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III. Communautés religieuses de fi l?s

Les Filles de la Congrégation ds Notre-Dame, couvent situé rue Neuve- Saint-Etienne, n^' 6, quartier du Jardmdes-Plantes. Quelques religieuses de cet ordre, fonde à Laon en 1623, furent attirées à Paris en 1 643 ; elles étaient appuyées parla reine Anne d'Autriche, et autorisées par laichevéque. Leur établissement fut confirmé par lettres patènes de 16i5 et 1646. Elles habitèrent d'abord une maison

au Marais ; puis elles achetèrent deux maisons n;e Saint-Fiacre; enfin, en 4 673, ïmbert Porlier, prêtre de l'Hôpital général, leur donna des maisons et jardins rue Neuve-Saiiit-Etienne, où elles se rendirent ia même année. Elles augmentèrent cet emplacement par des acquisitions. Celte maison, supprimée en 1790, est maintenant occupée par des dames de la Miséricorde.

Filles de Saint-Chaumont ou de l'Union CHRÉTIENNE, couvcnt situé sur remplacement du passage Saint-Chaumont, rue Saint-Denis, n«> 374.

La veuve PoUalion avait jeté, dans la mai^on de la Providence, les premiers fondements de cette institution dont l'objet était d'instruire les jeunes filles nou- Tellement converties au catholicisme, et celles qui se trouvaient sans fortune et sans appui. Plusieurs personnes se joignirent à elle pour donner à ce projet une grande extension. Anne de Croze fut de ce nombre ; en 4661, elle le mit à exécution dans une maison qui lui appartenait à Gharonne. Elle donna, en 1682, celte maison et ses dépendances à l'établisse- }r.ent; et cette donation fut confirmée par lettres patentes de 1673. Par contrat du 30 août 1683, les sœurs de l'Union chrétienne acquirent l'hôtel de Saint-Chaumont, situé rue Saint-Denis ; elles s'y transportèrent au commencement de \ 68o et firent construire une chapelle sous l'invocation de Saint-Joseph. Elles y sont rtslées jusqu'en 1790, époque de leur suppression ; on a établi sur l'emplacement de leur n^aison un passage public, dit pasftoge de Saint-Chaumont.

Le Petit-Saint-Chaumont , ou la PetiTE-Union chrétienne, communauté située rue de la Lune, n» 35. Cette maison fut formée d'après les mêmes motifs, et sur le modèle de la communauté dont on vient de parler. Le sieur Le Vachet, prêtre, dès l'an 1679, commença cet établissement. Les sieur et dame Berthelot possédaient, rue de la Lune, une maison qu'ils avaient fait disioser pour y recevoir cinquante soldats revenus malades des armées. Ayant pour celte bonne œu- -vTe un peu trop compté sur les libéralités publiques, ils furent obligés d'abandonner leur louable projet, et, le 13 mai 1682, ils donnèrent leur établissement aux filles de l'Union chrétienne, ainsi que les meubles, lits et ustensiles qui s'y trouvaient.

Cette maison, supprimée en 1790, est devenue propriété particulière.

Filles de la Providence, couvent situé rue de l'Arbalète, n»» 24 et 26. La veuve PoUalion, célèbre par ses pieux établissements, jeta les premiers fondements de cette institution à Fontenay ; (uis, en 1643, elle transféra sa communauté à Charonne, et en 1647 à Paris, dans une, maison de la rue d'Enfer. En 1651, la reine Anne d'Autriche, qui prit ce couvent sous sa protection, acheta de l'Hôtel-Dieu une maison spacieuse, destinée aux pestiférés, qu'on nommait Hôpital de la Santé. Une partie de cette maison servit à composer l'enclos du Val-de-Giâce, le surplus de l'emplacement fut donné au couvent de la Providence, qui en prit possession le 11 juin 1652, ainsi que d'une chapelle que l'Hôtel-Dieu y avait fait bâtir.

Vincent de Paul rédigea les statuts de cette maison. Ces religieuses étaient chargées de l'éducation des jeunes filles.

Ce couvent, supprimé en 1790, devint une propriété particulière où l'on a établi une fonderie et une raffinerie de sucre.

Hospitalières de la Miséricorde db JÉSUS, couvent situé rue Mouffetard, no 69. H fut fondé d'abord à Gentilly, en 1652, par Jacques le Prévost d'Herbelai, maître des requêtes, qui assura aux hospitalières chargées de soigner les fil'es et femmes malades, une rente de 1 ,500 liv. En 1655, elles obtinrent des letlres patentes et l'autorisation de s'établir dans un faubourg de Paris. Elles avaient acheté, en avril 1653, deux maisons, cours et jardins, situés dans la rue Mouffetard ; elles les firent réparer.

Au commencement du dix-huitième siècle, les bâtiments tombaient en ruine. Ces religieuses, comme celles de plusieurs autres couvents, eurent recours aux b enfaits du sieur d'Avgenson, lieutenant-général de police et grand amateur de religieu=es, qui obtint pour elles, comme il avait fait pour plusieurs autres couvents nécessiteux, la permission d'établir une loterie, dont les profits seraient employés' a la reconstruction de plusieurs parties de !eur couvent (1).

