‹ Histoire de Paris et de ses monumentsChapitre 71 sur 96 · II1ST()1P»K DE PAUIS · texte numérisé non relu

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EXPOSITION PUBLIQUE DES PRODUITS DE L'INDUSTRIE FRANÇAISE. Ce fut SOUS

ce gouvernement qu'on vit la première exposition publique des produits des manufactures et de l'industrie française. Elle eut lieu au Champs de Mars, à la fête de la fondation de la république, en 1798; elle dura dix jours. Le 18 avril 1801, le ministre Chaptal écrivit aux préfets des départements, pour qu'ils déterminassent les manufacturiers et fabricants à porter à l'exposition les produits de leur industrie. Cette exposition eut lieu , pendant les jours complémentaires , dans le Louvre. Les gouvernements qui sont venus ensuite ont adopté cette institution. Ces expositions se sont reproduites successivement sur l'esplanade des Invalides et dans les bâtiments de ladministration des ponts-et-chaussées, au petit hôtel Bourbon et dans la cour du Louvre. Depuis 1830, ces expositions ont lieu tous les cinq ans, et se sont faites jusqu'à présent dans le grand carré des Champs-Elysées.

OCTROI DE BIENFAISANCE. Le Dircctoirc exécutif sentit la nécessité de pourvoir aux besoins des hôpitaux de Paris, dont les biens étaient en grande partie vendus comme propriétés nationales; il demanda donc une contribution pour l'entretien des hospices et pour les dépenses communales. Le Corps-Législatif autorisa cette contribution indirecte. Les barrières de Paris furent réparées, et le 22 octobre 1798, la perception commença. Elle était faible et peu onéreuse; elle devint, sous Bonaparte, aussi forte, aussi gênante qu'elle Tétait sous l'ancien régime.

LES THÉOPHILANTHROPES. En 1796 on vit éclore une secte nouvelle, secte plus morale que religieuse. Dans ses réunions, toujours publiques, on prêchait les devoirs des lîommes envers leurs semblables, les devoirs des enfants envers leurs parents, des pères envers leurs enfants; les devoirs réciproques des époux: et on faisait entendre des témoignages de reconnaissance pour l'Être des êtres. La première séance des théophilantliropcs, ou amis de Dieu et des hommes, se tint, le 15 janvier 1797, dans une maison de la rue Saint-Denis, au coin de celle des Lombards. La salle consacrée à ces réunions offrait sur ses murs, et dans des tableaux écrits en gros caractères, des maximes relatives aux vertus sociales, à la bienfaisance, à la justice. Un autel, sur lequel était une corbeille de fleurs ou de fruits, symbole de la création et du développement végétal, était, avec ces maximes, les uniques objets offerts à la contemplation des assistants. Un orateur, dans un costume simple, mais dont la forme s'écartait des vêtements communs, développait les avantages d'une vie régulière , et des actions bienfaisantes. Après le discours , on chantait des hymnes auxquels les assistants mêlaient leurs voix.

Les théophilanthropes faisaient de nombreux prosélytes. Leur premier local no put ccmtenir la foule qui s'y portait. Ils sollicitèrent la permission détenir leurs séances dans quelques églises de Paiis. ils s'établirent successivement dans h s églises de Saint Jacques-du-Hautdu-Pas, de Saint-Sulpice, de Saint-Thomasd'Aquin, de Saint-Etienne-du-Mont, de Saint-Médard, de Saint-Eustache, Ci\i Saint-Germain-l'Auxerrois, etc. La Ihéophilanthropie, en faveur à Paris, s'élenditdans les départements, y lit des progrès, et franchit même les limites de la France. Bonaparte, en s'emparant de l'autorité, vit avec inquiétude une réunion

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d'hoiîiiiirs qui, par son inlliuMice, pouvait conlraricr ses projets ambitiinix. Jl retira d'abord aux théophilaiithropes les faibles secours que leur accordait le gouvernement ; puis, il envoya dans les lieux où ils s'assemblaient, des agents chargés d'y exciter du trouble, et d'y tourner en dérision les choses et les paroles. Enfui, par son arrêté du 4 octobre 1801, il mit lin à leur existence, en défendant aux llK'opliilanlhropes de se réunir dans les édifices nationaux, et en refusant ensuite de leur donner acte de leur déclaration, lorsqu'ils louèrent un local particulier pour y tenir leur assen^blée.

