V. Etablissements civils
Hcpital des Convalescents, situé rue lu Bac, no 98. Angélique Faure, veuve le Claude Bullion, conçut le projet loua- )le de procurer un asile aux convalescents [ui, sortis des hôpitaux avant d'être dans m parfait état de santé , étaient exposés i des rechutes. Elle obtint, en 4628, des ettres patentes qui ne furent enregistrées
quartier Saint-Marcel. Antoine Séguier, président au parlement, dans le dessein de retirer de la misère des orphelines de père et de mère, acheta, le 21 mars 1622. une maison appelée le petit séjour d'Orléans, qui avait lait partie de l'ancien hôtel que les ducs d'Orléans possédaient dans ce quartier. Les lettres patentes qui autorisaient cette fondation sont de janvier 1623, et il paraît que l'exécution de cet utile projet ne se fit pas attendre; car une inscription, placée dans la chapelle de cet hôpital, portait que, le -17 janvier 1624, M. Antoine Séguier fonda et fit bâtir cet hôpital pour cent pauvres orphelines.
On leur enseignait la rchgion et un métier. En 1656, le roi ordonna que les compagnons d'arts et métiers qui épouseraient des filles de cette maison seraient reçus maîtres sans faire leur chef-d'œuvre et sans payer aucun droit. Elles y étaient reçues à l'âge de six h sept ans," en sortaient à vingt-cinq ; et l'hôpital, lorsqu'elles se mariaient, leur accordait une dot. .
Cette maison fut supprimée pendont la révolution: elle appartient à l'administration générale des hôpitaux et hospices de Paris. On y a établi des manufactures.
^ Hôpital des Incurables, situé rue de Sèvres, u» 54. Plusieurs personnes concoururent à cet établissement : Marguerite Rouillé, épouse de Jacques Lebret, par [u'en 1631. L'exécution de ce projet utile {acte du 1" octobre 1632, lui donna 622 prouva beaucoup de lenteurs que nous ne livres de rente, des maisons et jardins létaillerons pas. Cette dame acheta, ou | qu'elle possédait à Chaillot ; Jean Joullet 'lutôt fit acheter par un prêtre appelé j de Chàtillon lui légua ses biens ; et le car- \.ndrè Gervaise, une maison située rue dinal de La Rochefoucauld, par contrat
lu Bac, appartenant à M. Camus, évèque lu Reliai. Elle voulait cacher au public la nain qui soulageait les pauvres. La maion, construite et disposée pour recevoir luit convalescents, put dans la suite en ontenir un plus grand nombre. En 1775, lie possédait vin^t et un lits.
au 4 novembre 1634, passé avec les administrateurs de l'Hôtel-Dieu, céda pour e même objet 2,866 livres de rente, 18,000 livTes à prendre sur le fermier général des aides, et 7,600 livres en argent. L'Hôtel- Dieu possédait 16 ou 17 arpents de terre sur le chemin qui conduit à Sèvres ; il en
céda 40 pour y construire l'hôpital projeté. Une personne inconnue envoya, pour aider aux frais d'établissement, une somme de 2,400 livres; le cardinal de La Rochefoucauld y ajouta encore celle de 1 ,333 livres. Avec ces secours, l'hôpital fut construit. Trente -six lits furent d'abord établis dans les salles ; dix-huit pour les hommes, dix-huit pour les femmes. Le même cardinal fit encore don d'une somme de 38,047 livres destinée à la construction et à l'entretien d'une chapelle qui fut consacrée, le 11 mars 1640, sous le titre de Y Atvdonciation de la Sainte-Vierge.
Des lettres patentes du mois d'avril 1637 confirmèrent la fondation de cet hôpital, qui, dans la suite, reçut un accroissement considérable en étendue de terrain et en revenu; de sorte qu'avant la révolution on y comptait trois cent soixante lits. Je parlerai du sort de cet hôpital, lorsque je présenterai le tableau des hôpitaux et hospices qui existent maintenant à Paris.
HÔPITAL DE LA PiTiÉ, situé rue Copeau, n» 1, entre les rues du Battoir et du Jardin-des-Plantes.
Les désordres et les guerres civiles du temps de la régence de Marie de Médicis avaient considérablement accru le nombre des pauvres. On ne trouva d'autre remède pour le diminuer que d'emprisonner ces malheureux : c'est ce qui fut ordonné dès l'an 1612. En conséquence, les magistrats louèrent cinq grandes maisons situées entre les rues du Battoir et du Jardin-des- Plantes , puis on fit l'acquisition d'une de ces maisons oii se trouvait lejeu de paume de la Trinité. Ce local fut augmenté par de nouvelles acquisitions : on construisit des bâtiments réguliers et conformes à leur destination. On y renferma les pauvres que l'on put arrêter. Cette maison reçut le nom de Pitié, parce que sa chapelle était sous l'invocation de Notre-Damede-Pitié.
Lorsqu'en 1657 l'hôpital général, dit de la Salpétrière, fut construit et ouvert à tous les mendiants, la maison de la Pitié reçut une nouvelle destination : on y plaça les enfants des mendiants. Les filles, auxquelles on apprenait à lire, à écrire, à coudre , à tricoter, occupaient une partie de la maison; les garçons, qui recevaient une éducation analogue, habitaient une cour appelée Petite-Pitié. Enfin, on y plaça des enfants trouvés, des orphelins, auxquels on faisait apprendre des métiers ;
on y fabriquait des draps pour les habits des hôpitaux , et même pour les troupes.
Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1809, époque où les orphelins de la Pitié furent transférés à l'hospice du faubourg Saint-Antoine : dès lors, cette maison devint une annexe de l'Hôtel-Dieu (1).
Maison de Scipion, située rue de la Barre ou de Scipion, nhce du même nom. Scipion Sardini, gentilhomme italien, fameux et riche traitant sous le règne de Henri UI, avait fait bâtir en ce lieu un hôtel qui, en 1622, fut destiné à recevoir des vieillards pauvres et infirmes. En 1636, il fut donné à l'hôpital général , qui y fit établir sa boucherie, sa boulangerie, etc.
Cet édifice, convenablement construit, renferme aujourd'hui la boulangerie générale de tous les hôpitaux et hospices de Paris.
VL Palais, jardins , îles, fontaines théâtres, etc.
Palais du Luxembourg , situé au faubourg Saint-Germain, quartier du Luxembourg, rue de Vaugirard. On imposa à ce palais plusieurs noms que le public n'a pas admis ; outre celui de Luxembourg, il reçut d'abord celui de Palais d'Orléans: et, depuis la révolution, ceux de Palai; du Directoire,' de Palais du Consulat, dt Palais du Sénat Conservateur, enfin d< Palais de la chambre des Pairs. Quoiqui ces diverses dénominations aient tour ; tour été inscrites en lettres d'or sur une ta ble de marbre posée au-dessus de la principale entrée, le public, moins docile à 1; volonté des divers gouvernements qu'à 1; routine, a constamment nommé et nomm' encore ce palais et son jardin le Luxem bourg.
Une grande maison, accompagnée d jardins, que Robert de Harlay de Sancy fi bâtir vers le milieu du seizième siècle maison qualifiée d'Hôtel bâti de neuf dan un arrêt de 1564, que le duc d'Epinay Luxembourg acquit ensuite, et qu'il agiar dit considérablement en 1583 en y adjoi gnant plusieurs pièces de terres contiguëj fut l'emplacement que Marie de Médicis régente, acheta, par contrat du 2 avr 16"l2, moyennant la somme de 90,000 li vres, pour y faire construire un palais
(1) Voyez ci-après Adminislration gène raie des hôpitaxicc, article Hôpital delà Pitit
sous LOUIS XIII
L*anné€ suivante, voulant agrandir encore . un corps avancé de forme quadrangula ire, cet emplacement, elle fit acquisition de la j dôme circulaire orné de statues dans les ferme de l'Hôtel-Dieu, appelée, dans les * entre-colonnements. Ce dôme, qui avec anciens plans de Paris, le pressoir de l'Hô- ces circonstances produit un effet pittoreslel-Dieu. Cette ferme était située à l'est | que, quoique un peu lourd, est en parfaite du jardin actuel et du côté de la rue d'En- ' harmonie avec les autres parties de l'édifer. Au mois de juin 4613, cette reine jfice. De chaque côté de ce dôme, deux y joignit 25 arpents de terre, situés au ' terrasses pareilles, supportées dans l'orilieu appelé le Boulevard. Elle acheta aussi j gine par des murs massifs, et qui depuis deux jardins appartenant à Antoine Ar- j ont à droite et à gauche été percés par
naud, et dont la superficie était de 2,400 toises, et plusieurs parties du clos Vignerai, propriétés des thartreux et de divers particuliers. Enfin elle dédommagea les
:e palais. Il s'éleva sur le modèle du paaisde Pitti, à Florence; il lui ressemblait iu moins par ses bossages. Jacques Dei- )rosses en fut l'architecte. Les travaux, Doussés avec activité, furent achevés en )eu d'années.
Cet édifice se recommande par la beauté
quatre arcades, servent à communiquer dû dôme aux deux pavillons de cette façade. Celle du jardin, outre deux pavillons en saillie , plus forts que ceux de la façade ±arlreux en leur donnant des terres au- j qui vient d'être décrite, offre au centré un delà de la route d'Issi ; de sorte que ces ■ corps avancé, décoré de colonnes. Il était noines s'agrandirent du côté de la rue • autrefois surmonté par un lanternon trop l'Enfer , renfermèrent dans leur enclos ; maigre pour le caractère de cette façade ; 'emplacement de cette route, ancienne i on fa fait disparaître, et la toiture* auvoie romaine, et la détournèrent considé- dessus de laquelle il s'élevait, présente au- ^blement du côté de Test. [ jourd'hui une ligne non interrompue. A
Marie de Médicis, après ces acquisi- la place de quelques ornements peu a^réa- Lions, fit, en 1615, jeter les fondements de | blés, on a établi, au centre et au se'cond
étage de cette façade, un vaste cadran solaire, accompagné de statues colossales, placées à l'aplomb des colonnes inférieures. Deux de ces statues représentent la Victoire et la Paix : elles sont l'ouvrage de M.d'Espercieux ; deuxautres, la Force , et le Secret, ont été sculptées par Beauvaie ses proportions, sa parfaite symétrie, et ; Jet; et les deux dernières, l'Activité et la )ar un caractère de force et de solidité, j Guerre, par Cartelier. .es ornements, peu nombreux, mis à leur | La façade du côté de la cour diffère peu Mace, plaisent a la vue sans la fatiguer. ' de celle du jardin. Aux deux portes laté- .es refends ces bossages qui sillonnent ' raies, on voit dans des impostes les bustes outes les faces de ce palais, lui donnent de Marie de Médicis et de Henri IV • auine physionomie smguliere; mais on y dessus, l'avant-corps est décoré de quatre oit avec peine employée jusque sur les pi- statues colossales, ouvrages des artistes du astres et les colonnes cette espèc-e de dé- temps de Marie de Médicis. Le bas-relief X)ratioii reprouvée par le bon goût. du fronton circulaire, représentant la Vie-
Le principal corps de bâtiment ainsi toire couronnant le buste d'un héros, est jue ses autres parties offrent trois ordon- l'ouvrage de Dune, lances; l'une, toscane, est au rez-de- i La cour, dont j'ai donné les dimensions, haussée, autre, dorique, est au premier est formée par le principal corps de logis :tage ; et la troisième, ionique, se voit au dont je viens de décrire les façades, par leuxieme. Quatre gros pavillons sont pla- deux ailes de bâtiments se terminant aux jes aux quatre angles du principal corps pavillons qui s'élèvent aux deux extrémité bâtiment, tés de la principale entrée, et enfin par
La cour, qui , du côté de la ville, pré- les bâtiments de cette entrée (1). «de ce principal corps de logis, est entou- Dans l'aile qui occupe le côté orienta» ee de bâtiments; et son plan présente un !
