J834 HISTOIRE
Les raffinés d'honneur se composRient de nobles qui surpassaient en irritabilité
iantôt pour, tantôt contre la cour ; il fait parade de sa trahison et de ses nombreuses débauches ; il rapporte des anecdotes que je vais citer.
Le fils du maréchal de Châtillon et le frère de Chavagnac étaient deux amis inséparables; tous deux devinrent amants favorisés de Marion Delorme , dont l'auteur fait un grand éloge; et, à ce propos, il joint une digression sur Ninon de Lenclos , et nous apprend que le cardinal de Richelieu , épris des charmes de cette femme célèbre, chargea Mariun Delorme , sa favorise , d'offrir de sa part à Ninon cinquante mille écus pour prix de ses faveurs. Ninon , alors liée à un conseiller du parlement, refusa généreusement cette offre majrnifique.
L'auteur des Mémoires, le comte de Chavagnac, revient aux amours de son frère et du jeune Châtillon, qui, après la campagne du Piémont, en 1639, se flattaient de se délasser de leurs travaux dans les bras de leur maîtresse commune. Marion Delorme, au premier abord, se montra sévère, et leur déclara que, pendant une forte maladie dont elle était relevée , elle avait fait vœu de renoncer à ses habitudes galantes, à moins que ce ne fût pour ramener ses amants dana le sein du catholicisme. Châtillon et Chavagnac, tous deux protestants, ne pouvant rien obtenir de Marion Delorme, prirent le parti de renoncer à leur religion. Marion les fit instruire par un coutelier qui ne savait ni lire ni écrire, mais qui se mêlait de controverse; elle les adressa ensuite à un confesseur très accommodant.
La cérémonie de la confession fut, pour nos jeunes geutil^■hommes, ce que leur conversion avait de plus pénible : ils tirèrent au sort pour décider lequel se conf.-ssc-rait le premier : ce fut Cha\aL:nac. Alors il déclara des péchés si énormes, portent ees Mémoires, M que le prêtre en fut effrayé, uisant qu'il « n'étoit -pas permis à un homme de faire «i tant de mauvaises actions ; et n'auroit rien * diminué de son étonnement, si mon frère 44 me l'avoit assure qu'il «n entendroit bien «.^'autres en confessant son camarade, qui M.tà son tour lui causa tant desurpris», qu'il M se seroit retiré sans leur donner l'absolu- 4t tion, »*il n'eût eu envie de les ramener au n.^giron de l'Eglise. Ils lui fournirent large- •i 46Ber)tde<juoi fairedes aumônes aux pauvres. m i Lear abjuration fut secrète. Après quoi
DK PAUIS
la femme la plus difficile, t Un din d'œil, « un salut fait par acquit, une froideur, 4c un manteau qui touclioit le leur suffisent « pour qu'ils appelassent au combat et « s exposassent à tuer celui dont ils se « prétendoient offensés, ou à êlre tués par 4- lui. Quelquefois ces raffinés d'honneur « appeloient en duel un homme qu'ils ne 4t connaissoient pas, et qu'ils prenoient 4r pour un autre ; et quoique l'erreur fyt « reconnue, ils ne lais.soienl pas que de se « battre et de s'entre-tuer comme des en- « nemis. »
A la cour de Louis XIII, les plus distingués ruffinés d'honneur étaient Balagni, surnommé le Brave, qui fut tué en duel en 1613, Pompignan, Végole, le ca Jet de Suze, Monglas, Villemore, La Fontaine, le baron de Montmorin, Pétris, etc., tous morts sans utilité, sans gloire, victimes de leurs fausses idées surlhonneur, victimes du désir d'avoir des prouesses à s'attribuer, et de se faire par elles une réputation parmi les spadassins: prouesses, comme le dit judicieusement d'Aubigné, dont l'histoiie ne parlera jamais qu'avec mépiis (1).
Quelques châtiments éclatants consternèrent les duellistes, et suspendirent un peu les exploits désastreux de leur honneur.
Le comte de Montmorenci-Bouteville, après avoir tué plusieurs comtes et marquis, livra, à la Place-Royale, un combat de trois contre trois. Bussid'Amboise, qui était du nombre, fut tué. Bouteville, après ce combat, voulut se sauver hors du
M Marion Delorme les ramena chez elle, et " leur tint parole avec tout l'honneur qu'on " peut avoir dans un cas pareil. »» Etrange conversion , dont les faveurs d'une courtisane sont le motif et la récompense !
L'uuteur des Mémoires ajoute que cetto conversion lui a depuis fait faire des réflexions. M Le Seigneur, dit-il, se sert de •« toutes sortes de moyens pour nous rame- • M ner à lui. »»
Je ne suis pas théologien; mais je ne' puis m'empêcher de proposer cette question; N'est-ce pas blasphémer que dire et croire ^ que Dieu emploie des moyens bas et crimi- i nels pour arriver à ses fins, des moyens in- ' dignes de sa pureté et de sa toute- puissance, et qui n'appartiennent qu'à la faiblesse et'* la dépravation hwnaines?
{!) AtmturBs^év baron de F»ne5t#,toiB. I, chap. 44.
TABLEAU
royaume. Il fut arrêté à Vitry avec le sieur des Chapelles, son parent et son complice. Tous les deux, condamnés h mort, subirent leur peine le 2! juin 1627, à la place de Grève.
II ne peut exister et il n'exi-tera jamais de moralité chez une nation où le faux mérite est préféré au mérite réel ; où le hnsard de la naissance, les litres - uvent acq'iis par des bas-esses ou dt>s
imes, h richesse des habits, des équipages, les excès du pouvoir, etc., aitirelont le respect et les hommages, tandis que les vertu> utiles, les talents productifs seront un objet de mépris. Cet é!at de xhoses résulte de la barbarie ; il a existé et existera encore longtemps; mais, sous le règne de Louis XIII^ éclairé par les lumièn s croissantes, il devint plus remarquable.
C'est à ce règne que nous devons les petits -maîtres, le mauvais gcût du style burlesque et du sîyle précieux, enflé et .pédantesque; que nous devons l'usage plus fréquent de priser et de fumer du tabac; l'usage de vertugalles, vertugardins ( vertugardiens) ou vasquines , espèce de vêtement de femme qui rendait les deux lie: s de leur stature semblable à untonneiiu défoncé. Les jupes, enflées par des cerceaux, formaient un cylindre qui cachait la taille et les suites apparentes de 1 incontinence des dames. Aussi ce vêtement éta t-il nommé en plusieurs lieux cache-bâtards. A cette mode ridicule succédèrent les paniers, qui n'étaient pas de meilleur goût
Voici, sur la toilette des Parisiennes de cette époque, le témoignage d'un capucin. .11 paile des femmes mondaines qui vont se prom.ener dans des chars brillants de dorures, qui, sous prétexte de prendre l'air, vont au cours (Cours-la-Reine) pour y voir et être vues, « pour satisfaire leur « curiosité ^t vanité, voir toutes les gen- « tillesses des autres et faire parade des « leurs... Elles se rangent et .'ilent par « ordre pour y mieux étaler leur mar- « chandise... car c'est là où te rend nt les
• plus gentds chalands et les galants les -! plus ajustes... Elles ne viennent là que « pour beçte vendre ou au moms pour en « donner la vue et l'envie, avec lassigna- « tion réservée à ceux qui leur plaisent t davantage... elles ajoutent des signais « impudiques qui sont autant d'enseignes
• xi'iocoûLineDce.,. qui marquent le de-
MORAL 23r>
« gré et le point de l'affection que les da- « mesontpo'ir leurs serviteurs. et les Jjora- « mes pour leurs ma ît russes...
« Si vous me demandez quels sont ces «signais d'impureté, je réponds q se ce « sont pi jsieurs nœuds de rubans de soye « delà couleur dont ils conviennent, qui « ont c'^-acun leur nom, leur lieu et leur « signification; l'un s'appelle le mignon « et se placi sur le cœur ; l'autre au-des- « sus proche le mignon et se nomme le fa- « vori;surlehautde la tête, et se ditlega- « land. avec le petit dizain de perles, de « musc ou de diamants sur le sein, et « c'est l'assassin .'es dames dont elles se « parent et se vantent, disant : c'est là « mon assassin... sans oublier le nœud <* pendant à l'éventail, qu'on nomma .le « badin, et le petit livret de prières dit le bijoux. Je me suis laissé dire qu'il y en a qui, pour toute dévotion, n'ont dedans que des figures et des discours déshonnêtes.
« Mais ce n'est pas tout, car elles od< des cheveux sur le front, à double étage, dont je tais le nom p;ir modestie, comœ? aus-^i celui du peigne qui les dresse et arrange sur le front, (noms) qui sont horril)les. Les cheveux frisés sur leurs t^'mpes ont nom les cavaliers; les moastaches pendantes et les cheveux bavolant le long du visage, s'appellent les garçons. Les mouches sur le visage, sur le sein, et m '«me sur la mamelle, aux plus libertines, portent parfois le nom d"assa.-sins quand elles sont plus que lesautres er foirae longue, comme pour couvrir une plaie; mais particulièremeat sur le visage des hommes auxquels ils (les hommes) donnent toujours le nom d'assassin, et mettent le galant à la moustache (1). »
Mais ce sont là les plus légères taches de cette période : dans presque tout son cours, les guerres étrangères continuèrent, sans nécessité, avec tous les fléaux qu'elles amènent. Les villes ruinées, les campagnes dévastées, la misère publique, les contagions, qui en sont la suite ordinaire, et les contributions, dont le poids croissait toujours comme les .dépenses, acca-
(1) L'Abomination des abominaiions du fausses Dévotton* de ce temps, par le révérend père Archange Ripaut, gv^rdien des Capunins d« Saint- Jacques de Paris, p. 73 7 1 Î9<^>
bièrent les Français/Leur désespoir, quoi- 1 et de ténèbres, a-t-il pu sortir des lumièque contenu par la terrible tyrannie de res et une amélioration dans les mœurs? Bichelieu, ne laissa pas que d'éclater en Comment cet amalgame des vices et des
plusieurs lieux, et même à Paris (1).