Le gouvernement directorial, comme à l'ordinaire, fut blâmé, insulté et méprisé par celui qui le renversa. Cependant il avait soutenu avec succès l'effort des puissances étrangères, fait jouir les Français d'une liberté qui ne fut limitée (jue par les lois, et organisé toutes les administrations. — Sous le Directoire , le palais du Luxembourg fut ragréé : on y construisit une aile de bâtiment, située à l'ouest, dans l'alignement de la façade du jardin, aile qui fut abattue sous Bonaparte; et on commença les travaux de la grande avenue de ce jaidin. Le Muséum d'histoire naturelle reçut un accroissement considérable; enfin plusieurs quais furent rétablis (Ij.

PAIUS SOUS NAPOLÉON BONAPAHTi:.

D'abord général et membre de V Institut, Napoléon, revenu d'Egypte à Paris, ayant renversé, dans la journée du 19 brumaire an (viii 10 novembre 1799), le gouvernement existant, devint troisième consul provisoire &q la république française. En vertu de la constitution du 22 frimaire suivant, il fut élevé au rang de premier consul. Selon cette constitution, le consulat ne devait durer que dix ans. Bonaparte, le 14 juillet 1802, lui porta la première atteinte, en se faisant proclamer consul à vie. Enfin, le 18 mai 1804, il se fit déclarer empereur. Je n'entreprendrai pas de décrire, avec détail, les fêtes dont Paris fut le (.héàtre à l'occasion du couronnement de Napoléon, parle pape Pie Vil, dans la basilique de Notre-Dame, le 2 décembre 1804. Elles eurent le cachet de magnificence que ce grand homme a su imprimer à toutes les solennités qui ont eu lieu sous son règne. — Après la paix de Tilsitt, en novembre 1807, les soldats de la garde impériale furent réunis, aux Champs-Elysées, dans un immense banquet, offert par la municipalité parisienne. Toute la population applaudit à cet honneur rendu à la bravoure et à la gloire de ce célèbre corps d'élite. — D'autres fêtes, d'un autre genre, furent célébrées à Paris, à l'occasion du mariage de l'empereur avec

(i) Trois théâtres furent fondés à celte époque: 1" le théâtre de hi Cité, où Franconi a donné <ic..s représentations équestres, et qui a été transfornné en salle de hal, aujourd'hui le Prado ; 2" le Théâtre-Olympique, rue de la Victoire, m" 30, maintenant consacré à des bains ; 3" le théâtre des Vietnires^ Ndiionales, rue du Bac, supprimé en 18,08.

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l'archiduchesse Marie-Louise, le 2 avril 1810. La cérémonie se fit à l'église Saint- Germain-l'Auxerrois, en présence de toutes les illustrations de l'empire. Un an après, Napoléon avait un fils, et les habitants de Paris, qui se pressaient en foule compacte dans le jardin des Tuileries , saluaient l'enfant, roi de Rome, comme l'espoir de la France. A cette occasion, il y eut des réjouissances publiques, et des fêtes magnifiques, qui furent données par le corps municipal.

Le seul fait important que je trouve à signaler pour l'histoire spéciale de Paris, est la conspiration du général iMallet. Détenu pour complot politique, il s'évada de prison le 23 octobre 1812, rassembla quelques troupes qui lui étaient dévouées, fit sortir de la Force les généraux Guidai et Lahorie, détenus pour la même cause que lui, et sema le bruit de la mort de l'empereur. Puis, aidé par les royalistes et muni de fausses lettres et de faux décrets, il se rendit maître des principaux postes de la ville, s'empara de la personne de Savary et de Pasquier, chefs de la police, et les destitua. Le succès semblait assuré à cette audacieuse entreprise. Mais arrivé à l'état-major de la place, commandé par le général Hullin, Mallet trouva une vive résistance et fut arrêté. Le lendemain, il fut traduit devant une commission militaire qui le condamna à mort, lui et treize de ses complices. Telle fut l'issue rapide et sanglante de cette conspiration qui fit grand bruit dans Paris.