)aralIélogramme dont Ja plus grande di- 1 (1) Au moisde mai 1820, on a commencé nension a 60 toises, et la moindre 50. àéclairer cette cour par le gaz hydrogène ; six
L entrée principale est en face de la rue torchères (deux placées à chacun des avantle louruon; de ce côté la façade présente corps des deux bâtiments latéraux, et deux à i ses extrémités deux pavillons; et au mi- l'avant-corpsdu principal corps de logis) jetleu, au-dessus de la porte, s'élève, sur , tent sur cette cour une lumière abondante.
de la cour est la ga'erio des tableaux, dont je vais bientôt parler; l'aile opposée contient aussi une galerie de tableaux, et. de plus, le magnifique escalier par lequ?l on monte à la salle de la Chambre des pairs. Cet escalier, majestueux par son étendue, riche par sa décoration, présente plusieurs statues d'hommes illustres par les services qu'ils ont rendus à leur patrie, et ne fait point regretter l'ancien escalier placé sous le vestibule du principal corps de bâtiment, qui obstruait ce vestibule sans l'embellir.
Ce palais, bâti à grands frais par Marie de Médicis, qui n'en avait pas besoin et qui ne l'habita que peu de temps, devait porter son nom ; mais, cette reine l'ayant légué à Gaston de France, duc d'Oileans, son second fils, celui-ci voulut le faire nommer Palais d'Orléans, et fit en conséquence placer sur la principale entrée une table de marbre oii ces mots étaient gravés en lettres d'or, et qui est restée en ce lieu jusqu'à l'époque de la révolution. Il fut cédé, moyennant 500,000 liv. , à Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier; et, par transaction du 4er mai 1672, il devint !a propriété d'Elisabeth d'Orléans, duciiesse de Guise et d'Alençon, qui, le 16 mai 1694, en fit don au roi Louis XIV. Cet édifice, négligé par ces différents propriétaires, eut besoin de grandes réparations, qui furent faites depuis 1733 jusqu'en 1736. Louis XVI le donna, en 1779, à son frère. Monsieur, qui a régné sous le nom de Louis XVIII.
Pendant le régime de la terreur, il fut converti en maison d'arrêt.
Sous le régime de la constitution de l'an IV, en 1793, il devint le lieu des séances du Directoire et la demeure des cinq directeurs, qui habitaient plus particulièrement l'hôtel contigu, appjlé l'Hôtel du Petit-Luxembourg.
En 1794, le palais du Luxembourg fut entièrement ragréé, et plusieurs réparations y furent faites. On construisit à i'ouest'et sur la ligne de la façade, du côté du jardin, un corps de bâtiment, qui depuis fut démoli.
Lorsque Bonaparte eut envahi le pouvoir, le palais du Luxembourg fut destiné d'abord aux séances des consuls, et reçut le nom de Palais du Consulat ; et peu de temps après, en 1800, celui de Palais du Sénat Conservateur. Ce sénat y tint ses séances jusqu'en 1814, époque où une
nouvelle constitution remplaça le sénat par la Chambre des pairs. Dès lors une nouvelle table de marbre, placée sur h porte principale, indiqua que l'édifice du Luxembourg portait le nom de Palais de la Chambre des Pairs.
Les deux ailes de bâtiment qui forment les parties latérales de la cour renferment, commie je l'ai dit., l'une l'escalier, et l'aiitre la galerie des tableaux. Cet escalier, éclairé par dix croisées, composé de quarante-huit marches, offre des ornemt^ntrecommandables par leur dessin, leur •.
cution, et mène au premier étage.
On trouve à son extrémité supérieure la salle des Gardes, puis celle des GarçoD.-de service, où l'on remarque une belfc : figure en marbre, représentant Hercuk couché, ouvrage du célèbre Pujet; unt statue d'Epaminondas, par Duret : iiiv autre de Milliade, par Boizot; et une î ■ sième représentant Perséc après avoi; la Gorgone.
