SOIS LOCIS
Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1621 , le feu ayant pris au | ont Mjrchand, qui n'en était séparé que d'envi rou cinq loises. les flammes, poussées par un vent d'ouest, atteignirent le Pont-au-Change, et dans moin's de trois heures il fut réduit en cendres. Les débris de ces ponts interceptaient le cours de la Seine. Le parlement en ordonna le déblaiement. Ou fit informer contre les auteurs de cet incendie : on ne les découvrit point. Cette cour autorisa des quêtes pour subvenir au.x besoins des incendiés; car ces deux ponts étaient bordés de maisons habitées.
tS4
On ne commença a reconstruire le Pont-
centimetres de largeur : il est le plus lare** des ponts de Paris.
PoXT Saint- Michel, dont j'ai déjà parle fi). Renverse en 1+08 et en 4547, reconstruit la première fois en pierre, L seconde fois en bois, il fut de nouveari presque totalement emporte et rétabli ensuite. Dans la nuit du 30 janvier 161*). après un froid extrêmement rii^oureux (2), survint un dégel et un débordement d'eau et de glaçons, qui emporta la partie (ht poî.t Saint-Michel ' u côte d'amont, détruisit les maisons dont il était chargé, et causa une perte considérable à ceux qui les habitaient.
Ce qui restait du pont Saint-Miche!
tomba au mois de juillet suivant.
Une compagnie s'offrit de faire recon-
struire ce pont en pierre, à ses dépens, et de faire élever, de l'un et de l'autre côU^
au-Change qu'en 1639, et on ne l'acheva entièrement qu'en 1647: il fut bàli en pierres et bordé de maisons: en 16-58 il fut ébranlé.
Ce pont, à son extrémité septentrionale, avait deux entrées formées par un groupe \ trente-deux maisons, à condition qu'elle triangulaire de maisons : l'une c •rarau- i jouiraif des revenus de ces maisons p^nniquait à la rue et au quai de Gevres, j dant 1 espace de soixante ans: elle prol'autre se dirigeait vers le Grand-Chàte- ' mettait en outre de payer un écu d'or de let. La façade de ce groupe de maisons I redevance annuelle pendant cet intervaîie qui correspondait au milieu de la route j de temps, lequel passé, la propriété en du pont était ornée d'un groupe de trois ; resterait au roi. En 1657 on changea les figures ronde bosse en bronze, sur un fond \ termes de cette convention : en 1672, le de marbre noir, représ niant Louis XIH, i roi abandonna la propriété de ce pont
Anne d'Autriche scu éfouse et leur fils Louis XIV, âgé de dix ans. Il était l'ouvrage de Simon Guillain. Au-dessous de ces figures se voyait un bas-relief représentant deux esclaves, ouvrase d un beau style.
En 1788, Louis XVI, par son éditd'em- i pruntde 30 millions, affecta la somme de ' 1,200,000 livres à l'acquisition et démolition des maisons dont ce pont était en grande partie couvert ; elles furent démolies.
Ce pont, composé de sept arches à plein cintre, a. entre les culées, cent vingt-trois mèires soixan:e-quinze centimètres de longueur, et trenie-deux mètres soixante
« quels ils appartenoient, la délivrance en a " été retardée sous préteste des droits d'épa- •• ves, brjs et naufracres prétendus par reus qui
- les ont trouvés, au grand préjudice et dom-
- mage tant dcs particuliers que du public; •• requiert qu'ils leur soient rrndus prompte- •• ment sans aucun droit d'épaves, bris et naufrage. «Lacourr^ndit un arrêt contorme au ^équ^^itoire; mais elle n'abolit point ce droit barbare qui a bubsisté sur les côies de Bretagne jusqu'au temps de la révolution.
moyennant une finauce de 200.000 livres. 12 deniers de cens, et 20 sous de rente par chacune des trente-deux maisons. Un ma:heur public devenait un profit pour le fisc.
Un édit du roi, donné en septembre 1786, portait que les maisons élevées sur les poiits de Paris seraient abattues. Cet édit ne reçut son exécution, à l'égard du pont Saint-Michel, qu'en 1808 et en 1809.
Les ti ente-deux maiso; s de ce pont furent abattues; la route fut élargie, et sa pente trop raide, beaucoup adoT;cie. On y établit des trottoirs et des parapets. On abattit pareillement des maisons clevée< sur ie bord de la Seine, vers U parlij méridionale de C€ pont, qui, du côté du quai des Augustins , formaient une petite rue
( I ) YojezPonts de Paris, t. III, p. 434, 43-5.
