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III. Communautés religieuses de femmes

Ursdlines, couvent de filles, situé rue

sous LOUIS xin

Saint-Jacques, n«' 243, 245, fondé par Madeleine Lhuillier, veuve du siour de Sainte-Beuve, et fille de Jean Lhuillier, président de la chambre des comptes, qui contribua beaucoup à l'entrée de Henri IV à Paris, et qui se fit payer un peu chèrement ce service. Cette veuve attira d Aix «n Provence deux re'igieuses ursuliues, qui, en 1608, arrivèrent^ Paris, et furent logées à l'hôtel de Saint-André, faubourg

Sa int-Jacques; elles s'y occupërent, suivant la règle de leur institution, à instruire lef jeunes filles, et prirent des pensionnaires. Ces ursuiines étaient encore séculières, lorsque Madeleine Lhuillier leur assura deux mille livres de rente, à condition qu'elles feraient des vœux et qu'elles garderaient la clôture.

Ainsi ces religieuses, séquestrées de la société, cessèrent de lui être utiles; mais

ncrc.

Avôoxt cL'iin. N 3.vlre .

iadeleine Lhuiliier aspirait à l'honneur l'être fundaince : c'était alors le degré le 'lus éminent auquel aspiiaitn 1 s dames ichfs et avancées en âge ; elles recueilaient l'avantage d'êire pendant le res.e de eur vie honorées par la classe des dévots t œmblées après leur mort d indulgences t de pnère.N qui leur assuraient la'glo.re tes bienheureux.

Madeleine Lhuillier obtint u :e bulle du 'ape Paul V, datée du 13 juin 1611, qui onhrtfie cette fondation ; elle acheta i'hôel de Saint-André, le convertit ea cou-

vent , fit venir des religieuses de Reims pour former les nouvelTes cloîtrées aux exercices monastiques, el recruta plusieurs j'unes filles pour peupler convenablement son couv-.nt. Une simple chapelle suffit d abord au besoin des religieuses; mais, peu d années ajres, on la remplaça par un édifice plus somptueux, dont Anne d Autriche, le 2^ ju n 1620, posa solennellement la première pierre. Cette construction fut achevée en 1627.

Cette église, dune moyenne grandeur, était Soigneusement ornée ; et, parmi quel-

454 RISTOIRE

ques tableaux peu remarquables, on distineudit sur le principal autel, orné de quatre colonnes de marbre de Dinant, une Annonciation, peinte par Van-Mol, élève dC' Rubens.

Ce couvent fut la souche qui produisit cette pépinière d'ursuiines qui, peu de temps api es, se dispersa dans presque tous les bourgs et villes de France. Il fat suppnmé en 1790 ; les bâtiments ont été démolis, et, sur une partie de leur emplacement, on a ouvert la rue des Ursulines, qui commence rue Saint-Jacques et finit rue d'Ulm.

Ursulines de la rue Saintk-Avoye,

situées dans cette rue, n» 47. Madeleine Lhuillier, qui avait fondé les ursulines de la rue Saint-Jacques, voulut aussi être fondatrice d'un second couvent de cet ordre. 11 existait dans la rue Sainte-Avoye une communauté de femmes veuves, fondée, en 1288, par Jean Séquence, clievecier de Saint-Merri, et dont la chapelle était dédiée à sainte Avoye. Madeleine Lhuillier proposa aux femmes de cette communauté d'embrasser la règle et les constitutions des ursulines, et promit, si elles s'y déterminaient, de leur céder une rente annuelle de mille livres. La proposition fut acceptée ]^ar acte du 40 décembre 1621, et confirmée par lettres patentes de février 1623. La chapelle de ces ursulmes était petite et placée au premier étage. Ce couvent a été supprime en 1790, et la synagogue des juifs futetablie, en 1802, sur une partie de son emplacement.

BÉNÉDICTINES DE LA ViLLE-l'ÉvÊQUE,

couvent situé rue de la Madeleine, au coin nord-est de celle de Surenne, faubourg Saint-Honoré. Deux princesses, Catherine d'Orléans de Longueville et Marguerite d'Estoutevire sa sœur, se conformant au goût du temps, voulurent aussi fonder leur monastère; et, après avoir, en 164 2, obtenu les autorisations nécessaires, elles introduisirent, au mois d'avrd 1613, dans les maisons qu'elles avaient achettes à la Ville-l'Evtque, et qu'elles avaient disposées pour un couvent, dix religieuses, que Marie de Beauvilliers, abbesse de Montniiirtre, consentit à tirer de son abbaye pour peupler le nouveau monastère. Les fondatrices auraient pu puiser dans une source plus pure : la conduite déréglée de la précédente abbesse et des religieuses de

Montmartre ne devait pas alors être oubliée (1).

Lorsque ces religieuses furent rassemblées, le 12 avriri613, dans le couvent de la V lle-l'Evêque, on l'érigea en prieurdépendant de l'abbaye de Montmartre Marguerite de Veiny d'Arbouse y introduisit la réforme et les austérités de la règle de saint Benoît. En 1647, après quelques contestations, le prieuré de la Ville- TEvêque fut soustrait de la dépendance d( l'abbaye de Montmartre.

L'église de ce couvent était ornée a ver soin : sur le grand autel, on voyait une Annonciation, attribuée à Lesueur ; ei parmi plusieurs autres tableaux, on distinguait une Adoration des Mages et J sus au Désert, peint par Boulogne 1 ain ,

Ce couvent fut supprimé en 1790. L'emplacement fut vendu à divers rarticuliers. >| qui y ont fait construire des maisons.

La Visitation de Sainte-Marie, cou- ]

(1) hn 1590. lorsque Henri IV assiégea: Paris, l'abbaye de Montmartre, ainsi que . plup: r: des autres communautés de tilles (i-s envirous de cette ville, devint à peu prè? xn lieu de prostitution. L'abbesse elle-ni«Mnt Claudine de Beauvilliers, alors jeune et belle ne put échapper aux galanteries du roi; elle le suivit à Sentis lorsqu'il s'y retira, et c; fut dans cette ville qu'elle eut le chagrin rl^ se voir supplantée par Gabrielle d'E^trée^ (Vciyez les Amours du grand Alcamire ; I Confession de Sancy ; les Nouveaux Mémoire ■ de Bassonipierre, etc.)

Voici ce que dit Sauvai sur l'état de ceiU abbaye, et sur la conduite des religieuscj- M La communauté n'avoit (en 1598) qu •< 2,000 livres de rente, et eu devoit 10,000, « le jarùin étoit en friche et les murs pi « terre, le réfectoire converti en bûcher, i " cloître, le dortoir et le chœur en prome «« nades. A l'égard des religieuses, peu chan «• toient l'office ; les moins déréglées travail- « loient pour vivre, et mouroient presque « de faim ; les jeunes faisoient les coquettes, " les vieilles alloient garder les vaches et « servoient de confidentes aux jeunes, t te. »• Lorsque l'abbesse, Mar^e de Beauvilljirs, voulut soumettre ses religieuses à la règle, celles-ci devinrent furieuses eoiitre « lie et l'empoisonnèrent. L'abbesse prit des aiitiuotes qui lui sauvèrent la vie ; mais les »-rtet.du poison lui laissèrent une grande difticu i'de respirer et de parler. {Antiquités de i^uris . par Sauvai, liv. 6, p. 354.)

sous LOUIS XIII

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rent de religieuses, situé rue Saint-Anoine, eutre'les no» 214 et 216. Jeanue- Prancoise de Frémiot, veuve du baron de "hantai, conduisit dt- Bourges, par ordre ie saint François de Sales, trois religieuses ' - In Visitation, qui. le 6 avril 1619, arrent à Paris. Elles furent d'abord lodans le faubourg Saint-Marcel; en

l'instar de celle de la rue Saint-Antoine. Sur l'autel on voyait un tableau de Lebrun, représentant saint François de Sales, et à droite une Visitation, par Suvée. Cett* église et les bâtiments sont maintenant occupés par des religieuses de Saint-Michel. Filles de la Madeleine, ouMadelon- NETTES , maison religieuse située quartier

les transfera dans une maison Samt-Martin-des Champs, rue des Fon-

commode, située rues du Petit-Musc

!,■ la Cerisaie, maison appelée Hôtel du

ut-Bourbon. Le nombre des prosélytes

taines, entre les nos 14 et 16.