Vient ensuite la salle des Messad'Etat, ornée de la statue d'Harporr dieu du silence, et de celle de la Prudi puis la salle du Conseil et celle de la i^ nion, salles très richement décorées d bleaux, dont l'un représentait^ la figut pied de Louis XMII, et d'autres plur=' allégories sur ses aïeux et sur son tv\ en France. Le plafond, peint par Bn:' lemi, offre aussi des sujets allégori ;
Cette salle mène à celle des Séai placée au centre du principal corpbàtiment, au lieu oii étaient la cage d l'ancien escalier et la chapelle. Elle fu établie et décorée dans les années 1803 . 1804. Son plan est un hémicycle d ) soixante-quinze pieds de diamètre. Un au i tre hémicycle de trente pieds de diamètre I placé au centre, est, lorsque le roi se ren J à la Chambre des pairs, occupé par 1| trône?. Cette salle est décorée de vingt-si ' colonnes d'ordre corinthien ; leurs entre colouneraents, à droite et à gauch:» d trône, sont occupés par les statues de S. Ion, Périclès, Ciucinnatus, Scipion, Cato d'Utique, Lycurgue, Cicéron, Léonida- Aristide, Phocion, Démosthèneet Camilh . presque tous ennemis de la tyrannie, toi I ardents amis de leur patrie et de sa 1: berté. Ils furent placés là sans doute pou rappeler leurs exemples à ceux qui or siégé ou siègent dans celte enceinte.
De cette salle, très riche par ses orne ments, on arrive à la salle du Trône, qi
est pas moiiîs. J"oriH^ts la gal?rie sur rdin, les salles des quatre Bureaux, première et seconde bibliothèques, la
L'île, le sa!on de lecture, pour m'ar-
à la salle du Livre-dOr.
tte salle est remarquable par les peios restaurées des boiseries qui ornaient pparterr.ents de Marie de ^lédicis. Ces fures sont dos médaillons offrant plu- "s sujets mythologiques. Cette salle, ■ligne d'exciter la curiosité des artis- ^t l'admiration de ceux qui ne le sont
doit
sous LO'Cis XIII 475
do Juli'^: , ouvrage digae des. plus beaux temps de la Grèce. . .
L'autre partie de la terrassé conduit oans une suite de salles qui étaient oraées notamment des marines de; Yemet- et'ëe Hue. . . . • ' ..
En 1813, les puissances étraosères dépouillèrent le Muséum du Lonvio d'une grande partie de ses richesses, et v laissèrent un \ide immense. Pour le remo'ion enleva de la galerie du Luxembo^iriJ ses principaux tableaux, ce.ux qui foi^
^". ,. ^T ""/- -""■' °^*. {J^i^'M^aux laoïeaux, ceux qui toron nom a un ivre dont la qua- maient la galerie de Rubens, cpux de la
■'ion indique l'excellence des matières
contient. Quelle est la matière su-
..lïie de ce livre précieux auquel on a con-
Iicié une salie si magnif-quê? Il faut le dire, ce livre n'existe^J^as encore, ou n'est pas encore déposé dans le sanctuaire qui lui est prépare. Il contiendra les titres de la pairie.
^^ borne ici la description de la partie ;eure du palais qu'occupe la Chambre ^ .airs, partie changée, rajeunie, embelpar les gouvernements impérial et , et je passe aux autres parfies et démces de ce palais, ALERiE DU Luxembourg. Elle fut d'apar les ordres de Marie de Medicis, osée de vingt-quatre grands tableaux .-entant l'histoire allégorique de cette- :•. peints par le célèbre Rubens, de -urs autres lahleaux provenant de la douairière d'Espagne, et de ceux du -t du roi. Cette gaîerie fut longtemps ---e. Avant 1780, on avait tourne le •• d'en transporter lout-s les peintures uvre pour qu'elles fissent partie du :f/;i déjà projeté dans la gaierie de :51s. Eu conséquence de ce'projet, on : du Luxembourg les tableaux, qui -' placés au Louvre.
^>^ victoires des Français produisirent ;îsez ample récolte de tableaux pour e Muséum do Louvre put se passer '-■.X de la galerie du Luxemboure. On replaça en 1805; on v joignit "aussi -cieuse collection des tableaux de la -• samt Bruno, par Le Sueur, contenu-^ :ins une sal.e particulière; plusieurs ulres^ouvrages. tels que ÏÉnnïte en- '•'-, par \ien; deux tableaux de ^ le Serment des Horaces , et' '"■S, etc. '
L' r cette galerie on arrive sur une par- - '.- la terrasse et au-dessous du dôme u 1 on voyait la Baigneuse en marbre^
vie ue saint Bruno et \ei marines de Vernet. Cette gaîerie, ainsi dépouillée, content encore des tableaux d un 2rand mérite. On va vu longtemps le> plus beaux ouvrages de David, de Gros, de Gérard, oe Girodet, etc., et d'autres maîtres de 1 Ecole française. Au mois d'avril 1818 ce Musée ainsi composé fut ouvert au public. " ^
Jard->- du Luxembourg. Ce jardin a éprouve plusieurs changements. Sa plu« grande longueur de l'esf à l'ouest etaft de 4-iO toises, et s'étendait jusqu'à l'extrémité orientale du cul-de-sac de \otre- Dame-des-aïamps , que l'on a ouvert e^ converti en une rue nommée de Fïeuru^ • sa plus grande largeur n'excéda-t r)a< 130 toises. "^ ^
En 1782, on diminua à peu prp> u'^ tiers de la surface de ce jardin, enretranchant toute sa partie occidentale, qui s'étendait depuis les anciens bâtim.-nt<: de 'a rue de Fleures jusqu'à la srille qui s'ouvre de ce coté. On voulait, disait-on a!ors, ét-^biir dans cette parlie retranchée des salle*? de aanse, des cafés, une foire, etc • on n établit rien. Les plus beaux' arbres du jardin furent abai tus; on raccourcit «^ps plus longues allées; et Je terrain, séparé dépouille de sa verdure, sans être embelli par la foire projetée, resta, pendant prè<^ ue trente aimées, vide, stérile, inhabité,réduit presque a l'état de désert.