(2) Le froid fut si \if, que Louis XIII revt^nant de Bordeaux où son mariage fut célébré, et se rendant à Paris avec sa nouvelle épouse, \it périr en chemin une grande partie de son escorte. Ou coinptaque du s^ul régiment des gardes, composé de trois mille hommes, pus de mille en ce voyage moururent de froid.
Iftâ
appelée rue de Hurepoix, qui a di-^paru et «lont l'empi-Tcement a contribue à élargir la partie de ce quai qui débouche sur la place méridionale du pont Saint-Michel.
A l'extrémité .-e[)tentrionale de ce pont était pareillement une suite de maisons élevées sur la rive droit.^ de la Seine, qui formaient, avec les maisons qui bordf^nl aujourd'hui le quai des Orfèvres, une rue .appelée Saint-Louis. Cette rue n'existe plus: le quai fut élargi et les abords du pont devinrent beaucoup plus faciles. Par ces réparations, les quartiers situés aux deux extrémités de ce pont, quartiers autrefois obscurs et hideux, ont été embellis, éclairés et assainis.
Ce pont se compose de quatre arches à plein cintre : sa longueur entre les culées e3t de cinquante-sept mètres soixante centimètres; sa largeur entre les têtes, de vini^t-cinq mètres dix centimètres.
Pont Barbier, situé à l'endroit du quai Volîaire où la rue de Beaune vient y aboutir. Depuis longiemps on communiquait du Pre-aux-Glercs aux Tuileries par un bac qui traversait la Seine, bac qui a donné son nom à un chemin, ensuite à la rue appelée du Bac. En 1632, le sieur Barbier, qui possédait un clos à l'ouest de ce chemin, construisit sur la rivière un pont en bois. Ce pont fut nommé pont Barbier, du nom de son entrepreneur :
pont Sainte-Anne, de celui de la reine Aune d'Autriche ; et des Tuileries, parce qu'il y aboutissait. On le nomma aussi Pont-Bouge, parce qu'on le peignit de cette couleur. Il fut endommagé et brisé plusieurs fois par la violence des eaux. Toujours répare, il exista jusqu'au 20 février 1684, époque oii il fut entièrement (emporté. Ce pont en bois se composait de dix arches: au milieu de sa longueur était placée une construction en bois, bàtie sur pilotis, qui paraît avoir servi à une machine hydraulique. On lui substitua dans la suite un pont en pierre appelé Poni- Royal. (Voyez cet article.)
Palais de la Cité. Dans la nuit du S au 6 mars 1618, le feu prit à la charpente de la grand'salle du Palais. Les pièces de bpjs enflammées tombèrent sur les boutiques placées (ians cette salle. L'inceudie, tavorise par un vent du midi, fit des progrès rapides; la grdn i'salle, la première cfciambredes enquêtes, le parquet des huissiers, les salles des requêtes e l'hôtel, du «greffe, du trésor, etc., furent détruits, et
plusieurs registres du parlement briàlés ou perlu-^.La f.imeuse table de marbre, siège d'un tribunal de ce nom, sur la,|uel e les rois donnaient les festins dans de gr.indes solennités, et les clercs de la B.isoche jouaient leurs farces, ainsi que les satues des rois francs qui décoraient cette grande salle, furent brisées. On employa pour arrêter les ravages du feu tous les moyens alo:s en usage, des seaux de cuir, de la paille mouillée, etc. On ne connaissait point encore l'usage des pompes à incendie.
On s'occupa bientôt après de réparer ces destructions. Jacques Desbrosses, architecte, en fut chargé. La grand'salle fut reconstruite sur ses dessins, et terminée en 1622. J'ai donné sa description aux articles Parlement et PalaisdeJusUce{\).
Ile Saint- Louis, la seconde des îles de la Seine que l'on rencontre en entrant dans Paris par le cours de ce! te rivière. Elle portait autrefois le nom d île Notre- Dame, parce qu'elle appartenait à l'église de ce nom, comme je l'ai dit ci-dessus (2).
Cette île était encore divisée en deux parties par un fossé qui servait aux fortifications de la ville, lorsque Henri IV forma le projet d'y faire bâtir des maisons et d'en lormer un quartier de Paris. Ce projet ne fut exécuté que sous le règne de son successeur.