Pendant cette affreuse et continuelle misère on bâtissait des palais magnifiques, on donnait des bals, des fêtes, et on fondait un nombre considérable de monastères inutiles. Les malheurs du peuple, ses sueurs, son sang ne servaient qu'à satisfaire l'ambition du cardinal, qu'à fortifier sa vaste et dévorante tyrannie.
Par le régime de la terreur, il avait accoutumé le peuple français à courber la tête sous le joug du despotisme : il avilit ce peuple.
La presse, qui, sous Henri IV et dans les onze premières années de Louis XIII, jouissait d'une assez grande liberté, fut entièrement asservie par ce cardinal. Il prit à ses gages des écrivains qu'il chargeait de prôner ses opérations politiques et sa personne. La Gazette, qui commença à paraître de son temps, ne s'écrivait que sous sa dictée. Il voulut commander à l'opinion comme il coftimandait à une grande partie de l'Europe.
Comment, de ce cloaque de corruption
(1) Le 3 février 1631, le peuple de Paris, 4ont la misère était excessive, se souleva <»ntre un financier appelé Jean de Bryais; •a maison fut saccagée ; il échappa aux coups dont il était menacé. {Registres manuscrits du farUment, au 4 février 1631.)
Au mois de mai 1636, nouvelle sédition dirigée contre le prévôt des marchands de Paris ; elle avait le même motif. {Registres manuscrits du parlement, 12 mai 1636.)
Paris fut aussi frappé de contagion pendant toute l'année 1631. Les hôpitaux ne pouvaient suffire à contenir les malades; on 8C servit de l'hôpital de Saint-Marcel. On ordonna des quêtes dans les paroisses ; on défendit de tenir la foire de Saint-Denis. L*Hôtel-Dieu eut continuellement, pendant cette année, environ dix-huit cent» malades attaqués de la contagion. Les hôpitaux de Saint-Louis et de Saint -Marcel en furent pareillement surchargés. Le revenu de ces hôpitaux ne put subvenir qu'au quart de leur dépense : ils firent des emprunts. On ne voit pas que le gouvernement ait rien fait pour détourner cette calamité ou en diminuer les effets. {Registrei manuscrits du farltmentf aux 12 et 24 septembre, l«r et 20 octobre 1031.)
erreurs de la barbarie, avec la dissimulation, la fausse politesse et l'hypocrisie d'une civilisation ébauchée, a-t-iï pu produire un meilleur état de choses, ramener les esprits aux lumières de la raison, les soumettre à des règles plus droites, les familiariser avec le bon goût et la vérité? Les théâtres épurés, les institutions littéraires, quelques progrès dans les sciences exactes furent les principaux moteurs de ces changements dont l'évidence est palpable.
Comparez les Descartes, les Pascal, avec les écrivains qui, avant eux, ont traité les mêmes matières ; comparez les satires des Régnier, des Saint-Amand et d'une foule d'autres poètes, satires où le goût et la décence sont également outragés, où les tableaux de la corruption des mœurs sont peints avec les couleurs les plus grossières ; comparez-les aux satires de Boileau, et vous sentirez la distance immense qui se trouve entre • ces productions du même genre. Mettez en parallèle les farces de l'hôtel de Bourgogne , les bouffonneries du théâtre du Marais avec les comédies de Molière; les tragi-comédies du palais Cardinal avec les tragédies de Corneille et de Racine, etc. ; quels talents oratoires ont, sous le règne de Louis XIII, approché du talent des Bossuet, des Fénelon?
Cette révolution ne fut pas brusquée, mais elle s'opéra assez rapidement. Les germes existaient, et pour se développer, n'attendaient qu'un jour favorable. «
Le génie, qui n'appartient à aucun règne, qui est de tous les temps, n'a besoin, pour se manifester, que de circonstances prospères : les événements, les catastrophes politiques de cette période étaient de nature à remuer les esprits, à favoriser leur développement.
Les débats de l'Université contre les jésuites, et de ceux-ci contre les protestants ; les scènes tragiques et nombreuses des échafauds où tombent les têtes des hommes les plus considérés de la France ; les guerres civiles, les guerres étrangères ; un prêtre qui domine, qui épouvante la France et l'Europe ; des rois détrônés, des États envahis; xm roi chéri assassiné à Paris atwrailie» de ses courtisans; le roi, son fils, qui cofise&t, |aMir ce pas contra-
TABLEAU
fier son ministre, à faire chasser de son royaume sa mère et son frère; des princes, une reine emprisonnés ; de Luynes qui parvient, par un assassinat, à obtenir la première dignité de l'Etat, celle de connétable, eU.. -. ces scènes étranges, violentes et iniques, agitent et exaltent la pensée, indignent, allument l'imagination, fécondent le génie. Si, d'autre part, la conduite de ceux qui gouvernent est comparée aux règles de la "^raison et de l'équité, il ré- ;Bulte de cette comparaison des vérités certaines : le jugement s'exerce sur les causes du mal, s'applique à la recherche des vices du mécanisme politique, et parvient à en apprécier le mérite. Le temps de Louis XIII était mùr pour ces opérations de l'esprit. Il existait, dans la classe des savants et des médecins, des hommes dignes d'être, par les fanatiques ou les ignorants d'aujourd'hui, qualifiés de philosophes ou de libéraux. Ils n'étaient pas très nombreux; mais ils répandirent dans leurs conversations et dans leurs écrits des germes dont l'accroissement fut tel que les ennemis des lumières ne parvinrent jamais à les étouffer.
Richelieu, sans le vouloir, hâta la marche des connaissances humaines. Il fonda l'Académie française, dans l'unique dessein, à ce qu'on a dit, de faire critiquer par ses membres la tragédie du Cid. La critique et la discussion en matière - de goût s'établit pour la première fois. On commença à mieux étudier la belle antiquité et à donner des règles à la langue.
Ce cardinal faisait de mauvaises tragédies; il éleva un théâtre, le plus magnifique qu'on ait encore vu à Paris : il inspira le goût de la scène tragique.
Richelieu avait enchaîné la pensée en prohibant la liberté de la presse ; mille vérités contenues par sa tyrannie, cachées sous le boisseau, y fermentaient sourdement. Elles rompirent leurs entraves, firent explosion après sa mort. Le ressort, longtemps comprimé, ne se détendit qu'avec plus de force. En vain son successeur, Mazarin, essaya de continuer le régime, de suivre les principes de Richelieu : il ne put contenir l'effervescence des esprits, il -en fut lui-même rudement frappé, et des lumières vinrent, comme par torrents, éclairer le public sur Mazarin et son gou- Ternement ; jamais on n'avait tant écrit. Ajoutons que, pour la première fois de-
puis l'origine de la monarchie, on vit à Paris des ouvrages périodiques.
Le Mercury français, dont il paraissait un volume chaque année, contenait le récit des événements publics, les actes du gouvernement et plusieurs pièces historiques relatives à l'état de l'Europe. Cet ouvrage, commencé en 1611, et continué jusqu'à la fin du règne de Louis XIII, quoique dénué de réflexions, était propre à en faire naître ; et les actions des princes s'y trouvaient régulièrement soumises au jugement du public.
Les auteurs du Mercure, encouragés par le succès, conçurent le projet d'établir un bureau d'adresses, ou dépôt de divers objets de marchandises à échanger ou à vendre, et de faire imprimer et publier l'annonce de ces objets. Ce projet fut mis à exécution en 1630. Dans la suite, ils imaginèrent de joindre à ces annonces des nouvelles politiques; et, pour la première fois, en 1 637, ils mirent au jour une feuille périodique, sous le titre de Gazette, qui paraissait chaque semaine, et dont la feuille ne coûtait que deux liards (1). Ce second ouvrage périodique, qui paraissait à des époques très rapprochées, et qui fut l'origine de la Gazette de France, dut contribuer beaucoup, malgré sa sécheresse, malgré l'influence qu'exerçait 1© cardinal de Richelieu sur sa rédaction, à propager les lumières. Le récit uniforme d'un événement répandu en même temps en divers lieux laissait moins de prise à l'exagération, à l'erreur, qu'un récit verbal, et les mensonges reconnus qu'y faisait insérer ce ministre devenaient un aliment pour la pensée, un exercice pour le jugement.
Ce fut aussi pendant cette période que s'établit entre les différents corps enseignants une rivalité salutaire, une émulation qui tendait à la prospérité des études.
Les jésuites, longtemps repousses des écoles, voulaient, par amour-propre, prouver la supériorité de leur méthode sur celle des autres professeurs; tous à l'envi cherchaient à se surpasser.
Les séminaires établis sous ce règne, s'ils servirent peu au progrès des connaissances humaines, contribuèrent à diminuer le nombre des prêtres ignorants et scandaleux.
(1) Mercw9 tranqais^ tom. XXU, préfao»
€t pag. 61.
Ces diverses causes agipsant à I;i fois, ces diverses voies ouvertes aux cnnuaiss3DC«s ht n;ainrs, en hâ èrerH 16;^ proLTes, en étcndiient plus largement les bienlnits, et donnèrent p us de rapidité au mouvement gcnéral des esprits, et plus de rectitudeà itur tendance vers un meilleur étal de choses.