Cependant l'on commença, en 17S8 à y bàtir deux maisons situées sur une ruf-. qui tut ouverte, appelée rue de Madame^ On y perça d'autres rues qui, depuis l'an 1800 seulement, sont bordées d'habitations.
Pendant la révolution, en 1793 et 179'^ on prit sur l'enclos des Chartreux une par! tie de 1 emplacement dont le jardin a etagrandi, et l'on y établit des ateliers pour la tabrication des armes.
476 HTSTOinE DE PARIS
A la fin de l'an iv, ou 1795, la Convention commença l'exécution du projet de cette belle avenue qui se dirige depuis le palais du Luxembourg jusqu'à l'Observatoire. En 4 801, on renouvela tous les arbres de la partie orientale du jardin. On donna au terrain une pente régulière. On planta pareillement la partie méridionale qui avoisine la grande pépinière.
L'ancien parterre était bordé de deux murs de terrasse, l'un à hauteur d'appui, l'autre plus élevé, et laissait entre ces deux murs un intervalle d'environ deux toises, planté de fleurs. Ces murs, en pierres de taille, présentaient, à leur surface supérieure, de petits bassins, placés à distances égales et communiquant entre eux par des rigoles. Chaque bassin était percé pour laisser passage à un jet d'eau. Les eaux, si jamais elles ont été mises en jeu sur ces murs, devaient offrir d'assez brillants efïets. Les terrasses qui bordaient ces murs étaient plantées d'ifs et de buis. Ce parterre, du côté du midi, moins étendu qu'aujourd'hui, était voisin du mur de clôture du jardin. Au centre du parterre on voyait une pièce d'eau octogone. Au milieu de cette eau, un groupe en plomb représentait un triton tenant dans ses bras un poisson marin qui lançait un jet d'eau.
Ce parterre, en 4 801, fut entièrement changé. Des talus en gazon succédèrent au double mur de terrasse qui le bordait. Il fut élargi considérablement par deux espaces demi-circulaires, établis sur les deux côtés. Au milieu, on plaça une pièce d'eau plus étendue que l'ancienne. Le parterre se terminait du côté méridional par un vaste escalier composé de dix marches, et orné de statues. Tous ces ouvrages furent exécutés sur les 4essins de M. Ghalgrin. ^ Dans les années 1810 et 1811, ce parterre éprouva encore de notables et heureux changements.
La route de la grande avenue, qui se dirige vers l'Observatoire, à force de dépôts successifs de gravois et de terre accumulés pendant plus de dix ans, s'était enfin élevée à la hauteur nécessaire. Déjà cette avenue était plantée de quatre rangs d'arbres, et fermée au midi par une grille de fer, lorsqu'un nouvel architecte, M. Baraguei, proposa et fit adopter le projet de donner au terrain de l'avenue et du parterre, depuis le bâtiment de l'Observatoire jusqu'à la façade du palais du Luxem-
PARic. — Typ. Lacovr, rue Soafflot, 48
bourg, une seule et même ligne de pente. Pour l'exécution de ce projet il fallait opérer plusieurs changements et remuer beaucoup de terrain. Ces difficultés n'arrêtèrent point. La grille qui termine au midi cette avenue fut baissée de quelques pieds, ainsi que le sol environnant. On établit une grille nouvelle, et caille qu'elle remplaçait fut employée à l'entrée de l'Observatoire, et adaptée à deux pavillons construits alors pour décorer cette entrée.
Le sol de l'avenue fut, dans toute sa longueur, plus ou moins baissé, suivant la ligne de pente. L'abaissement fut plus considérable au point où cette avenue se rapproche du parterre. Au lieu de l'escalier de dix marches, on substitua trois marches dessinées sur un vaste plan circulaire qui se termine, de chaque côté, à un piédestal qui sert d'acrotère à des balustrades.
On baissa le sol du parterre, ainsi que celui qui avoisine la façade du palais. Il fallut refaire le bassin : il le fut sur un plan octogone et plus vaste.
A l'extrémité méridionale du parterre, des balustrades en ouvrent l'entrée à ceux qui descendent par l'avenue. Elles se raccordent avec les talus de gazon qui garnissent les parties latérales de ce parterre composé de quatre pièces de gazon, bordées de plates-bandes fleuries, entre lesquelles est le bassin octogone, dont la surface est animée par des cygnes.
L'ancien jardin avait été dessiné pai Jacques Desbrosses, architecte du palais; il construisit aussi, à l'extrémité orientale de l'allée contiguë à la façade du palais, une fontaine, remarquable par ses bossages et ses congélations multipliées.
Cette fontaine était dans un état déplorable, et tombait en ruine. En 1802, elle fut entièrement restaurée. Les deux figures placées au-dessus du fronton, qui représentent un fleuve et une naïade, furent refaites, ainsi que leurs accessoires. On n'avait, de mémoire d'homme, jamais vu cette fontaine donner de l'eau; on lui a procuré cet avantage : au-dessus des rocailles où elle coule, on a placé une statue de naïade sortant du bain.
' La partie supérieure des talus qui entourent le parterre est ornée de vases, de statues en marbre : quelques-unes antiques, restaurées, quelques-autres sculptées d'après l'antique (1).