En 1614, Louis XIII acquit cette île du chapitre de Notre-Dame ; et Christophe- Marie, entrepreneur général des ponts de France, fut chargé, par acte du 19 avril de cette année, de toute l'entreprise. Il prit l'engagement de joindre Tes deux îles en remplissant le canal qui les divisait, de les revêtir, dans l'espace de dix ans, de quais en pierres de taille, d'y ouvrir des rues larges de quatre toises, d'y construire des ponts qui communiqueraient à la ville, à condition qu'il y établirait un jeu de paume, une mai-on de bains, et que, pendant soixante ans, lui et ses héritiers percevraient sur ch iqiie maison 12 deniers de cens, avec droits de lods et ventes. Après ce terme, ce droit seigneurial devait revenir au roi.
Le sieur Marie associa à cette entreprise les sieurs Le Regrattier et Poulletier ; et les premiers travaux furent dirigés vers la construction d'un pont djut ie roi et la reine sa mère, le 11 août 161-i, posèrent
(1) Voyez t. II, p. 370, 37ô.
(2) Voyez t. II, p. 3(i3.
la première pierre. Ce pont
projet, devait communiquer à l'île, eu
suivant la direction de la rue des Nonain-
dières : c'est le pont Marie, dont il sera
parlé.
L'entrer ri>e se continuait avec activité, lorsqu'en 4616 le chapitre de Notre-Dame y mit opposition, et inteirompit les tra-
suivant le i gées par le chapitre, et notamment on s'eneigea à lui payer dans l'espace d'un
mois la somme de 50,000 livres. Les entrepren^'urs, pour se procurer cette somme, obt nrent un arrêt du conseil du roi, qui les autorisait à la prélever sur les propriétaires des maisons et masun^s de l'île.
Alors ces propriétaires, mécontents des en-
vaux. Enfin, en 1618, un arrêt du con- ; trepreneurs , demandèrent au roi. et ob-
seil d-ecida que le marché fait avec le sieur Marie serait exécuté, et qi:e, pour dédommager le chapitre du droit de propriété, il lui serait paye 1,200 livres de rente sur le domaine de' la ville; que les droits de censive, lods et ventes, après les soixante années de jouissance par le sieur Marie et ses héritiers, reviendraient à ce chapitre; de plus, que le terrain situe à l'est de Téglise Notre-Dame . autrefois nommé la Motte-aux-Papelards, serait re\êta d'un mur en pierres de taille. Ces difficultés levées, les travaux furent repris.
Déjà une partie des maisons était construiie dans l'île, lorsque les entrepreneurs, on ne sait par quel motif, cédèrent leur marché au sieur Lagrange, secrétaire du roi. Alors la ville passa avec ce dernier, le 16 septembre 16'23, un nouveau contrat , par lequel le sieur Lagrange s'oblige à continuer les ouvrages commencés, et de plus à construire un pont en bois
four c<:mmuniquer de lîle Saint-Loi:is a 'île de la Cité, pont qu'on a dans la suite appelé le Pont-Rouge; à terminer les travaux du pont commencé par Marie, et a en construire un nouveau en pierres du côté de la Tournelle, daLs l'ai gnement du précédent. Lagrange s'engageait en outre a achever tous ces travaux dans l'espace de six ans.
Mais ce nouvel entrepreneur ne fat point exact à remplir ses engagements.
Les travaux ne se continuaient point, ou ne se continuaient qu avec iei.teur. Il v
tinrent, en 1643, d'être subrogés aux droits de Marie et de ses associés, s'offrant d'achever dans trois ans les ponts et les quais qui restaient à con-truire, de payer les 50,000 livres promises au chapitre, de donner une pareille somme pour faire entourer de murailles le terrain ou la Motte-aux-Papelards, enfin de remplir tous les engagements imposes aux r recédents entrepreneurs. Ce fut un nommé Hébert, propriétaire de maisons daiis l'île, qui, associé aux autres propriétaires', en acheva toutes les constructions.
Ainsi les bâtiments de cette île, commences en 1614 par Mari- et ses associés, continués en 1623 par Lagrange, repris en 1627 par Marie et compagnie, furent achevés en 1647 par Hébert et autres propriétaires dans l'Ile.
Cette île, ainsi couverte de maisons, offrit le premier exemple, dans Paris, d'un quartier construit sur un plan r gu'ier, dont toutes les rues sont alignée^ et se coupent entre eiles à angle droit. Elle est entourée de quais. La rue la i lus étendue traverse l'île dans sa plus g ande longueur, et se nomme rue Sain;"Louis, a "cause d'une église de ce nom dont je vais parier. La rue d Entre-deux-Ponts traver-e l'île dans sa largeur, et se trouve dr.ns l'alignement de deux ponts q^i y aboutissent : le pont Marie et le pont de' la Tour.ielle. D'autres rues traversent aussi cette île, telles que les rues Regra;tière et Poullet.èie, qui doivent leurs nooL^ à ceux des
iut plusieurs procès entre Lagiange et les ] deux associés de l'entrepreneur Marie.