L'industrie participa à ce mouvement, ou m fut le produit. En 1614, François RKcaire maître sellier, et Jean de Saint- Bluncn, menuisier, obtinrent la permission de nicttre en usage une invention dont l'obje! était de con>^ruire des carrossesplus con modes que ceux dont on se servait alors Denis de Foligny, d'après ses propositions, fut autorisé, en 1d32, à rendre D3V gables plusieurs rivières qui ne l'étaient pas, telles que celles d'Eure, de Velle, deChaitres, d'Etampes, etc.
Dans la même année, on réforma l'art de l'écriture, qui n'a\ait d'autre règle que le caprice. Lcuis Barbedor, syndic des écris a ns de Paris, et le nommé Le Bé, fixèrent, par des exemplaires, le premier
la forme des lettres françaises, etle second celle des lettres italiennes. Ces exemplaires, déposés au greffe du r arlement, furent gravés et publiés au profit de la commune té des écrivains. ...^
Dans la même année aussi on imagina de tirer partie des pauvres valides, enétablissant à Paris des ateliers de charité. Le 19 février 1635, le parlement vérifia les lettres patentes qui permettent à Jean Boudet, natif d'Agen, de fabriquer des tapisseries d'après un procédé de son invention, et d'en diriger les travaux.
Louis Cellier et Louis Deschamps, habitants de ia ville de Grenoble, obtiennent, le 3 février 1642, la permission de fabriquer et de vendre des lampes en forme de chandelles, éclairant dans tous les sens, et consommant une moindre quantité d'huile.
Ce mouvement des esprits, cette ten»-
i dance au perfectionnement, eurent dans
' la suite bien plus de rapidité et d'énergie^
comme on le verra dans la période pro-
1 chaine.
PERIODE XIII
PARIS sous LOUIS XIV
I. L'Homme au masque de fer:— Guerre de là Fronde. — Caractère de Louis XIV.
Lbuis XIV naquit à Saint-Germain-en- Laye, le 6 septembre 1638, et reçut le surnom de Dieu-donné, ou donné par Dieu Cette dénomination suipose une naissance ext;aordiny ire, inattendue ou miraculeuse. Ce prince naquit avec deux dents, événement peu con mun, mais qui n est pas sans e^emple (1). Cette deniilion a fait fccupçonner que lépoque assignée publiquen.ent à sa naissance n'était | as la véritable : on a fortifié ces soupçons par d'au.ie> faits.
Anne d'Autriche, sa mère, resta stérile pendant vingt-trois ans, ou plutôt ne mit au jour aucun enfant reconnu. Louis XIII, qui ia détestait à cause de ses galanteries
(1) Un célèbre médecin de Paris m'a-certitifc qu'un de ses petits-enfants ^tait né avec une ûcnt.
et de ses intrigues contre la France, vivait constamment éloigné d'elle. Mais il fallutenfin, pour donner un succès eur au trône, opérer le rapprochement des deux époux. ^ Vo.ci comment, suivant les ménioires dé< madame de Motteville, de Vilturio Siri et' de Paul Marana, seflectua leur reunion.
Dans les premiers jours de décembre 1637, « Louis XIII, lit-on dans les ]\ré- « moires de madame de Motteville, était' « demeuré tard au couvent de ia Visita- « tion, auprès de mademoiselle de Là «Fayette, sa favorite. Le mauvais temps ^ « l'erripêchant d'aller à Grosbois, il se retira « au Louvre, et n'y trouvant poinl d'autre a lit que celui de la reine, il tut obligé dé « coucher avec elle. » Ces mémoires ajou-^ i tent que cette nuit fut l'époque oii Anne > d'Autriche conçut de Louis XIIL'
Cette tradition offre plusieurs invraisemblances. A qui peisuadeia-t'On que Louis XIII, ne pouvant se rendre à Grosbois, ne trouva dms Paris d'autre asile
SOLS LOUIS xnr
iue le Louvre, dans ce palais d'autre lit mettre au monde Louis XIV die avait que celui de ia reine, et que ce roi fut uni- j donné le jour à un autre enfant màl»^ Celte
' suppo>itio I, si elle est fondée en tl'h II té.
quemeni par la nuit et le mauvais temj.s
détermine a coucher avec une épouse qu'il
o'aimait pas? 11 est bien plus nat rel de
croire, comme l'a cru Dreux du Radier,
que la reine, sentant la nécessité de donner
un successeur au trône ou de légitimer
une grossesse illégitime, pria mademoiselle
t'e La Fayette, qui exerçait une grande
iiitluence sur l'esprit faible et borne de
"-on royal époux, de l'engager à une ré-
-ODcilialion, et à venir partager sou lit.
Mademoiselle de La Fayette fit sans
.te valoir auprès de Louis XIII les de-
is de la religion, le pardon des injures
'• besoin de se donner un successeur;
1 conséquence ce roi, facile à persuader,
- • ]riis.";a conduire dans le lit conjugal (1;,
Bientôt aj rcs, la reine fut dcciaree eu-
iîe; cette d-claration fit naître des lô-
~, des Te Deiim; et, leo septembre 1 6 jS,
la reine ;iCCoucha d'un fils, nomme depuis
Louis XIV.
Voila l'explication la plus vraisemblable 'Tu'cn puisse donner au rapprochement deux époux: mais cette explication -e toujours subsister des doutes sur la itiondeLouisXIV.Ceprincenouveau-né jt, comme je l'ai dit, avec deux dents - la b juche. Sa mère, très galante, -elle garder, pendant vmgt-lrois ans, ■ exacte fidélit a un époux qui la fuyait m'elie n'aimait pas? Les mémoires du leaips ne permettent guère d'attribuer à cette reine une continence aussi persévérante.
Od a supposé que cet enfant avait vu le jour quelque^ mois avant l'époque où sa uaissante tut manifestée.
Dans le procès instruit contre le comte de Cbalais, qui fut décapité, on voit qu'Anne d'Autriche voulait detrùner Louis XIII, fairedeclare sou mariage nul, -ous prétexte d'impuissance, et faire euleriner ce roi dans un c o tre, et que son frère (iaston, duc d'Orl ans, devait monter sur letlîôie de F>auce, en e| ousant cette reine 2). Le caidinal de Richei.eu arrêta CaLécul.ou de ce projet.
Gasion n était j as le seul amant de ita reifi&, et on suppose qua\aui de
1) Atmcdûtes des reinei.et régeniei^ tooi. "^ i. rajï* iiî9, édiiion de 177 6.
{'■:) Atuisdoie^ des rentes et régentes ^ tom, \ I- pay.. 227.
si elle donne le mot d'une énigme hstorique qui, pend'int le dix-huitième siècie, a sivenient exerce la curiosité et motivé les recherches de plusieurs jiersonnes. Ceux (jui l'adoptent, et qui ont le plus avant pénétré dans l'obscurité de ce su et, disent que cet enfant, qui ne pouvait être reconnu puisqu'il était ne avant la réconciliation' du roi et de la reine, fut livré à des personnes de confiance, chargé s de l'élever dans l'ignorance de son origine, et qu'il devint ce personnage mystérieux, ce prisonnier désigné sous le nom de l'Homme au masque de fer.
Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, plusieurs écrivains, ex'ités par la curiosité, réunirent soigneusement toutes les notions acquises sur l'existence, le caractère, les mœurs et la mort de cet être énigmatique. Chacun s'évertua pour dé.:ou\rir son état et sou nom. Ce prisonnier était le duc de Beaufort, le duc de Monmouth, le surintendant des finances Fouquet, le secrétaire du duc de Mantoue, le comte de VermandoiS, etc., etc., Louis XV, à qui le régent a^■ait déclaré le secret, disait : Laissez-les disputer; personne n'a encore dit la vérité sur le masque de fer. Ce roi dit aussi à M. de La Borde : Ce que vous saurez de plus que les autres,c'est que la prison de cet infortuné n'a fait de tort à personne qu'à lui. Ceux qui connaissaient l'état de Ihommeau masque de fer tenaient aux questionneurs le même langage.
Si l'on rapproche toutes les notions recueillies sur cet homme mystérieux ; si Ion considèielessoms extrêmes, min u.ieux et sévères que prit Louis XIV pour dérober au public la condition de ce prisonnier et les traits de son visage, on se convaincra de sa haute imporiauce, et l'on j igera que son état, étant connu, pouvaii tioubler la Frauc« et la sécurité de celui qui exerçait le pouvoir suprême.
Les Mémoires du duc de Richelieu, publies en 1790, contiennent une pièce intiluiee : Relation df' la naissance et de l'éducation da 2yi'i»ce tufortuné sousi fait par les cardinaux -de Richeliea et Mazann à la société, et renfermé par Ok'dre de Louis X^V; composée par le gouverneur de ce prim^^ av. lit de la
WOi'i.
ti9 niSTOIBE DB PARIS
Suivafit cette relation, ce prince était fils de Louis XIIÏ, et le frère jumeau de Louis XIV ; tous deux naquirent le même
Î'our, le 5 septembre 1638, l'un à midi et 'autre quelques heures plus tard. Ce dernier fut celui dont le roi et ses conseillers résolurent de cacher la naissance (i). On h confia à une dame nommée Péronnette, chargée de sa nourriture; elle eut ordre de le dire bâtard d'un grand seigneur.
Cet enfant, avançant en âge, fut, par le cardinal de Mazarin, remis à un gentilhomme dont on ignore le nom. Celui-ci lui donna une éducation très soignée.
Arrivé à l'âge de dix-neuf ans, ce jeune homme, inquiet sur l'état de son père, faisait de pressantes questions à son gouverneur, qui refusait constamment de satisfaire sa curiosité.