Depuis on a dégagé le palais des bâti-
socs LOUIS XIiI
meDts contigus à ses foces latérales : on a fait disparaître, du côté de lest, une wangerie, et du côté de l'ouest, quelques bâtiments qui servaient de communication de ce palais à Ihôtel dit le Petit- Luxembourg. On a établi sur la rue de Vaugirard, à chaque côté des deux parties latérales du bâtiment, une grille d'entrée, des plantations en quinconce, une fontaine élégante, décorée d'une sta-
tue en marbre, et un rosarium, clos de treillages. Le jardin s'est agrandi par l'adjonction de ces deux emplacements. Ces derniers travaux, ainsi que quelques autres, ont été exécutés sur les dessins de M. Baraguei, architecte de la Chambre des pairs.
On arrive dans ce jardin par huit entrées principales , toutes ornées de grilles ea fer.
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Plan de Paris sous H nf III.
Du temps de la régence du duc d'Orléans, le palais et le jardin du Luxembour:^ furent ie théâtre le plus ordinaire ùft?^ plaisirs ou plutôt des débauches de la duchesse de Berri, fille du régent. Dans les Mémoires de Duclos. on lit le fait sui- ■«ant :
• La duchesse de Berri..., pour pas- ' ^er les nuits d'ét^^, dans le jardin du « Luxembourg, avec une liberté qui avait « plus besoin de complices que de témoins, « en. fit murer toutes les port-s. u l'ex-
ni DULACaE
• ception de la principale, dont l'entré* « se fermait et s'ouvrait suivant l'occa- « sion (1). »
La l'gne méridienne de l'Observatoire traverse le jardin du Luxembourg et se dirige sur langle ouest du pavillon qui forn.e l'extrémité de la façade du palais du côte du jardin, de sorte que l'axe de la grande avenue incline un peu à l'est, et
(l) Mémoires secrets sur u règiie de Louis XIT^ t. I, p. 267: édit. de 1808.
478 HISTOIBE DE PARIS
forme aa point d'intersection avec .^ iiijuc méridienne un angle très obtus.
La i ente otale, depuis l'Observatoire jusqu'à la façade du palais du Luxembourg, ou la différ.nce des niveaux qui se trouve entre ces deux points, est de 54 pieds.
Ou a placé, en janvier 1819, au milieu de la pièce de gazon qui est à l'extrémité du parterre, un piédestal sur lequel est un méridien à détonation, d'une invention nouvelle due au sieur Régnier, et dont l'amorce n'a rien à craindre du vent, de l'humidité ni de la neige.
Petit-Luxembourg, palais ou hôtel situé rue de Vaugirard, à l'ouest, et contigu au palais du Luxembourg. Il fut commencé vers l'an 1629, par l'ordre du cardinal de Richelieu qui l'habita en attendant que le Palais-Royal fut construit. Lorsqu'il vint occuper ce dernier palais, il donna à la duchesse d'Aiguillon, sa nièce, le Petit-Luxembourg, qui passa, à titre d'hérédité, à Henri-Jules de Bourbon- Condé, Après sa mort, la princesse Anne, palatine de Bavière, y demeura, et y fit exécuter des réparations et accroissements considérables. Elle fit construire, de l'autre côté de la rue de Vaugirard, pour ses officiers, pour ses cuisines et écuries, un hôtel qui communique au Petit-Luxembourg par un passage souterrain pratiqué sous la rue.
Cet hôtel, habité par des princes de la maison de Bourbon-Condé, reçut aussi le nom de Petit-Bourbon.
Le Petit-Luxembourg fut le siège du gouvernement directorial : quatre des directeurs l'habitaient ; le cinquième logeait dans le grand palais; les directeurs y ont demeuré depuis vendémiaire an iv (octobre 1796), jusqu'au 20 brumaire an vu (11 novembre 1799).
En 1812 et 1813, on a démoli des bâtiments qui formaient la communication entre le Grand et le Petit-Luxembourg; et, dans l'intervalle, on a établi, comme je l'ai dit, une plantation en quinconce, et, sur la rue de Vaugirard, une longue grille en fer.
Aqueduc d'Ap.cueil. Il fallait des eaux pour les besoins et l'agrément du palais et des jardins du Luxembourg, où Marie de Médicis avait résolu de ( rodiguer toute espèce de magnificence. Il n'exi-tait encore aucune fontaine dans la partie méridionale de Paris; on ne pouvait eu pren-
ui e uaiis la ville : on fut donc obligé d'eu faire vtmr de la campagne.
Déjà, sous Henri IV, cette disette d'eau et les vestiges de l'aqueduc bâti du temp^ des Romains avaient fait penser à son n tablissement. Sully ordonna, en 1609, drfouilles et des tranchées à travers la plainde Longboyau, du côté de Rungis, afii»
d'y trouver, s'il était possible, les eauv que les Romains avaient conduites au palais des Thermes; mais la mort df Henri IV arrêta l'exécution de ce projet.
En 161 2, Joseph Aubry proposa, le premier, le projet de conduire les eaux di Rungis à Paris; mais ses demandes financières parurent exorbitantes; son projfi fut rejeté. Hugues Grosnier fit ensuite l-i proposition de conduire à Paris 30 poucp> d'eau (1), 18 pour le roi, et 12 pour la ville, moyennant la somme de 718,000 liv., se réservant pour lui l'excédant de ces 30 pouces d'eau. L'entreprise fut mise au rabais, et adjugée le 8 octobre 1612, à Jean Coing, maître maçon de Paris, pour la somme de 460,000 liv. Le 17 juillet 1613, le roi Louis XIII et la régente, sa mère, posèrent, avec de fastueuses et inutiles cérémonies, la première pierre de l'aqueduc qui fut bâti sur les dessins de Jacques Desbrosses, et achevé en 162*.