premiers entrepreneurs, et ceux-ci repiirent, en 1627, l'entreprise aux mêmes '.ondiiions qu'on avait in-poséesà Lagrange. Marie et ses associés coniinuèrent donc les tiavaux, mais ils furent longtemps suspendus par les oppositions toUjOurs rt-naissanles du chapitre de Nuire-Dame. Enfin, pour levei toijs les ol stades, il fut arrête, en 1642, que le roi ferait l'acquisiuon d'un emplacement >itue vers le por. Saint-LaLdri, poury établir la culée ou pont de bois. . Plusieurs autres conditions furent exi-
A l'extrémité orientale de cette île est une eslacade en bois, fermant presque entièrement le bras de !a Seine qui coule entre celte île et l'île Louviers, laissant aux bateaux et coches un pass; g- convenable. L'objet de cette constr u;ct on en bois est de br ser l'effort des gla' t s lors des de bâcles, et d'abriter les nomb;eux bateaux de charbons et autres qui, comme dans une gare, remplissent l'espace qui s'étend depuis cette estacade jusqu'au Pont-Marie.
Sa!Nt-Louis-en-l'Ïle, église, première succursale de la paroisse Notre-Dame, située rue Saint-Louis, île et quartier Saint- Louis, entre les no' 13 et 15. Quelques masures existaient dans cette île avant que l'autorité entreprît d'y construire un quartier. Un maître couvreur, nommé Nicolas, y établit, vers l'an 1616, une petite chapelle où l'on disait la messe, lorsqu'en 1622, les constructions nouvelles ayant accru le nombre des habitants, on fut obligé d'agrandir la chapelle. C'é-
entièrement qu'en îC35. Il reçut le noiiî de l'entrepreneur Marie.
Le premier mnrs 1658, la Seine, extraordinairement débordée, entraîna deux arches de ce pont, du côté de l'île; plusieurs personnes périrent. Il s'y trouvait deux maisons habitées par des notairo; l'une d'elles fut engloutie avec les arches du pont, et le notaire fut enseveli avec ses minutes.
Le roi*ordonna la reconstruction de c* < deux arches. En attendant l'exécution de
tait alors une petite église qui avait douze cet ordre, on établit à leur place des artoises de longueur sur six ou sept de lar- . ches en bois; et, sur le pont, un péai:i^ geur, mal orientée, bien éclairée, couverte qui devait se percevoir sur les passant? en ardoises, et dédiée à saint Louis et à pendant dix ans, et dont le produit devait sainte Cécile, comme le témoigne le pro- être employé à la construction des arches cès-verbal qu'en avril 1623 fit dresser abattues. 11 paraît qu'après ces dix ans l'archevêque de Paris. Le 14 juillet sui- révolus la restauration s'exécuta. On rêvant, elle fut érigée en paroisse ; le nom bâtit les arches en pierre; mais on n'y de Saint-Louis lui fut spécialement ap- éleva point de maisons dessus ; de sorte pliqué, et ce nom devint celui de l'île que, depuis environ 1670 jusqu'à la fin entière. | de l'année 1788, ce pont resta en partie
Hébert et les autres habitants de l'île, qui s'étaient chargés d'eu continuer et achever les constructions , entreprirent dans la suite de rétablir cette église. On commença par élever le chœur, dont la première pierre fut posée en 1664 , et de la chapelle on fit la nef. Ces deux constructions n'étaient point en harmonie. La nef, partie ancienne, tombait en ruine; on commença à la reconstruire en 1702, sur les dessins de Levau, et elle ne fut entièrement achevée et dédiée sous l'invocation de saint Louis qu'en 1725.
Le 2 février 1701, un ouragan terrible, qui causa plusieurs degàts dans Paris, ébranla le bâtiment de cette église; une poutre se détacha et tomba sur la tête du marquis de Verderonne qui en fut mortellement blessé (1).
Cette église n'a rien de remarquable, si ce n'est son clocher qui, bâti en pierre, a la forme d'un obélisque percé à jour dans diverses parties de sa longueur.
Pont Marie. Ce pont, qui communique de l'île Saint-Louis au quai des Ormes, fut, comme je l'ai dit ci-dessus, commencé en 1614. Le roi et la reine sa mère, en grande cérémonie, le 11 octobre de cette année, en posèrent la première pierre. Les travaux en furent discontinués autant de fois que ceux de l'île, et ne se terminèrent
{!) Mémoires de Dangeau, publiés par madame de Sartory, t. I, p. 213.
couvert de maisons, tandis que l'autre partie laissait un vide qui faisait désirer la destruction de celles qui existaient encore. A la fin de l'an 1788, et au commencement de 1789, le pont fut entièrement débarrassé de maisons. On les remplaça par des trottoirs commodes; la route fut élargie, la pente adoucie; et la vue, dans cette partie de Paris, ne fut plus arrêtée par le spectacle de vieilles maisons saspendues sur le cours de la rivière.