On connaît les désastres delà fatale campagne de Moscou, et le résultat de la coalition des armées étrangères pour renverser Napoléon. Le 30 mars 1814 , Marmont et Mortier livrèrent sous les murs de Paris une bataille qui coûta plus de 18,000 hommes aux ennemis; mais qui n'empêcha pas, pour Napoléon, la perte de la capitale de son Empire. Les armées étrangères firent leur entrée dans la ville, et pendant leur séjour y gardèrent une discipline honorable pour les vainqueurs comme pour les vaincus. Le 2 avril , le gouvernement provisoire, nomoié par les sénateurs, prononça la déchéance de Napoléon; le 11 du même mois. Napoléon envoya aux puissances coalisées son acte d'abdication; enfin quelques jours après il quittait la France , et partait pour l'île d'Elbe.

Cependant les membres delà famille de Bourbon avaient été rappelés, et Louis XVIil remontait sur le trône de ses ancêtres. Le 30 mai, ce roi signa la convention de Paris (\m réglait les limites elles droitsinternationaux de la France; enfin le 4 juin, il octroyait aux Français , une charte constitutionelle qui devait servir de base au nouveau gouvernement.

Le règne de Napoléon fut uno ère de prospérité pour la France. Alors les administrations furent réorganisées, et les institutions publiques assises sur des bases nouvelles et stables. Les écoles et les théâtres furent l'objet de plusieurs décrets qui devaient les faire entrer dans une voie continuellement progressive. On voit briller dans toutes les branches des arts, des belles-lettres et des sciences, une foule d'hommes d'un talent éminent. MM. de Chateaubriand, de Fontanes, Daru, Daunou , Lebrun, J. de Maistre, Andrieux, Raynouard, Delille, Michaud, Picard, Millevoye, Parny et madame de Staël publient des livres ou écrivent pour le théâtre des œuvres qui ont un grand retentissement. Les travaux de Lacépède,Cuvier, GeoffroiSaint-Hilaire,Bory de Saint-Vincent, J.Thouin, et Brongniart étendent le domaine des sciences naturelles. Il suffit de nommer

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l.aplaoe, Bertliollet, Delainbie, l.aj^range, Vauqueliii, Chaptal et Biot pour rap|)eler les proj^rôs immenses (pje les malliémali(pies, raslronomie, la pliysiqiio et la chimie ont accomplis pendant la périotle iin|)érial(\ La médecine et la chirurgie s'honorent des travaux de Dubois, de Hoyer, de Larrey , de Des^enettes, de Beclard, île l*inel, de Corvisart, de (.haussier, etc. A la t(}le des hommes (jue leurs études sur la législation et la jurisprudence ont rendus célèbres, il laut placer les rorlalis, les Treilhart, les Merlin, les Tronchet, les llenrion de Pansey, etc.

Notre école de peinture historique, animée par les hauts faits des armes fran- (jaises, brillait d'un vif éclat. Pendant que David, Gros, Gérard, Guérin, Girodet exécutaient des tableaux qui ont inauguré une ère nouvelle dans 1 histoire de la peiiiture en France, Prud'hon, Caries Vernet, Vandaël et Isabey, dans des genres divers, prenaient rang parmi les artistes les plus distingués. Chaudet, Lemot, Bosio, Canova tiraient, du marbre ou du bronze, dos statues et des basreliefs qui sont loin d'être indignes de l'admiration de notre temps. Le baron Desnoyer et Berwick faisaient paraître leurs excellentes gravures; M.M.Gatteaux, Andrieux, Thiollier, Galle et Desmarest, leurs gravures en médailles. Les architectes, quoiqu'entraînés par un amour exclusif pour l'art romain, ont laissé des travaux recommandables. Chalgrin , Brongniart, Lepère, Fontaine, Petit-Badel, Percier et Legrand ont fourni les dessins de la plupart des monuments élevés au commencement de notre siècle. La musique elle-même prit un essor brillant; on admirera toujours avec raison les œuvres de Faëz, Nicolo, Paësiello, Berlon , Lesueur , Cherubini , etc.

On voit que l'époque impériale ne sera pas mémorable seulement pour ses hauts faits d'armes, et qu'elle peut offrir au respect des générations futures, d'autres noms que ceux des généraux qui , en si grand nombre, ont brillé sur tant de champs de bataille dans presque toutes les contrées de l'Europe. Aucun genre d'illustration ne lui aura manqué , et elle remplira toujours une des pages les plus glorieuses de l'hiitoire de France.

Napoléon, du reste , ht beaucoup pour Paris : par ses soins, cette ville fut réparée et embellie ; il y fit exécuter un grand nombre de travaux et y fonda une foule d'établissements publics.

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