En 1618, Robert de Montry, marchand de Paris, avant rencontré deux filles pu-

;'accrûissaot toujours, ces religieuses fu- j bliques qui lui témoignèrent le désir de ■ent encore obligées de déloger". La su]:é- . mener une vie régulière, les retira dans sa re. Hélène-Angélique Lhuillier, acheta, ' maison, près de la Croix-Rouge, faubourg 1628, l'hôtel de Cossé, rue Saint-An- i Saint-Germain. Quelques autres filles de oine, qu'elle destina à sa communauté, lia même espèce suivirent l'exemple des Oi. V ilt bâtir, en 1682, une église, sur | deux premières. Robert de Montry pourmodèle de Notre-Dame-de-la"Rotonde vut à leur nourriture, jusqu'à ce" que la Rome, et sur les dessins du célèbre j marquise de Maignelay, sœur du cardinal "raiiçoJs Mansard. Elle fut achevée en j de Gondy, acheta, en 1620, pour les y 684, et nommée Notre-Danie-des-Anges. i placer, une maison rue des Fontaines, et GeL édifice est digne de son auteur. Il j leur légua 101,600 livres; et le 20 juillet ffre une rotonde décorée avec goût, et 1629, on tira quatre religieuses delà Visi- ■ns les plus belles proportions ; le dôme tation de Saint-Antoine pour gouverner

cetteraaison, qui, dansla suite, sedivisa en trois classes de filles : la première, la plus re , oont le sujet est l'Assomption de la i nombreuse , était celle des filies mises en erge. P'iusieurs tableaux de Perrier et ; réclusion pour y faire péniience : elles gar- I .lutre ornaient le sanctuaire. Dans'la ! daient l'habit 'séculier; la seconde classe

se composait des filles éprouvées par la pénitence, et qu'on nommait la Congrégation : elles portaient un hcjbitgris; la traisièn.e classe com, renaît les filies qui avaient donné des preuves de leur sincère conversion : elles étaient admises à faire des

lanterne qui s'élève au-dessus du lucipal autel offre à l'intérieur une pein-

étaient les tombeaux d'André Frémiot, M-lie\tque de Bourges, frère de la ba- ;!iine de Chantai , fondatrice de l'orùre , : in 1641 ; de Nicolas Fouquet, mort 1680 , dans h forteresse de Pignerol, u il Ltait détenu pour avoir abusé des nances de l'Etat.

Ce couvent fut supprimé en 1790. Ses )âtiiLeijts furent vendus à divers particuiers; et l'église, conservée, a été, en 1802, éàés au culte calviniste dit de la ConfesiOD de Genève.

ViSiTATioN DE Sainte-Ma«ie , autre ouve.t Qu même ordre, situé rue Saintacqufcs, entie les nos ^93 et 195. Le pre lier couvent delà Visitation ne suffit bienplus à la ferveur des jeunes filies, sur ^uehes l'txemp.e a tant de pouvoir. On u, en 1623, dans le faubourg Saint- <i}ues, un second couvent de la Visita- D ; on en bâtit un troisième à Chaillot , 'jI je parlerai en son lieu, et un quaeme dans la rue du Bac.

Eu 1780, l'église etaii entièrement reonstruite. Les bâtiments claustraux furent .-parts et augmentés.

L'égiise forme une petite rotonde, à

vœux.

L'église fut bâtie en 1680. Ou y voyait une chapelle construite sur le m^odèle de Notre-Dame-de-Lorelte.

La maison des Madelonnettes était, dès son origine, une maison de réclusion pour les filles débauchées. Les parents y faisaient renfermer leurs filles enclines au hbertinage.

En 1793, ce couvent devint une prison publique. En 179o, il fut destiné a renfermer les femmes prévenues de délits :

ii conserve encore cette destination.

BÉ-NÉDiCTlNES ANGLAISES, COUVent de

religieuses situé au faubourg Saint-Marcel ^ rue du Champ-de-l'Alonette. L fut fondé en 1619. L'église portait le titre de Notre- Dame-de-Boune-Espérance. Cet établissement fut confirmé en 1681 , et supprimé en 1790 : il est devenu propriété nationale.

Filles du Calvaire, couvent situé rue i\e V'augirard, n® 23, et fondé par les soins ou plutôt par les intrigues de ce capucin fameux, pendant le ministère. du cardinal de Richelieu, sous le nom de P. Joseph, et par les libéralités de la reine Marie de Médicis et de la veuve d'un conseiller au parlement appe'é Lauzon. Ce capucin fit venir, en 1 6^0, du couvent de Notre-Damedu-Calvaire de Poitiers six religieuses qui lurent logées d'abord rue desFrancs-Bourf^eois Saint-Michel, et ensuite dans l'enclos du jardin du Luxembourg, dont la reine leur avait accordé cinq arpents; mais leur établissement dans ce jardin parut inconvenant. Ces religieuses furent obligées, en 4622 , d'acheter dans la rue de Vaugirard une maison dite de Moutherbu ou l'Hôtel desTrois-Rois. El'es y firent construire des cellules et une petite chapelle qu'elles occupèrent dans la même année. En 1625 , Marie de Médicis leur fit élever une chapelle plus vaste. Sur la porte de cette chapelle on voyait un bas-relief estimé, représentant une dame de pitié. L'intérieur était décoré de quatre tableaux peints par Philippe de Champagne.

Ces religieuses furent supprimées en 1790, et leur chapelle a été convertie en I émises dépendantes du palais delà Chambre des Pairs.

Filles du Calvaire, couvent situé rue des Filles du-Calva ire; il eut aussi pour fondateur le même P. Joseph. Cette fondation est de l'an 1633; la premièie pierre de l'église fut posée en 1 635 ; douze religieuses, tirées du couvent du Calvaire, situé près du Luxembourg, y furent transférées le 20 avril 1637 : l'église devait porter le vocable de la Crucifixion; mais, après de mûres délibérations, on jugea nécessaire de lui donner celui de la Transfiguration.

"Ce couvent fut supprimé en 1790. Il occupait un vaste emplacement sur lequel on a, vers l'an 1804 , ouvert deux ruts : la rue Neuve-de Bretagne et la rue Neuve-de-Ménilmontant.

Annonciades célestes , ou Filles BLEUi s. Ce couvent de religieuses, situé rue Culture -Sainte -Catherine, n» 29, fut fondé par la marquise de Verneuil , ancienne maîtresse de Henri IV, qui tourmenta ce roi , non par ses rigueurs , mais ses intrigues avec l'Lspagne, par la hauteur de son caiactère et la bassesse de «es actions, et qui crut expier ses fautes

passées par la fondation de ce couvent. Dès le 16 juillet 1621 , elle avait conclu, pour cet établissement, un contrat paf lequel elle s'engageait à le doter de deux mille livres de rente : l'évêque de Paris l'approuva en 1622, et le roi l'autorisa par des lettres païen t&* enregistrées le 31 août 1623.

La marquise de Verneuil fit venir du couvent des Annonciades de Nancy neuf religieuses : pour les loger, elle loua dans la rue Culture-Sainte-Catherine un hôtel assez vaste, appelé hôtel de Damvil'e, qui avait appartenu à la maison de Montmorency. Ces nouvelles religieuses, en 1626, acquirent cet hôtel.

On allait à l'église des Annonciadepour y admirer le tableau du principal autel , représentant une Annonciatmi peinte par le Poussin.

Ce couvent, supprimé en 1790, est devenu propriité particulière : il est aujourd'hui remplacé par une maison de roulage.

