ROMAINS
« avoir démoli une église du voisinage, s.- « ser\irent des poutres qu'ils en avaient « tirées pour abattre les murs antiques de « cet édifice très solidement construit, et « arrachèn?ut toutes les vignes (l;.>
En 1737 et !738 des fouilles furent ordonnées en cet endroit de la montagne.
Ou y découvrit les reste» d'un bâtiment dont le plan offrait un parallélogramme,
▲bbaye SaÎDle-GcDevii-v».
divisé intérieurement en cellule; dans quelques-unes d'elles étaient des fourneaux. On y reconnut les vestiges de deux chambres soigneu^rment cimentées en dehors et en dedans. Du côté du midi, l'eau arrivait à cet édifice par un canal qui descendait de la Fontaine du Bue. et. après avoir côtoyé la moitié d une face de l'en- •einle, elle y pénétrait par une ouverture voisine des fourneaux.
M. rabl)é Lebeuf. qui suivit les travaux de ces luuil'.es, qui en a décrit les résul-
aboulitàla place de Grève, lieu du supplice. J — HI8T0IRE DE PARIS
tats, au lieu d'un temple n'y \il qu'une maison de bains |iarticuiiers : et M. de (iaylus, qui, aNec les n\se?ources. le zè!c d'uii amateur opulent, éclairé, a recueiiii toutes les notes relatives a ces recherches, et qui a lait des.siner et graver tout c»* qu'elles avaient mis à découvert, n'y -^ reconnu qu'un bâtiment destine à df-s londeries (2>.
(Ij Becveil des Hiitoriens dt Franc ^ tore. VIII, pag. 198.
(2) A ces fouilles assistèrent def magistrats chargés d'en dresser procès-verbal. U»
Dans les ruines de ce prétendu temple (le Mercure ou de Mars, on trouva un vase de terre d'un travail grossier, et une tête de bronze grande comme nature (1).
Au bas et au sud-ouest de la même montagne, on découvrit, en creusant un puits, 'deux fragments de bas-relief en marbre blanc, représentant des enfants ailes, occupés à monter sur un char et à le <iiriger. M. de Caylus les a fait graver, ainsi qu'un bras de bronze, qui, d'après ses proportions, a du appartenir aune statue de 8 pieds 2 pouces et 8 lignes de hauteur; mais il n'est pas assez bien constaté que cette dernière antiquité soit provenue de Montmartre.
On a au.-.si découvert sur Montmartre des fragments de poterie romaine et un petit buste décrit et gravé dans l'ouvrage de la Religion des Gaulois, par dom Martin.
De ces découvertes il faut conclure qu û existait suv le revers et en bas de cette montagne quelques maisons de campagne bâties et habitées par des Romams, ou quelques établissements antiques dont le temps a effacé les traces.
Faubourg deLutècE. Dans cette même partie de Paris, au nord de la Seine, était un faubourg dont parle Ammien Marcellin. Julien, "apprenant l'arrivée prochaine des troupes auxiliaires qui devaient passer par le chef-lieu des Parisiens, pour se rendre en Perse, fut, suivant l'usage, dit Ammien Marcellin, au-devant d'elles dans le faubourg : In suburbanis princtps oçcurrit (2). Ces troupes, composées d'Erules, de Bataves, de Pétulants, de Celtes et de l'éUte de plusieurs légions, venaient
plaisant imagina d'emprunter les formes de celte procédure et les noms ce ces magistrats, pour publier avec plus de succès une description des prétendues découvertes que ces fouilles avaient produites. C'étaient dts temples souterrains, v;i3tos et superbes, enrichis de plusieurs milhers de statues d'argent et d'or, de colonnes de matières les plus précieuses; l'imagination des poètes, des romanciers, n'avait encore rien enfanté de plus merveilleuse. Plusieurs Parisiens furent dupes de cette mystification.
'^l) M. de Caylus a fait graver le plan de Montmartre , de la fonderie , et les dessins du vase et de la tête , dans ses Antiquités, t. III.