Il avait atteint l'âge de vingt et un ans, lorsqu'il parvint secrètement à ouvrir la cassette de son gouverneur : il y trouva des lettres de Louis XIV et du cardinal, qui lui donnèrent de grandes lumières sur son état : il devina le reste. Il parvint aussi à ce procurer le por trai t de Louis XIV , et dit à son gouverneur : Voilà mon frère ; et, en lui montrant une lettre de Mazarin qu'il avait soustraite de la cassette, il ajouta : Voilà qui je suis.
Alors le gouverneur, craignant l'évasion de son élève et quelque coup d'éclat de sa
rart, dépêcha un messager au roi, pour informer de ce qui venait de se passer. Le roi donna sur-le-champ des ordres pour aire arrêter le gouverneur et son élève. Le premier mourut en prison; et c'est avant d'expirer qu'il écrivit cette rela-
Cette relation pourrait contenir quelques vérités ; mais elles sont défigurées par des fictions qui n'amènent que des doutes. Celui qui la composée n'était qu'à demi initié dans le mystère.
Il est certain qu'un jeune homme, dont on avait grand soin dé cacher l'état et les traits du visage, passa une grande partie de sa vie dans les prisons ; il est certain qu'il fut, en 1666, conduit au château
(1) Si cetle résolution n'est pas une fatle, ejle est un crime. Il est possible que, pour jauvcr rhonnenr de la reine, on ait imaginé ee conte, et qu'on l'ait fait croire à la personne chargée de l'éducation de cet enfant.
(2) Mémoim du dwc de Richelieu, tom. III, page. 66,
de Pignerol, puis transféré, vers Tan t686, dans l'île de Sainte-Marguerite, où le gouverneur, Saint-Mars, reçut de Louis XIV l'ordre de lui faire construire une prison, et que de là il fut conduit en litière, par le même Saint-Mars, à la Bastille, ou il entra le 18 septembre 1698, ayant le visage recouvert d'un masque de velours noir. Il y mourut le 19 novembre 1703, et fut enterré dans le cimetière de l'églist» Saint-Paul, sous le nom deMarchiali (1).
On avait ordre de le tuer s'il se faisait connaître. Aussitôt qu'il eut rendu le dernier soupir, on défigura et mutila son vi- ^ sage, dans la crainte qu'il ne fût déterré et reconnu ; les murs de sa prison furent décrépis et fouillés ; on craignait qu'il n'y eût tracé quelques mots ou caché des écrits qui auraient décelé son origine : on fit brûler tous les linges, habits, meubles qui lui avaient servi, ainsi que les portes et fenêtres de sa prison ; son argenterie fut fondue, etc.
Ces précautions minutieuses, prises pour cacher l'origine et l'état de ce prisonnier, servent beaucoup à le faire connaître.
Ajoutons aueles gouverneurs des maisons fortes ou il fut détenu, et Louvois lui-même, lui parlaient avec respect, debout, et le qualifiaient de mon prince (2).
Voltaire, instruit du secret de l'homme au masque de fer, déclare dans ses questions sur l'Encyclopédie, édition de177î, qu'il était le frère aîné de Louis XIV (3) : il expose comment le fils d'Anne d'Autri che, n'étant point reconnu par Louis XIII, a dû être secrètement élevé ; comment le cardinal de Mazarin, instruit par la reine de l'origine et de l'existence de cet enfant, a dû profiter de cet aveu pour exercer sur l'esprit de cette princesse un ascendant qu'il a toujours conservé ; comment, pour maintenir son autorité, il a dû éloigner cet enfant du trône, et lui laisser ignorer son état; enfin comment Louis XIV, après la mort de ce cardinal, pour conserver la paix intérieure, sauver la mémoire de sa mère d'une tache infa-
(1) La Bastille de cûi7«>, neuvième livraison, pag. 33, 34.
(2) La Bastille dévoilée^ neuvième livraisen, pag. 33, 34. ,,...,
(3) Voltaire ne fut pas le seul qui divulgua ce secret ; l'auteur du Jouma l des Gens du monde, vol. IV, no 23, pag. 282, le publia encore dans la suite.
Paris. — Typ. Lacovb, rue SouDBot, 18.
sous LOUIS XIV
mante, et surtout pour consen-er sa couronne, et régner sans compétiteur, prit la cruelle résolution de condamner son propre frère à une prison perpétuelle. Ainsi lut commis, s'il faat en croire ces témoignages, un de ces crimes politique^?, inhérents aux gouvernements arbitraires, que leurs auteurs cherchent à justifier <^omme nécessaires, et que le tribunal de
l'histoire ne manque jamais de découvrir et de condamner.
Des faits de cette importance ne peuvent se taire : je les cite sans les garantir. Les écrivains qui m'ont servi d'autorité sont seuls responsables. Je laisse au lecteur la faculté d'en apprécier le mérite.
Louis XIII, au lit de mort, conservait le ressentiment de son inimitié pour Anne
Hôtel de- Ville.
d'Autriche : en lui conférant à regret la régence du royaume, il restreignit dans des bornes très- circonscrites le pouvoir de cette régence. Il expira le 14 mai 1643 ; et, le 18 du même mois, cette reine, persuadée que les rois ne se faisaient point obéir après leur mort, tint un lit de justice au parlement, où, sans aucune restriction, elle fut déclarée régente.
La France, privée de lois fondamentales et protectrices, livrée aux mains d'un enfant, d'une femme étrangère et d'un cardinal italien placé par le cardinal de Ric-helieu pour gouverner d'après ses prin-
lïl DULAURE
cipes, fut de nouveau eu proie aux troubles de l'anarchie féodale et aux déchirements des dissensions civiles.
Le règne de Louis XIV se divise en trois parties distinctes : celle de la régence d'Anne d'Autriche, celle où ce roi régna par lui-même, et celle de sa vieillesse.""
La première fut très orageuse : elle peut, à plusieurs égards, être comparée au temps de la minorité de Louis XIII. Les princes et seigneurs y montrent la même indifférence pour Te repos et la prospérité de l'Etat, le même mépris pour la classe utile de la nation, les mêmes
54g nisToiRE
prétPfi'irn? au pouvoir et h la lu tvire puMi(iiM*; mî'is. entre ce? Heux éixiq'ie. , on i( m;nque quelqres diffén nces, bi les motifs r'e In tuibulence des princes <rt sei2r;eii's, peiidîint la r^iience d'Anne d'Afriffîe, -n'élaient ni plus nobles ni pliH loiinb'.es que ceux qu'ds avaient n^anife-lfs ! endant la ré enre de Marie de Médicis. on hou\e en eux des forn-^es moins irrossières, des v ces doi t les traits sont moins prononcés ; «t ditis les scènes à la fois sanglantes et builesqnes de l'époque piésente, on voit, pnrmi |lusiei.rs act nis odieux 'U méprisables, briler i;n petit nombre d"hommes doués d'un talent suj/érieuc et ô'vn caractère magnanime.
Tout éta'l abject et crim;nel sous la régence de Marie de Médicis.
Le Cîirdiiial dé uni îivait, en mou'-ant. remis les rên s de lEtat au cai-dinal son successeur; c'esl-ii-dir"- que Ma7.;irin avait fiuccf'dé t!u t:ône de Riclulieu. Moins absolu dî'.ns >e-\olont'S, mioins\ioKnl daiîs leur (xe iition, enfin moins sairguinaire, Mazaiin sur{);issait peu -être son predéce.'>eir en sonp'esse, (n déguisenient, en imn.oralité même; mai> il K» siupas^ait «erloineiitnt d ns l'art de mener une intiiiiue. L'un axait le cractère du lion "dévorate^r, tt l'autre celui du renard.
Placé tlans des circonstances différentede celles où s'était trouvé Rcheieu, Mazarin, maître de l'es, rit et même, diton, du cœur d'Anne d'Autiicbe, eût j )ui sans obstacle de rautor.lé suprême dans toute sa plénitude, s'il n'eût trouvé d; ns ses enn-niis des hommes p'u> énergiques et I resque aussi fourbes que lui. Cette parité de moyens entre deux partis contraires pro'ongea la durée des dissensions civi es, et If^s envenima. Voici quelle fut l'éti' celle qui t,t éclater l'incend.e pol. tique.
- Déjà m ^me avant la m.ort de Louis XIII des »nb:des sourdes se ai>-nt formées contre Mazaiin et con.re la lu ure régt-nte. Le .'■01. venir du gouverneracnt du cardinal mort faisait ap réh iider celui du cardinal \ivaiit; la haine qu'av;iit jvisteiiieni inspirit 1- prc?nvi-r lejaiil t sur le second, €t fil penst-r <\ la rés s ance.
Déjà un puis-ant parti, composé de princes, de .seigneurs, et de qu" Ique^ jnemt);e.sdu pirit-raeni. tous entiomis de Rici elieu, et redoutant le retour des per- •écutîO.is, s'était fo:mé coi.tie la cour.
DE PARTS
D'autre p;irt. Anne d'Autriche, pour acheter la S'iumi sion de pi.usienr> homme- [)uiss!inls, q'ii au-aienl i u s'o' p-scr à ce qu'elle s'empniâl entièrement de- 1 onvoirs de la régence, fut forcée d'en faire | ayer 'es frais au [ euple. en aujjm n'ant le poids des contributions. La régente, -on cardinal et leur gouvernement indisi osaient déjà presque toutes les classes de la nation ; il ne manquait qu'une oceasio; pour faire violemment éclater iemi'contenlement général : a disette des finances et la néce-sité d'établir de nouveaux impôts' la firent naître.