Il y eut à Paris plusieurs autres couvents de l'Annonciade dont je vais parler.

La Congrégation de Notre-Dame de l'Annonxiaue , située rue Cassette. Elle fut transférée de Troyes à P.iris,en 1628, par Marie d'Abra de Raconis; elle n'y a pas subsisté longtemps.

Les Annonciades du Saint-Sacrement de Saint-Nicolas de Lorraine. Les religieuses qui composaient ce couvent, fuyant la guerre et ses dangers, vinrent, en' 1636, se réfugier à Paris; elles s'établirent d'abord rue du Colombier, et furent autorisées, par l'archevêque de Paris, à célébrer l'office. Ensuite on les transféra rue du Bac, dans une maison qu'elles quittèrent ei coie pour en habiter une autre rue de Vaugirard. Elles furent remplacées, dans la maison de la rue du Bac, par les religieuses de la Conception ou Récollettes, e^ dans celle de la rue de Vaugirard par quelques religieuses da l'Assomption. Voilà tout ce que j'ai pu recueillir sur ces reiigi uses.

Annonciades i es dix Vertus, courent de religieuses, situéd'abord rue desSaints- Pères,où elles s'établirent en 1636, puis, en 1640, rue de Sèvies, près les Petites- Maisons. Ce couvent ne subsista que jusqu'en 1654, époque où les religieuses furent forcées de l'abandonner à leurs ciéanciers.

sons LOUIS XIII

Annonciades du Saint-Ksprit , aujourd hui Eglise de Saint-Ambroisf, situées rues de Popinconrt et de Saint- Ambrnisp. Ure œlonie d'annonciides, venue de Saint-Mandé près Vincennes , acquit une grande mai-on et un jardin, rue de Popiocourt que, le \î août 1636,

supprima ce couveni; et les dix religieuses qui le composaient furent di-p^rsée* dans d'antres maisons monas'iqnes.

Assomption , couvent de rc'isipuses, aujourd'hui ^ glise narois-iale de la Madv LEiXE. rue Saint H noré, entrel^^s n»» 369 et 371. Les Haudriettes, charsées diins

elle vint occuper : elles se servirent ; leur origine de servir un hôpital de paud'abord d'une chapelle dédiée à sainte vres femmes, ayant envahi le bien de ces Marthe, établie dans celte maison : mais pauvies, vivaient inutiles et cons'ifnées dans la siite, devenues plus riches, elles en con:imunauté religie^ise. Leur conduite firent bâtir une église qui fut achevée i n'était pas très régulière: on tenta plaen 4659. | sieurs fois d'établir !a réforme dans leur

Ce co'vent fut supprimé vers l'an 1780; î maison; enfin, le cardinal de La Rochel'église, assez vaste et solidement con- ! foocauld, que la possession de Martht struite, fut, en 1802, choisie pour la se- i Brossier avait rendu ridicule, entreprit de «onde succursale de la paroisse de Sainte- j les soumettre à la règle, et de les transfé- Marguerite, huitième arrondissement. | rer dans un hôtel qu'il avait posséda au

Religieuses de Notre-Dame-des- j faubourg Saint-Honoré. qu'en 1605 il Prés, couvent situé rue de Vaugirrd. avait vendu aux jésuites, et que ceux-ci. Cette communauté fut fondée, en 1629, * par contrat du 3 février 1623,re\endircnt a Mouzon, petite ville de Champagne, par ! aux religieuses haudriettes. Elles y étaient Henriette de la Vieuville, veuve d'An- j déjà établies depuis six mois et en avaient tcine de Joyeuse. En 1637,1a guerre j fait disposer .'intérieur d'une manier© chassa ces religieuses de leur couvent; j convenable à leur état, lorsque le titre elles se réfugièrent à Paris : le roi et l'ar- des Haudriettes fut supprimé, et les reve- «hevéque It'S autorisèrent à s'établir à Pic- nus réunis au nouveau monastère da pus. Peu d'années après, les motifs de | faubourg Saint-Honoré. auquel on donna

leur déplacement ayant cessé, elles retournèrent à Mouzon;' elles y restèrent jusqu'en 1675, époque où, le roi ayant ordonné la démolition des fortification^ de cette pitite ville, les bâtiments de leur

le nom d'Assomption (1).

Plusieurs de ces religieuses réclamèr-eni contre ce nouvel ordre de choses; quelques-unes même, refusant de se rendre dans le nouveau monastère, obtinrent, en

monastère furent compris dans cette or- ! 16^4, un arrêt du grand conseil en leur

faveur; les autres, qui s'y étaient rendues au nombre de six, élevèrent plusieurs contestations, dont l'intérêt était le seul motif, et qui furent enfin assoupies.

La chapelle de cette maison ne fut pas suffisante à ces relisieuses ; elles achetèrent

nionnance. Elles obtinrent, le 3 décembre, la permission de revenir à Paris; eiles se logèrent d'abord rue du Bac; bientôt après, elles firent l'acquisition d'une maison rue de Vaugirard, où elles s'établirent. Accablres de dettes et ne pouvant

satisfaire à leurs engagements, elles de- 1 l'hôtel du sieur Desnoyers, et firent com mandèrent à M. d'Argenson, lieutenant ' mencer en 1670 la construction de leur de police, grand protecteur des couvents ' église, qui fut terminée six ans après, de religieuses, la permission d'établir une | Cette église, construite sur les de>sins loterie dont les produits devaient êtreem- ( d'Errard, peintre du roi, et dont la forme ployés à payer leurs créanciers : pour i n'est pas heureuse, représente une tour faire réussir cette demande, eiles employé- ■ couverte d'un vaste dôme de 62 pieds de rent une dame Husson, pensionnaire dans ; diamètre. € Cet édifice a surtout le défaut, la communauté, et qui avait été la maî- i c dit M. Legrand, d'être trop élevé pour tresse et l'entremetteuse de ce magistrat, I et lui promirent une gratification de j quinze à vinst mille livres, si elle réus- i

sissait : mais d'Argea-on. dégoûté de cette femme, re: usa aux religieuses de Notre- Dame-des-Prés une faveur qu'il avait accordée à plusieurs autres.

L'archevêque de Paris, en avril 4744,

son diamètre: ce qui donne à son intérieur l'apparence d'un puits profond plutôt que la grâce d'une coupole bien proportionnée. Cette élévation intérieure, qui sans doute n'eût pas été

(1) Voyez l'article Hôpital et chçtptllt d*ê Haudriettes, t. II, p. 366.

« irop forte si la coupole eût été soute- « nue sur des arcatle^î et pendentifs, au « milieu (l'une nef, ^Vu\^ chœur et des « hr.is d*u':e croix grecque ou latine, de- « vienf excessive lorsqu'i'lle se trouve hor- « né. de toutes parts par un mur circu- « i ir'iet le spectaf^iur, ne pouvantavoir « une reculée suffisante, ne parvient à ^ co sidérer la voûte qu'avec une très « iirande gène (1). »

Ce mur circulaire est orné de pilastres corinthiens supportant une corniche qui règne au pourtour de cette église: cette comfosition fourmille de défauts de goût et de convenance. La calotte offre des caissons et des peintures de Charles Lafosse.

Le plafond du chœur, qui a 60 pieds de longueur, a aussi été peint par Lafosse; il représente V Assomption de la Vierge. L'église était ornée de plusieurs ouvrages des maîtres de l'école française. On y distinguait surtout une Nativité', peinte par Houasse.et placée sur le grand autel.

Ce couvent fut réformé en 1790. En 1802, son église fut choisie pour être, sous le nom de Sainte-Madeleine, l'église paroissiale du premier arrondissement de Paris. Elle remplaça l'église de Sainte-Ma- i deleine, située à la Ville-l'Evèque, dont le j bâtiment avait, au commencement de la | révolution, été démoli,

Pairai quelques tableaux qu'on y a placés, depuis qu'elle • st devenue paroissiale, on remarque celui de M.Gautherot, représentant saint Louis donnant la sépulture à un soldat de son armée.

