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SOCIETATIS

Ed 1674, Louis XIV, invité par ces pères a venir assister a une tragédie re- 'sentée par le irs élèves, s'y rendit, fut 'isfait de la pièce qui contenait plajrs traits à sa louange, et dit à un sei- ■êur qui lui parlait du succès de ce: te ;'réseotation : Faut-il s'en étonner? c'est m coll g'. Le rec;eur, attentif à toutes ^ P'irol -s du roi, siisit cel'.e-ci. Après le part do monarque, il fit e;ilever l'anenue inscriplion, et, pendant toute la

(1) Voyez ci-de=sus Collège de Clermont ; ' 'imide élttée contre les jésuites.

époque ju-qu'ea 1792, ce collège porta le nom de Louis le Grand.

Cet acte d'ingratitude et d'adulation fut. dans le temps, vivement relevé parle distique suivant :

Sustnht hinc Jesum poiuitque insignia regif, Impii gens, ahum nescit h*t>ere dmm l).

Les jésuites furent supprimés en 1762, et chassés pour la seconde fois de Paris et de la France en 1763 (2; : alors on trans-

(1) Voici la traduction en prose : « Tu « ôtes le nom de Jésus pour y substituer les " armes et le nom de Louis . tu ne connais, «' ô race impiî! d'autre diviDité que ce roi.»» Voici une autre traduction en ver3 :

La cvoix fait place airx lis, et fcsus-ChriH au roi ; Louis, à race ixnpie, est leaeul Dieu cta« tou

Vn élève de ce collège, âgé d'environ seize ans, composa ce distique latin : il fut rais à la Bastille, puisa la citadelle de l'île Sainte- Marguerite, ensuite réintégré à la Bastille. Il fut prisonnier pendant trente et un ans.

(2i Après cette t^xpulsion dîs jésuites, des écoliers qui avaient entendu parler des cachots de ce collège firent, pour les découvrir, des recherches qui les menèrent au-de<sou8 de l'esc i ier du bâtiment dest-né à l'infirmerie. Ils troui-èrent une porte qui menait à aa caveau voût-^, éclairé et servant d'at'-lier au menuisier de la maison. Un jour de fête où le menui-ier éta-t absent et la surv illance des maîires en défaut, ces écoliers, armés de bâtons et d^ flambeaux, pénètrent dans le caveau, frappent le sol, et reconnaissent qu'en un certa'n endroit il résonne sou- leurs coups Ils remuent la terre, découvrent une trappe en bois, la lèvent avec peine, aperçoivent un bel escalier, le descendent et se trouvent dans une vaste salle voûtée. Elle était bordée d'environ dix caveaux aussi voûtés, de sept à huit pieds de longueur, garnis chacun d'un fort anneau de fer scellé dans le mur.

La voûte de la salle était soutenue, au militiu, par un gros pilier dont les quatre faces présentaient autant d'anneaux de fer.

A la voûte ils virent une ouverture étroite,

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fera dans leur collège celui de Lisieux, ainsi que l'Université, qui y tint ses assemblées.

En '1792, organisé sous une forme nouvelle, il reçut le nom de Collège de l'Egalité; en 1800, celui de Prytanèe; en 1802, on l'appela Lycée impérial. On lui rendit, en 1814, le vieux nom que les jésuites lui avaient donné; et il porte encore aujourd'hui la dénomination de collège de Louis le Grand.

AnGUSTINS DÉCHAUSSÉS OU PeT1TS-PÈ-

REs, couvent et église situés à l'angle du passage des Petits-Pères et de la rue Notre Dame-des-Victoires, aujourd'hui église succursale dite de Notre-Dams-des-Vic- TOiRES. Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, avait fondé dans l'enclos de son hôtel, au faubourg Saint- Germain, un couvent d'augustins déchaussés : elle s'en dégoûta, le^ renvoya en 1 61 2, et les remplaça par des augustins chaussés (1). Ces moines expulsés, après avoir erré en divers lieux, s'associèrent quelques autres moines du même ordre, et obtinrent, le 19 juin 1620, de l'archevêque de Paris, la permission de fonder un couvent d'augustins déchaussés. Us s'établirent d'abord hors de la porte Montmartre, près la chapelle de Saint-Joseph : s'y trouvant peu commodément, ils acquirent en 1628 un terrain de près de huit arpents, joignant le Mail; et le 9 décembre 1629, le roi posa la première pierre de leur église, et voulut qu'elle portât le titre de Notre- Dame-des-Victoires, en mémoire des tristes victoires qu'il avait remportées sur les Français protestants.