(1) Voici comment le fait est ri^conté dana vrn ouvrage modei-ne qui a osé lever le voile mystique qui cachait le scandale de quelques coD.veuts de religieuses de Paris. «< M. D'Ar-

Filles du Saist-Sacrement, couvent sittié rue Cassette, n» 22. Les guerres, troublant la Lorraine, forcèrent les re'ifipeuses bénédictines de la Conceplion de Noire-Dame, établies à Rambervilliers, de se réfugier à Saint-Mihiel. Elles furent encore obligées d'abandonner cet asile.

Quelques-unes, h b tête desquelles était Catherine de Bar, se transportèrent, en 1641, àParis : elles allèrent loger dans l'abbaye de Montmartre. Les autres imitèrent'l'exemple des premières, et, pendant l'année <643, elles se rendirent à Paris, Alors toute la communauté fut réunie dans une maison du village de Saint-Maur. Ces religieuses n'y restèrent pas tranquilles : en 4 650 elles vinrent chercher un asile dans une petite mnison de la rue du Bac. Quelques dames dévotes voulurent leur procurer un établissement plus solide : elles leur donnèrent des "Recours; mais Anne d'Autriche, régente, s'y opposa, et défendit à l'abbé de Sairit- •rermain de permettre de nouveaux établissements relig'enx sur son territoire.

Alors UD Sulpicien, appelé Picoté, parvint à déterminer c«tte reine à établir un couvent uniquement chargé du culte perpétuel du Saint-Sacrement, afin de détourner les maux dont la France était affligée. Il fut bientôt informé que les religieuses fugitives, établies dans la rue du Bac, avaient le même but : il les proposa à la reine; et l'abbé de Saint-Germain, d'après les ordres de r^tte princesse, consentit, le 19 mars 1653, à l'établissement du couvent des Filles du Saint-Sacrement.

» genson, dégoûté de madame de Tencin, « devint amoureux d'une petite et jolie no- " vice des Hospitalières du faubourg Faint- '« Marceau, qu'il avait séduite au point de « l'engager à s'évader en lui promettant de * faire sa fortune. La supérieure, qui eut » des avis de ce projet d'évasion, en empêcha « d'abord l'exécution; ce qui mit M. d'Ar- « genson dans une telle colère, qu'il suspen- « dit un bâtiment qu'il avait accordé et fait •« commencer dans ce couvent. La supé- •• rieure, qui aurait alors voulu que la moi- 'f tié de se» filles se fuisent évadées, et que « 86n bâtiment fût fini, trouva moyen d'a- •4 paiser d'Argenson ,en lui abandonnant

- l'objet de ses amours, et le bâtiment fat

- achevé dans la suite. « [Pièces inédites du rèjne d« Louis XIV et de Louis XK, t. II. — Chroniqjies scaudo.lruses, ch. 4, page 67.)

SOUS LOULS XIV tn

I):s lettres patentes furent expédiées et enregistrées en 1654. Ces religieuses furent dabord établies rue Ferou. Ce fut dans la chapelle de ce couvent, dont elle s'ét:iit déclarée fondatrice, qu'Anne d'Autriche, tenant un cierge à la main, vint pour expier solînnpllement les outrages faits au Saint-Sacre nient pendant la guerre civile, guerre dont elle était le principal auteur.

Il était dans l'usage qu'une de ces religieus"s répétât, chaque jour, une scène sembbible; elle venait, la corde au cou, portant à la main une torche allumée, se mettre à genoux devant un poteau dressé à cet effet au milieu du chœur, et faisait amende honorab'e à Dieu de tous les outrages commis contre le Saint-Sacrement.

Ces religieuses, se trouvant trop resserrées dans leur maison de la rue Férou, la quittèrent pour aller en occuper une plus vaste dans la rue Cassette. Elles y entrèrent en 16o9, y restèrent jusqu'en 1790, époque de leur suppression, et leurs bâtiments vendus devinrent propriétés particulières.

Not«e-Dame-adx-Bois, abbaye de l'ordre de Cîteaux, située rue de Sèvres, n^lG, dont l'église est aujourd'hui première succursale "de la paroisse de Saint-Thomasd'Aquin , sous le titre d'ABBAYE-AUX- Bois.

Ce monastère, fondé en 1202, au milieu des bois, dans le diocèse de Noyon, doit son nom à cette situation. Les guerres civiles qui signalèrent la régence d'Anne d'Autriche, les incursions fréquentes des divers partis, le passage des gens de guerre firent crainare aux religieuses de cette abbaye le pillage de leur maison et les insultes brutales des militaires. Elles quittèrent ce séjour dangereux, et, en 1650, se réfugièrent à Compiègne. En 1654 elles achetèrent le monastère abandonuè des Annonciades des dix Vertus, rue de Sèvres; des lettres patentes d'avril 1585 confirmèrent cette acquisition, et y joignirent plusieurs privilèges. Malgré c«s avantages, plusieurs de ces religieuses, poussées par des mol ifs que l'on ignore, quittèrent Paris et retournèrent dans leur ancienne abbaye; elles y firent des réparations; mais un incendie consuma, en

1661 , leur vieille église et les autres bâtiments. Alors cet accident les obligea de revenir à Paris, où elles obtinrent, en 1667, du pape et de leurs supérieurs, It

fï^ HISTOIRE

translation du titre d'abbaye à leur maison de cette ville.

