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LA LIGUE

d'une nombreuse portion de ses sujets; jusqu'à prendre le titre de chef de parti ! Après cette déclaration, à la fin de janvier 1577, il envoya à Paris Nicolas Lhuillier, prévôt des marchands, pour faire signer la formule du serment de la Ligue à tous les habitants de cette ville. Miitthieu Labruyère fut chargé de l'exécution de cet ordre. Il se présenta chez le président du parlement, Da Thou, qui

Autel L Juniter

Deuxième pierre trouvée sous le chœur de Notre-Dame, examina l'acte d'association, ne le signa j force de caractère pour réparer le mal, qui

rapides progrès. « Le premier fé-

que conditionnellement, après avoir inscrit les motifs de sa désapprobation. Le roi, étonné de cette résistance, voulut en connaître les motifs, et dépêcha secrètement auprès du premier président, qui exposa à son envoyé les motifs de son opinion. Le roi, en les apprenant, dit : Nous avons attendu trop tard : nous aurions àvL plus tôt consulter M. De Thou.

Le roi n'était pas doué d'une suffisante

(1) Mémoires d$ Nevers, t. I, p. 11

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fit de vrier 1577, les quarteniers et les dizainiersde Paris, dit l'Estoile, alloient par les maisons des bourgeois porter la Ligue, et faire signer les art'icles d'icelle. Le président De Thou et quelques autres présidents et conseillers la signèrent avec restriction ; les autres la rejetèrent tout à plat, la plupart du peuple aussi (I). »

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IHSTOIUE DE PARIS

Si Henri III se dégrada en se déclarant chef de la Ligue, il est certain que, par cette déclaration, privant le duc de Guise ée ce titre qui lui aurait donné un grand pouvoir, il prolongea la dtréedeson règne.

Cette déclaration et le refus que fit Grè- £oire XIII de seconder les ligueiirs suspendirent leur projet. Les agitations des années 1576 et 1577 se calmèrent tout à coup. Pendant huit années consécutives, la Ligue parut inanimée. Cet intervalle de temps fut rempli par des intrigues, par les succès, les revers, les désastres de la guerre civile, par des écrits et placards mjurieux, et par des plaisanteries contre Henri III. Le duc de Guise n'abandonna jamais ce moyen de perdre ce roi dans l'opinion publique (1).

En 1585, le parti de la Ligue se réveilla et montra une audace inspirée et par la mort récente du duc d'Alençon, frère du roi, qui rapprochait la maison de Bourbon du trône de France, et par un traité secret que ce parti avait conclu avec la cour d'Espagne.

Pendant que Henri III accueillait avec bienveillance la députalion des provinces de la Flandre, et lui faisait espérer des secours qu'elle lui demandait, le duc de Guise, san? l'ordre, sans l'autorisation du roi, et à l'exemple des anciens seigneurs féodaux, leva une armée considérable, composée de Français et d'Allemands, et lit la guerre à la Flandre.

(1) Voici quelques-uns de ces traits lancés contre Henri HI :

Le 4 février 1579, les ligueurs, informés que ce roi devait aller à la foire de Saint- Germain, y envoyèrent des écoliers pour le ridiculiser : ils avaient mis autour de leur cou de grandes fraises de papier, semblables à celles que portaient Henri III et ses courtisans, lis s'y promenaient en criant : A la fraise on reconnaît le veau. Ce roi les fit emprisonner.

Quels sarcasmes ne répandirent pas les ligueurs contre Henri III, lorsqu'il institua la confrérie des pénitents, et qu'il assista à leur procession! Plusieurs sont connus; je ne citerai que les suivants :

a Henry, par la grâce de sa mère, inerte *. roy de France et de Pologne imaginaire ; Il concierge du Louvre, marguillierde Saint- »• Germain-l'Auxcrrois, basuLurdes éu,lises -« de Paris, gendre de Colas, gauderouneur des M coilfcls de sa femme et friseur de ses clie-

Cette levée de boucliers, cette atteinte aux droits de la couronne, fut accompagnée de plusieurs sourdes pratiques, tendantes à former dans Paris un puissant parti pour la Ligue.

François de Roncherolles, sieur de Maineville, y arriva chargé par le duc de Guise d'y former un comité secret, composé des plus zélés ligueurs. Cet homme, fécond en ressources et en paroles, ccm» mença par s'adjoindre Charles Hottman, trésorier de l'évêque de Paris. Ces deux personnes en recrutèrent beaucoup d'autres : Senaut, clerc du greffe du parlement; Bussy-le-Clerc, qui, de maître eu fait d'armes, était devenu procureur en cette cour; Georges Michelet, sergent au Chètelet; Nicolas Poulain, lieutenant du prévôt de l'Ile-de-France, etc. Ce dernier, par intérêt ou par devoir, déjoua pendant longtemps les projets des séditieux, en \i'dénonçant chaque jour au roi, et, par révélations, parvint à reculer de quelqu' années le terme fatal.

Ces conspirateurs, à la faveur de l'or que leur prodiguait l'Espagne, réussirent sans peine à engager dans leur faction hi plupart des curés et prédicateurs de Pari^^ Dans ce nombre, on distinguait Jean Boucher, curé de Saint-Benoît; Jean Prévôt, curé de Saint-Severin ; Jean Pelletier, curé de Saint-Jacques-de-la-Boucherie; Jean Wincestre, curé de Saint-Gervais ; Jean Hamilton, curé de Saint-Côme; Jacques Ceuilly, curé de Saint-Germain-l'Auxerrois ; Matthieu de Launoi, docteur et chanoine de Soissons, puis ministre pro-

" veux ; mercier du palais, visiteur des étu- « ves, gardien dts quatre mendiants, père " conscrit des blancs-battus et protecteur « des capucins. » [Journal de Henri IH, t. XHI, p. 180.)

Cette autre pièce de vers parut dans le même temps :

Le roi pour. avoir de l'argent, A fait le pauvre et l'indigeiit

El riixpoiTile.

Le jjrand pardon il a gagné; Au p.iin. à l'eau, il a jeûné

Comme un hermiie; Mais Paris, gui leconnoist hion.

Ne voudra plus lui presier rien

A sa r^queste ; Car il a ilfja tant prpslé Qu'il a de lui dire arreslé :

Allez en qiieste.

[Jour, al de Henri lll, t. I, pag. 178.) JflBaut avouer que la conduite de ce roi

o^m une ample matière aux sarcasmes de

ses ennemis.

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