Ce pont a cinq arches à plein cintre : sa longueur entre les culées est de quatrevingt-treize mètres quatre-vingt-dix-sept centimètres; et sa largeur, de vingt-trois mètres soixante-six centimètres.
Pont de la Tournelle, qui sert de communication entre le quai de la Tournelle et l'île Sainl-Lo is. Il fut établi sur la ligne du pont Marie, d'après les engagements pris en 1614 par le sieur Christophe-Marie ; il était construit en bois, et on le voit figurer sur le plan de Paris fait en 1620. En 16.37, il fut emporté par les glaces; quelque temps après on le rebâtit pareillement en bois. En 1648, il mena- Çiit ruine. En 1651, une grande partie fut emportée par les eaux de la Seine ; ensuite on le reconstruisit en pierre. En 1654, il n'était point encore terminé, comme le prouvent divers arrêts ou ordonnances; il ne le fut qu'en 1656. Sou achèveinent à cette époque est attesté par une inscription placée sous une de ses arches.
sous LOI
Le pont de la Tournelle est bordé de trottoirs; on y a fait depuis, à diverses reprises, des réparations qui en ont rendu le passage plus comino le. 11 se compose de six arches à plein cintre : sa longueur entre les culées est de cent seize rnètres cinquante-huit centimètre?; sa largeur entre les tètes est de quatorze mètres soixante-quinze centimètres.
Pont-Rouge. Il servait de coramunuca-
is Xiii 4S5
tion entre la pointe occidentale de l'île ; Saint-Louis et l'île de la Cité. Une des clauses du traité conclu en 1614 avec le sieur Marie, et en 1623 avec le sieur Lagrange, portait qu'il serait construit ua pont en bois sur le bras de la Seine qui coule entre l'île de l:-i Cité et celle de Saiul- Louis. Les oppositions fréquentes du cbai pitre de Notre-Darae retardèrent la confection de cet ouvrage, et la forme étranue
<L a-r-JTJi.
Costumes eu xv^ s'ècle.
}ne l'on fut obligé de lui donner est un témoignage de l'obstin-ition de ce chapitre i contrarier sa constiuction.
^ Ce pont ne coupait pas à angle droit ^e il de l'eau; parlant de la pointe de l'île saint-Louis, il n'aboutissait point directe- Tient à la rive opposée; arrivé à quelque iistance de cette rive de la Cité, par respect pour des maisons de chanoines, il la ongeaitdans l'espace d'envirou vingt-cinq :oises, formait un angle obtus, -t descendait usqu a une petite place du cloître Notre- Dame, ou aboutissait la petite rue d'Enfer.
Ce pont, fort irrégulier par sa forme, était presque entièrement terminé en 1634; les gens de pied pouvaient alors y passer^ comme le prouve l'événement malheureux dont je vais parler.
En cette année, le pape ayant accordé un jubilé, on ordonna à Paris une procession générale. Trois paroisses, empressées de passer processionnellement, et jalouse*; sans doute d'obtenir Tune sur l'autre!
gloire du premier pas, se précipitèrent en foule sur ce pont et l'ébranlèrent. Des balustrades ou garde-fous peu solides cédé-
|gg HISTOIRE
rent en deux endroits à la compression de la multitude. Plusieurs personnes lurent piécipitées dans la Seine; d'autres, croyant que le pont s'abîmait sous eux, se jetèrent volontairement dans cette rivière.
Vinst personnes perdirent la vie, quarante furent blessées. Cet événement détermina le parlement, en 1636, pendant ie jubilé de cette année, à ne plus permettre aux processions le passage des ponts en bois.
Ce pont éprouva tant de secousses par la débâcle de l'hiver de 1709. qu'on résolut de le détruire. Il fut r.tabli en 1717. Alors on le peignit en rouge ; et le nom de cette couleur a, depuis , servi à le désigner.
On n'y passait qu'à pied. On y percevait le péage d'un liard par personne. Il ne supportait aucune maison. Versl'an 1795, il menaçait ruine : il fut détruit. Un arrêté de l'an ^1801 ordonna la construction de trois ponîs; dans les années suivantes, on construisit , à quelques toises plus haut que l'endroit occupé par le Ponl-Rouge, un autre pont qui sert à communiquer de l'île Saint-Louis à celle de la Cité; on le nomme le Pont de la Cité. J'en parlerai ailleurs.