Le 15 janvier 1648, on fît tenir au roi un lit de justice, dont le but (tait de forcer le p. rl( ment à enregistrer plusieurs étiits bureaux. Emery. .sunn e: danl des final ces, créature de Mazarin, avaii , dans (elle fabrica ion d'édits, épuisé son génie inv( iitif : il avait créé des t harpes de contrôla, urs de fagots, de jurés vendeurs de loin, de con.-edlers cr eurs de \in, de conseillers languéyenrsde porcs, et c ,etc. : \oilà le côté ridicule de ces é'Iits. S'il s'était borné à créer ces étranges n.agisiraiures, à vendre la nobl^-ssc peut-être que l'exp'osioti n'eût pas eu lieu. Mais un de ces edits partait un grand préjudice aux lenliers de la ville ; et un ai.tre atte gna;i l^s gages des chambres des compl<'b tt des cours des aides : cette maladresse irrita ces compagnies souvrramos.
Le parlement, d(jà mal disposé, lit, suivant .<on u.sage, des remonirances. La rég nie refusa de les entendre; L' méconiintement s'accrut.
Le parlement fait publier une déclara ion ponant qu'il ne vérifiera plis aucun édit contre le peuple. La régence met en question les droits que s'arroge le parlemeit, en suspendant l'ef.et de la volonté du roi.
Peui'ant ces hostilités préliminaires, la cour du paiement se divisa en trois parts : les bien en rs. les Maàirins et le» Mitigés. Les Frondeurs éia^ent ceux qui aval nt r sis'é à la véufication des édils: les Aiazarins, les hommes dévouas au mini>tre de ce nom; et les Mitigés, les là- ••lies qui n osaient tenir à aucun de ces partis tt q.îi attendaient le .^uccès de iLU ou de liiuire pour te décider.
Les lMOn.ei:rs, par leur nombre et Ku inr.u.n-e. prévaL.ren', el paiNipr^nt .: faire rendre, les 13 n ai tt lojuin 16(8, deux arrôis po tant union unire tous les
?ors Lo
pârlenirnU'et autres cours souveraines du ' royaume (f). |
Le peuple, inl^Tes^é aux nffaires publi- j ques, piiœ qu'il en payait chèremen». les | frais, :»ppi:iU'iit ou\e teau'iit à cet ncle de : résistai ce du parlement. Mazuriti fi; quel- 1 ques conces> on> [)Our le c^ilmcf; il des- i titua le su: intendant des finances Emery. j Mai? le pid>l c reçut cdie concession avec iidiffiMvnce, comme I acquit d'une dette, • l non ro:7ime un bu'iifait. 1
Deux coiiseiliers du parlement s'étaient i.iit remarquer i ar leur courage à résiste;a l'oppies-ion de Mazarin et à défendre ! s iniéivis nationaux : lun était RenJ ! 'otier de BLaicménil : l'autr,', Pierre! irouss I, que l'on n ^mma le P.itrai'che| 'ie la Fronde, le Père du pL'u.de. Le 26 ' août (Je la même année, MoZirin eut l'imrudcDe=e les faire enlever et empri-* ■nner, et de bannir de l'aris d'à tros conseillers, t.'ls que Jeau Le.-né, Autoine Loisel, et'*.
L*enl>vem: nt de Pierre Brous-^el, opéré dans sa ma son, rue S.iint-Landri, près de Notre-Dame, ex'Mta une grande ruiTTeurdtirsce quartier. On crie au secours de proche vn | roche; l'i larme se lepand dans les quartiers les plus éloignés; les boutiqi esse fermeut; on prend Ijs armes, on tend les chiînes dans les rues, et elles sont bairicadées comme du temps de Henii IIL
A cot;e nouvelle la régente, qui avec le jeune roi habitait le Palais-Royal, envoya lesrégments des gard.'S-franrai-es el d,s gardes suiss s pour oGCup.-r le Pont-au- Ghange, le Punt-Neuf. celui de^ Tuileries, afin de couper les conimun cations. Ma!» cette force armée ne put rési-ter à un at- Iroupemei.t toujours croissant : elle se replia prude; mmU près du Palais-Royal, où elle se rangea en batadie; et le ] o.it des Tiiilres fut le seul qu'( lie conserva.
Pendant ce mouvement de ir up's réglées, le ciadju eur de l'archevêque de Paris, si f imeux sous le nom de caidmal de Retz, s? pivsen'e pour la piemirre fois j «ur la sccDC. Il arrive au Ponl-Neuf, vju i
(l)Ce5arrc7sd'anion,qni furent le signal d(?5 î dissensions ri»ilis, de inrent pour les P:iiisiens un srji «Je p ai^rtuterie co itre Mazaa. Ce Chrviiiwd italien pirlait mal It: fr.uii'S; en s- |>la'^"a!ii de ce^^ nr êrs, il les J.oramait atré!» d uifjuous. {iléinoires de la <i'{':hesse de Ae;/iou»s,pHg. 10 et 11.)
uis XIV 2t3
de se- habits pontificaux; il exhorte le peuple 5 se Gilmei-, a se retirer; on lui répond que l'on ne pose; a les a -n -s que loisiue les coiisei'lers em r sonués seront en liberté. Le [)rc lai , voy mt son f'Ioqieuce .-ans effet, se r.'od au 'Palai— Roy L e:^pose à la régente les consNjnenc.'s'da' g^v reuses de cette eme.ite q d pouvait a neiier une révo'te g-nérale. Lar-gMite, i ispirée par l'orgu il es acml, lui répoul : - G est se rendre roupa!)lede rnolte que de croire que l'on p lisse se révolter contre le loi; ces contes sont imagin -s [»ar c^ux qui désirent ;e trouble. » Le coaJjjteur de Re z, m cotilent de C'tte rej crise, élab it sur ces dis o<itionsde la cour tout L* système de sa con luie ultérieire; mai» s'il rit parti contre la récente, c'était m )insp)urse venger du mépris qu'ele avait f;,it de ses avis, que pour jouer avec éclat le rôle de chef de cons iration, pour exercer s.s talents pour l'intrigue, et pour monîrer sa >i.ipéi iorité dans l'art de deco!icer;e" ses adversaires, de remuer et diri^'er à & n g é une gran le p pulation.
D'à I très avis plus press.mts sur l'étc^t menaçant de l'in^uri-ection déiermln rent enfin la régente à déclan r que dè^ que les Parisiens auraient m;s bis les armes, et que le cal.iie seiait rétabli, elle rendrait Il liberté à B.o issel. En cons?;]-ieace, le coadjuteur de Retz et le maréchal de la Med eiaie furent chargés daller porter ce'te proposition au peu^ le insurgé.
Ce maréchal s'avança à la tète de^ chevai-l'gers, et lépée à la main; et, pour mériter la b.enveill.ince des insurgés, il criait aussi fort qu'il pouvait: « Vive le roi! 111)0: té à B roassel ! » Mais c*s cris pacifiques, poussés au milieu d i t imu'te, ne iure.it guèreenendus. D'ailleurs, l'épée nue qu'il portiit à !a main sembl d! les démentir : on crut qu'il venait altaquer; on cri.i aux armes. Un hom ne du :)eup^3 menace de lui i orrer un coup de abre; \a mare, h il lui ti e un co p de pisE In et le tue. Ce. le ïcèue.qui se passa .uc Siint- Honoré, vers le point où ce.'e de ILchsl.eu viinty aboutir, irrta plus foriement les Parisiens : d? tous c>tcs ils cou ureht aux armes. Le marée! al, a la tête de sa cavaler.e, su vit la rue Sa ;nt-Honor^ jusqu'à la Groix-iu-Tr^aoir : là, il reu'^Oîitra uneiroipe coîîsidéra.Me d'habita:îts armés, qu il V ulut charger; mais il fut b.enlô. obligé de renoncer à cette res (luton. Le sieur de Fouiraiiles eut le bras
$44 HisTome
cassé d'un coup de pistolet ; et le coadjuteur, en confessant dans la rue l'homme ^ que le maréchal avait blessé à mort, reçut * dans les côtes un coup de pierre qui le renversa par terre. Alors le maréchal de laMeilleraie donna ordre de cesser le combat, et se retira avec sa troupe au Palais- Royal.
La nuit fut calme : chaque habitant la passa dans sa maison. La cour de la régente se persuada que le tumulte était apaisé ; et, dans cette opinion, elle voulut iQ lendemain exercer avec sévérité son autorité royale.
Elle envoya de grand malin au Palais fterre Séguier, chancelier, chargé de l'ordre d'interdire au parlement toute discussion sur les affaires publiques. Pendant qu'il s'y rendait, deux compagnies de 4iardes suisses marchaient pour se saisir de la porte de Nesle. L'objet decette double manœuvre est bientôt connu du public; on court aux armes, on attaque les Suisses en flanc, on en tue une trentaine, et l'on disperse le reste.
Le chancelier, que les barricades empêchaient de passer par le quai de la Méa;isserie et par celui des Orfèvres, continue son chemin par le Pont-Neuf et sur le quai des Auguslins. A l'extrémité de ce quai, du côté du pont Saint-Michel, il est reconnu : le peuple court sur lui ; le chancelier se réfugie à l'hôtel de Luynes, situé sur le même'quai, au coin de la rue Gît-le-Cœur.
Odieux par sa conduite sous le ministère de Richelieu, odieux par la mission qu'il allait remplir, Séguier avait tout à craindre. Le public le poursuit jusque dans cet asile, enfonce les portes de l'hôtel, le cherche, et ne peut l'y découvrir. Il était caché avec son frère, évêque de Beauvais, dans une espèce d'armoire.
