EA[JX DE PARIS
LE CANAL DE l'ouhcq. Un décrct du 19 mai 1802, porte « qu'il sera ouvert un » canal de dérivation de la rivière de l'Ourcq, qui amènera cette rivière dans M un bassin près de la Villette. » Un autre décret assigne les fonds qui sont nécessaires sur les produits des octrois établis aux entrées de Paris, et charge le préfet du département de la Seine de l'administration générale de ces travaux. La prise d'eau dans l'Ourcq fut fixée au bief supérieur du Moulin de Mareuil, distant de la barrière de Pantin de 24 lieues.
Ce canal a plusieurs objets d'utilité : le premier consiste à amener dans le bassin de la Villette assez d'eau pour sulïire aux besoins de Paris; le second à établir une communication navigable entre la rivière d'Ourcq et Paris; le troisième à former un canal de la Seine à la Seine, composé de deux branches navigables, alimentées par le bassin de la Villette : l'une dirigée de Saint- Denis à ce bassin, et l'autre de ce même bassin aux fossés de l'Arsenal ; et le quatrième, à disposer du superflu des eaux pour former des usines dans Paris, et principalement sur les deux rives du canal de la Seine à la Seine.
LE BASSIN i)F LA viLLKTTE, commcucé cu 1806 et terminé en 1809. Il présente un parallélogramme dont la plus grande dimension est de 800 mètres,
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et Ja moindre de 80. Ce bassin, bordé de quatre rangs d'arbres, acquiert un nouvel ornement de l'édifice magnifique qu'offre la barrière de Pantin.
AQUEDUC DE CEiNTUiiE. E'cau qui Sert aux besoins et aux embellissements d'une partie de Paris sort d'un des angles du bassin de la Villette, parcourt Vaqueduc de Ceinture, long de 4,350 mètres , et qui s'étend de ce bassin jusqu'à Monceaux. De cet aqueduc partent deux branches, l'une appelée de Saint-Laurent, et l'autre des Martyrs. Ces deux galeries, dont la première a 900 mètres de longueur, l'autre 800, parties de l'aqueduc de Ceinture se terminent au grand égout. Elles ont des ramifications de moindres dimensions, ainsi que des tuyaux en fonte de fer de 9,700 mètres de longueur, qui alimentent les bornes-fontaines de la rue Saint Denis et d'autres rues adjacentes, les fontaines des Innocents, du Ponceau, et la belle fontaine du boulevard de Bondi.
LE CANAL SAiNT-MAKTiN, appelé d'abord Canal de navigation, partant du bassin de la Villette, et aboutissant à la f/a?'e des fossés de V Arsenal, Ce canal passe entre l'hôpital Saint-Louis et le boulevard extérieur, traverse le faubourg du Temple, la rue Méniimontant , celle du Chemin-Vert, et arrive à la place de la Bastille. Sa pente totale, de 25 mètres, est répartie entre dix écluses, Le 13 mai 1822, M. le préfet de la Seine a posé, dans les fossés de la Bastille, la première pierre de réduise de la Seine, pour le canal Saint Martin.
LA GAKE DE l'arsenal, à laquelle aboutit le canal Saint-Martin, établie sur les fossés de l'Arsenal, peut contenir 70 à 80 bateaux. Le canal Saint-Martin sert de complément au canal de communication de la Seine à la Seine, en traversant divers quartiers de Paris ; communication dont le canal de Saint- Denis est la première partie.
LE CANAL SAINT-DENIS. Il commcncc près de Saint-Denis, au point où la petite rivière du Bouillon se jette dans la Seine , et se termine, au canal de rOurcq, à une pièce d'eau en demi-lune, au-dessus du bassin de la Villette. Ce canal, commencé en 1811, après avoir contourné les dehors de la ville de Saint- Denis, du côté de Paris, se dirige en ligne droite, jusqu'au canal de l'Ourcq. La longueur totale de ce canal est de 6,600 mètres. Du point où commence le canal , il fallait aux bateaux, en parcourant les sinuosités de la Seine, trois jours pour arriver à Paris : il ne faut que huit heures , ou tout au plus une journée pour qu'ils arrivent au bassin de la Villette. Ce canal fut achevé en 1821 .
FOINTATNES DE PARIS.
Les fontaines se multiplièrent dans cette ville, à la suite d'un décret impérial de 1806; celles qui, depuis des siècles, étaient frappées de stérilité, reçurent une nouvelle vie; déplus, de nouvelles fontaines furent créées. Je vais donner la notice des plus curieuses.