Petites-Cordelières , couvent situé rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain, à l'hôtel de Beauvais. En 1628, il se détacha du couvent desCordelières, établi au faubourg Sain^-Marcel, un essaim dereligieusesqui, favorisées par les donationsde Catherine d'Abra de Raconis, vinrent s'établir dans une maison et un jardin situés aucioîlre de Saint-Marcel. Bientôt ce lieu leur parutpeu convenable. Pierre Poncher, auditeur des comptes, et sa sœur, leur donnèrent en 1632 une maison située rue des Francs-Bourgeois au Marais; elless'y établirent -ous le titre de Religieuses de Sainte-Claire et de la Nativité; mais elles ne purent s'y maintenir longtemps. Le 13 mai 1687, elles acquirent l'hôtel de Beauvais, situé rue de Grenelle-Saint-

(l) Description de Paris ^J de ses édifices, 1. 1, p. 82.

Germain, où, deux années avant, le doge et quatre sénateurs de la république de Gènes avaient logé, lorsqu'ils vinrent faire satisfaction à Louis XIV.

Etablies dans ce fastueux hôtel, ces religieuses conve tirent la salle de bal en église: sans doute que les salles de jeu, les boudoirs furent aussi convertis tn cellule-.

L'archevêque d'^ Paris, par décret du 4 juin 1749, confirmé par lettres pai entes, supprima, on ne sait pourquoi, ce- couvent de religieuses. Leur maison et leur jardin furent vendus à divers particuliers qui y ont fait bâtir des hôtels.

Carmélites, maison religieuse située rue Chapon, entre les n^^ 17 et 25. Les carmélites de la rue Saint-Jacques, doot j'ai parlé, autorisées à faire un second établissement de leur ordre dans Paris, réunirent en 1617 quelques-unes de leurs sœi;rs dans une maison de la rue Chapon: cette nouvelle colonie se trouva bi'^ntôt trop resserrée; elle acquit un hôtel voisin qui appartenait à l'évoque et au chapitre de Châlons, et l'occupa en 1 61 9. Ces religieuses, aidées par les libéralités de la duchesse d'Orléans-Longueville et du duc son fils, y firent couL^truire un couvent, et une église qui fut achevée et dédiée eu 1 625. Dans la suite, elles agrandirent eocore leur propriété par de nouvelles acqiiisi- j tions.

Cette maison étant supprimée en 1790, les bâtiments et jardins furent vendus y divers particuliers.

Val-de-Grace , abbaye royale de bénédictines, située rue du Faubcurg-Saiot- ' Jacques, entre les n»» 277 el 279. Dar^ une vallée, près de Bièvre-le-Châtel, existait, depuis le neuvième siècle, unt abbaye de religieuses appelée Val-de- Gràce. Au commencement du dix-septième siècle, le site de cette maison parut fort triste aux religieuses qui l'habitaient Les bâtiments tombaient en ruines, etst trouvaient menacés par de fre';uente5 inondations. Elles résolurent de transférei leur abbaye à Paris. Elles achetèrent î cet effet , au mois de mai 1621 , un vasti emplacement au faubourg Saint-Jacques avec une maison appelée le Fief-de-Valoi ou l'Hôtel du Petit -Bourbon. La rein' Anne d'Autriche paya 36,000 livres, pri: i de cette acquisition, et se fit déclarer foc ! datrice. Le 20 septembre 1621, les reli gieuses de l'abbaye du Val-de-Grèce vin

sous LOUIS xni

rent occuper leur nouveau mooastere, qui reçut bientôt après plusieurs embellissemests. Anne d'Autriche y fit construire quelques bâtiments; et le 3 juillet 1624, elle posa la première pierre du cloître.

Cette reine, longtemps stérile, et, après vingt-deux ans de mariage, inquiète de ne pouvoir donner un héritier à la couronne, avait adressé des vœux à toutes les chapelles, a toutes les églises où se trouvaient des saints ou des saintes en réputation de rendre la fécondité ; elle fit vœu d'élever un temple au Seigneur si ses désirs se rv=ali>3ieut. Enfin , à force de prières payées, et de promesses magnifiques faites à Dieu et aux saints, le o septembre \ 638 . elle eut le bonheur inespéré de mettre au jour un fils qui régna dans la suite sous le nom de Louis XIV. Apres la mort de Richelieu et du roi son époux, parfaitement libre de ses volonté?, cette reine entreprit de s'acqiiitter des engagements quelle avait contractés envers les habitants des cieux. Elle fit recoustruire entièrement, et avec une somptuosité digne de sa reconnaissance, l'église et le couvent du Val-de-Grâce. Le \^^ avril 1645, ia reine • et le jeune roi, son fils, vinrent en grande cérémonie, et avec tout le faste des cours, poser solennellement la première pierre de ■zet édifice. Les travaux commencés furent bientôt suspendus par les troubles de la minorité de Louis XIV; on les reprit en l6oo : continues avec activité, les bàti- „aîenls claustraux furent achevés en 1662. , et ceux de l'église en 1665.

Le célèbre François Man^ard, un des plus habiles architectes que la France ait produits, fournit les dessms de i'eglise, et la fii. exécuter jusqu'au rez-de-chaussée ; mais, par l'effet des intrigues et des commérages de cour, Mansard se vit forcé d'abando- ner la direction de cet édifice. On lui substitua Mercier et autres architectes bien inférieurs, et qui, voulant renchérir

térèrent les beautés, et placèrent leurs conceptions mesquines à la place des conceptions du geoie. Mansarde piqué de se ■ir si ;o lenient corrigé, entreprit au ateau de Frtsne^, à sept lieues de Paris, »xn-iruction d'une chapelle qui. en pef prop ition. 'tait l'exacte exécution de -i des.-.in du Val-de -Grâce , et fit un i^f-d œuvre en voulant prouver la préi-^nc- qu il mentait.

Leoifice de l'eglise du Val-der-JÛràce

AÔ9

n'est point digne de l'importanc-e qu'Anne d'Autriche voulait y mettre. Il offre p us de^travail, plus d^ richesses que de beri-ités, et plusieurs ut.^fauts que je n'entreprendrai pas de signaler.

Françx)is Anguier, sculpteur, concourut par ses talents à la décoration de c tt-^ église. Les statues en marbre, de saicrt Benoît et de sainte Scolastique, qu'on avait placées dans des niches de la façade, étaient son ouvraL'e.

Cette façade est composée d'une ordonnance corinthienne couronnée d'un fronton , puis d'une seconde ordonnance du même ordre pareillement couronnée d'un fronton. Sur la frise de la première, on Usait cette inscription qui fait allusion aux motifs qui ont déterminé la fondation de cette église : Jesiinascenti Vir g inique rmtri.

Le fronton de l'ordonnance supérieure était orné d'un bas-relief où, pendant la révolution, on avait placé les symboles de la liberté et de l'égalité; symboles que, par une négligence rare, on n'a fait disparaître qu'en 1817 pour y placer le cadran d'une horloge.

L'intérieur de l'église . qui ne paraît pas avoir éprouvé de dégradation, offre une nef qui, comme à l'ordinaire, est séparée des bas-côtés par des arcades et des pilastres corinthiens cannelés : on ne savait guère, au dix-septième siècle, donner d'autres formes à l'architecture des temples. La vo^te de la nef est chargée de bas-reliefs et d ornements avec une telle profusion, que l'œil n'y trouve pas un espace lisse pour s'y reposer. Le même défaut est reproduit dans les autres parties de l'église, foutes ces sculptures sont de François Anguier. Le dôme, qui, après ceux du Panthéon et des Invalides, est le plus élevé de t!)us les dômes de Paris, a été intérieurement peint par Mignard. Cette vaste composition représenta ie séjour des bienheureux , divisé en plusieurs hiérarchies ; c'est la plus bel ouvrage de ce peintre. Mo ière, pour en exalter ia gloire, a composé un jioème qui n'est pas digne de sa plume. On voit avec peine que "cette p inure a beaucoup perdu de son effet en perdant la vivacité de ses couleurs.

