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IV. Antiquités de la partie inéridionuic de Paris

Cette partie, aujourd'hui moins étendue, moins peuplée que la partie septentrionale, était, pendant la période romaine, bien plus riche en monuments et en institutions r(.ligHu^es civiles et militaires.

Alors, et loniitt.mps après, elle était qualifiée de faubourg, et nommée Lncotitius ou Lvcotitie, comme nous l'apprennent diverses pièces historiques (i): et ce nom, à la désinence près, est le même que

mait le Monceau Saint-Gerviis, dont une rue voisine, eelle du Monceau, a conservé le nom. [V. ci-dessus, Causes de l'inégalité du sol.) Il) Dans le diplôme de fondation de l'Église de Saint-Vincent, dite aujourd'hui de. Saint-Germain -des-Prés, on lit que le roi Chiidebert fonda cette église, in terra qux aspicit a4 fiscum isciacensem , in loco qui cipil-

ROMACS'S S.H

celui de l'île de la Cité, appelée Lyteiia ou plutôt Lhtotetia.

Plusieurs routes ou voies, dont deux seules sont connues, traversaient ce faubourg.

LaVincipale. partant du Petit-Pont et suivant la direction de la rue Saint-Jacques, longeait à droite l'enceinte du Palais des Thermes : ensuite, s' élevant comme le coteau, dont la pente était autrefois plus raide qu'elle n'est aujourd'hui, elle laissait à gauche des vignobles, et à droite un lieu que je conjecture avoir été consacré à Biicchus, puis les places et avenues qui précédaient ce Palais. Parvenue à la hauteur du plateau, cette voie, après avoir travers;» les emplacements de la Sorbonne et des Jacobins, dans la direction d'un» rue qui a existe entre l'emplacement t: » la Sorbonne et l'église de Saint-Benoît,., se prolongeait entre un camp romain et urf vaste champ de sépultures, a travers l'ancien emplacement des Chartreux, et allait aboutir a I>sy, et de lii à Orléans.

La seconde voie naissait de la précédente, il peu près à l'endroit oii la rue Galande débouche dans celle de Saint- Jacques, et suivant la direction de cette premèire rue et de celle de la Montagne- Sainte-Geneviève, s'élevait au milieudes vignobles jusqu'au plateau. Arrivée à re

f)oint, elle avait à gauche un lieu apjttrlé es Arènes, destiné aux spectacles publics. A droite, et sur l'emplacement même de l'édifice du Panthéon, étaient des exploitations de terres propres à la poterie et une fabrique de vases romains. Cette voie suivait ensuite la direction de la rue Mouffetard, et traversant le champ des sépultures, que je mentionnerai bientôt, aboutissait à un lieu appelé Mous Cet ardus. Ce nom a reçu dans la suite le nom de Saint-Marcel ; mais la rue qui y mène a conservé, à quelques altérations près, sa dénomination antique ; de Mous Cetardus on a fait Mont-Cétard, puis Mouffetard.

Voici les objets contenus dans l'espace que je viens de décrire :

laiuT LOCOTITIE. {Diplomai^, * m^./.. , ...c, tom. I, pag. 54.1 La vie de saint Doctrovée, abbé de ee monastère, portri que Chiidebert nnt à Paris, et fond.x une église en 1 honneur de snint Vincent, dans un faubourg do cette villi, et dans un lieu nommé Lurntitius. {Hcueil des Historiens de France, t. III, p. 437.)

IIISIOIRE DL PARIS

Palais des Theraiks (l). Des restes de et antique édifice sont situés dans le (juartier compris entre les rues de la Harpe, (lu Foin (2), de Saint-JvCques et des Mat burins. Avant 1819, on y entrait par la liorte cochère d'une maison située rue de 'a Harpe, au n" 53 ; aujourd'hui entre les u«* 61 et 65, En celte année, le préfet du leparlement fit, pour la ville, l'acquisition 'le cette maison, de l'emplacement et 'les restes de cet édifice (3). En 1819, la 'naison a été démolie ; et, en 1820, on -'est occupé à déblayer les antiquités et à réparer leurs parties existantes.

Avant de, décrire ces restes antiques, je dois donner quelques notions sur les Thermes de la ville de Rome, et ensuite produire des témoignages de l'antiquité des Thermes de Paris.

A Rome, on donnait le nom de Thermes a de vastes édifices destinés à des bains rhauds, comme l'indique ce nom. Gesétatilissements furent d'abord simples et commodes ; puis, lorsque les conquêtes eurent enrichi et corrompu les Romains, ils se transformèrent en palais somptueux, et il n'appartint qu'aux empereurs de les faire construire, et d'y loger avec leur immense suite. A Rome, les Thermes d' Agrippa, de Néron, d'Antonin Caracalla , de Gordien, et ceux de Dioclétien, surpassaient tous les autres par leur étendue, leur magnificence,- il en existe encore des restes imposants. Ces Thermes contenaient plusieurs salles de bains, des salles de jeux, des -ailes d'exercices, des galeries, des portiques, des théâtres, etc. ; ils étaient de plus acompagnés de vastes jardins.