Le peuple était sur le point de mettre le feu à l'hôtel de Luynes, lorsque arriva le maréchal de la MeiUeraie à la lête de deux ou trois compagnies de gardes-françaises ou gardes suisses : il parvint à dégager l'hôtel, et à faire sortir le chancelier de sa cachette, le fit mettre précipitamment dans un carrosse, et s'enfuit avec lui au Palais-Royal.
Il était poursuivi par une troupe de Parisiens armés : les gardes qui l'accompagnaient firent des décharges en se retirant, et blessèrent plusieurs personnes; le maréchal, à l'entrée du Pont-Neuf, tua
d'un coup de pistolet une pauvre femme qui portait une hotte; la fureur du peuple n'en fut aue plus animée. Comme la voiture du chancelier passaitdevant la statue équestre de Henri IV, on tira des maisons qui sont en face plusieurs coups de fusil : son carrosse en fut percé en cinq ou six endroits. La duchesse de Sully, fille du chancelier, reçut une blessure au bras; Picaut, lieutenant du grand prévôt de l'hôtel, et Samson, fils du géographe, qui se trouvaient dans le même carrosse, furent blesses à mort. Le chancelier et ceux qui l'accompagnaient eurent de nouveaux dangers à courir à l'extrémité septentrionale du Pont-Neuf.
Ces tentatives mal calculées, cet orgueil, cette sévérité déplacée, accrurent l'indignation publique. Tous les habitants prirent les armes, les enfants mêmes se pourvurent de poignards; les chaînes furent dressées dans toutes les rues ; plus de deux cents barricades furent fortifiées, ornées de drapeaux, et les rues retentirent de ces exclamations : Vive le roi ! point de Mazarin !
Le parlement vint en corps au Palais- Roynl, et demanda à la régente la liberté deBlancménil et deBroussel. Le premier président, Mole, homme vendu à la cour, qui prenait souvent dans ses discours publics les intérêts du peuple, et les trahissait dans ses actions secrètes , remontra a cette princesse que cette liberté était le seul remède propre à ca'mer le mécontentement général, et a éteindre le feu de la sédition. La régente s'y refusa avec beaucoup d'aigreur : le parlement renouvela ses instances, et n'éprouva que des refus réitérés; mais bientôt cette reine malavisée fut obligée d'accorder à la peur ce qu'elle avait refusé h la raison.
Les membres du parlement, congédiés, s'en retournaient à pied dans leur palais, lorsque arrivés aux premières barricades, vers la Croix-du-Trahoir, à l'entrée de la rue de l' Arbre-Sec, ils furent arrêtés. Un nommé Raguenet, marchand de fer, capitaine du quartier, s'avança avec douze ou quinze bourgeois armés, demanda au premier président s'il ramenait M. Broussel. Le président fit une réponse négative, qu'il voulut adoucir par des espérances, en disant que le parlement allait en délibérer au Palais. « C'est au Palais-Royal qu'il faut retourner, lui dit Raguenet, et ramener Broussel ; sans lui, vous ne pas-
serez pas. » Un autre particulier saisit le présideDt par le bras ou par la barbe qu'il portait fort longue, lui disant que puisqu'il n'avait pas" obtenu la liberté des conseillers emprisonnés, il allait le prendre pour otage (1). D'autres personnes lui dirent que, si dans deux heures cette liberté n'était pas accordée, deux cent mille hommes iraient, en armes, supplier sa majesté d'y consentir. Quelques-uns, plus furieux, meuaçaient d'exterminer les auteurs du mécontentement public, de mettre le feu au Palais-Royal, de poignarder le cardinal et ses adhérents, etc. Alors on vit quelques conseillers, intimidés, se détacher de la compagnie et se retirer dans leurs maisons. La plupart des membres du parlement retournèrent au Palais- Royal, où le premier président exposa à la 'régente la volonté, les menaces du peuple et la résistance que sa compagnie venait d'éprouver dans la rue de l'Arbre- Sec. La reine faisait encore des difficultés. Le parlement, pour délibérer sur ce nouveau refus, tint séance dans la Galerie du Palais-Royal, que l'ou disposa promptement à cet effet.
Le duc d'Orléans, le cardinal Maiarin '^t le chancelier assistèrent à cette séance; il y fut décidé que les conseillers arrêtés et bannis seraient libres et rappelés à leurs tonctions. L'ordre en fut expédie sur-lechamp.
Cette décision fut signifiée aux Parisiens, qui, peu confiants^dans les promesses de la cour, déclarèrent qu'ils resteraient en armes jusqu'à ce qu'ils vissent en pleine liberté Broussel, l'ami de la patrie. Il parut le lendemain matin. Alors les salves d'artillerie manifestèrent la joie publique, et le peuple voulut accompagner honorablement ce magistrat jusqu'en sa maison.
Ainsi se termina la célèbre journée du il août de l'année 1648, journée connue dans l'histoire sous le nom de journée des Barricades, et qui rappelle celle de 1588, signalée par le même nom.
(1) Quelques Mémoires, et cotamment ceux de Joly, portent que le premier prési- •ient fut saisi par la barbe; mais, dans les registres manuscrits du parlement et dans le récit que ce président fait lui-même de cette •cène, on Ut qu'il fut f aisi par le bras. 11 est facile de concilier ces divers rapports, en disant que ce président fut saisi par la barb« et par le brae.
socs LOUIS XIV 245
Le lendemain, le parlement ordonna que les barricades cesseraient, que les chaînes seraient détendues, que les marchands ouvriraient leurs boutiques, et que les bourgeois continueraient de vaquer à leurs affaires.
Si la cour de la résente, au lieu d'opprimer le peuple, l'eût protégé, comme c'était son devoir; si à son égard elle eût tenu la conduite du parlement, elle eût recueilli comme lui, et plus que lui, des témoignages de la reconnaissance publique : mais cette cour, dominée par une femme espagnole, par un prêtre' italien, indifférents, comme étrangers, au bonheur des Français, ne s'occupait qu'à maintenir leur autorité, cherchait à couvrir leurs iniquités par des actes de rigueur. Ils voulaient opprimer, et ne voulaient pas qu'on se plaignît de l'oppression, qu'on en arrêtât les progrès. Suivant eux, frapper était un droit, et parer leurs coups était un crime.
Un écrivain contemporain avoue que la journée des Barricades • a été moins cau- « sée par l'affection que le public avait « pour Broussel, que par une haine déme- « surée dont il étoit prévenu depuis quel- « ques années contre le ministère (1). »
Le nom de Mazarin était devenu si odieux, que les partisans mêmes de ce cardinal, lorsqu'on le leur appliquait, le regardaient comme une injure, s'en plaignaient au parlement, et obtenaient l'ordre d'informer contre ceux qui les qualifiaient ainsi.
D'autre part, la qualification de Frondeurs devint un titre honorable, et fut tellement en faveur, qu'on ne trouvait rien de beau, rien de parfait, s'il n'était à la Fronde : on portait des épees, des rubans, des dentelles à la Fronde, et l'expression employée pour signifier un homme de bien était celle de bon Frondeur.
Le triomphe obtenu par le parlement dans une lutte dont le prétexte était pur fortifia considérablement son parti. Plusieurs princes et seigneurs se réunirent à lui ; le duc de Longueville, le prince de Conti, le duc de Beaufort, le duc d'Elbeuf, le maréchal de Lamothe-Houdancourt, le duc de Bouillon, etc., prirent parti dans sa querelle et se rangèrent sous ses ban-
(Ij Mémoires de là Minorité de Loui* XIY^ pag. 124: 1690.
ttîètes. Ainsi une affnire toute pop-lai e, ttft ^outèvcmcnt qui n'avait fonr cai'se que le poids in.*un| orlable de- cnnlr biitîon-, que roppression drs rersoiinesétian ^^ëfesqui gouverraient la France, rhan;i! a entièiement de mcif, et devint l'atlaiie de la f< odalitc.
La recento, instruite des Irames qui s'Oi'.rdissaient, et des assemblées secrrtes qued fférents princes et seigneurs tenaient k l^al'chf\êché, chez le ro djuteur. ne se ôroviinl p;is en sùiet'à Paris, roolut, le 13 seplcmbre suivant, d'aller avec sou fils et son ministre Mazarin au chAlenu de Ruel ; en même temps, e'Ie fit arrêter plusieurs personnes de distinction, et airiver divers corps de troupes dans les environs <ie Paris.
Le parlement envoya une députntion à la regeiite pour rengager à rexcniià Paris avec le roi. La re ne répondit que son absence de cette ville ne deva t avoir rien d'alarmant pour les babi'anls; qu'el e était en usjiie, dans celte saison, de passer a\ec le lOi son fils ru Ique temps à la campagne. (A-tte députation fui suivi? de plusieurs ai^tres sur d' s objets d'utili'e publique H en r sulta la decla ation dii rei, du 24 août I6i8, qui pi éventait nueqnes palliatifs aux maux qui désolaient l'E-at.
Mais les négociations, les conférences tenues cà Ruei et à Saint-Germu n-en- Laye n'i tai nt que de vaines ap arenccs sous lesquelles le parti de l;i cour et Celui du paileuieiit, ou, pi ur parler le langage du temps, les Mazarins et les Fioi.deurs, cherchaient <à se tiomper réciproquemert : tou: sembiaii [-acifié, tout élait à la guerre.
La cour tta^t revenue à Paris, loi>que, le 6 janvier 1619, à deux heur«.s a, rès minu t, la régente, accompagnée de ses fils, le roi et l. duc d'An,ou, tt du cardinal Mazarin, de plusieurs pr.ntes, seiguturs et ofs ciers, sertit secrètement de cette ville parla porte de la Coi ferince, €t se rendit à Sainl-Germam-en-Laye.