Dans la suite, ces augustins, tout déchaussés qu'ils étaient, ne trouvèrent pas leur église assez belle. En 1636, ils entreprirent d'en construire une nouvelle, plus vaste et plus somptueuse Mais ils avaient trop présumé de leurs ressources. Cet édi-

fermée par une grîUe en fer. Par cette ouverture, la seule qu'ils aient aperçue dans ce souterrain, on descendait évidemment la nourriture destinée aux malheureuses victimes Ce souterrain, privé de toute lumière, était les oubliettes, ou le vade in pace, en usa e autrefois dans les prisons illégales et religieuses. Les jésuites, juges, parues et exécuteurs, y plongeaient; leurs confrères jugés coupables ou dangereux.

(1) Voyez ci-dessus l'article Petits-Àugvstin*^.

fice resta longtemps imoarfnt faute de finances : les travaux n'en furent repris qu'en 1737, et terminés en 1740 : la précédente église servit de sacristie à la nouvelle.

Cet édifice fut élevé sur les dessins de Cartaud. L'intérieur est d'une be'le simplicité. On y voyait des tableaux de Bon Boulogne, de Galloche, de (]ar'e Vanloo, de La Grenée jeune, etc.; une statue de saint Augustin, parPigalle; les tombeaux du marquis et de la marquise de L'Hôpital (1).

Frère Fiacre, moine de cette maison et considéré comme un saint, fut inhume dans cette église. Ce frère fut si révéré après sa mort que la gravure de son portrait était collée sur toutes les voitures de place comme un préservatif de malheur.

C'est de cette superstition qu'est venu le no n de fiacre, que portent encore les voitures de place à quatre roues. Ce saint Fiacre prédit, dit-on, a Anne d'Autriche, épouse de Louis Xlïl, qu'elle aurait un fils : en considération de cette prophétie, qui ne tarda pas à s'accomplir, cette reine fit vœu de faire construire dans cette église une chapelle à Notre-Dame-de-Savone. Elle ne tint pas sa promesse; mais son fils Louis XIV, sous le ministère de Colbert, accomplit ce vœu. Ainsi, la s1atue de Notre-Dame-de-Savone, qui devait son culte aux visions d'un paysan des Etats de Gênes, dut sa chapelle, dans l'église des Petits-Pères, à la prophétie de frère Fiacre.

La bibliothèque, composée de bons livres et d'une collection presque complète de tous les journaux, était, ainsi que le réfectoire et la grande galerie, ornée de tableaux de Lafosse, de Louis Boullongne, de Galloche et de Rigaud.

A côté de la bibliothèque se trouvait le cabinet d'antiquités, composé d'objets précieux, d'une collection de médailles et de médaillons, et orné de tableaux des plus grands maîtres, tels qu'un tableau représentant Bélisaire, par le Gue;chin, une sainte famille, par André d •! Sarte, deux tableaux de Wouvermans, deux de Panini, une Vierge de Stella, Diogène et Heraclite, par le Valentin, etc.

Les augustins, dont le couvent, par l'accroissement de Paris, se trouva bientôt placé au centre d'un quartier riche et po uleux, commencèrent à rougir de leur longue barbe, qui n'était plus à la mode :

en outre, il feur parut indécent de se mo itreren public les jambes; nues et les pieds ^rni« de sandales, tandis que leurs voisins étaient élégamment chaiis-;»^s. Dans cette situation pénible, ils s'adressèrent apu pape, et dépêchèrent auprès de lui le père Eustache, qui s'acquitta de celte mission importante avec l'intelligerice d'un habile négociateur. Il obtint le Benoît XIII un bref, da 27 janvier 1726. qui permettait aux aujîustins de se conformer au chant grégorien, de porter un cupuce rond et de se faire la barbe. Les augustins, voulant éterniser un aussi grand service, firent placer dans leur galerie le portrat du père Eustache, peint par le célèbre Rigoud.

Ces augustins, alléchés par cette permission en désirèrent une autre : ceile de porter des bas et des souliers. Il> envoyèrent une seconde ambassale à Rome, qui parvint à obtenir de Benoît XlV un bref, du 4er février 1746, approuve par lettres patentes du roi du 7 avril suiNant, qu'

'cco;-oe

aux ausustins de Notie- Damé-

es Victoires la faculté de porter des bas

et des souliers.