Dans les années i8»8 et 1819 . la couverture en plomb de ce dôme a été entière nent renouvelée,

Le prmcipal autel est couronné par un baldaquin, supporte par six colonnes -torses, de marbre noir, d'ordre composite, et

ponts les bases et ie chapiteaux sont de bronze dore.

Sur cet autel fastueux on exposait, dans les jours solennels, un ostensoir ou soleil tout en or, émaillé de couleur de feu, tout brillant de diamants, et soutenu par la figure d'un ange tout entière de ce riche métal, et dont la robe, car elle en avait une, était encore bordée de diamants. Ainsi , aveuglé par de fausses idées sur les principes du christianisme, on donnait aux objets les plus sacrés du culte un mérite métallique, un mérite dont se parent ceux qui n'en ont point de réel, ' La reine fondatrice accorda plusieurs privilèges à ce monastère, le droit déporter les armoiries de France, celui d'inhumer dans son église les cœurs des princes de la famille royale dpcédés. Ces cœurs étaient dépo>ésdans une chapelle qui est à gauche ; on en comptait avant la révolution jusqu'à virgt-.-ix, au nombre desquels figurait celui d'Anne d'Autriche : ce n'était pas un bon cœur. Enfin, ce monastère avait le droii inestimable de réclamer la première chaussure de chaque fils et fille de la famille royale, chaussure précieusement conservée. Les frais de cet édifice se sont montés à 370,283 livres. ,

Cette église a été convertie en magasin central des hôpitaux militaires Les autres bâlinjents du monastère furent, pendant le régime impérial , et sont encore consacrés à un hôpital militaire.

Feuillantines, couvent de religieuses, •itué cul-de-sac des Feuillantines, n» \ 2. Les fondations de couvents étaient la manie du temps. Anne Gobelin, veuve d'Estourm'el, en fut atteinte; elle fit venir de Toulouse à Paris six religieuses feuillantines, qui, le 28 novembre 1 622, se logèrent dans la maison des Carmélites. Les feuillants de Paris, qui d'abord avaient résisté à l'établissemenl de leurs sœurs , vinrent les accueillir, et , au nombre de trente, les escortèrent processionnellement dans leur translation du couvent des Carmélites à celui qu on leur avait destiné. La fondatrice et plusieurs dames voulurent assistera cette cérémonie. Marguerite de Clausse ie Marchauti ont, veuve à vingt-deux ans, après avoir été mariée deux fois, fut la première supérieure de ce couvent.

L'église, qui fut bâtie et dédiée en 171 9, ne coDlenait rien de remarquable qu'une copie de la Sainte Famille de Raphaël.

i'Aja*. — 1)1'. i

Ce couvent, supprimé en 1 790, est devenu propriété particulière.

Port-Royal, couvent de religieuses, situé rue de la Rourbe. Une ancinup abbaye de l'ordre deCîteaux, fondée en 1204, située près de Chevreuse, et nomm» e Porroisou Porrais, dont, par corruption , on afaitPort-du-Roi et Port-Royal, fut réformée en 1609,parJacquel ne-Marie- Angthque Arnaud, qui en était abbesse.

L'insalubrité du litu de cette abbaye fut cause de sa translation à Paris ; les religieuses s'y établirent le 28 mai 1625, dans un emplacement acquis par l'abbesse composé de bâtiments et de jardins, et nommé la Maison de Clugny. Madame Arnaud montra son désintéressement et la pureté de ses principes religieux en demandant elle-même, en 1627, que les abbesses de ce couvent fussent triennales : en conséquence elle se démit de son titre en 1630, et une nouvelle administratrice de ce mon:«.>tère fut élue. Les exem; les d un pareil désintéressement sont rares dans notre histoire ecclésiastique.

On commença, en 1648, sur les dessins de Lepautre, la construction de l'église de ce monastère ; elle fui achevée la même année.

Dans le chœur des religieuses était une Cène peinte par Champagne, un des meilleurs tableaux de cet artiste , qui, pou; dédommager les curieux privés de le voir . en fit lui-même la copie. Ceite copie figvirait sur le grand autel.

A la demande de madame Arnaud, ir pape permit que dans ce monastère fin etabhe l'adoration perpétuelle du Saint- Sacrement. On conservait dans cette églin une épine de la sainte couronne, et unt autre relique plus rare et tout aussi authentique, la cruche qui avait servi aux noce!> de Cana.

Le lieu champêtre d'où étaient venue* les religieuses de ce monastère fut répars et assaini par des canaux qui procurerez l'écoulement des eaux stagnantes. Il fu peuplé de religieuses, et reçut son anciei titre d'abbaye, avec la dénomination distinctive de Porl-Royal-des-Champs.

Ce fut dans ce désert qu'un grand nombre d hommes illustres par leur savoir, leurs talent! et leurs vertus vinrent se rc fugier pour se soustraire aux persécutiondes jésuites, dont Louis XIV était l'aveugle instiument.

En août 1664, rarchevêque de Parip

sors :

.*uivi du lieutenant de police, d'exiempts et de deux cents cardes, se rendit au couvent de Port-Royal de Paris. Cette troupe assiégea les religieuses sans défense; douze d'entre elles furent enlevées, réparties dans différentes c-ommunautés de cette ville, et traitées comme des prisonnières. Quelques mois après, on enleva et l'on traita de même quatre autres religieuses. Celles qui restaient dans cette maison, séduites par

OUlS XIII |g|

des di?cï)ursou intimidées par les menaces, cedè ent à la puissance.

En 1665, ces malheureuses filles, arrachées de leur couvent, furent renvoyées dans le monastère de Port-Roval-des- Champs; monastère où l'on plaça en même temps une garnison de soldats chari^ée de les empêcher de communiquer au dehors, et même d'aller dans leur jardin. Ces sol- ' dats y séjournèrent jusqu'en 1669. et s'y

Couvent des Jacobins,

conduisirent comme dans un corps-de

garde (1), ^

Les religieuses qui les avaient rempla cees au couvent de Port-Roval de Pari, presque toutes dissidentes, se mirent dans Jes rangs des ennemis de leurs sœurs sei^arees, leur causèrent beaucoup de chagrin, et leur intentèrent, en 1707, un

(1) L'arcHevêque de Paris v avait place unetourière et un chapelain,' qui vécurent SI lamil-.erement ensemble, qu'il résulta de cette tamiliarité le scandale ordinaire.

^'i DULAVRE

procès, qui eut beaucoup d'éclat et peu de succès.

Les religieuses de Port-Roval-des- Champs se croyaient dans cet asile à l'abri de nouvelles violences; mais, tou[Ours persécutées par les jésuites^ parce qu'elles ne partageaient pas leur doctrine, elle*: furent, le 29 octobre 1709, enlevées (de leur maison par le lieutenant de police d".\rgenson, escorté d'une troupe nombreuse, qui ne leur accorda qu'un quart d heure pour se disposer a so rendre dans divers couveiits du royaume, où elks lu-

4r,2 HISTOIRE

rent séqueFttées; leur ccm'ent fut démoli, L'nbhuve de Porf-Iloyal de Paris, supprimée en 1790, fut, pendant la session de la Convention nationale, convertie en prison révolutionnaire. En 1801, on y plaça l'institution de la Maternité, et, en iSO-i, l'Kcspice de raccouchement. {Voyez cet article.)

