. En 1790, le théâtre de Beaujolais fut cédé à la demoiselle de Montansier, directrice du théâtre de Versailles, et les directeurs de Beaujolais vinrent en établir un autre sur le boulevard.

THÉÂTRE DE MONTANSIER OU DU PALAIS-ROYAL, situé aU Palais-Roval, à l'eX-

trémité septentrionale de la galerie qui avoisine la rue de Montpensier. La demoiselle de Montansier, directrice du théâtre de Versailles, lorsque Louis XVI vint, en octobre 1789, habiter les Tuileries, déclara qu'à l'instar de l'Assemblée nationale elle élait inséparable de Sa Majesté ; en conséquence elle vint établir son théâtre à Paris, prit des arrangements avec les directeurs du théâtre de Beaujolais, leur fit un procès qu'elle gagna, et occupa leur théâtre qu'elle fit réparer et agrandir. On y jouait avec succès l'opéra-comique et la comédie (1). Aujourd'hui on y joue des vaudevilles.

(1) Il se forma sous le règne de Louis XVI plusieurs petits spectacles destinés aux spectateurs de la classe inférieure; voici l'indication de ces théâtres qui n'eurent aucune célébrité; ce sont le» théâtres des Élèies pour la danse et l'Opéra , boulevard du Temple ; des Menus-Plaisirs pour les Élèves du Conservatoire; des associés ou du sieur Salé, boulevard du Temple ; i!cs délassemmls rnniiqaes, sur

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ETAT PHYSIQUE DE PARIS

Cette ville, pendant le règne de Louis XVI, continua h se dépouiller de sa vieille physionomie et vit naître plusieurs établissements nouveaux. Paris fut entouré d'une enceinte profitable au ministère, oppressive pour les habitants. — Le jardin du Palais-Royal, ses galeries, ses tripots, devinrent le principal rendez-vous des étrangers, un foyer de commerce et de corruption. — 11 y eut des quartiers qui s'étendirent d'une telle sorte, que des faubourgs devinrent des î arties de la ville, et que de nouveaux faubourgs envahirent la campagne et les villages voisins. — Plusieurs rues furent ouvertes et prolongées. — On commença à démolir les maisons élevées sur les ponts; enlin un pont r.ouveau fut jeté sur la Seine.

ENCEINTE DE PARIS. Cette entreprise était toute fiscale. Les fermiers généraux, pour arrêter les progrès de la contrebande, et assujettir aux droits d'entrée un plus grand nombre de consommateurs, obtinrent, en 1784, du ministre Calonne, l'autorisation de renfermer Paris dans une vaste muraille. Les travaux commencèrent au mois de mai de cette année. Malgré les oppositions de quelques personnes puissantes dont les intérêts étaient lésés, on continua l'exécution de ce projet, et Ton enserra les boulevards neufs. — Les portes et barrières d'entrée furent élevées sur les dessins de l'architecte Ledoux. — Les dépenses s'élevèrent bientôt à plus de vingt-cinq millions. Un arrêt du conseil, du 7 septembre 1787, ordonna la suspension des travaux de cette enceinte. Le 8 novembre suivant, de Brienne, archevêque de Toulouse et ministre, vint visiter cette muraille. Dans les premiers mouvements de sa colère, il voulut la faire démolir et en vendre les matériaux; mais les travaux en parurent trop avancés. Il n'était plus temps de réparer le mal ; et la presque totalité de l'enceinte se trouvait achevée, lorsque le gouvernement s'aperçut de son existence. Le nouveau ministre se borna, par un nouvel arrêt du conseil du 25 novembre de la même année, à suspendre les travaux et à nommer d'autres architectes et d'autres inspecteurs. — Le 1"' mai 1791, les droits d'entrée étant abolis, les barrières et les murailles devinrent inutiles. Sous le Directoire, vers l'an v, il fut établi une légère perception à l'entrée de Paris; on répara alors les barrières. Cette perception, dont le produit était destiné aux hôpitaux, se nommait oclroî de bienfaisance. Sous le règne de Bonaparte, on acheva les murailles de Paris, et on perfectionna considérablement la perception des barrières.

GALERIE ET JARDIN DU PALAIS-ROYAL. C'cst la foirc perpétuelle, le rendezvous de tous les étrangers, le centre de beaucoup d'affaires. L'ancien jardin, plus vaste que celui d'aujourd'hui, comprenait, outre le jardin actuel, tout l'emplacement qu'occupent les rues de Valois, de Montpensier et de Beaujolais, et l'emplacement des corps de bâtiments qui entourent les trois côtés du jardin actuel. Son plus bel ornement était une large allée de maronniers, vieux, touffus, toujours peuplée d'oisifs, de nouvellistes et de courtisans.

le même boulevard , et enfin le Théâtre-Français Comique et Lyrique, boulevard Saint-Marlin; il |iiit;uiï?si le lilrode Théâtre des jeunes artistes.

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Au l»*' août 1781, on coinnuMi(,"a à porter la coj;nôo sur los arbres antiques de cette |)ronienacle. Les libelles, les épi^ranuiiesse renouvelaient alors eluuiue jour contre le duc de Chartres. Kn janvier 1782, les fondations des bâtiments nouveaux turent jetées; et, malgré les clameurs publicpies, les trois faces des bâtiments, percés de cent (luatre-vingts arcades qui environnent le jardin, furent achevées sur les dessins du sieur Louis. La quatrième face du côté du palais, qui devait être la plus magnilique, resta longtemps à construire ; et c'est là qu'on avait établi les constructions provisoires nommées baraques. Le jardin du Palais-Uoyal éprouva, en 1787, d'autres changements; le duc de Chartres, devenu duc d'Orléans, le bouleversa presque entièrement pour faire construire au centre un vaste cirque, et s'attira de nouveau les sarcasmes du public. Ce jardin a été planté et replanté souvent. Son plus bel ornement est aujourd'hui un bassin circulaire de soixante et un pieds de diamètre, d'où s'élève, par plusieurs tuyaux rapprochés, une gerbe d'eau qui produit un bel effet. — On a disposé dans les parterres quelques statues en marbre, exécutées par des artistes contemporains; les statues en bronze sont copiées sur l'antique. Dans le voisinage, la translation de l'établissement des Quinze-Vingts, laissa un emplacement vide, où s'établit un quartier nouveau. Cette translation fut exécutée en i780; et sur le terrain des Quinze-Vingts, on ouvrit, en 1784, les rues de Chartres et de Valois.

LE CIRQUE DU PALAIS-ROYAL, commeucé en avril 1787, et terminé à la fin de l'an 1788, offrait dans son plan un parallélogramme très-allongé. Une partie de sa construction était souterraine, et présentait une arène éclairée par en haut, séparée d'une galerie par 72 colonnes doriques cannelées. Cette galerie communiquait à une seconde par des portiques. A l'arène venait aboutir une route en pente douce et tournante, qui partait des bâtiments du palais. Il s'y est tenu des séances de diverses sociétés; on y a joué la comédie. La partie supérieure, qui s'élevait au-dessus du sol du jardin, était décorée de 72 colonnes ioniques et entièrement revêtue de treillages. Cet édifice fut, le 15 décembre 1798, entièrement ruiné par un incendie.

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