Ces moines devinrent riches : ils -vendaient jus-.ju'à mille francs la toise carrée des parties de leur enclos, sur lesquelles on éleva des maisons. Les richesses corrompirent leurs mœurs et les ploMg-rent dans une extr^^me dissolution. Dans 1 s Nouteaiix Mémoires d^ Dangeau ou en trouve la preuv -déplorable. Voici ce qu'on lit sous la date du 7 ja vier 1707 : « Oii

• veut établir une grande reforme daus

• les T'etit— pères à Paris; et ou en a

• chassé plusieurs qui menoieni une vie «un peu scandaleuse. Ce- petits-pères

• avoient des portes par où ils entroi nt

• et sortoient SHus être vus, et y faisoieiil « entrer des femmes. Us avoieui des « chambres et des lits où rien ne man-

• quoit jusqu'aux toilettes, et on v fai- « soit bonne chère : à la fin le roi y mit « la niyin (I). »

Su-'pnmés en 1790, leurs bâtiments furent conserves: l'église servit de local à la Bo irse de Paris. En 1802, elle fut choisie pour être la première succur.-ale de la paroisse de Saînt-Eustache, sous le litre de Notre-Dame-de— Victoires.

Lesbàtime ts du couvent sont occupés

(Il S mveaux Mémoires de I> a ng eau, publiés par M. Lémontey, p. 180.

par la mairie du troisième arrondissement.

Barnabite§, couvent situé dans fe Cité,place du Palais de Justice. Des reHsieux-' de ce nom, favorisés par Louis XlII. s'étaient, dès le mois de mars 1622. l'ijiblis* en France. Henri de Gondy, évêqu;^ de^ Paris, voulut en fonder un co iv nt ^n cette ville: mais il éprouva divers obsir^.cies qui retardèrent, jusqu'en i629. l'exécution de cet utile pro'el. Alors on vit des barnabftes arriver à Paris et se loger d'à* bord rue d'Enfer, puis au Marais: enin,= en 1631, l'archevêque de Paris, malgré' les vives o positions que firent \n mois de juin de cette année le curé de Saint Eas-; tache et tous les curés des paroisses de la' Cité, les mit en possession du prieuré de Saint-Eloi, dont j'ai parlé (l!.

Ce prieuré ne consistait qu'en une édisequi menaçait ruine, et en vieux bâ-. timents depuis longtemps abandonnés.

Les barnabites eurent de grandes réparations à y friire ; ils furent obligés d'exhausser considérab'em^t le sol de l'église.

dans laquelle on ne pénétrait qu'en disc ndant dix-huit marches: preuve à joindre à plusieurs autres de l 'exhaussement* considérable du so! de la Cité.

L'église que ces moines firent reconstruire resta imparfaite. La façade, élevéesur les dessins de Cartaud, fut terminée en 170i.- L'intérieur ne contenait rien de remarquable

Les barnabites furent snpprimés en 1790 : les bâtiments de leur' église et du couvent servent, depuis 1814. de dépôt à' la comptabilité générale du rovaume.

SÉMINAIRE DE SaiNT-XicOLASDC-ChAR-

DONNET, situé pr S l'église de ce nom, rue Samt-Victor. La nécessité d'établir des séminaires. se faisait .lors sentir. La plupart des prêtres de campagne étaient phngés dans la plus profonde ignorancîe'.

Adrien Bourgoin, dans le dessein de tenir des conférences pour 'instruction de>: jeunes gens qui se destinaient à la prêirise, réunit dix prêtres et les établit aiors au collège du Mans, puis successivement amx coll 'ges du cardinal Lemoine et de Montaigu, et enfin, en 1620, dans une maison voisine de l'éelise de Saint-Nicolas-du- Chardonnet. S'y trouvant trop resserrés, ces prêtres la quittèrent, en 1624, pour aller habiter le collège des Bons-Enfants,

i (l) Voyez t. 1er, p. 403.

