SOIS LA
* voiis advenoit, je prie ma cour de par-
. lement, 1j préseule, d'en faire une jus-
. tice exemplaire, si bonne que les sédi-
« tieux comme vous y puissent prendre
. exemple pour se contenir en leur de-
« voir. »
L'Estoile ajoute que cette justice eût
^ ét^ fort néce-;saire, l'audace de ces gens
croissant par la patience du roi ; mais il
en demeura là : habens quidem animum,
I sed non smtù a/iimi (4).
Le décret de la Sorbonne, dont se I plaint ici le roi, fut en effet rendu le 16 ; décembre 1587, « par trente ou quarante i « pédants raaistres ez arts crottés, qui, f: « après grâces, traitent de?" sceptres et I • couronnes, dit l'Estoile. Il ajoute que i « le résultat de ce décret portoit qu'on : « pouvoit oterle gouvernement aux prin- « ces qu'on ne trouvoit pas tels qu'il i « falloit, comme l'administration au tu- I « leur qu'on avoit pour suspect 2). » ' Les menaces de Henri Ili ne produisi- ^ rent sur les prédicateurs qu'un effet momentané : maiscesprètresfactieuxavaient , pour arriver à leur but et gagner leur argent, une autre ressource : le confessionnal leur offrait un moyen plus secret et moins dangereux que la chaire : ils l'em- |iloyèrent avec succès pour exciter leurs peniîeut^ a la révolte. « Ceux qui travail- « laient le plus efficacement, dit M. De
• Thou, furent les confesseurs quidévelop- « paient à l'oreille de leurs pénitents « tout ce que les prédicat'Curs n'osaient
' ' clairement exposer en public : car, en
« chaire, ils s'abstenaient de nommer les
• personnes, dans la crainte d'être punis.
• Les confesseurs, abu-ant du secret de - leur ministère, n'épargnaient ni le roi
ni les ministres, ni les personnes qui
lui étaient le plus attachées: et, au
lieu de consoler par des discours de
piété ceux qui s'adressaient à eux, ils
leur remplissaient l'esprit defaux bruits,
et mettaient leur conscience à la tor-
» ture par des questions embarrassées et
« par mille scrupules. Par le même m.oyen
« ils fouillaient dans les secrets desïa-
« milles... soutenaient que les sujets
« pouvaient faire des associations sans la
« permission.du prince ; ils les entraînaient
« dans cette ligue funeste ; et à ceux qui
(1) Journal de Henri 111, t. 11, 30 décembre 1587.
(2) Journal de Henri IH, p. 39. 40.