(2j Ammian, Marcell., lib. 20, cap. 4.
du nord : le faubourg où Julien fut à leur rencontre était donc de ce côté.
Second cimetière du faubourg sep- TENTRiOiNAL. Nous avons acquis la preuve qu'il existait, pendant la période romaine, un second cimetière destiné aux morts de la ville et de ce faubourg. Il occupait l'espace compris entre la rue de la Verrerie, la rue du Mouton, la place de Grève, le marché Saint-Jean et l'emplacement de l'église Saint-Gervais; sans doute il s'étendait au-delà de ces limites.
Dans la rue de la ïixeranderie, en face de celle du Mouton , est l'emplacement d'un ancien hôtel des comtes d'Anjou. En fouillant les fondations de cet hôtel, on décou\rit, en 1612, plusieurs tombeaux antiques, dont deux ont été mentionnés par Paul Petau,par l'abbé Lebeuf et autres savants. L'un contenait un squelette et des médailles, dont la plus récente appartenait au tyran Magnence, proclamé auguste dans la Gaule en l'année 350 ; l'autre, gravé dans les Antiquités de Sallengre, porte pour inscription : Patilius, fils de Partiel i us.
La place du marché Saint-Jean, peu distante de la rue de la Tixeranderie et de l'église Saint-Gervais, et qui remplit à peu près l'intervalle entre ces deux points, était nommée, au treizième siècle, la place du Vieux-Cimetière, Platea veteris cimettrli.
L'aLb'^ Lebeuf nous apprend qu'en i717 on construisit des maisons entre l'église de Saint-Gervais et la rue du Monceau, et qu'à 1 2 pieds au-dessous du .-ni on découvrit plusieurs cercueils en piei \ fort anciens, comme l'indique la piulondeur de leur gisement.
En" 1818, pour étabUr une conduite d'ear , on creusa profondément les rues du Si...i.coiiu et du Martroi : on trouva, notamment près de l'église Saint-Gervais, un grand nombre de tombeaux en pierres tendres, dont les fragments purent remplir douze à quinze charrettes. Les corps et même les os étaient entièrement pulvérisés : ce qui prouve la haute antiquité de ces monuments et les principes éminemment dissolvants contenus dans le sol(1).
(1) Le sel de ce quartier doit certainement sa qualité dissolvante et corrosive à une butte, monticule factice, ou voirie composée de srtiNois et d'immondices entassés près de l'égTise de Saint-Gervais , et qu'on nom-
sors LES
La pei-sonne qui a présidé a ce creusement témoigne que les parties osseuses des cadavresavaient seules laissé des traces dans le fond de chaque tombe : que ces traces consistaient en des traînées de poudre res- ^ml)lant à de la cendre: elles étaient plus ronsiderables là où les os avaient plus de volume ; à l'endroit occupe par la tète, ce résidu poudreux paraissait le plusabondant.
Ufle autre preuve de l'antiquité de ce cifnetière resuite de la découverte qu'on a faite dans l'un de ces tombeaux ; elle consiste en une médaille d'ariient de basaloi, qui. quoique fort oxydée, laisse voir une tète imberbe avec une couronne radiée, autour de laquelle on lit facilement : .inionius Pivs Ju(j. Cet empereur npiia depuis l'an 138 jusqu'en 161 de notre ère. Ainsi . les habitants du faubo^rij; septentrional de Paris avaient , sous la domination romaine . doux champs de sépulture à leur proximité : celui dont on vient de parler, et celui de 1 emj)la< ement de la rue Vivienne qui paraît avoir clé particulièrement consacré aux morts opulents. On verra qu'il en existait un autre beaucoup plus étendu, dans la jiartie méridionale de cette ville, dont je parlerai.
Telles sont les antiquités trouvées dans la partie septentrionale do Paris ; l'aqueduc de Cliaillot . les réservoirs du Palais- Royal, les anliquilis de la rue Vivienne, celles de Montmartre et deux cimetières,