PAPJS SOUS LA PREMIÈRE RACE DES ROIS FRANCS
KTABLISSEMENT DKS FRANCS A PARTS, NATURE DE LEUR fiOUVERNEMENT.
INMidant celte péiiode, la scène historicpie éprouve de grands changements : la domination romaine, établie depuis plus de cinq cents ans, s'évanouit; de.:^
(1) OrihaHimedUitKilinm colhrtantn, prafatio, lil,. I, pau. m,.
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lioniiiîos Côrocos, ci depuis longtemps liabitués au brigandage, devienuenl mai- (iTS de la (iaule. Dès lors se lermine la période des temps antiques ou romains^ el conuneiice eelle du nioijcn (kjc ou de la Imrbaric. Les lloniaius, en introduisani dans les provinces un grand nond)re de nations étrangères, qualifiées de ileniils ou de Lètes ,1\ en leur accordant des terres, en élevant i)lusieurs de leurs chefs aux dignilés les plus éminenles de Tempire, avaient commencé l'œuvre de la décadence; les événements du cinijuième siècle rachevèrent. Les lumières s'éteignirent ; et ce ne tut (pi'après dix siècles d'anarchie et de calamités, qu'elles parvimvnt à se rallumer.
Au mois de décend)re 406, des hordes de Barbares tondent, comme pai' loirents, sur diverses parties de l'empire romain; les unes les parcourent en les pillant, en les dévastant, et vont plus loin porter leurs ravages; les autres les pillent, les dévastent, et y (ixent leur demeure. La Gaule eut beaucoup à soutfrir des succès de ces féroces étrangers. Les Wis/r/oths et les f^ouryuiynonsy avaient fondé deux royaumes, les premiers dans le midi, les seconds dans la partie^ orientale, (piand des Sicambres, de la ligue des Francs, violant les traités qui les liaient au gouvernement romain, franchirent, vers l'an 445, la barrière du Khin , et parviiH'ent à s'emparer des villes de Cologne, de Tournay, de Caml)rai, etc., dont chaque chef se lit souverain. Malgré ces envahissements successifs, remj)ire romain se maintenait encore dans plusieurs grandes parties des provinces belgiques.
Un des chefs francs, Childéric, roi de Tournay, auquel on attribue quelques exploits dans Paris, et même un long siège de cette ville, étant mort en 481, son fds Clovf's , jeune Barbare, dévore par la soif des richesses, ayant réuni plusieurs i)etits princes de sa famille, quitta, en l'an 486, son camp de Tournay, marcha contre Siaf/rius, général romain, le combattit dans les plaines de Soissons, et remporta sur lui une victoire complète. Il pilla cette ville; puis s'avança sur Reims, qui fut pillée à son tour. Eu l'an 494, il étendit son royaume jusqu'à la Seine, et, en 496, jus(ju'à la Loire. Dans la première exi)édition il dut se rendre maître de Paris, puisqu'il était maître du cours de la Seine. Les évèques qui dirigeaient alois ce jeune prince lui livrèrent, à ce qu'il paraît, la capitale des l^arisiens. il est certain que les évèques gaulois, [)ar l'influence qu'ils exerçaient sur l'esprit des peuples, contribuèrent puissamment à ses conquêtes, et reçurent, pour prix de leurs grands services, des biens et des pouvoirs dont ils n'avaient encore jamais joui. Ces services leur acquirent les richesses du clergé et la juridiction tem|)orelle des prélats. En l'an 508, Clovis fixa sa résidence à l^aris, (jui devint alors la capitale des États des Francs; et, après trente aimées de règne, il y mourut en l'an 511, et fut enterré dans la basilique Saint-lMerre et Saint-i*aul, depuis nommée Sainte-Geneviève.