Filles de Sainte-Elisabeth on du TIERS -ORDRE DE Saint-François, aujourd'hui Sainte-Elisabetr, succursale, couvent et ésiisc situés rue du Temple, entre les n"s /i07 et 109. Le père Vincent Musard, qui opéra une réforme dans les couvents du tiers-ordre de Saint-François, montra beaucoup de zèle pour ét-^blir les iilles de Sainte-Elisabeth. Sa belle-mère, sa sœur et dix autres filles ou femmes se réunirent pour former ce nouveau couvent. Ce père recrutait partout dos proséhtes et des bienfaiteurs. Plusieurs donations, des lettres patentes de 1611, le consentement de l'évèque de Paris, de 1 6 1 5, le mirent à même de faire construire, dans la r.ie du Temple, un monastère, dont les bâtiments, commencés en 1628.

turent achevés en 1630. Marie de Médicis, conjointement avec son fils LouisXIIl, voulut en poser la première pierre, et minne avoir le titre de fondatrice.

Ce couvent n'offrait rien de remarquable. Il fut supprimé en 1790; et, en 1803, l'église fut choisie pour être la .seconde succursale de la paroisse de Saint-Nicoiasdes-Champs, sixièm^e arrondissement.

Elle a conservé la dénomination de Sainte- Elisabeth (îj.

Notre-Dame-de-Sion, ou Chauoinesscs régulières anglaises et réformées de l'ordre de Saint-Augustin. Ce co.ivent était situe rue des Fossés-Saint-Victor, à côté et au-dessus du collège des Ecossais. Ces religieuses vinrent en France en 1633, et obtinrent, au -mois de m.ars de celte année, des kttres patentes qui. leur permettaient de s'établir à Paris ou dans ses faubourgs. Eliçs choisirent d'abord une demeure dans la rue Saint-Antoine ; puis elles vinrent occuper, dans la rue des Fossés-Saint-Victor, une m.aison qui avait appartenu a Jean-Antoine Baïf, poète du règne de Charles IX et de Henri III, où s'assemblaient les beaux esprits du temps, et où se donnaient des concerts de musique qui attirèrent quelquefois ces princes et leur cour.

Ce couvent fat supprimé en 1790. Dans

de PARfô

les bâtiments on a établi un pensionnat de* demiOiselles.

Filles de la Conception (1), ou reli-pieuses du tiers-ordre, couvent .situé rue. Saint-Honoré, en face do l'église de l'Assomption ou deSLiiute-Madêleine. Anne Petau, veuve de René Regnaut, conseiller au parlement, donna, en 163o, 40,000 livres au couvent des Filles de la Conception de Toulouse, pour obtenir treize re- 1 ligieuses de cet ordre, qui, au mois de septembre de cette année, vinrent à Paris, et, sufnsamm.ent autorisées, occupèrent la maison que cette fondatrice leur avait prépar^^e, et qui appartenait à François- Théodore de Nesmond, président au parlement, et que ce président, en 1()37, cé$ja à ces religieuses, à condition qu'elles recevraient sa fille dans leur ordre, ce qui fut exécuté. Malgré ces donations, hs Filles de la Conception étnient fort endeitées, et se trouvaient, comme quelqueautres couvents, dans le cas de faire faillite; mais le sieur d'Argeiison, en 1713, détermina le roi à établir une loterie, dont les bénéfices leur appartinrent; par ce moyen peu moral, elles réhabilitèrent amplement leur fortune. D'ailleurs, on sait quel prix ce magistrat de mœurs corrompues mettait aux services qu'il rendait aux couvents de religieuses.

L'égl se ne contenait de remarquable que deux tableaux : l'un, placé sur 1 • grand autel, représentant la Conception de la Vierge, était peint par Boullongne l'aîné; l'autre, que l'on voyait dans uiu' chapelle à droite, avait pour sujet saint Germiain donnant une médaille à sainte Geneviève, par Boullongne le jeune.

Ce couvent fut supprimé en 1790, et sur son emplacement on a bâti plusieurs maisons particulières.

Fillesde l'Immaculée Conception, ou Rlcollettes, couvent situé rue du Ba;.

Yfi 73, à l'angle septentrional de la rue de la Planche. Madame la présidente de Lamoignon fit venir de Verdun quelques religieuses récollettes. Autorisées, le S septembre 1627, par l'abbé de Saint-Germain, ces recollettes, munies de toutes les précautions exigées, n'en profitèrent pas, et cédèrent, par acte du 12 décem-

(1) II fallait avoir épuisé le dictiûmiaire des dénominations conventuelles pour imaginer celle-ci qui se compose de deux mots étonnés de se trouver réunis.

sous LOUIS XI II

bre ^034, aux religieuses recoliettes de Saint-Nicolas de Tulle leurs droits et privilèges. Celles-ci achetèrent une maison rue du Bac, qu'elles firent accommoder en monastère, et s'y établirent en <637. Ces religieuses, en qualité de rêcoUettes, étaient sous la direction des frères récol-

en œuvre pour déterminer l'archevêque de Paris à donner son aïsentiment, qu'il avait refu=é d'abord. Le roi, après plusieurs difficultés, accorda des lettres patentes au mois d'octobre 1630. Une maison, dans le quartier du Louvre, fut I achetée et destinée à cet établissement.

lots. Ceux-ci, se trouvant trop éloignés j Le parlement enregistra, le 31 mai 1633, de leurs sœurs, obtinrent facilement, dans I les lettres du roi. La mère Angélique ce temps de prospérité monastique, la ! Arnaud eut la première direction de cette

permission de faire bâtir un hospice de récollets à côté de celui des récolltttes. I fut construit dans la rue de la Planche

communauté. Le fondateur avait pour objet d'attirer dans son couvent les filles des courtisans: et pour y réussir, il fit

Ce voisinage fut une source de désordres une règle par laquelle les* religieuses deet de querelles que termina un arrêt- du vaient être vêtues de robes blanches, fines conseil du roi, du mois de mars 1708, j et traînantes, de beaux scapulaires d'écarcondamnant les frères récollets à se sépa- j late et de linge très fin. Aucune austérité rer de leurs sœurs de la Conception Im- ne devait en éloigner les jeunes personmacuiée. j nés. L'église était ou devait être magnifi-

Elles durent ce dernier titre h Marie- } quement^ ornée. Tout allait au gré du Thérèc-e d'Autriche, qui, ayant projeté fondateur et de ses auxiliaires. Le coud'etablir un couvent de la Goncepticn, jeta 1 vent fut établi ; mais, sous le règne de les yeuxsur les sœurs récollettes, et obtint Louis XrV'. cette maison fut supprimée. une bulle, du 18 août 1663. qui autorisa { On ne sait pourquoi. ces filles à prendre l'habit, l'institut, la j Belle-Chasse, ou Changinesses du règle et la dénomination de religieuses de I Saixt-Sépulcre. couvent situé rue Neuverimmaculée Conception dé la Vierge Ma- | de-Belle-Chasse, n» 4, quartier Saintrie. En 1664, ce couvent fut déclaré de I Germain. Une dame de Planci fit venir, fondation royale. Louis XIV fournit aux ; en 1632, de Charleville à Paris, cinq refrais de la construction de l'église, qui, ; ligieus^s de cet ordre : elles éprouvèrent commencée le 13 juillet 1693, fut bénite .pendant trois ans plusieurs difficulté.et sans doute achevée le 5 décembre 1694. j pour s'établir. Le 16 juillet 1635, éïïe^

Le grand autel de cette église était orné d'une Immacmée Conceptron, peinte par La fosse.

Ce couvent, supprimé en 1790, a été vendu à des particuliers.

Il fut fondé un autre couvent de la Concôpticu, rue de Gbarenton, dent je parlerai ailleurs.

Religieuses du SAl^'T-SACREME^*T, couvent situé près le Louvre. Sébastien Zamet, évtque de L?ngres, pensa qu'un couvent dont les individus seraient nuit et jcur et sans cesse occupes à l'adoration du Saint-Sacrement deviendrait une institution d'une haute importance pour h public. D'abord, pour remplir ses pieuses intentions, il résolut d'employer des homnies absc.lument reclus et qui

rent l'acquisition d'un vaste emplacement appelé Belle-Chasse; elles n'occupèrent d'abord, en attendant la constriiction de leur maison, qu'une extrémité de cet emplacement. Leur monastère étant bâti, elles y entrèrent le 21 octobre 1635: mais ce ne fut qu'au mois de mai 1637 que tous les obstacles furent surmontés, et qu'elles obtinrent du roi des lettres patentes confîrmatives de cet établissement. La chapelle de cette maison fit bénite en 1673.