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rue Saiiit-Yiclor, où ils restèrent jusqu'en 4 632. Alors, attirés par le curé de Saint- Nicolas-du-Chardonnet, ils revinrent loger dans le bâtiment qu'ils avaient déjà occupé près de son église, et en accrurent l'étendue, en faisant l acquisition de quelques propriétés voisines. En 1644, l'archevêque de Paris donna de la consistance à cet établissement en l'érigeant en séminaire ; alors les bâtiments furent augmentés. En 1730 on y construisit un grand corps de logis, ou étaient reçus, comme pensiornaires, des étudiants qui embrassaient l'état ecclési istique.

Ce séminaire fut supprimé en 1792, et ses bâtiments devinrent propriété particulière.

SÉMINAIRE DES TrENTE-TrOIS, situé

rue Montagne-Sainte-Geneviève, n» 52.

Il fut fondé, en 1633, par Claude Bernard, dit le pauvre prêtre, qui y rassembla d'abord cinq écoliers, en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur, puis douze en l'honneur des douze apôtres, enfin trentetrois, en l'honneur de ce nombre d années que vécut Jésus-Christ : la reine Anne d'Autriche assura à ces écoliers trentetrois livres de pain par jour.

Ce séminaire, construit en 1654, sur l'emplacement de l'ancien hôt.^l d'Albiac, supprimé en 1792, est devenu propriété particulière.

Feuillants de la rue d'Enfer , second couvent de cet ordre établi a Paris, situé rue d'Enfer, n» 45. Les Feuillants de la rue Saint-Honoré, voyant combien il était facile sous ce règne de multiplier les établissements religieux, profitèrent de la circonstance pour fonder en celte ville un second couvent de leur ordre. Autorisés par l'archexêque de Paris, ils achetèrent, en 1630, un emplacement situé rue d'Enfer, et y firent construire un monastère dont la première pierre fut posée le 21 juin 1633; cette maison fut d'abord instituée pour servir de noviciat aux Feuillants ; mais elle cessa bientôt d'avoir cette destination.

Le 18 juil et 1659, on posa la première pierre de 1 église, et sa construction fut terminée au mois d'octobre de la même ann -e; ce qui prouve que les finances ne manquaient pas à ces moines. On lui donna le titre des Saints-Anges-Crardiens: cile n'of'rait rien de remarquable.

En 1790, ce couvent fut supprime, et les bâtiments devinrent propriété particulière.

Les PÈRES DE Nazareth, couvent situé rue du Temple, no 17. Le premier établissement de ces pères eut lieu, en 1613, dans le voisinage des Filles de Sainte- Elisabeth, dont ils avaient la direction ; mais ils n'eurent une existence légale que le 2 février 1642. Le chancelier Séguier, ce complice de la tyrannie de Richelieu, reçut aloçs le titre de fondateur. Ces pères prirent possession, en 1630, delà maison que les Filles de Sainte-Elisabeth venaient de quitter pour en occuper une nouvelle; ils y firent bâtir une église, dont la construction fut achevée, en 1632. par la ge . nérosité d'une personne inconnue, qui mi dans le tronc de leur église une somm ' de 5,000 livres.

Dans une chapelle de cette église êtai \ un caveau destiné aux morts de 1 1 famille^ Séguier. Le cœur du chancelier de ce nom y fut déposé; aucune épitaphe ne signalait ce dépôt. Cette chapelle étiit ornée de deux tableaux, l'un représentant une Annonciation, par Lebrun, et l'autre Marthe et Marie, par Jouvenet.

Ce couvent, en 1790, a subi le sort commun : il est devenu p'opriété particulière.

Nouveaux convertis, communauté située rue de Seine-Saint-Victor. Le père Hyacinthe de Paris, capucin très zélé pour la conversion des protestants , forma , en 1632, une société qui p u'tageait son zèle. L'archevêque de Paris, en mai 163i, autorisa cette association, à laquelle il donna le titre de Congrégation delà propagation de la Foi, et le vocable de l'Exal ation de la Croix. Le roi, par lettres patentes de 1635, et le pape, par une bulle de 1636, autorisèrent cet établissement. Les protestants dis;>osés à se convertir furent d abord réunis dans une maison située dan> l'île de la Cité, puis transférés dans une autre maison, rue de Seine.

Cet établissement religieux existait encore en 1775; on ignore le motif et l'époque de sa suppression.

Vingt couvents d'hommes ou communautés de prêtres soumis à une règle furent établis à Paris sous le règne d;' Louis XIII; le nombre de? communautéde filles ou femmes fut, pendant le même temps, plus considérable encore. En voici la notice.

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