Là, le conseil assemblé, il fut résolu de faire le si. ge ou le blocus de Paris. Letel- Uer disait « que le siège de c^tte ville ^ D'étoii pas une affaire de plus de quinze < jours, et que le peuple viendroit demaii- « -der pardon la c; rde au eou, si le pain - ^e Gonesse manquoit seulement deux « évL trois jours de maiché (I). »j
(i-) Mémoires de Joly, pag. 35; 1718.
DE PARTS
En parlant de Paris, la co ir laissât Uiçf prétendue lettre du ioi au prévôt des marcharfds (li, et deax autres .iu d ic d Orléans et du p;ince de Conde, qui ne produisirent aucun iffet.
Le 7 janvier, un lieu'enant des gardes du roi porta un païuet contenant une lettre de cachet, qui ordonnait au parlement de se tninsérer à Mo targs. Cet ordre étrange fit (lire à Mole, ' het de celte ecur, qu'il é ail itiemier pié.^ident de Paris et non de Monlaruis. bi lettre de cach t fu' renvoyée sans être ouverte.
Le parlement envoya à S iut-Germain une dépuiation dont lo jet était de faire des proleslalions defidtlitéati roi et à 1$ rgeiife ; « Si vous èles envoyés a Saint- « Germain pour annoncer que vous avex « obéi à l'ordre du roi qui tran^ière le par- « lement à Monlargis,\ous .^eiez les bien- « \eiius; si \ous èles déj)ulés d i pirle- « m nt saut à Pans, la reine ne veut ni « vous recevoir ni nous enUndre, et vous « ordonne de vous leliier. » Les d pûtes eurent beau assurer qu'ils n'av; icnt que ni's p rôles de .>oiimis.-ion cl d obéissance à porte- à la r ine, on leur refusa l'entiée de Saint-Germain' i uis ils firent \aloir leur âge avancé, lasai-on rigoureuse, l'obscurilé e( le danger des chemins, on leur permit, ap es plusieurs refus, de passer la 1 uil dans 'e bà iinent de la Cipitiim rie d© Saint-Germain. On ne m nqna puin; de les avertir que la ville de Paris était bloquée, ct(iue, lans vingt-qualre hane-, elli stîrail assiégée pur vingt-cinq mi le hjmmes-
Le lendeman, la d pulation r \iut à Paris. Ses membres exposeient e triste .-uceès (le leur mission, et 1* pa;lem?nt rendit l'arrêt du 8 janvier, q.i Ld le signal de la guene : « Attendu, y est- l dit. que « le cardinal M ziiin est iiotoiiement « l'autL^ur «le tous les désordres de l'Btafc « et du n al pre>ent, la déclarée: dé lare « pertuiba.eir du repos p li lie, ennemi « du roi et de sou EIjI; lui enjoint de se « rdiierde la cour dans le jour, e dmsla, « hui.ainehorsduioyauMU'; ei,Kdi. temps « passé, enjointe loiis sujets d i roi de lui
• ( ouire sus ; fjit défen-e a toute personne ,
• d* le recevoir; Oidoune. en outr ', qu'ié « sei a fait levée de gens de guen e ^n cette € ville au nombre suf Isani, etc. »
L'année du roi, coiumanvléep r le prinœ de Condé, s'empara de Saiui-Clt>ud, de
(l) Le roi ne savait pas encore écrire.
sous LOUIS XIV
Saiflt -Doflip, deCharentnn. Le> frondours leAm lit «les trcufK?^, et conrcèrent une arn fe d'ei virrn rlonze ml e homiTK?. Le roadju'onv. à ses fiai?:, foni a un r ciment de eaMik'iie : on vit même ce \ rolal à cheval, vitu, armé en militaire, et disposé à foire !e coup de main.
On pourvut avec soin à la dff -n^e et aux ?ul">i-t;^nres de Taris. L.i B;'stil!e fut confi< e à Broussel el à son i\\>. Tous hs post s frientsîuni;» de bourgeois. La guerre commenc;i. ^iille nlrigues, m.ilie tentatives de corruption, qui ne furent pas t( utes •sans succt-s : des scisneurs toujours prêîs a sacrilier à leurs lot-'êts le parti qu'ils avaient embrasse : quelques aiîoins de postes: des con\ois de vivres aUnqués, défendus: peu d'exi loits remaïqnables; beaucoup de desUnction et de pi; ag-s : tels fuient les traits principaux de celte guerre.
Le duc de Beaufort, IVi^wir et l'idole de5 Parisiens, suri ommé le roi des halles, parce que, presque aussi mal éh'\é que ceux qi i les habita ent, il en a\ait lelan- .^age grossier, et paraissai' en avoir la fran chise, mcn'ia beaucoup de ziie et peu de talent:- md lia ires danslesdiffercDts combats qu'il eut à so tenir.
Enfin, h cour était parvenue à diviser !e pr.rlement, à scduire par des otTies OiagniriqiM\s le prince de Conti, le duc de Lcnguexille, le duc d'F.lb<.-uf, le duc de bouil on, etc., etc., chefs des Frondeurs : il en résulta une dpdaration du loi, vérifiée le A" avrd 4649. portant an.msiie générale, où l'on ne fit nude mention du card liai Mazarin qui demeuia en Ijce.
Dans les néi;ociations de cetiaité, chaque prince uu seigneur chef de la Fronde a\ait mis à pr;x et marchi.ndé sa souiil-son; et tous, suixait leur nai-sai c^, reçuient la rérompt use, "plus ou moins foi te, de leur tiahi.-on. Le duc de Beaufort fut le seul p: ince <i^J' "^ voulut poiut alorà pai'ticipei- a ces tur{ i udes.
La paix fut faite mais ne fut pas asâse sur des base» assez solid s pour être duiables. Chaque parti conser\ait foiteoaeut tes affections hos iles.
La coiir ne rentra j as encore à Paris; Mazarin ne croyait pas pouvoir y habiter en i^ùieté.
Cependant les libelles contre ce cardinal s'y rejandaient avec prolusion. Le parlement laissait a cet égard la plus grande liberté aux écrivains: il crut cepeudant
devoir sévir cclrei un écr t qui o t'^ageait la rrg-ntc. Cet ce it, intitulé : La ruS' iode dvi, Ut de la reir/e, avait p'in joiprimeur un nommr> Marlot ou Morl t. Lo parlement le coidnmna à la poli nce ; mais comme on le c< n Iviisait île la Coiii ieigerie à la place de Giè\e, p'usie rs garçons libraires et imprimeurs tombèrent ;» coups de pierre ( t de bàlcn sur les rrcheis qu esco tiiient lecondamné: et, criant sureux aux Mazarins, ils firent, par ce ci i • agique, sortir de>^ boutiques d.^ nom.bux.
auxili.iires. Plusieurs archers fuient bless s: le li'uleniint ciimril. n- mmè de Grani. eut l)eau(Oiipde puneiis'éi h :p er; tous, ainsi que le bouirau , s'enu rent, et le maihi ureux imprimeur fut pau\e. Uq de SCS compl ces, cou amue au foaet, eut un pareil .«-o t.
Dans le même temps, le duc de C ndale , qui, pour me servir del'expr/ssion vu g;iire, était un grand Mazarin, se perm t de tenir aux Tuileri s q .elques dis'ioars otf usants contre le duc de Bs'aulort, un des chefs ùei Frondeurs, et de jeterdu ridicule sur sa conduite m.iiitaiie et politique. Le duc de Beaufort, a qui on avad ran ort.' ces phiisanter.es, étunt instruit quel <luc de Candale devait, le soir, souper chez Renard, traita ur établi à I exiremit' du jardin des Tu le!ie--(l).s y lenJit. eliroivant le duc à toble, il luidit en riant «qu'il « venait f.-imil élément .-e réjouir avec lui, « el profiter rie ia liberté qui rcgiiaii (dors ï sur le pivé de Pa is. La laillerie e plut « pas, on y répondit avec aigreur: ( t !e duc « de Beaufort, qui n'attendait queccla, prit « le bout de la nappe et ren\ir.-a to^t cd « qui é>ait sur la tab^e. Le duc de Caiidalg « \oulut melrel\péeà lam.i.n; mais iî « en fut empxhé par ses amis, qui \irent; « l-'ien que U partie n'était pas bien faite « pour eux (2).
Le cardinal Mazarin, qui redoutait Pa-
(ijReuard, laquais et ensuite valet do cbambre de 1 é\êqufc de Bf^au\ai^, euruit facilement au Lomrc par le niuven de son iiiiàuv, et a ait accoutume de pre^tuter tous les jnaiins uu bouquet à la régente, qui aimait les fleurs. Ij obtiut d'elle- p.u^iclirs récompenses, et lii jouissance d'une p inie du jurd u des Tuileries, où il lit bàiir uue maisou. Là se renda-eni les bomnitsde la cour : on y mangeait, on y parlait d affaires publiques, et ou y faisa t la débauche.
(.2j Mémoires dt Joly, pag. 64, 55.
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Tis, éloignait toujours l'époque du retour lie la cour dans cette ville. Enfin, le 16 août 1649, après plusieurs assurances et précautions, elle s'y rendit. Les cabales, les trahisons n'en furent que plus actives. Le coadjuteur, déguisé en cavalier, allait secrètement conférer avec le cardinal Mazarin ; le duc de Beaufort, ce frondeur si ardent, et réputé si loyal à son parti, en faisait autant. Le prince de Gondé, chef du parti Mazarin, prince qui, dans ces troubles, joua un rôle si incertain, si intéressé, semblait alors caresser le parti des Frondeurs et braver le cardinal Mazarin. Chacun des chefs des deux partis cherchait à se tromper et à mettre à prix sa perfidie.