En 1718, ces religieuses firent élever une nouvelle église dont la première pierre fut posée le 8 juin de cette année. Cette maison fut supprimée en 1790; et son église, assez vaste, fut choisie, en 1802, V pour être la première succursale de Saint- • ïbomas-d'Aquin.

/|| Visitation de Sainte-Marie, couvent (; situé à Chaillot, entre les barrières de H Franklin et de Sainte-Marie, et fondé, *| en 1651, par Henriette de France, fille de Henri IV et veuve de Charles 1er, roi d'Angleterre. Les cœurs de cette princesse, de Jacques Stuart II, roi d'Angleterre, de Louise-Marie Stuart, leur fille, furent déposés dans le sanctuaire de l'église.

Cette église fut rebâtie, en 1704, sur Jes dessins de Gabriel, aux frais de Nicolas Frémond et de Geneviève Durand, sa femme. Supprimé en 1790, et devenu propriété particulière, ce couvent fut démoli; et, en 1810, ou jeta, sur son empla-, cernent, les fondements du Palais du roi de Rome, palais que les événements poli- ! tiques n'ont pas permis d'achever. j

FiLLFSDE Sainte-Marie ou de la Vi j Sitation, couvent situé rue du Bac, n» 58. • Geneviève Derval-Pourtel, veuve du comte j d'Enfréville-Cisei, d'après les dernières ! volontés de son époux, passa, le 6 septem- j bre 1657, un contrat de fondation avec! les religieuses de la Visitation du fau- \ bourg Saint-Jacques, contrat approuvé' et homologué, le 24 avril 1658, parles, vicaires-généraux du cardinal de Retz, archevêque de Paris. Des religieuses de ce couvent vinrent en conséquence s'établir, en 1660, dans une maison située rue Montorgueil. S'y trouvant trop resserrées, elles l'abandonnèrent en 1673, et se transportèrent dans la rue du Bac, où elles avaieit fait construire une chapelle et les bâli;i ents nécessaires.

En 1775, elles élevèrent une nouvelle

égli.-e, dont la reine posa la première

piene le 30 octobre de cette année. Le

; sieur Hélin en fut l'archiîecte. On voyait,

J sur le griind autel, i.ne Visitation peinte

' par Pliil ppe de Champagne, Jésus au

jardin des Olives, par Halle, et deux sta-

tues sculpées par Bridan.

% Ce couvent fut supprimé en 1790; l'église doit èlrtf démolie.

Religieuses de Notre-Dame- de-Misé- IICORDE, couvent situé rue du Vieux-Go-

lombier, n» 8. Anne d'Autriche fît venir, en 1649, d'Aix en Provence, quelques religieuses de cet ordre : de ce nombre était la mère Madeleine, laquelle, au milieu des troubles qui agitaient alors Paris, parvint, en 1651, à devenir propriétaire d'une grande maison située rue du Vieux- Colombier. Elle acheta cinq autres petites maisons qu'elle y joignit, et forma une communauté qui fut confirmée par lettres de novembre 1662. Ce couvent se maintint jusqu'en 1790, époque de sa suppression. On a établi depuis, dans ses bâtiments, une loge de francs-maçons.

Religieuses anglaises ou de la Conception, couvent situérue Moreau, n» 10, au coin de la rue de Charenton. Les désordres de la guerre forcèrent ces religieuses à quitter Nieuport où elles étaient établies, et à se réfugier à Paris. En 1658, elles logèrent dans une maison du faubourg Saint-Jacques. Deux ans après, elles acquirent, rue de Charenton, une maison et un jardin ; et leur établissement fut confirmé par lettres de 1670. La première pierre de leur église fut posée le 2 juin 1672. Ce couvent, dont l'abbesse était triennale, avait reçu le nom de Bethléem. Il fut supprimé en 1790. On y a établi, depuis, pour les demoiselles, une école gratuite, dirigée par les ci-devank Filles de la Croix.

Religieuses anglaises, couvent situé rue des Anglaises, no 20. Obligées de quitter leur patrie pour des motifs de religion, elles s'établiient d'abord à Cambrai en 1623 ; de là elles vinrent à Paris, et y occupèrent une maison au faubourg Saint-Germain. Quelques personnes ayant acquis, pour elles, un terrain et une maison au Champ de l'Alouette, faubourg Saint-Jacques, elles s'y rendirent en 1 644. Leur établissement fut autorisé, eu 1656, par l'archevêque, et confirmé, en 1674 et 1676, par lettres patentes du roi.

La principale obligation de ces religieuses était de prit-r constamment pour la conversion des Anglais à la religion catholique. Leurs prières n'ont pas encore été exaucées.

Elles furent supprimées en 1790, et, dans leur maison devenue propriété particulière, on a établi une filature de coton.

Abbaye de Notre-Dame-de-Panthemont, ou DU Verbe incarné, située rue de Greuelle-Saint-Germain, no» 106 et 108.

Cetétablissement.dontlebutétaiti'instruc-

sous LODIS XIV

tion des jeunes filles, fut d'abord formé à Lyon en 1625. Une des fondatrices, la dame de Matel, vint quelques annéesaprès à Paris, et employa divers protecto-urs qui déterminèrent la regenfe, Anne d'Autriche, à autoriser un établissement de cette espèce dans Paris. Bile obtint, en conséquence, des lettres patentes de juin 1643, et acheta une grande maison avec un jardin, dans la rue de Grenelle, maison appelée l'Orangerie: elle y fit tout disposer convenablement: mais'cette dame avait fort mal calculé ses ressources. Les revenus ne suffirent pas aux besoins de la communauté : il fallut avoir recours à des intrigues, à des sollicitations qui ne furent pas sans succès.