Une partie de cet aqueduc traverse le vallon d'Arcueil sur vingt-cinq arches. La hauteur de cette construction est de 12 toises, sa longueur de 200. Ce morceau d'architecture, imposant par sa grandeur, beau par ses formes, rappelle les magnifiques aqueducs des Romains.
Ces arcades furent bâties tout auprè«^ de l'aqueduc antique, ouvrage exécute î sous la domination romaine pour conduire i l'eau au palais des Thermes. Près de la face méridionale des arcades modernes existe encore un fragment considérable de l'aqueduc romain.
Dans l'espgce existant entre Arcueil d Paris, on voit, de distance en distance, plusieurs petites constructions qui sont des regards de la conduite d'eau. La lor gueur totale de celte conduite, depuis A: cueil jusqu'au château d'eau situé à ccv' de l'Observatoire, est de 6,600 toises.
(1) On appelle pouce d'eau la quantité qui s'écoule par un orilice superticiel. Comme cet orifice contient 144 lignes carrées, k p juce dVau se divise en 144 parties appeléss lignes.
SOLS LOUJS XIII
« Depuis Arcueil jusqaà Paris, dit •• M. Héricart de Thury, l'aqueduc forme « une grande galerie souterraine, qui fut « malheureusement établie, dans quel-
• ques parties de la plaine de Montsouris,
• sur des carrières très anciennes et alors
• inconnaes. Les infiltrations, les pertes « d'eau, les tassements et les atîaissements « qui en furent la suite, 1 éboulemeut « d'une partie de l'aqueduc, linondation « de toutes les carrières et l'interruption « du service des fontaines de Paris que « les eaux de Ruugis alimentent, ont « obligé l'inspection générale (des carrie-
• res) à faire de très grands ouvrages < pour sa restauration (1 j. . Ces grands ouvrages furent commencés en 1777.
L'aqueduc n'était pas encore terminé que l'on vit des solliciteurs puissants, des collèges, des communautés religieuses, demander des concessions deau, concessions qui s'accordaient alors sans discernement. Le public, qui avait pave les frais de l'aqueduc, fut la dupe de' cette prodigalité (2).
Fontaines. En 1624, 1 aqueduc achevé, les eaux de Rungis parvenues au château d'eau de l'Observatoire, on s occupa de leur distribution : 18 pouces furent livrés au roi pour le palais et le jardin du Luxembourg, et \ 2 pouces à la ville, qui les repartit dans les quartiers de Saint- Jacques, de Saint-Victor et dans la rue des Gordeliers. Quatorze fontaines furent construites et alimentées par cette portion d'eau. On en conduisit même, à travers le poDt de Notre-Dame, jusqu a la place de Grève, où était une fontaine qui fournis- .>ait de l'eau de Runsis, et dont, le 28 juin 1624, Louis XIII posa la première pierre. Cette fontaine n'existe plus.
Les principales fontaines publiques ou particulières qui furent établies alors et alimentées par ces eaux sont ;
La fontaine des Carmélites;
La fontaine de la rue Mouffetard, au coin de la rue Pot-de-Fer ;
La fontaine Censier, rueCensier;
La fontaine Saint-Magloire, rue du jues; liège de Navarre, dont
\^) Descriptions des catacombes de ParCs, p. 263.
(^j Les frais de cet ouvrage furent payés par un droit d'entrée imposé sur les vins.
La lontaine bamt Û Faubourg-Sâint-Jacqi v1 La fontaine du colle
Il première pierre fut posée en céremoDi*^ 1-^ 27 mai 162o;
La fontaine Saint-Michel, à l'extrémikméridionale de la rue de La Harpe;
La fontaine Sainte-Geneviève, rue et montagne Sainte-Geneviève;
La fontaine Saint-Gôme, rue des Coideliers, etc.
La fraude des concessionnaires, l'ignorance où étaient alors les ingénieurs des véritables lois de l'hydraulique, nuisiren? au service des fontaines publiques. Il fallut recourir à la ressource de retirer o i restreindre les concessions. Ce mal et c^^ remède s'étaient déjà souvent renouvelés, et se renouvelèrent encore.
La notice de cet aqueduc et des fontaines qu'il alimente dans la partie méridionale de Paris me fournit l'occasion de parler d'une seule fontaine qui, sous le même règne, fut établie dans la partie septcotrionale de cette ville.
Fontaine des Haudriettes, située au coin de la rue des Vieilles-Haudriettes et de celle du Chaume. Elle fut établie en 1 636, et nommée d'abord Fontaine-Neuve; mais elle reprit son ancien nom en 1760, époque où elle fut reconstruite sur les dessins de Moreau. Sa composition est d'un goût pur; le bas-relief, qui représente une naïade, est l'onvrage de Mignot. Elle est aujourd'hui alimentée par lés eaux de ]a pompe de Chaillot.
Statue équestre de Henri IV, placée sur le môle qui se trouve à l'ouest et au milieu du Pont-Neuf. Voici l'historique de l'érection de cette statue.