Ldi fontaine de Desaix, située au centre de la place Dauphine, fut élevée en 1802, sur les dessins de M. Percier^ à la mémoire du général Desaix, tué à la bataille de Marengo. Ce monument est composé d'un cippe qui porte le buste de ce général, couronné par la France militaire. Le Pô et le Nil, fleuves témoins de ses exploits, sont représentés avec leurs attributs sur le bas-relief circu-
sons naih)ij:()\ ijonapaimk. «oi
laiiv. Deux reiionniu'os gravent sur des écussous, l'une 'Hièùes v{ les Pyramides^ l'autie Kehl et Mnrengo.
Fontaine du Lion-Saint-Marc, siluée sur TlCsplaiiade des Invalides. Elle était composée d'un grand piédestal , surmonté d'un socle sur lequel était le lion ailé i\\\\ décorait la place Saint-Marc à Venise. Ce lion, en hroir/e, était un monument de nos victoires; il a été rendu à ses anciens propiiétaires. Cette l'onlaiiu^ reconstruite depuis, présente un buste du général Lalayette.
Fontaine de VÉco!c de Médecine, située sur la place de ce nom, et adossée à l'ancien bàliment du couvent des Cordeliers. Klle l'ut construite sur les dessi[is de M. Gondoiiin. Elle présentait quatre colonnes doriques cannelées, supportant un vaste entablement. A travers ces colonnes, on voyait un enfoncement dont le plan demi-circulaire offrait une forme de niche, au bas de laquelle était un vaste bassin. Cette fontaine est remplacée aujourd'hui par une porte ouvrant sur l'hôpital de la (Clinique; sous lepérystile on voit une copie, d'après l'aiiti- (lue, d'une statue d'Esculap^'.
Fontaine du Palmier, située au cenJre de la place du Chàtelet. Elle fut construite en 1807. Au milieu d'un bassin circulaire de vingt pieds de diamètre, est un piédestal qui porte une colonne de 52 pieds de hauteur; son fût a la forme d'un palmier et son chapiteau en offre les rameaux. Sur le piédestal sont quatre statues symboliques par M. Boissot; elles représentent la Loi, la l^orcc, la Prudence, la Vigilance. Elles forment un cercle autour de la base de la colonne, dont le fût est divisé par des anneaux de bronze doré, sur lesquels sont inscrits les noms de plusieurs victoires remportées par les Français. Aux quatre angles du piédestal sont placées quatre cornes d'abondance dont les parties inférieures se terminent par des tètes de poissons marins qui lancent de l'eau. Audessus du chapiteau de la colonne on voit une portion sphérique en bronze doré, d'oii s'élance une figure de même métal; c'est celle de la Victoire, aux ailes déployées, élevant et tenant de chaque main une couronne.
Fontaine de l'Hospice militaire du Gros-Caillou, située rue Saint-Dominique. Elle est isolée, et offre une construction carrée, ornée de huit pilastres et d'un entablement dorique. Sur une de ses faces est un bas-relief représentant llij<jic donnant un breuvage à un guerrier épuisé; dans les entre-pilastres sont dv's vases dont chacun est entouré par le serpent, symbole du dieu de la médecine. Cette fontaine fut terminée en 1809. — F'ontaine de C Institut, quai Conti. Cette fontaine ne consiste point en un monument isolé; aux côtés du perron de la façade du palais on a construit deux bassins, qui sont remplis par quatre jets d'eau, sortis des gueules de quatre lions. — Fontaine de la rue de Vaugira'd ou de Léda^ située à l'angle de la rue de ce nom et de celle du Regard. On y remarque un vaste bas relief en pierre, qui représente Léda caressant Jupiter métamorphosé en cygne. C'est du bec en métal de ce cygne que sort l'unique jet de cette fontaine.
Fontaine de la rue Censier, située au coin de cette rue et de la rue Mouffelard, On y remarque la figure, à mi-corps, d'un Satyre qui presse une outre, d'où au lieu devin, sort de l'eau. — Fontaine de Tantale^ adossée aux maisons qui forment la pointe Saint-Fustache. Dans une niche est un vase qui reçoit l'eau
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sortie d'une coquille nu-dessus de laquelle est une tête couronnée de fiuits, qui, la bouche ouverte, semble s'efforcer, mais vainement, de se désaltérer avec l'eau dont celte coquille est pleine. — Fontaine ou Cliâteau-d' Eau du boulevard Saint-31artin. Elle fut terminée en iSlO. Sa construction et le jeu de ses eaux présentent une forme pyramidale. Une gerbe volumineuse jaillit d'un cuvette supérieure, y retombe, puis ses eaux se versent dans une seconde cuvette, d'où elles sont versées dans une troisième, et enfin dans le bassin. Quatre socles divisent le bassin circulaire; sur chacun de ces socles sont posés des lions en fer fondu, qui de leur gueule lancent huit jets d'eau,