Ses quatre fils, Théodorich ^ Chlodomire, Childeberl, Clotaire, partagèrent ses États, mais ce partage fut si irrégulier, qu'il serait dilficile de déterminer précisément la j)art de chacun d'eux. Une province, un canton, une ville même, appartenaient à deux, à trois souverains. Paris devint la propriété de ces quatre fils de Clovis, de manière qu'un d'eux ne pouvait y entrer sans la permission des autres. Chlodomirey en l'an 524, périt à la guerre. 11 laissa trois fils : deux furent
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rgorgés par leurs oncles; le troisième fut réduit à la condition ecclésiastique. Alors la Gaule se trouva divisée en trois royaumes. Childehert eut en partage Paria, Meaux, Senlis, Beauvaia, et prit le titre de roi de Paris, qu'il conserva jusqu'en 558, époque de sa mort. Clotaire lui succéda dans le royaume de Paris; mais devenu, peu d'années après, maître unique des trois royaumes de la Gaule, il ne prit plus le titre de roi de Paris. 11 meurt en 561 : alors ses quatre fils se partagent ses États, et la Gaule est de nouveau divisée en quatre royaumes. Chariberl devint roi de Paris; Guntram., roi de Bourgogne et d'Orléans; Sigeherty roi de Met/; et Chilpéric, roi de Soissons. Charibert porta le titre de m de Paris jusqu'à sa mort arrivée en 567 : Chilpéric, roi de Soissons, réunit alors le royaume de cette ville à celui de Paris. Ces deux royaumes n'en formèrent qu'un seul, et ce roi fit sa résidence ordinaire dans cette dernière ville.
ChilpcriCy roi de Soissons, meurt assassiné en 584. Il a pour successeur, dans les royaumes de Soissons, et de Paris, son fils Clotaire II, qui, après la mort ou l'assassinat de plusieurs princes de sa famille, réunit en 613 sur sa tête les trois couronnes, et règne seul dans la Gaule. Il réside à Paris, y meurt en 628, et laisse deux fils, Dagobert ei Charibert II. La domination de la Gaule est alors divisée en deux royaumes. L'un occupé par Charibert II, ne consiste que dans quelques provinces méridionales; l'autre, bien plus considérable, composé de toutes les autres provinces, même de plusieurs régions situées au delà du Rhin, est le partage de Dagobert. Charibert meurt en 631, et Dagobert se trouve seul possesseur des vastes États des Francs. Sa résidence ordinaire est à Paris ou dans des lieux voisins de cette capitale. Il meurt le 19 janvier 638, et laisse deux fils en bas âge, Sigebert II, qui fut roi d'Austrasie, et Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne.
A l'époque de cette mort et de cette succession, commence à décroître la puissance des rois, et à se fortifier celle des maires du palais. Ces ofliciers domestiques profitent de la grande jeunesse du fils de Dagobert et régnent sous le nom des rois qui ne possèdent que ce titre, et qui, en l'an 752, perdent cette unique prérogative. Pepin-le-Bref, duc et maire du Palais, fait condamner Childéric 111, le dernier de ces rois fainéants, à être déposé, rasé, et renfermé dans un monastère, et se fait proclamer roi à sa place. L'usage des fils, de partager entre eux le royaume de leur père, les guerres continuelles qui résultaient de ces partages, la faiblesse des rois, l'ambition des ducs et des maires du palais, et plus encore la nature d'un gouvernement sans bases solides, amenèrent la ruine de la première dynastie des Francs.
Llablis dans la (iaule, les Francs y laissèrent subsister l'ancien état de choses dans tout ce ipii ne contrariait pas leurs coutumes barbares. Ils conservèrent les dénominations iXi^.ducs, de comtes, etc., ou leur substituèrent celle de graphions ; mais ils en approprièrent les fonctions à ces coutumes. Chaque duc alors exerça danssH province un em])ire souverain, leva à son gré des troupes, les dirigea contre ses voisins, eut le droit de vie et de mort, de paix et de guerre. Le comte conduisait, sous les ordres du duc, son contingent de troupes, levait des contributions et rendait la justice avec ses assesseurs. Il agissait en souverain dans sa cité. Il existait une autre classe d'hommes puissants appelés Leudes, AntruS'
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/i'uis, ccs{i\-{\'\\vji(l('/rs. Compaf^iions d'anuos du v\w{\ ils avaient partagé avec lui le bulin et les terres ([u'on appela terres saUques, et ils participèrent au gouvernement, etc.