Les uns trafiquaient de leur soumission, demandaient avpc menace un gouvernement, un chapeau rouge, un tabouret; d'autres demandaient telle sommed'argent, telle fille en mariage, etc. Aucun de ces courtisans, princes ou seigneurs, fidèles ou déloyaux, ne s'occupait du bien public.
Ces misérables intrigues, où se mêlaient des femmes et des prêtres, conduites de part et d'autre par des hommes avides et sans probité, par des princesses rapaces et galantes, ressemblaient, par leurs honteux motifs, aux cabales basses et odieuses qui signalèrent la minorité de Louis XIIL
La féodalité, devenue maîtresse du parti de la Fronde, ne s'occupait plus d'appuyer les justes réclamations des Parisiens, de les tirer de l'oppression : dans l'un comme dans l'autre parti, elle cherchait à se faire de l'indignation publique une arme qu'elle employait au besoin pour en frapper son ennemi.
C'est dans cette vue que le cardinal Mazarin fit distribuer de l'argent aux bateliers de Paris, avant sa rentrée, afin de se les rendre favorables; mais cette ruse très vulgaire n'est pas comparable à celle qu'employa Joly, conseiller au Châtelet. Il imagina de se faire assassiner dans l'intention d'accuser Mazarin de ce crime, et de soulever le peuple contre ce cardinal. C'est lui-même qui se vante de cette étrange imposture.
Le marquis de Noirmoutiers avait proposé, pour exciter du trouble dans Paris et déterminer le parlement à rassembler toutes les chambres, de faire une feinte entreprise sur la personne du duc de Beaufort, ou sur c-elle de Broussel ; mais, après une mûre délibération, ces deux particuliers ne parurent pas convenir aux chefs
DB PAEIS
des Frondeurs. Le coadjuteur s'oflfritpom être assassiné; mais il sembla plutôt désirer rhonneur de cette proposition que les périls de l'événement. Alors Joly, conseiller au Châtelet, et qui, en sa qualité do syndic des rentiers, était un personnage assez considéré, se dévoua, et fut accepté.
Ce projet étant arrêté, Joly, pour se préparer au rôle d'assassiné, se rendit chex le marquis de Noirmoutiers, qui demeuraifi rue Saint-Merry, où un de ses gentilshommes, nommé d'Estainville, l'attendait.
Ce gentilhomme s'était chargé du rôle d'assassin. Joly quitta son pourpoint et le mit dans une position convenable; une man-che fut remplie de foin ; d'Estainville tira sur cette manche un coup de pistolet et la perça précisément où on le désirait. Cette opération faite, il fut convenu que le lendemain 10 décembre 1649, sur les sept heures et demie du matin, d'Estainville se rendrait dans la rue des Bernardins, près de la maison où logeait le président Charton, chez lequel Joly allait souvent.
Tout étant arrêté, le lendemain, à l'heure dite, Joly, vêtu de l'habit dont la manche était percée par une balle, arrive en carrosse dans la rue des Bernardins ; il aperçoit d'Estainville qui s'approche; aussitôt le coup de pistolet est lâché ; la balle a percé le carrosse, et passé au-dessus de la tête de Joly qui s'était baissé pour l'éviter. Il crie, et (i'Estainville prend la fuite (1)..
Joly fut conduit chez un chirurgien qui lui trouva, à Teudroit où la balle devait avoir passé, une espèce de plaie qu'il s'était faite lui-même la nuit précédente avec des pierres à fusil. Les complices de cette machination répandirent que ce coup partait de la cour, qui voulait se défaire du plus zélé syndic des rentiers.
Ce prétendu assassinat causa une grande rumeur. Le parlement, auquel on rapporta que Joly était mort, ordonna qu'il en serait informé. Le marquis de La Boulayese répandit dans les rues à la tête de deux cents hommes, criant que la cour avait fait assassiner un conseiller , syndic des rentiers, et qu'on en voulait faire autant à M. de Beaufort. Il y eut quelques boutiques de fermées ; le pain fut enlevé des marchés et payé au double du prix ordinaire. Tel fut l'effet momentané que produisit cette- supercherie.
Le même jour le marquis de La Bou*
(1) Mémoirea d#/oiy, pag, 70, 71»
SODS LODIS XlV
Jaye dressa une embuscade sur le Pont- Neuf, afin de tuer à coups de pistolet le prince de Condé, lorsqu'il passerait le soir sur ce pont pour se rendre du Louvre à son hôtel. Le cardinal Mazario, instruit du projet, en fit avertir le prince, qui plaça dans le carrosse où il devait se trouver «quelques laquais qui reçurent la bordée; I un d'eux fut grièvement blessé.
On croit que le marquis de La Boulaye
fut autorisé à ce guet-apens par le cardinal Mazaria,qui, en avertissant le prince» voulut par ce bienfait apparent l'attacher à sou parti, et le détacher de celui dœ Frondeurs qu'il accusait de cet attentat. Le prince de Gonde, flottant entre ke deux partis, donnant tour à tour des craintes et des espérances à chacun, éprouva la peine que s'attirent ordinairement ceux qui dans un Etat jouent un semblable rôle.
Coupe du go" parisieB.
n fut, le ^ 8 janvier ^630, arrêté au Palais-Royal, en plein conseil, où il avait été convoqué. On arrêta avec lui, dans le même lieu, le prince de Gonti et le duc de Longuevilie. Ges trois princes furent couauits au donjon de Vincennes. Gette mesure violente, que le cardinal Mazarin avait jugée nécessaire au maintien de son autonte, lui devint funeste, et amena une guerre civile qui désola la France pendant plusieurs années (1).
(1/ Le duc d'Orléans, apprenant l'anresta-
Peu de temps après, les amis du prince de Gondé, réunis dans son hôtel , proposèrent, pour exciter le peuple à se soulever contre le cardinal, une entreprise pareille à celle de Joly.
tioa de ces trois princes, dit : « Voilà un beau coup de îilet ; on vient de prendre un lion, un singe et un renard. « Par le lion, il désignait le prince de Condé^ fier et emporté; par le singe, le prince de Conti, petit et très bosàu ; et par le renard, le duc de Longueville, souple et adroit.
IIISTO'.nE DE PARIS
Us formèrent le projet de monlvr a r\w- j wa\ el «I'mIKm- a! laquer M. de Benufoi't, afin de f'iiie ciou'e au peuple que le carfl iv.A llaz.iiin é ait lauleur de celte rtla(.]ue. t'exéoot'ron commet C!>e échoua parce quelle fut niai conduite (l).
C'est âins doute dans une pareil'e intention que, la mèn e année, un gentilhomme du ' uc de Beaufort fut lue d;.n^ la rue Saini-Honoié. lorsqu'il allait. (hn< le car ros^e de son mai re, le chercher à l'hôlel de Mon b:izon. Les uns atMil:uèrent et assa-siiial au c niinal Mazar.n, el din ni que les a.-sassins s'étaient mépris, croy;int turr le duc; les autres, aux qmis du prine de Condé.
C e-t ain.-i qu'on excitait le peu]^le a la sédition, qu on en fai^a-t un in.->trument dont un pani seservait pour frapper l'autre.
On attribua aussi aux amis des princes empii-onn'''s une irsulte (jui fut faste au cardinal IM;r/arin. Un mat.n on lrou\a à la Croix-du-Trahoir et au bas du Pont- Neuf, du côté de la rue Dau) hine, deux poteaux; sur chicun é ait pend e lelfigu de ce cardinal, la corde au cou ; et au ha.- 1 de ces pot aux on voyait une insciiption contenait la li.te de ses crimes et sa condamna ion. Ce spectacle amusa brauco.,p le peuple, qui faillit a-sommer l exeu^pt qui se j-résenta pour enhver l'elTigie.
La ca|:livitéde^ piincesa luma la guerre civ.le d;.ns le- provinces méridioiialcs, et surtout à Cordeaux, où Tatmc-e de la ré génie et de son Mazann causa des maux inimis. Le ptésident rouer avait déjà, dans un discours qu'il pronoi ça le 25 oc- | tobre 1649, devant la reine, fait un épou- 1 vanlable abKaudesdissensil)n^ci^iles(2)•.
il y joignit des remcntiances éi ergiques sur la conduite du gouvernement. « Votre « Miijefcté, lui dit-il, a ce malheur, com- « nmu I risque à tous les ; rinces du • monde, qu'elle api rind la dernière la m veiité de ses attaires. » Après avoir reproché les Iromi elles em| luy. e> par la cour ©u par ses ministres coutie la ville de Bordeaux, il se pla nt de ce (ju'on débite dais Pans et vend publiquement sous les yeux de la reine des impnmés i orlant le titre de Eemontrances, « dan.s lesquelles en lit, € dit-il, pour première maxime, qu un
(1) Mémoires de Joly, par. ^6.
i(2-) Voyez les Registres niunusctils duparle^ , au 26 ociobre 1649.
« prince n'estpoiftt çd>ligédegapdçr ^ta*i
« à .ses sujet -1. »
Le chinceliT, qui répondit au discaute du président, ne dit rien pour jnsti er-ovi re ou ser l'odieux de celte maxime^ et son sikMice à cetéganl fu crqire qu'il en était l'at.teur.
Livs 1 rinces prisonniers furetit transférés de Vinc( nnes à Marcoussi, tt de ce dern f r lieu au chàleau du Havre. Le (omte d'Harcourt se chargea de cette Irans alion, et le pri ce de Coudé composa dans la voilure le couplet suivant :
Cel lioitiiTiP gros.pi court
Si c iiiiii ila't.i riiisli'irf,