Depuis environ sept centsans, les restes des Thermes de Pans ont porté le nom de Palais des Thermes et le portent encore. Ce palais était certainement le même que celui où quelques césars et quelques auçiustes ont, dans les troisième et quatrième siècles, passé leurs quartiers d'hiver.

Trois écrivains de l'antiquité donnant des détails sur ce palais de Paris, l'indiquent ou le qualifient honorablement, Julien le désigne sans le nommer, lorsque,

(1) Voyez le Plan de Paris sous la donniiation romaine.

{2) Maintenant rue des Noyers. H. B.

j3) Le palais des Thermes, pour redresser cette erreur, a appartenu jusqu'en 1836 à J'hospice de Charenton, en vertu du décret impérial de 1807.

dans son MfsopogoîuquW composa à Antioche. i! raconte un événement dont il faillit être la victime. « Autrefois, dit-il, « je passais mes quartiers d'hiver dans ma « chère Lutèce; c'est ainsi que les Gaulois « nomment la petite forteresse des Pari- « siens. » Il ajoute que, pendant un hiver rigoureux, il se refusa d abord à ce qu'on allumât des fourneaux destines à réchauffer la chambre où il couchait : mais que, le froid devenant plus âpre, il consentit, afin de sécher les parois des murs couverts d'humidité, à ce qu'on y apportât des charbons ardents, dont la vapeur l'incommoda beaucoup.

Julien, dans son manifeste adressé au sénat et au peuple d'Athènes, en racontant les événements qui précédèrent son élévation à la dignité d'auguste, parle plusieurs fois de ce galais, où il résidait avec son épouse Hélène, sœur de l'empereur Constance, parle de l'arrivée des troupes étrangères qui se rendirent à Paris, de leur.-v soulèvements, et d'une chambre voisine de celle de son épouse, où il méditait sur les moyens d'apaiser le tumulte des troupes qui environnaient le palais.

Joignons à ces détails ceux que nous fournit l'iiistorien Zozime, en décrivant les scènes tumultueuses dont le palais de Paris et ses environs furent le théâtre. Il donne à ce palais la qualification honorable de basilique, qui signifie royal ; il raconte comment des troupes auxiliaires, récemment arrivées des bords du Rhin à Paris, pour de là se rendre sur les frontières de la Perse, mécontentes d'une expédition aussi lointaine, résolurent d'élever le césar Julien, qui résidait alors à Paris, à la dignité d'auguste. Impatientées des refus de ce prince, elles se portèrent avec fureur au palais, et en brisèrent les portes.

Ammien Marcellin entre dan* de plus grands détads sur cet événement, qui se passa dans Paris en l'an 360. Il qualifie l'édifice où logeait le césar Julien de palais, palatium. de maison royale, regia ; il nous apprend que cet édifice contenait des appartements secrets ou souterrains.

latebras occultas, où Julien alla se renfermer pour se dérober aux poursuites des troupes auxiliaires, qui l'ayant maigre lui proclamé auguste, craignaient (ju'il ne renonçât à cetTe dignité, et que quelques hommes dévoués à l'empereur Constance n'attentassent à sa vie. Ensuite il nous 1 parle d'une salle consacrée aux délibère-

sous

lions, salle qu'il qualifie de consLsforiutn , où Julien, après avoir cédé au vœu des troupes, tenait son conseil, et où ces troupes, soulevées par le bruit de sa mort, se portèrent tumultueuseme.,l, et finirent par s'apaiser en voyant (dans cette salle) ce prince vivant et revêtu des insignes de sa nouvelle dignité.

Il ajoute que celui qui répandit le faux bruit de sa mort était le décurion du palais, dont la fonction éminente faisait partie des dignités impériales (i).

Les empereurs Valentinien et Valens ont séjourné à Paris pendant Ihivcr de 36o. Trois de leurs lois, contenues dans le Code Tbéodosien . sont datées de celte ville (2).

Ainsi il est certain qu'au quatrième siècle de notre ère il existait à Paris un palais impérial. On est en conséquence autorisé à dire qu'il avait toute l'étendue et la magnificence convenables à su des- Jination.

Cet édifice, très vaste, occupait l'emplacement où l'on voit encore ses principaux restes, s'étendait fort au loin dans les quartiers environnants, où sont des traces nombreuses de maçonneries romaines. Une tradition constante y place un palais, qu'au sixième siècle Grégoire de Toursdt^signesans le nommer. Chrotechilde. ou Ciolilde, Ihabilait avec i<es petits-fils, lorsque les rois Childebert et Chlotaire firent venir ses enfants, leurs neveux, dans un autrepalais de Paris, qui ne peut être que celui de la Cité, et les y égorgèrent froidement pour s'emparer de leurs biens.

Au septième siècle, Fortunat indique ce palais, et le qualifie de vaste édifice, ou de citadelle distinguée par son élévation. arx ce Isa. Ce poète recommarfde aux Parisiens de chérir le roi Childebert, qui résidait dans ce magnifique bâtiment :

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