Une des coutumes introduites par les Francs dans la Gaule y mit la domeslicité en homieur, et contribua à Tavilissement général. Les Romains, |)our le service de leurs personnes, avaient des esclaves; les Francs, orgueilleux comme le sont Ions les Barbares, trouvèrent cet usage indigne d'eux, ils continuèrent, suivant leurs antiques coutumes, à se faire servir par des hommes d'une naissauce illustre, par les (ils de leurs parents, de leurs leudes ou fidèles; ils renvoyèrent à l'agriculture et aux travaux mécaniques les esclaves romains, et les servîtes emplois de ces derniers furent remplis par des fils de princes ou de nobles (1).
Cet ordre de choses, que je ne puis qualifier de (joiivernement y parce que ceux qui possédaient l'autorité exploitaient et ne gouvernaient pas; parce que les pouvoirs, vaguement limités ou sans limites, étaient répartis sur un trop grand nombre d'individus; parce que les droits restaient sans garanties; parce que la violence, l'arbitraire et un aveugle despotisme, remplaçaient tout ce qui constitue un gouvernement; cet ordre de choses, dis-je, pouvait convenir à des hordes à demi sauvages, vivant de brigandages dans les forêts de la Cermanie; mais il dut paraître fort étrange et causer une consternation générale, lorsqu'il fut transplanté dans un grand État, au milieu d'une nation façonnée, depuis cinq cents ans, aux lois, aux arts et à la civilisation des Romains. Dans le Tableau des mœurs, placé à la fin de ce chapitre, on trouvera plusieurs faits qui serviront de preuves à l'esquisse que je viens de tracer. Avant de décrire les institutions existantes à Paris pendant la première race, institutions toutes religieuses, il convient de faire précéder leur description d'une notice histol'ique siu' l'établissement de la religion chrétienne dans la Gaule, et particulièrement à Paris.
(1) De ccUe coutume barbare est résultée l'espèce d'illustration accordée en France à des places de domestiques.
Celui qui , chez les Francs, était chargé de la surveillance des chevaux , des écuries et des élables, devint le premier dignitaire de la monarchie française, sous le titre de conics stabuli, comte de l'ctableou connétable.
Le titre de maréchal désignait originairement, et désigne encore aujourd'hui, un homme qui pansait et ferrait les chevaux; le nom de ce métier est devenu un titre éminent dans le militaire.
Le sénéchal n'éi?ài qu'un domestique qui veillait à la sûreté de la maison, qui percevait les redevances du maître, et qui le servait à table : on en lit depuis un grand-olîicier de justice.
La grand-panetiei'y qui, dans l'origine, n'était qu'un boulanger, est devenu un grand-ollicicr de la couronne, il en fut de même du grand-bouteillier qui surveillait 'les caves, les tonneaux et les bouteilles; du grand-vcnearei du grand-lodvetier, qui n'étaient que des domestiques chasseurs. Que de familles se sont enorgueillies de compter parmi leurs aïeux des personnes chargées de titres qui rappellent des professions extrêmement roturières et serviles!
Les nobles, depuis la première race jusqu'à nos jours, ont continué d'envoyer leurs enfants daus les maisons des hommes puissants, et se sont crus fort honorés de pouvoir procurer à leurs fils, à leius tilles, des places de domestiques portant livrée, et les titres de varlets, valets, servantes, filles, dénominations (iui , dans des temps plus polis, ont été changées en celles de gentilshommes , (\q filles ou dames d'honneur.
IIISTOIKJ: DE PARIS