Quai Malaquest, qui s'étend sur la rive gauche de la Seine, depuis la rue de Seine jusqu'à la rue des Saints-Peres. Les maisons qui bordent ce quai taisaient partie du petit Pié-aux-Clercs; le bord de cette rivière était, en cet endroit, nomme le Port Malacquest, le Heuit du Port aux Passeurs; et une partie portait les noms de lEcorcherie ou de la Sablonnière. En 1540, l'Université aliéna la plus grande partie du petit Pré-aux-Clercs • l'adjudication s'en fit en 1542.
C'est vers cette époque qu'il faut placer le comblement de la Petite-Seine, canal lar^e de quatorze toises, qui servait de Um'ite au petit Pré-aux-Clercs, et qui s'etendait depuis la Seine jusqu'au bas de la rue Saint-Benoît. Le quai Malaquest commença à se construire à cette époque ; et loisq"ue, dans les premières années du dix-septième siècle, Marguerite de Valois fitcon^ruire son hôtel sur une partie du petit Pré-aux-Clercs, ce quai porta le nom de quai de la reine Marguerite, parce que son hôiel était placé rue de Seine, rue voisine de ce quai. Cet hôtel, qui fut vendu en 1624, favorisa l'achèvement de ce qoai qui put alors se border de maisons parti-
I culières. Il ne fut pavé que sous Louis XïV, j en 1670, comme l'atteste une inscriptiM 1 qui ne subsiste plus sur les lieux, mais qui a été conservée dans le traité d'architecture de Blondel.
Sur le plan de Paris gravé d'après le plan en tapisserie dont la copie était à Saint-Victor, on voit, à l'emplacement du quai Malaquest, et sur le bord de la Seine, l'indication d'une construction, et, a côté, on lit ces mots : La place où l'on voulait faire l' Hôtel-Dieu nouveau.
Grand et PETiT Pré-aux-Clercs, dont j'ai déjà parlé et désigné la situation (1). Ils reçurent, sous ce règne, une nouvelle destination.
Le petit Pré-aux-Clercs fut donné, en 1368, à l'Université, en échange du terrain que les religieux de Saint-Germain
avaient pris sur le grand Pré-aux-Clercs, pour faire creuser des fossés autour des murs de leur abbaye. Il était séparé du gn.nd pré par un canal large de quatorze toises, qui communiquait de la ri\ièreaux' fossés de l'abbaye et au bas de la rue Saint-Benoît. Ce" canal , nommé Petite- Seme. fut comble vers l'an 1 540. En 1 609, Marguerite de Valois acheta, de l'Université, six arpents, pour y bâtir son hôtel. Le petit Pré-aux-Clercs, vers la fin du règne de Henri IV, était entièrement couvert de maisons et d'hôtels avec jardins.
Le grand Pré-aux-Clercs ne tarda pas à éprouver le même sort. Devenu utile i l'Université, qui en était propriétaire, cj corps demanda, le 7 septembre 1629, à la cour du parlement, la permission « de « vendre à cens et à rentes certaines pla- « ces dudit pré, depuis la rue des Saints- « Pères jusqu'à celle d i Bac, et trois ar- « pentsau-delà jusqu'au clos Barbier (2).» Ces ventes eurent heu dans la suite ; et, en 1640, les rues de Bourbon et de Verneuil furent ouvertes sur le grand Pré-aux- Clercs.
Marché- aux-Chev AUX. Une de ses extrémités communique au boulevard de l'Hôpital, et l'autre à la rue du Marchéaux-Chevaux. • ,ti . kv
Ce marche fut, sous Henri IIl, établi ^ur une partie de l'emplacement de l'hôtel des Tournelles, et sous Henn IV, place sur ce.ui du boulevard des Capucines,
(1) Voyez t. II et t. III.
(2> Registres manuscrits du parlem$nt W 7 septembre 1629.
sous LOUIS Xlll
'ar lettres patentes de juillet 4642, le roi j est en plate-forme, qu'on voit au-dessous ermit à François Barajon, l'un de srs . et à l'est de la butte, et v'ont la formnpothicaires et valets de chambre, de tiou a la même origine. An io:d delà lire établir au faubourg Saint-Victor, sur j butte, à l'endroit oii l'on a établi <;ne Liîn emplacement ancieiaiement nommé la | terie, était la voirie des bouclu-rs. C •«
"ebe Éschalart. un nouveau March .hevaux. Eu 1760. on fit
lieux, fétides et hideux à voir, sont au-
e ses extrémités, un pavillon qui sert de ure;ni et de logement à l'inspecteur du larche.