Ce fut dans ce couTent que l'on plaça une partie des religieuses appartenant à des couvents que le parlement supprima en i670.

L'église, reconstruite sur les dessins de M. Co^^itant. fut décorée d'un ordre dori-

2ue et d'une coupole sans peinture. Le auphin, père de Louis XVI, en posa la première pierre en 1749.

Supprimée eu 1790. les bâtiments de cette abbaye ont été convertis en caserne et en maison particulière; l'église sert de magasin pour les fournitures militaires.

Notre-Dame-des-Vertus, ou Filles DE Sai.nte- Marguerite, couvent situé rue Saint-Bernard, faubourg Saint-Antoine, et fonde pour l'instruction des jeunes filles, par quelques dames pieuses qui, en 1679, firent venir d'Aubervilliers, nommé aussi Notre- Dame -des- Vertus, quelques sœurs de la communauté établie dans ce %iliage, et !es placèrent dans une maison rue de Basfroi. En 1681, le curé de Saint-Paul, voulant procurer plus d'extension à cet établissement, lui fit don d'une maison (juil possédait rue Saint- Bernard. Elles s y transportèrent en 168o. Mais après la mort de ce curé elles éprouvèrent des difficultés de la part de ses héritiers qui, en 1690, firent vendre ia maison. Le sieur de Biaguelonque, conseiller a la Cour des aides, acheta cette maison, et en fit don a la communauté; il y joignit une rente pour l'entretien de sept soeurs. Cette communauté fut supprimée en 1790.

Filles de l'Instruction chrétienne, rue du Pot-de-Fer, no 17. Marie de Gournay et David Rousseau, un des marchands de vin du roi, fondèrent cette com-

munauté dont le but était l'instruction des jeunes filles : elle fut pprouvée par lettres patentes de septembre 1657. Elle était établie rue du Gindre, dans une maison donnée par un des fondateurs, et j est demeurée jusqu'en 1738, époque ou elle fut transférée rue du Pot-de-Fer, dans une maison plus vaste et plus commode.

Cette maison était gouvernée par unt maîtresse qui prit d'abord le titre de sœur aînée, et dans la suite celui de sœur première.

Cette communauté fut supprimée en 1790, et ses bâtiments, depuis 1802, ont été occupés par le séminaire de Sainl- Sulpice.

Les Religieuses de la Présentation- Notre-Dame, ou Bénédictines m.tigées, aujourd'hui pharmacie de TadrainistratiOD centrale des hospices et hôpitaux civils de Paris, couvent situe rue des Postes, n^^ 34, et 36, fondé en 1649 par Marie Courtio, veuve du sieur Billard de Carrouge. On y établit quatre bénédictines, dont Catherine Bachelier, nièce de la fondatrice, fui nommée prieure. Ces quatre bénédictines vivaient en si mauvaise intelligence avec leur prieure, que l'archevêque de Paris, après avoir employé les moyens de persuasion, se vit forcé de séparer la prieure de ses religieuses : cette séparation s'effectu» le 9 décembre 1650.

La prieure et une de ses compagnes s'établirent dans une maison de la rut d'Orléans, faubourg Saint-Marcel. Sa tante lui fit de nouvelles donations; alors elle pat établir une autre communauté.

Elle obtint, au mois de décembre 1656, des lettres patentes, renouvelées en février et enregistrées le 1 2 février 1 667 qui autorisèrent sa nouvelle communauté.

En 1671, elle acheta une maison plus vaste et plus commode, rue des Postes.

Cette communauté fut du nombre d« celles a qui le roi accorda une loterie pour subvenir a leurs besoins , elle fut supprimée en 1790, devint propriété particulière, et ses bâtiments ont depuis été occupés par l'institution de M. Parmentier.

MiRAMIONNES, OU FiLLES DE Sai.NTB-

Geneviève, cousent situé rue de la Tournelle, r.» 5, au coin du quai de la Tournelie. Il doit son origine à la réunion do deux communautés qui se formèrent presque en même temps.

La première communauté fut établi»

en 1636 par mademoiselle Blosset qui s'associa quelques filles dévotes, sans exi ger de clôture, de vœux, ni d'habillements particuliers. Elles tenaient de petites écoles, visitaient les n.alades, et enseignaient les pensionnaires qu'on leur confiait : elles demeuraient dans une maison de la rue des FosséS-Saint-Viclor, au coin de celle des Boulangers, et portaient le titre de Filles de Sainte-Geneviève. En 4661, l'archevêque approuva cette communauté.

La seconde communauté fut formée par Marie Bonneau, veuve du sieur Beauharnais de Miramion, conseiller au parlement. En 1661, elle rassembla, dans la maison qu'elle occupait rue Saint-Antoine, six filles chargées d'instruire les enfants et de panser les malades. Elle donna à son établissement le nom de Sainte-Famille, et le transféra dans une maison qu'elle vint habiter près de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Un nommé Feret, supérieur des deux communautés, imagina de les réunir et de n'en faire qu'une seule : cette réunion fut consentie le 14 août 1665, et revêtue de toutes les formes légales.