Ce couvent était à peine établi que îe désordre s'y manifesta. On lit dans les. registres manuscrits du parlement que, le 31 juillet 1642 et les jours précédents, un sieur de Meigneux, accompagné de plusieurs personnes dont les noms sont

n auraient nulle communication avec le 1 mvstérieusement omis, s'ttait rendu dans

dehors. Il abandonna cette partie de son projet, substitua des femmes aux hommes, et obtint des bulles du pape. Une nche dévote, appelée Bardeau, donna ■^0,000 francs pour commencer l'établissement. Madame de Loncueville mit tout

ce couvent et y avait commis des excès qui ne sont pa's spécifiés. Le parlement fit défense au sieur de Meigneux d'aller « audit monastère, et d'y mener... ni au- « trement, à peine de la vie; enjoint à la « prieure de faire fermer les portes du

• couvent» et d'empêcher qu'il soit usé « d'aucune violence en contravention au- « dit arrêt ; de garder soigneusement la « dame de Nérestan, étant en ladite mai- « son, ni de permettre qu'elle en sorte. »

Ce couvent fut supprimé en 4790. On t ouvert sur son emplacement une rue nouvelle qui fait la prolongation de celle die Belle-Chasse, et qu'on nomme rue Neuve-de-Belle-Chasse. La partie des bâtiments qui n'a point été détruite par l'effet de cette prolongation sert de magasin des fourrages du gouvernement.

Les Filles du Précieux-Sang, couvent situé rue de Vaugirard, n» 60, quartier du Luxembourg. Des filles de l'ordre deCiteaux, de la ville de Grenoble, après avoir adopté une réforme, firent solliciter, auprès de l'abbé de Saint-Germain-des- Prés, la permission d'établir un couvent de leur ordre dins l'étendue de sa juridiction. Cette demande fut accordée le 20 décembre 1635. Elles achetèrent, en conséquence, une maison rue Pot-de-Fer, au coin de la rue Mézières ; pour la payer, elles reçurent de la duchesse d'Aiguillon la somme de 8,050 livres, et vinrent l'habiter en 1 636. Ces religieuses, ayant mal calculé leurs affaires, ou trop compté sur le zèle public, se trouvèrent tellement endettées qu'elles furent forcées d'abandonner leur maison à leurs créanciers.

Alors elles prirent à loyer une maison située rue du Bac, où elles se retirèrent, maison qui depuis a fait partie du séminaire des Missions étrangères. Enfin des personnes charitables vinrent à leur secours, et leur fournirent une somme qui leur permit, le 10 décembre 1658, dacheter une maison rue de Vaugirard, qu'elles firent disposer suivant leurs besoins. La chapelle fut bénite, le 20 février 4659, sous le titre de Précieux-Sang de Notre-Seigneur ; et, le même jour, elles vinrent habiter leur nouveau monastère.

Elles furent supprimées en 1790, et leur maison devint une propriété particulière.

BÉNÉDICTINES DE NoTRE-DaME DE

Liesse, couvent situé rue de Sèvres, seconde série de numéros commençant au , boulevard, n» 3. Ces religieuses, établies à Rhétel, diocèse de Reims, craignant la guerre et ses dangers, vinrent, en 1636, se réfugier à Paris. Elles s'établirent d'abord rue du Vieux-Colombier, et, en 1645, devinrent propriétaires d'une maison déjà occupée par des religieuses qui ne purent

s'y maintenir. Ce lieu était nommé le jardin d'Olivet. Cette maison ne se soutint qu'avec peine, et éprouva plusieurs traverses. La chapelle ne fut bâtie qu'en 1 663. Ce couvent, presque désert, fut supprimé en 1778; et madame Necker y fonda un hôpital qui porte son nom, et dont je parlerai dans la suite.

Filles de Saint-Thomas-d'Aquin, de l'ordre de Saint-Dominique, couvent situé rue des Filles-Saint-Thomas.

Les religieuses de Sainte-Catherine de Sienne, ayant reçu l'ordre d'aller former un établissement à Paris, obtinrent des lettres patentes du mois de décembre 1629, enregistrées le 3 juillet 4630. Elles se logèrent d'abord dans une maison de la rue des Postes, au faubourg Saint-Marcel. En 4634, ayant acheté une grande maison vieille rue du Temple, elles y firent construire une église et un assez vaste monastère; elles y restèrent jusqu'au 7 mars 1642, époque où elles vinrent habiter la maison qu'elles avaient fait construire dans la rue qui porte le nom de leur couvent.

Ce couvent ayant été supprimé en 1790, ses bâtiments furent occupés pendant plusieurs années par divers particuliers, jusqu'en 1808, époque où, sur son emplacement, l'on a commencé à élever l'cdifice de la Bourse.

Filles de la Croix, couvent de religieuses de l'ordre de Saint-Dominique, situé rue deCharonne, n*> 87. Ce couvent fut institué pour recevoir le trop-plein de celui qui est mentionné dans l'article précédent. Le 7 mars 1627, ces filles habitèrent une maison située rue Plàtrière, puis elles se transportèrent rue Matignon. Après avoir, le 21 juin 1639, acheté une maison rue de Charonne, elles y firent construire un monastère, qu'elles vinrent habiter au mois d'août 1641. Charlotte- Marie Coiffier d'Effiat fournit aux frais de cet établissement, et en fut considérée comme la fondatrice. Son cœur fut déposé dans le sanctuaire de l'église.

Dans cette église, petite et bien ornée, on voyait un excellent tableau de Jouvenet, représentant l'élévation de la croix.

Cyrano de Bergerac, écrivain original et sans goût, fut enterré dans cette église.

Ce couvent, supprimé en 1790, n'a point été vendu. En 4815, on y a placé des religieuses qui portent le titre de Dames de la^Croix,

sous LOUIS XllI

11 existait à Paris trois autres maisons de Filles de la Croix, dont je parlerai dans la suite.

Cberche-Midi, ou Prieuré de Notre- Dame-de-Consolation, situé rue du Cherche-Midi, n» 25. Des religieuses augustines de la congrégation de Notre-Dame, de la ville de Laon, vinrent à Paris, en 1633. pour y former un établissement. Le 13 mai 1634, elles achetèrent des sieur et dame Barbier un emplacement rue du Cherche-Midi ou Chasse-Midi; et, munies du consentement de l'abbé de Saint-Germain et de lettres patentes du roi, de septembre de la même année, elles firent construire un monastère. Mais ces religieuses, mauvaises économes, se virent <ians la suite poursuivies par leurs créanciers. Un arrêt du 3 mars 1663 ordonna h vente de leur maison. Dans cette fâcheuse conjoncture, eiles s'adressèrent à Marie-Eleonore de Rohan, abbesse de Malnoue, et lui offrirent de se mettre sous sa dépendance, en embrassant la reglo de Saint-Benoît. Il en coûta a cette ?l'besseoo,100Uv., prix de la vente delà maison, dont elle se rendit adjudicataire; f.uis elle la céda aux religieuses du Chert lie-Midi, qui reçurent, en 1669, le titre (le Bénédictines de Notre-Dame-de-ConsolatioD.

Ce couvent fut supprimé en 1790: et deux particuliers, acquéreurs de l'emplacement, y ont fait bâtir des maisons.