En \S\S, on y a exécuté de grandes ?parahons : on a nivelé le terrain, et laute de nouveaux arbres et des poteaux ir un plan plus convenablement dispose ue celui de l'ancienne plantation.
Ce marche se tient les mercredis et les »medis. '
Jardin des Plantes, situé entre le quai aint-Bernard, la rue de Seine, la rue du
r-auxbàtir, à une ' jourd'hui ombi^gi^s d'arbres toujours verts
rdin-des-Plantes et la rue de Buffon.' ne setendait pas au-delà de 160 toises
e jardin porta d'abord le nom de Jardin
jyal des plantes médicinales: puis il reçut
* nom moins caractéristique de Jardin du
oi^ Du temps de la révolution, et jusqu'à
:»u 1814, il porta le nom de Jardin des
îantes. Après c^tte époque, on a ordonné
j'il serait nomme Jardin du Roi.
Le sieur Hérouard, premier médecin de
'" = XIII, obtint de ce roi des lettres
es, de janvier 1626, qui ordonnent
1 s^ement d'un jardin où serai-nt
es des herbes et plantes medicina-
• dont ledit Héroujrd. et ses suc-
.rs, premiers médecins du roi, au-
la surintendance. Ces lettres ne
lent point le lieu de c^t établisse-
: elles portent seulement que ce
id.n sera p!ac^ dans un des faubourgs
3 Paris et autres lieux voisins et conve-
îbles. L'exécution ne suivit pas de près
projet qui fut repris par les sieurs
ouvard, premier médecin du roi, et Gui
abrosse, son autre médecin. Une voirie,
ipelte des Copeaux, qui ne contenait
1 environ deux arpents, et qui avait
»partenu à divers particuliers, fut choisie
ir ces médecins, et acquise, au nom du
'i, par contrat du 21 février 1633. Les
rrains voisins ne furent achetés qu'en
'36. Ces diverses parties reunies com-
ient 14 arpents, dans lesquels se
>dit englobée la butte des Copeaux,
uiK^e par un amas successif de gravois
d'mimondices de la ville (1), ainsi que
' monticule prolongé, dont la superficie
et dessines en jardins pittoresques. Ils offrent une promenade champêtre et variée dont je parlerai ailleurs.
Labrosse, ayant obtenu, en 1635, la confirmation de cet établissement, y fit construire des bâtiments et des salles pour des cours de botanique, de chimie et d histoire naturelle.
Le jardin, placé en face des bâtiments du Muséum d histoire naturelle, se terminait vers la moitié de sa longueur actuelle; c'est-a-dire qu'à partir des bâtiments il
1) VQyez t. I,
A son extrémité orientale, était un vieux mur. au bas duquel coulaient autrefois les eaux du canal de Bièvre, lorsque ce canal traversait l'abbaye de Saint-Victor et une partie de Paris. Entre ce muret le cours de la Seine étaient des jardins potagers, appelés Marais. Ces marais ont disparu et fait place au prolongement du jardin, qui, alors, s'est étendu jusqu'au quai Saint-Bernard et jusqu'à la place du pont d'Aust- rlitz. Dans la suite, et pendant la révolution, il a été agrandi d'une partie des terrains et chantiers qui se trouvaient entre ce jardin et la rue de Seine, de sorte qu'aujourd'hui sa superi'cie totale a environ cinq fois plus d'étendue qu'elle n'en avait lors de son origire.
Statue" éqcestre'de Louis XIII, située au centre de la place Royale, pla.e qui, commencée par Henri IV, ne fut achevée que sous le règne de Louis XIII. Rirhelieu, ayant fait peur à tous ks monarques de lEuio; e, ^oulut paraître protéger les rois de France, et trav3;li-r à leur gloire : il avait contribué à l'érection de la statue équestre de Henri IV, roi dont la mémoire n'a\ait pas besoin d'un tel appjî; il en fit ériger une a i,ouis XIII. Mais ne soccupait-d [as de sa ; ropre illu^tra ion, lorsque, dans ce monument, il (.x.Jlat des actions qui étaient les siennes, tt que tout le monde savait ne point appart nir à son royal et incapable pupille? Xe voulait-il pas se doiiuer ra\aiitage que le protecteur obtient sur le protège.^
L'inauguration de cette stafue fut, le 27 septembre 1639, célébrée a^ec pjmpe
€t au bruit d'une artillerie nombreuse.