Cette communauté n'était logée que dans des maisons tenues à loyer, lorsqu'en 1 691 elle acheta la maison que le sieur de Nesmon, évèque de Baveux, possédait sur le quai de la Tournelle: puis en 1693 une autre maison conliguë;€[ifin, la veuve Miramion agrandit l'emplacement de cette communauté, en lui faisant don de deux autres maisons situées auprès et sur le quai de la Tournelle.

Cet établissement ayant reçu une aussi grande consistance fut de nouveau confirmé par lettres patentes du mois d'août ^693, enregistrées dans la même année.

Celte maison fut supprimée en 1790, et ses bâtiments servent aujourd'hui à la pharmacie de l'administration centrale des hospices et hôpitaux civils de Paris.

Saime-Pélagie, communauté religieuse et aujourd'hui prison, située rue de la Clef, no 14. La veuve de Miramion dont il est parlé dans l'article précèdent, femme très zélée, croyait pouvoir remédier aux effets des vices de la société sans s'occuper de leurs causes : autorisée par les magistrats, elle avait réuni six ou sept filles débauchées dans une maison particulière du faubourg Saint-Antoine. Encouragée par le succès de cette tentative, elle imagina

d'agrandir son plan, et de former une maison publique de détention pour les femmes débauchées. Plusieurs dames pieuses la secondèrent dans ce projet. Des sommes assez considérables furent fournies pour son exécution; et Iç roi en 1665 donna des lettres patentes tendant à établir un lieu de refuge dans les bâtiments dépendants de la m.aison dite la Pitié, et le soumit à l'administration de l'hôpital général.

La veuve Miramion s'aperçut que ces filles ne se convertissaient point ; que les murailles et les verrous de la prison pouvaient bien les empêcher de provoquer les hommes à la débauche, mais non changer leur naturel. Cette dame, qui ne connaissait point le vers d'Horace,

Naturam «xpellas furcâ^ tamen utque recurret.

fut étonnée de l'inefficacité du remède, et prit le parti de l'e-sayer sur des sujets moins incurables. Elle établit dans la même maison, mais dans des lieux séparés, des femmes qui, dégoûtées du libertinage, étaient disposées à sacrifier librement leurs habitudes à l'espoir d'une existence assurée et d'une vie plus tranquille.

Ce second établissement reçut le nom de Sainte-Pélagie ou de Filles de bonne volonté. Le nombre de ces filles s'étant accru, on les transféra au faubourg Saint- Germain, dans une maison qu'avaient occupée les Filles de la Mère de Dieu ; mais peu de temps après, à la prière des administrateurs, elles retournèrent dans leur première demeure. Cet établissement fut confirméparlettrespatentesdejuillet1691.

La police y faisait quelquefois enfermer des femmes coupables de délits étrangers au libertinage.

Depuis la révolution , cette maison est devenue prison publique. J'en parlerai ailleurs.

Religieuses de Notre-Dame-de-Bon- Secours, prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, situé rue de Gharonne, n® 95. La dame Claude de Bouchavanne, veuve du sieur Vignier, avait obtenu dès l'an 1646 la permission d'établir un couvent à Paris. Elle fit en conséquence, le 12 septembre 1647, l'acquisition d'une maison située rue de Charonne ; et ayant obtenu les au^ lorisations nécessaires, elle y plaça en 1 648 Madeleine-Emmanueilede Bouchavanne, sa

SODS LOUF!?

^03ur, reliaieuse au monastère de Notre- Dame de Soi-sons , en qualité de prieure. Cette dame s'y rendit avec deux religieuses de son couvent. Tel fut le noyau de cet établissement qui ne fut approuvé qu'en 1667 par lettres patentes, enregistrées le 16 mai 1670.

repares,

agrcn !is vers les années 4770 et 1780, sur les dessins du sieur Louis.

Ce couvent fut le théâtre dé plusieurs scènes galantes ; on ne s'en étonnera point quand on saura qu'il était devenu l'asile de> jeunes ^emmes séparées de leurs maris. Un mousquetaire y allait souvent visiter deux de ses parentes. Il y vit une demoiselle connue sous le nom de Mimi, et en devint amoureux. Cette fille, qui de maîtresse du duc de Choiseul était, dit-on, passée au Parc-aux-Cerfs, et avait épousé ensuite un Américain, appelé Dupin, qui l'Hvait délaissée quelques jours après son miriage, consentit, ainsi qu'une autre pensionnaire, à escalader pendant la nuit les murs du couvent, et à se rendre auprès de son amant dans une maison voisine. L'abbesse, soupçonneuse ou jalouse, découvrit toute l'intrigue. Les pensionnair»^s galantes sortirent du couvenl, et le mousquetaire, nommé de La Porquerie, fut envoyé prisonnier à Virceones.

Ce prieuré fut supprimé en 1790. Les bâtiments sont occupés par une filature de colon.

COMiîUNAUTÉ DE SaINTE -GENEVIÈVE ,

Mfuee rue de Clovis. C'était une école de

tuée rue d'OcJéans-Saint-Marcel, no H. Elle avait le même objet que la communauté mentionnée à l'article précédent; elle fut établie, en 1656, sur une partie du Petit-Séjour d'Orléans, et supprimée en 1790. Ses bâtiments sont aujourd'hui occupés par un maître de pension.

