‹ Histoire de ParisChapitre 135 sur 261 · S570 .,. HISTOIRE · texte numérisé non relu

S570 .,. HISTOIRE

lever des troupe?, menacer le roi, lui faire la guerre, et ne mettre bas les armes que lorsque c-ette cour avait satisfait à l'objet de leur mécontentement. Louis XIV prit des mesures qui rendirent désormais impossible la continuation de ces désordres féodaux. Les excès, les actes de cruauté que les seigneurs com.mettaient sur les habitants de leurs terres, furent, jusqu'à un certain point, réprimés par les intendants, dont cependant quelques-uns imitèrent les excès criminels de ceux qu'ils étaient chargés de punir.

Louis XIV, dans son temps prospère, eut de bons ministres et d'excellents généraux : s'il ne les choisit pas tous luimême, il eut le talent d'apprécier leur mérite, et le bon esprit de les conserver.

Il fut loué et loué à l'excès pendant sa vie et après sa mort, parce que la multitude, éblouie par les triomphes, par l'éclat de la puissapce, de la pompe des habits, des bâtiments et des décorations, est disposée à prodiguer à ces fausses apparences de mérite des éloges qui ne sont dus qu'au mérite réel : il fut loué parce qu'il était doué de qualités vraiment dignes d'éloges.

On peut lui reprocher de l'égoïsme : il sacrifiait tout à ses goûts, à son autorité; il forçait même les princesses malades à le suivre dans ses voyages de plaisir : il voulait qu'on lui fît une cour perpétuelle.

Il eut des détracteurs : il devait en avoir, parce qu'il eut beaucoup de défauts, qu'il commit de grandes fautes, el parce qu'on est disposé à rabaisser l'orgueil partout où il existe, à en faire ressortir le ridicule, surtout lorsqu'il se trouve,* comme à l'ordinaire, placé à coté de l'ignorance; parce qu'enfin l'on se plaît à examiner les titres de celui qui aspire au titre de grand homme, et à lui opposer les petitesses de ses opinions, les faiblesses et les fautes de sa conduite.

Voici le portrait que Montesquieu fait de ce roi :

« Louis XIV n'étoit ni pacifique ni « guerrier : il avoit les formes de la jus- « tice, de la politique, de la dévotion, et « l'air d'un grand roi. Doux avec ses do- « mestiques, libéral avec ses courtisans, « avide avec ses peuples, inquiet avec ses « ennemis, despotique avec sa famille, « roi dans sa cour, dur dans ses conseils, « enfant dans celui de sa conscience, dupe « de tout ce qui joue le prince, les mi-

« nistres, les femmes et les dévots; so" « frant les talents, craignant l'esprit; -. « rieux dans ses amours, et dans sou der « nier attachem.ent foible à faire pitié; au- « cune force d'esprit dans le succès; de la •f sécurité dans les revers, du courage daofi [ « sa mort. Il aima la gloire et la religion; J « et on l'empêcha toute sa vie de connaî- i « tre ni l'une ni l'autre. 11 n'aurait eu |i «c presque aucun de ces défauts s'il avoit « été mieux élevé, e"; s'd avoit eu un peu « plus d'esprit. Mf Jame de Maintenon « abaissoit sans cesse cette àme, pour la i « mettre à son point (1). »

La meilleure preuve des vices de son règne est la dette effrayante qu'il laissa en mourant : cette dette se montait -.i deux milliards soixante-deux millions de hvres argent à vingt-huit livres le marc(2). Louis XIV fit élever un grand nombre d'édifices dans divers lieux, à Versailles, à Maily, etc. ; notamment à Paris : nous en parlerons. Il ordonna ou favorisa rétablissement d'une multitude de mona.stères : son prédécesseur en avait déjà surchargé cette ville; il accrut celle surcharge. Voici la notice de ces établissements.

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