Elle était élevée sur un piédestal de marbre blanc, chargé, sur ses quatre faces, d'inscriptions dont je rapporterai la suivante :
« Pour la glorieuse et immortelle mé- « moire du très grand, très invincible t Louis le Juste, XIII^ du nom, roi ce « France et de Navarre, Armand, cardi- « nal et duc de Richelieu, son principal « ministre dans tous ses illustres et géné- ■< reux desseins, comblé d'honneurs et de ■< bienfaits par un si bon maître et un si t iiénèreux monarque, lui a fait élever - cette statue, pour une marque éternelle « de son zèle, de sa fidélité, de sa recon- « naissance. »
Dans les inscriptions françaises ou latines qui occupaient les autres faces du piédestal, la vérité était pareillement outragée.
Les artistes admiraient la beauté du cheval de bronze, ouvrage de Daniel Volterie, élève de Michel-Ange. Ce statuaire mourut trop tôt pour faire la figure de Louis XIIL Biard fils en fut chargé. Il s'en acquitta mal : cette figure n'était point en proportion avec le cheval, et paraissait trop grande. Le roi ttait représenté tenant en main le bâton de commandement. On ne sait à quelle époque et par quel accident ce bâton était échappé de sa main qui restait élevée et sans appui. Cet accident caractérise la conduite de ce roi sans pouvoir.
Cette statue fut renversée en août 1792. Académie Française. Cette académie, qui siégea longtemps au Louvre, siège aujourd'hui au palais des Arts, quai de la Monnaie. Quelques hommes de lettres, la plupart poètes et poètes très médiocres, tels que Godeau, évèque de Grasse, Gombaud, Giri, Chapelain, les deux frères Hubert, Cerisai, de Malleville, se réunissaient, une fois par semaine, dans la maison de Conrart ou Coniard, autre homme de lettres et secrétaire du roi, maison plus commode que celle des autres associés, et qui était située rue Saint-Denis. Ils y lisaient leurs propres ouvrages. Bientôt l'abbé Boisrobert, espèce de bouffon du cardinal de Richelieu, ayant assisté au comité littéraire, en parla à ce cardinal, qui voulut en être le protecteur, et qui.
au mois de janvier 1635, fit accorder à cette société des lettres patentes portant qu'elle serait érigée eu Académie française, et que ses membres n'excéderaient pas le nombre de quarante.
Le parlement, constant ennemi de toutes nouveautés, fut effrayé de celle-ci, et mit à enregistrer ces lettres d'érection des difficultés que l'ascendant tout-puissant du cardinal était seul capable de faire disparaître. Il fit longtemps attendre son enregistrement, qui ne s'effectua que le 10 juillet 1637, et avec l'addition de cette clause, indice de sa répugnance : « Que « l'Académie ne pourrait connaître que dt « la langue française et des livres qu'elk « aurait faits, ou qu'on exposerait à son « jugement. »
Les premiers travaux de cette sociétc furent, par l'ordre exprès du fondateur, dirigés vers un objet qui intéressait sor amour-propre. Le cardinal, auteur dt quelques mauvaises tragédies (1), et jaloux des succès qu'obtenaient celles di Corneille, ordonna aux nouveaux académiciens de s'occuper exclusivement de U critique du Cid.
Cette académie tenait encore ses séan ces chez un de ses membres. Après 1; mort du cardinal, le chancelier Séguier son second protecteur, lui donna asil^ dans son hôtel. Dans la suite, Louis XIV ayant pris le titre de protecteur de cett
(1) Richelieu dépensa 200,000 écus pou faire jouer, sur son grand théâtre du Palais Royal, sa mauvaise tragi-coniédie intitulé Mirame. Cette pièce n'eut qu'un médioer succès. « Les Français n'auront jamais d «« goût poxir les belles choses ! s'écriait « en colère ; ils n'ont point été charmés d «« Mirame. » Desmarets lui assura que J pièce était excellente, mais que les comédient étant ivres, ne savaient pas leurs rôles.
Le cardinal composa aussi une coméd" héroïque intitulée Alérope. II la coir.muniqu à Boisrobert, en lui « emandant son opinioi Celui-ci, moins courtisan qu'à son ordinair» lui dit franchement qu'elle ne méritait pj la publicité. Le cardinal furieux déchira se manuscrit; puis, se repentant d'avoir détru un si bel ouvrage, il ne put dormir la nui se leva, lit lever ses gens, demanda de.. colle, rassembla avec beaucoup de peii tous les fragments épars bur le parquet, réti blit son manuscrit déchiré, et le tit imprimi sous le nom de Desmarets,