Filles de la Congrégation de la Croix, communauté située rue des Barres, no 14. Les obligations de ces filles étaient les mêmes que celles des communautés dont on vient de parler. Elles s'établirent à Paris en 166i. Supprimées ea 4790, leur bâtiment a été converti en une maison particulière.

Abbaye de Sainte-Geneviève ou db Sainte-Perrine, située à l'entrée de la grande rue de Challlot, du côté de lavenue de Neuilly. Des religieuses, chanoinesses de Sainte-Geneviève, de l'ordre de Saint-Augustin, établies en 1638 à Nanterre, furent transférées à Chaillot en 1639, translation au'orisée par lettres patentes de juillet 4661. Cette abbaye de Sa nte-Geneviève portait aussi le nom do Notre-Dame-de-Ia-Paix; mais elle renonça à cette dernière dénomination en 1746, époque où l'on réunit à ce couvent les dames de l'abbaye de Sainte-Perrine de la Villette. Ce dernier nom a prévalu.

Ce monastère fat supprimé en 1790.

Vers l'an 4 806 on y a établi l'institutioa des Vieillards des deux sexes qui paient une pension ou une somme fixe pour leur admission.

Religieuses de la Madeleine d6

ité. destinée aux jeunes filles, établie I Trainel. couvent situé rue de Cha-

tG70 par le sieur Beurrier, cure de ! ronne, n» 88 , il fut fondé d'abord au lieit

.-<ciiit-Etiv'nne-du-Mont. Cet établissement | du Trainel, en Champagne, vers le milieu

fut^ autorisé par lettres patentes d'avril ' du douzième siècle. Les religieuses, pour

1677. éviter les m^^lheurs de la guerre, se reti-

Supprimeeen 4790, les bâtiments sont rèrent, en 4 630, à Melun. Ne s'y trou-

oc<:upés par le collège de Henri IV. vant pas en sûreté, en 4 652, époque de

Filles de la Crois., communauté si- discordes civiles, el'es vinrent chercher un

tu.-p cul-de-sac Guémené, no 4, 8® arron- asile à Paris, où elles demeurèrent dans

•ment, quartier du Marais, fondée | une maison particulière. En 4 634, elles

1 640, à Bric-Comte-Robert, par Marie

Lhuillier, veuve de Claude Marcel. Cette

fondatrice, avec une partie de ses religieuses, vint à Paris, et y acheta, en 1643, une portion de l'hôtel des Tournelles, où elle s'établit. Ces filles s'occupaient de 1 instruction des jeunes personnes de leur sexe. Cette maison, supprimée en 4790, devenue propriété particulière, est occupée par Qoe filature de '^ofon.

achetèrent ur; grande maison et un jardin situés ful: Je Charonne, oublies firent construire une chapelle et un bàtimentconvenable, dont Anne d'Autriche posa b première pierre.

M. d'Argenson, pendant qu'il était lieutenant de police, accordait sa protectioa à plusieurs couvents de religieases, protection corruptrice, et dont j'ai d jà eu occasion de parler. Ce magistrat, qui mit

Filles de la CRdtx, communauté si- ! tant d'ordre dans la police de Paris, et

t82 HISTOIRE

tact de désordre dans les couverts de cette viile. plaçii dans celui-ci une de ses maîtresses nommée Husson, qui y fut d'abord très considérée, parce qu'elle obtint du magistrat une loterie -dont les produits devaient servir aux frais de diverses constructions entreprises dans le couvent, et des toiles peintes ou indiennes confisquées, qui servaient à l'ameublement de la supérieure.

Celle-ci , encore jeune, fraîche et d'un embonpoint agréable, supplanta la demoiselle Husson , et s'empara entièrement du cœur du magistrat, qu'elle conserva par des complaisances et des moyens qui paraîtront étranges à ceux qui ne savent pas que la robe du magistrat, les «grilles et la discipline des couvents sont de faibles digues contre les irassions humaines. Le sieur dArgenson figurait au milieu des religieuses de Sainte-Madeleinedu-Trainel comme un sultan au milieu de son sérail.

« Les preuves d'amour de cette supéc rieure furent d'un genre distingué, di- « sent les mémoires qui me fournissent « cette anecdote; elle commença par faire « bâtir dans l'église de la Madeleine une « chapelle dédiée à saint Marc (saint He- « née), patron de M. d'Argenson ; ensuite « on y construisit une espèce de tombeau « où devait être dé[)0sé, après sa mort, « un cœur qui, pendant sa vie, avait si « fort chéri le couvent. On peut dire qu'il « s'y enterra de son vivant en 1718 ; car, « ayant été fait garde des sceaux et chef « des finances, on vit ce gf-ave magistrat, « qui réunissait les/onctio'.s les plus au- « .justes de la magistrature, puisque alors « le chancelier était exilé, se retirer tous « les soirs dans le couvent, où il s'était « fait bâtir un appartement qui commu-

• niquait à celui de sa favoiite, qui ne « lui plaisait plus a. ors exclusivement, à

* cause de plusieurs autres que la com- « plaisante .supérieure lui procurait pour « le délasser de ses travaux. En arrivant, « il se couchait. Alors la supérieure et ses « compagnes frottaient avec de l'eau-de- « vie les pieds de monseigneur le garde « des sceaux, elc .. Ensuite les houris « qui environnaient son ht lisaient les € pldcets dont ses poches étaient pleines. « C'était alors que les affaires auxquelles « s'intéressait la supérieure s'expédiaient < selon ses désirs. C'était aussi à elle « que l'on s'adressait ; et en vérité elle

« vendait les grâces à juste prix (1). »

M. d'Argenson augm.enta les bâtiments et les revenus de ce couvent, fil décorer l'église; et, suivant ses dernières volontés, son cœur fut déposé dans la chapelle de Saint-Renée.