Religieuses de Feb vaques, couvent de l'ordre de Cîteaux, situé au faubourg Saint-Germain, on ne sait dans quelle rue. Ce- religieuses, en 1636, pendant la guerre, vinrent de Xoyon à Paris pour chercher un asile; on leur permit d'y rester, a condition qu'elles ne placeraient point de croix à leur porte, et qu'elles n'auraient ni cloches ni tabernacle. En •16.i3, on leur accorda la faculté d'établir un monastère en forme. Ces concessions favorables ne consolidèrent pas cet établissement, qui fut de peu de durée. Dans la suite, on n'en trouva plus de traces.

Les quatre établissements suivants se distinguent des autres en ce qu'ils ont pour objet l'utilité publique.

Religieuses de la Charité -Notre- Dame, couvent et hôpital, situé rue delà Chaussée-des-Minimes, au coin du cul-desac des Hospitalières, n» i. Cette maison, de.^tiuée pour les fiiles et femmes malades.

fut définitivement établie en <629. Une dame d'Orsai et un sieur Faure, stimulés par Françoise de La Croix, fournirent aux frais d'acquisition de cette maison et à ceux de l'ameublement. Douze lits furent d'abord fondés. Bientôt les frères de la Charité, les administrateurs de l'Hôtel- Dieu se réunirent pour s'opposer à cet établissement utile. Le parlement, en 1 628» mit fin à cette opposition scandaleuse.

Françoise de La Croix et ses compagnes furent mises en possession de cet hôpital, et elles firent des vœux en 1629. Dans la suite, le nombre des lits s'accrut par les bienfaits de quelques personnes; en 1775, il s'élevait a vingt-trois. Les malades payaient 30 livres par mois ; et ceux qui passaient dans cette maison le reste de leur vie. 400 liv. par an.

Cette maison a subi le sort de tous les établissements religieux. Elle a été supprimée en 1792, et remplacée par une filature de coton établie eu faveur des indigents.

Hospitalières de la Roquette. Ce couvent et hôpital, situé quartier de Popincourt, n» 103, fut établi par les religieuses de la Charité dont la maison est l'objet de l'article précédent. Aidées par la duchesse de Mercœur, elles acquirent cette maison pour servir à leurs convalescents, qui avaient besoin de respirer un air plus pur que celui de la Chausséedes-Minimes. On donna ce nonnà ce couvent, parce qu'il fut bâti sur l'emplacement d'une maison de campagne, dite la Rochette ou la Roquette. Ces religieuses en devinrent propriétaires par acte du 30 janvier 1636.

Un décret de l'archevêque de Paris, du 1*2 octobre 1690, confirmé par lettres patentes enregistrées le 12 juin 1691, sépara la maison de la Roquette de celle de la rue de la Chaussée-des-Minimes ; elle en fut entièrement indépendante, et elle avait, avant la révolution, dix-neuf lits pour les femmes vieilles et infirmes. Cette maison, supprimée en 1792, est occupée aujourd'hui par une filature de coton.

Filles de la Providence ou de Saint- Joseph, couvent situé rue Saint-Dommique-Saint-Germain, no82. Marie Delpech, connue sous le nom de l'Etang, avait établi à Bordeaux une m.aison pour les orphelines; el'e fut appelée a Paris poi^r en établir une en cette ville. Elle v arriva le 11 février 1639, et logpa d'abord rue du

Vieiix-Colombier, dans une maison occupée par quelques religieuses venues de Gharleville. Le-nombre des élèves qu'elle y fit l'obligea de prendre à loyer une maison plus vaste, rue du Pot-de-Fer. Celleci devint bientôt insuffisante. Le 3 février 1640, elle acquit, rue Saint-Dominique, une grande maison, où son établissement fut fixé; elle l'agrandit par l'acquisition de sept quartiers de terrain qui l'avoisinaient; et, munie de toutes les permissions et autorisations exigées, elle en prit possession dans la même année.

Cette institution avait pour objet l'instruction des orphelines. On leur enseignait les ouvrages convenables à leur sexe,"jusqu'à ce qu'elles fussent en état de se marier, ou d'embrasser une profession quelconque.

Celte maison fut supprimée en 1792.

Les bâtiments furent depuis convertis en bureaux du ministère de la guerre, et de sa chapelle on fit un magasin.

Nouvelles Catholiques , couvent de filles, situé rue Sainte-Anne, n» 63. Ce couvent fut établi par les même fondateurs, dans le même temps et par les mêmes motifs quele couvent des Nouveaux Convertis dont j'ai parlé ci-dessus ; mais il eut une destinée différente. Il fut d'abord, en 1634, placé rue des Fossoyeurs, aujourd'hui de Servandoni.

En 1647, il était situé rue Pavée, au Marais, puis rue Sainte-Avoye; en 1631, dans la rue Neuve-Saint-Eustache ; enfin, en 1 672, ce couvent obtint une demeure stable, rue Sainte-Anne, où les religieuses achetèrent un terrain, et y firent bâtir une maison et une chapelle, bénite sous le titre de l'Exaltation de la Sainte-Croix et de Sainte-Clolilde. Cette maison, qui jouissait du privilège des maisons de fondation royale, fut supprimée en 1790, et vendue peu d'années après. Plusieurs maisons particulières se sont élevées sur son emplacement.

Les Filles ou Soeurs de la Charité, couvent situé rue du Faubourg-Saint- Denis, no 1 12, en face des bâtiments de Saint-Lazare. Vincent de Paul et Louise de Marillac, veuve de M. Le Gras, commencèrent cet établissement, en 1 633 , dans une maison située près de Saint-Nicolas-du-Chardcnnet. De là il fut, au mois de m^ai 1 636, transféré à la Villette.

En 1640, la dame Le Gras, désirant se

rapprocher de Paris et de la maison de Saint-Lazare, maison à laquelle on avait soumxis h sienne, vint s'établir dans la rua du Faubourg-Saint-Denis , en face de Saint-Lazare. Cet établissement, qui devint le chef-lieu de toutes les maisons des sœurs de la Charité, a survécu aux ravages des temps et aux révolutions politiques, ou n'a éprouvé qu'une éclipse passagère, parce qu'il est d'une utilité évidente. Ces sœurs ne sont point cloîtrées ; elles sortent, et vont chercher les malheureux pour les secourir. Les sœurs de la Charité, que le peuple nomma Sœurs grises à cause de la couleur de leur vêtement, n'avaient et n'ont rien du luxe des autres couvents de religieuses. Leurs bâtiments sont simples; mais ces religieuses ne seraient ni m.oins utiles ni moins respectées, si la forme de leur coiffure et de leur vêtement était un peu moins ridicule.

La maison du faubourg Saint-Denis a été supprimée en 1792 ; et on y a depuis placé une caserne et une maison royale de santé, ou hospice de M. Dubois, où l'on reçoit les malades moyennant une rétribution journalière.

La maison chef-lieu de cet ordre fut dans la suite rétablie rue du Vieux-Colombier, no 15, et, en 1S13, rue du Bac, no 132, à l'ancien hôtel de La Vallière.

Notre-Dame de la Victoire-de-Lé- PANTE ET DE Saint-Joseph, couvent de chanoinesses régulières, de l'ordre de Saint- Augustin, situé rue Picpus, huitième arrondissement. L'archevêque de Paris, à la sollicitation du sieur Tubeuf, surintendant des finances de la reine, demanda, le 27 janvier 1640, à l'abbesse de Sain,t- Etienne de Reims, des religieuses de son ordre pour en former un établissement à Paris. Le 2 octobre de la même année, l'abbesse vint dans cette ville accompagnée de six religieuses. Elles furent etabhes rue Picpus" L'on nomma la sœur du fondateur , Suzanne Tubeuf , première prieure triennale.

Ce couvent fut supprime en 1790. Il est, depuis, devenu propriété particulière.

Voilà quatre maisons de religieuses établies à Paris sous le règne de Louis XIIL Joignons-y les vingt couvents de religieux fondés dans la même ville pendant le même règne ; il résultera que, dans l'espace d'une trentaine d'années, Paris fut encombré ou sanctifié par soixante nou-

sous LOUIS xni

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