Ferdinand, grand-duc de Toscane, fit couler en bronze un cheval colossal, dan^; le dessein de le faire surmonter par son effigie. Jean de Eoullongne, élève de Michel-Ange, fut chargé de ce travail. Ferdinand mourut, et le cheval resta sans cavalier. Cosme II, son successeur, offrit a Ma ne de Medicis, régente de France, ou accorda à sa demande,"ce cheval de bronze, le fit restaurer et monter sur un vaisseau à Livourne, Ce vaisseau traversa la Méditerranée, le détroit de Gibraltar et l'Ocjé-in, et vint échouer sur les côtes de Normandie. Ce cheval de bronze resta pendant une année entière au fond de la mer. On l'en retira à grands frais; et, transporte sur un nouveau bâtiment, il arriva, au commencement de mai 1614, au port du Havre; de là, on lui fit remonter la Sein»» jusqu'à Paris. Le chevalier Pescolinr,
chargé d'offrir ce présent au roi et à la reine", leur annonça sa prochaine arrivée. En conséquence, on fit construire un piédestal en marbre, dont le roi, le 12 juin de la même année, posa en grande cérémonie la première pierre.
Le piédestal achevé, on y éleva le cheval, en attendant le cavalier qui devait le monter. De là vint que le peuple, accoutumé a voir ce cheval seul, prit l'habitude, même lorsqu'il fut surmonté par la figure de Henri IV, de nommer l'ensemble du monument le cheval de bronze.
Plusieurs années s'écoulèrent avant l'entier achèvement de cette statue équestre.
Le piédestal fut élevé sur les dessins de C.ivoli. Aux quatre angles on plaça des figures assez mesquines, qui représentaient Jes vaincus garrottés, et rappelaient que le malheur suit toujours les succès du pou- \oir.
Les quatre bas-reliefs de ce piédestal représentaient les batailles d'Arqués et d'Ivry, l'entrée de Henri IV à Paris, la prise d'Amiens et celle de Montmélian.
Les figures du piédestal et les bas-reliefs fiaient de Francheville.
La figure de Henri IV fut exécutée par Dupré. Il était représenté la tète nue, le c^rps tout entier couvert d'une armure à iîi française, tenant d'une hiain la bride de son cheval, et de l'autre le bâton de commandement. Dans une des inscriptions dont le piédestal était chargé, on lisait le liom de Richelieu, qui avait, en 1635, liait terminer cet ouvrage.
Ce monument, le premier de ce genre <}ui ait paru dans Paris, était en ouré d'une grille, sur le devant de laquelle on .vvait placé une table de bronze, portant Hue inscription où se trouvait encore le ïiom de Richelieu. Elle fut enlevée en 1 790.
Pendant les divisions qui, en 1788, agitaient la cour et les parlements, la tète de Henri IV fut couronnée de fleurs et de i«bans.
Dans les premiers jours de la révolution, i« 1789, on plaça sur l'oreille de cette statue la cocarde nationale.
Pendant les journées des 15, 10 et 17 juillet 1790, on plaça devant le piédestal une vaste décoration représentant un rcrher, sur lequel la statue équestre de ce roi semblait élevée ; et, pendant les soirées cie ces journées, on exécuta des concerts, <ies chants et des danses. Aucun hommage îi£'fut rendu aux statues des autres rois.
Dans un moment d'alarme et de besoin de métal pour fabriquer des canons, dans un moment où l'armée du roi de Prusse s'avançait sur Paris, et où la mémoire des rois était peu respectée, au mois d'août 1792, on renversa dans cette ville toutes les statues des rois , et celle de Henri IV ne fut pas même exempte de la proscription.
Une nouvelle statue équestre de ce roi a éié rétablie à la même place. Je dois me borner à l'indiquer.
Cours-la-Reine, situé le long de la rive droite de la Semé, dont il est' aujourd'hui séparé par la route de Versailles. Il commence à la place Louis XV, et se termine à l'extrémité de l'AUée-des-Veuves et au quai Debilly. Marie de Médicis fit, en 1616, tracer et planter ce cours de quatre rangs d'arbres. Cette promenade, destinée pour la reine et pour sa cour qui venaient fréquemment la parcourir à cheval et en carrosse, fermée aux extrémités par des grilles, et à ses côtés par des fossés, était souvent interdite au public. Il n'existai! point encore à Paris d'autre promenade régulièrement plantée.
Les arbres d©^ ce cours furent arrachés, et on en substîtua de nouveaux en 1723.
Pont-au-Change. Après la débâcle do l'an 1408 dont j'ai parlé M), ce pont fut mal rtparé. Il était détruit en 1510 ; il fut encore détruit et reconstruit on ne sait à quelle époque. Le 15 mai 1579, un trésorier de France vint annoncer au parlemenî que ce pont était près de tomber; il tomhi en effet, et fut encore reconstruit.
Le 30 janvier 1616, un affreux débordement, mêlé d'énormes glaçons, l'endommagea considérablement, et plusieurs de.maisons dont il était chargé furent entraînées ; dans la suite on le répara (2).
(1) Voyez Pont3 de Paris, t. III.
(2) Les eaux entraînèrent les meubles âc maisons de ce pont et du pont Saint-Michei jusqu'aux environs de la ville de Saint-Denis.
On lit dans les Registres manuscrits du parlement : c Le 10 février 1616, le procu- " leur général remonstrn qu'il a eu avis que, u près Saint-Denis et autres environs de " cette ville sur les bords de la rivière, se « trouvoient plusieurs meubles précieux et <. autres, tombés en icelle par la ruine na- ■.'. a;uerre advenue des maisons sur les ponts « Saint-Michel et aux Changeurs. Lesquels i( meubles ayant ét«i demandés par ceux aux-