Dans la suite, la duchesse d'Orléans, qui avait fixé son séjour dans cette maison, y fit construire plusieurs vastes bâti ments.

Ce couvent, supprimé en 1790, devint propriété particulière; il est maintenant occupé par une filature de coton.

Filles du Saint Sacremist, couvent situ' rue Saint-Louis au Marais, entre les no» 50 et 52. La guerre força ces religieuses à quitter la \ilte de 'î'oul, où elles étaient établies, et à venir, en 1674, à Paris, où elles furent accueillies dans la maison de leur ordre, située rue Cassette ; de là, elles occupèrent, dans la rue des Jeûneurs, la maison que venaient de quitter les religieuses dé la Congrégation de Notre-Dame. Cette maison étant vendue en 1680, ces religieuses cherchèrent asile ailleurs. Après quelques déplacements, la duchesse d'Aiguillon ayant cédé la terre et châtellenie de Pontoise au cardinal de Bouillon, celui-ci lui donna en «^change son hôtel, situé rue Sainl-Louis, au Marais. Cette duchesse ie céda à ces religieuses, qui le firent accommoder en monastère. Elles en prirent possession le 1 6 septembre 1684. Ces religieuses étaient tenues à l'adoration perpétuelle du saint sacrement de l'autel. Ce couvent, supprimé en 1790, est devenu propriété particulière; et son église est aujourd'hui la troisième succursale de la paroisse de Saint-Merry, septième arrondissement.

Bon-Pasteur , couvent de filles, situ^ rue du Cherche-Midi, n" 36. Marie-Madeleine de Ciz, veuve du sieur Adrien dd; Combé, prolestante convertie, commença cet établissement, en retirant chez ei" quelques filles débauchées et repentant Louis XIV l'encouragea et l'autorisa , lui attribuant une maison conlisquée s\a^

(1) Pièces inédiles sous les règnes dt Louis XIV et de Louis XV, tom. II, p. 79 et suiv.

J'ai cité cette anecdote, en y supprimant les traits les plu» scandaleux, pour prouver que la règle des couvents ne garantit pw toujours la ré^jularité des mœurs, et qn« l'utilité de ces in8titucft>ii8 est fort incertaine.

sors LOUIS xiv

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un protestant, et une somme de 1,500 livres pour la réparer. Plusieurs personnes pieuses firent du bien à celte communauté, qui, enrichie, agrandie et confirmée par lettres patentes du mois de juin 1698, prit de la consistance. Elle était composée de deux espèces de personnes : de filles sa^es «t de filles qui travaillaient à le devenir.

Cette maison, supprimée en 1790, est aujourd'hui un entrepôt de subsistances militaires.

Filles DE Sainte- Valère, communauté située à rextrrmite occidentale de la rue de Grenelle-Saiot-Germain, n^ 142, aujourd'hui TROISIÈME SIXCURSALE DE LA

PARC ssE DR Saint- Thomas-d'Aquin. Le père Daure, dominicain, eut une grande part à cet établissement. Le 30 avril 1704, on acheta, dans la rue de Grenelle, un terrain sur lequel furent bâtis une chapelle et les bâtiments nécessaire. On y plaça, en 1706, des filles pénitentes, c'està-dire des filles débauchées, pauvres ou converties.

Celte communauté fut supprimée en 4790; et son église, conservée, fut, eu 1802, érigée en succursale de la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin.

Filles de Saint -Thomas-de-Ville- NECVE, communauté située rue de Sèvres, no 27, établie à Paris au mois d'août 4700, par les soins et la générosité de Jeanne de Sauvaget, dame de Villeneuve, qui acheta une maison, et en fit cession aux filles de Saint-Thomas. Ces fillso étaient des hospitalières suivant la règle de saint Augustin. Elles avaient pour supérieur général le curé de Saint-Salpice, et dirigeaient an hospice situé rue Copeau, ainsi que la maison de l'Enfant-Jesus.

Cette communauté fut supprimée en 1790.

Filles de Sainte-Agathe od du Silence, communauté située rue de l'Arbalète, en face du couvent des tilles de la Providence. Elles s'établirent d'abord, en 4697, dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève, et en 1698 au village de la Chapelle. Elles revinrent à Paris, et se placèrent à l'hôpital de Sa in te- Va 1ère, rue de rOursine; elles le quittèrent enfin pour se fti^r dans deux maisons contiguës qu'elles aii^îtent en 1700. Celte communauté fut, en 1733, supprimée par l'archevêque de Paris : leur maison, vendue, a été ensuite occupée par une pension.

Je pourrais grossir la notice, déjà trop ample, des établissements de conamimau-

tés de filles, fondés sous le règne de Louis XIV; y ajouter celles qui furent destinées à l'instruction des enfants, à soigner les malades dans chaque paroissç; y ajouter celles qui, formées par des personnes imprévoyantes et comptant trop sur les faveurs de la fortune, sur la dévotion et la libéralité des riches, achetaient des maisons, des jardins, des meubles qu'elles ne pouvaient payer; empruntaient pour se loger et pour vivre, et n'offraient aucune garantie. Ces communautés, uniquement fondées sur de vaines espérances, ou n'étant autorisées que par de simples permissions, n'ont eu qu'une existence misérable et transitoire, et ont fini par être supprimées. Les filles de Sainte-Agathe, dont je viens de parler, ne furent pas les seules qui éprouvèrent ce sort.

Le 2 janvier 1670, le parlement, instruit que, parmi ce nombre exorbitant de maisons religieuses, il s'en trouvait plusieurs dont l'existence n'était pas légale, nomma des commissaires pour examiner les titres de ces maisons. D'après le rapport de ces commissaires, le parlennent, par arrêt du 17 juin, supprima les maisons et communautés de la Mère Ursule, de la Mère Maillard, de l'Annonciation, de la Dame Cossard, de l'Hospice de Charonne, au faubourg Saint-Germain ; des Bénédictines de la Consolation, et des Filles Sainie-Anne, au faubourg Saint-Marcel.

On renvoya la plus grande partie des religieuses de ces communautés dans les couvents où elles avaient fait profession : et les autres, au nombre de vingt, furent réuniesdansle monastère du Verbe Incarné.

Le parlement, par arrêt du 14 janvier 1081, supprima aussi les religieuses Bernardioes de Charonne. Elles avaient été fondées et dotées, en 1644, par la duchesse d Orléans, qui avait acquis pour elles la terre de Charonne. Leurs dettes se montaient à plus de 100,01 3 livres; et, lorsque l'archevêque confia le scinde leur maison à une supérieure, les religieuses ne voulurent pas la reconnaître, et obtinrent un bref du pape qui les autorisait à en nommer une autre, ce qu'elles firent. Leurs dettes exorbitantes et leur révolte contre l'autorité déterminèrent leur suppression.

Les Filles de la Crèche , communauté située rue du Puits-l'Ermite, établies vers l'an i6o6, furent supprimées, en 1702, par le cardinal de Noailles.

Remarquons que les couvents et com-

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nmnautés des deux sexes, établis sous le règne de Louis XIV, le furent presque tous dans la partie méridionale de Paris, au sud du cours de la Seine.

IV, Établissements religieux et séculiers.

Église de Saint-Sulpice, située entre la place de ce nom et les rues Palatine, des Aveugles et Garancière. Cette église paroissiale, sous le patronage de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, existait eu cette dernière qualité avant l'an 1211. Dans un accord fait en cette année entre l'évoque de Paris, l'abbé de Sainte-Geneviève et celui de Saint-Germain, l'église de Saint- Sulpice est mentionnée ainsi que son curé. Ce prêtre était tenu de desservir la chapelle de Saint-Pierre, près de laquelle fut dans la suite établi l'hôpital de la Charité.

Au seizième siècle, la population du faubourg, Saint-Germain croissant toujours, l'étendue de l'église Saint-Sulpice, principale paroisse de ce faubourg, devint msuffisante. Sous le règne de Louis XII et de François I^r, on y ajouta une nef, et, en 1614, six chapelles latérales; mais ces additions ne lui procuraient pas les dimensions nécessaires. On tint plusieurs assemblées de paroisse, où furent longuement discutés les moyens de mettre l'étendue de l'église en proportion avec la population. Dans une de ces assemblées, tenue en 1643, il fut arrêté qu'un nouvel édifice seraitconstruit. Les personnes riches

{)romirent de venir au secours des marguiliers de la paroisse. Ces marguilliers chargèrent de cette construction un architecte peu COI nu, nommé Grînw.t; qui fournit les

dessins, et en commença l'exécution en 1646. Leduc d'Orléans* Gaston, en posa la première pierre. Pendant neuf années consécutives, les constructions se continuèrent d'après les dessins adoptés. Plusieurs parties de l'édifice étaient presque achevées, lorsqu'on s'aperçut, un peu tard, que le plan de ce bâtiment n'était pas encore d'une étendue suffisante.

Alors on chargea Louis Leveau de fournir les dessins d'une église plus vaste, et l'on recommença presque entièrement l'édifice. Le 20 février 1653, la reine Anne d'Autriche vint solennellement en poser te première pierre.

Peu de temps après mourut l'architecte Leveau. Les marguilliers confièrent la continuation des travaux à Daniel Guittard.

Ce nouvel architecte voulut réformer quelques parties du plan de son prédécesseur, et notamment reconstruire la chapelle de la Vierge, dont il blâmait la forme; mais comme celte chapelle, qui avait coûté des sommes considérables, se trouvait élevée jusqu'à la corniche, les marguilliers ne voulurent point consentir à sa démoUtion, et la firent continuer d'après les d^sins de Leveau.

Dix-huit années furent employées à U construction du chœur et de ses bas-côtés. Cette partie étant achevée en 1672, on continua pendant les années suivantes la construction de la croisée : mais, en 1678, les travaux furent suspendus par défaut de finances : les marguilliers avaient contracté pour plus de cinq cent mille livres de dettes : alors ou eut recours aux re»sources et aux intrigues.

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PAR DILAURE

Nouvelle Édition

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