RLE DU CLOÎTRE-NOTRE-DAME
PUYSIQUK, CIVILE ET MOHALE
PAR DULAURE
PÉRIODH: Xlll (Suite).
Le curéetlesmarguillifrspr>sjnlèrent, main-dcs-Prés, jouissant d'i droit de pa peu de temps après, une req lète au roi, par laquelle ils deman laient des secours.
lui exposaient que l'abbaye de Sainl-Ger-
lron;ige, des dî ims et des droits S-'igneuriaux de toute la paroisse, devait cor>tribuer à cette construction; quj, la vieilW
Placft Royale.
église étant démolie et la nouvelle non encore achevée, on n'y pouvoit cclébn r le strvice divin. Ils demandaient, en outre,
iV DULAURE
qu'il leur fût permis d'a~sembler les paroissiens, pour qu'ils dt'l bérjssent sur fcs moyens propres a s'acquitter de leurs det-
tes, qui se montent, disaient-ils, à plus de cinq cent mille livres; et que, bien loin d'avoir les fonds suffisants pour continuer l'entreprise, ilsn'ont] as même, ajoulaientils, da quoi payer es intérêts des sommes qu'ils ont emiTuntées : cet exposé était faux, comme on le verra.
Le conseil du roi nomma, en 1683, le sieur Camus, pour aviser aux moyens de pourvoir à ces demandes. On s'assembla, on discuta, on perdit beaucoup de temps en délibéraUons. Le 4 mai 1688, le roi donna commission aux sieurs Bignon, de LaKevnie, de Ribeire, conseillers d'Etat, et de La Briffe, maître des requêtes, d'arrêter, en présence des marguilliers et des quatre principaux créanciers de Saint- Sulpice, un état des dettes et des biens de celte église. Ces commissaires trouvèrent, que les dettes passaient la somme de 672.924 livres, que les biens ne se montaient qu'à 143,013 livres, et quM restait dû 529,911 livres.
Alors, les commissaires, qui soupçonnaient de l'infidélité dans les comptes, dé-
lara
lions, ou pièces produites par les mar-
guilliers, obtinrent, le 4 jan\ier 1689, un arrêt qui oblige l'abbayede Saint-Germaindes-Présà payer le sixième du principal de la dette, et ordonne que les autres cinq sixièmes soient imposés sur les propriétaires de maisons et héritages du faubourg Saint-Germain, dans chacun desneufquartiers de ce f .ubourg. En même temps, cet jrrêt permet aux habitants de ce faubourg et à léconome de l'abbaye de S.:int-Germain de faire la recherche des sommes dues à la fabrique de l'église deSaint-Sulpice, et des effets recelés; enfin, lui prescrit de vérifier les comptes des marguilliers.
Il paraît que lesmargu lliers refusèrent la communication de leurs comptes, j uisque, lel 4 décembre suivant, un arrêt ordonne express jraeut à ces m uguilliers de communiquer leurs registres : il y eut à ce sujet plusieurs arrêts, plusieurs oppositions.
Les syndics des habitants firent, pendant le cours de plus d'une année, des recherches sur les biens de la fabrique de SaintSulpice. Ils découvrirent que les marguilliers et le curé avaient fait de fausses déclarai ions de leurs biens, et soustrait 1 la connaissance des commissaires et des syndics des habitants du faubourg pli^ de huit CLUt mille livres de biens; lesquels.
HlSTOmE DE PARIS
neuf cent deux livres de biens reconnus, sont plus que suffisants, disent-ils dans leur requête présentée au conseil du roi, pour payer les créanciers de cette église, et pour continuer la construction de son bâtiment, sans avoir besoin de recourir à des taxe> sur les habitants du faubourg. Enfin, ils disent et offrent de prouver que le curé, les marguilliers et quelques prêtres de Saint-Sul vice se sont rendus coupables de graves infidélités et de malversations de plusieurs genres. Ils divi-cnt leurs chefs d'acci^sation en plusieurs articles, et tous attaquent fortement la moralité des miarguilliers : je ne citerai que le quatrième, à cause d'ui.e particularité qu'.l contient.,
« En quatrième lieu, que les deniers de « ladite fabrique, destinés pour ledit bà- « timent, ont été divertis à d'autres usa- « ges, comme pour faire les nivelnge et t jonction des deux mers, que le curé et « les marguilliers voulaient entreprendre, « suivant les mémoires, par lesquels il « paraît qu'ils y ont employé dz-s sommes « considérables (1). »
Ou voit, par cet article, que le curé et les marguilliers avaient fait une spéculation financière dans l'entreprise du canal de Languedoc; entreprise dont le public fournissait les fond», et dont l'avidité des marguilliers et du curé devait recueillir les fruit-.
Cette affaire, qui déchire un peu le voile d'hypocrisie sous lequel plusieurs membres du clergé cachaient leur conduite intérieure, offre un tissu d'abus de confiance, de séduction, de fourberies, qui, dans un état où de bonnes lois seraient en vigueur, auraient conduit ses auteurs à Bicêlre ou dans les bagnes. Mais les e'froyables persécutions que Louis XIV venait d'exercer et exerçait encore contre les protestants, offi aient des circonstances peu favorables à la poursuite des coupables. Donner quelques satisfactions à ces religionnaires et des torts à leurs persécuteurs, ceùt été leur fournir des armes. L'affaire fut assoupie : on ne fit aucune poursuite; on ne leva plus de taxes sur les habitants du faubourg; les travaux de l'église de Saint- Sulpice "restèrent suspendus, et ne furent repris que quarante-trois ans après. i
joints a sept cent quarante-deux raille l col. 292, 293
(1) Histoire de Paris, par Félihien, t. IV, second- volume des pièces just flcatives,
sous
Ud nouveau curé de Saint-Sulpice, lo 1 sieur Langnet de Gerav, montra, pour la continiialion de son étjlise el pour sou ernbellis.>ement, un zèle, une ardeur qui allaient même jusqu'à l'impuiienct'. Il flaltiiit la vanité des plus riches bienfaiteurs, en leur arcordanl 1 honneur de po-er la premiè.e pierre de chaque porte, de chaque chapelle, de chaque pilier.
En 1718, on s'occupa de la continuation de rédiHce, sous la direction de l'archilecle Oppenord. Le curé Languet, à force de quêles et de soUicitalions, à force de pressurer les bour es et d'épuiser les libéralités de ses paroissiens, se procura des fonds considérables. En 1721, il obtint une loterie. Les profits de cette institution immorale contribu rent beaucoup à l'achèvement de cette éi;lise, dont la nef fut entièrement construite en 1-736. Le portail, fondé en 1733, fut élevé sur les dessins de Scrvandoni. Cet habile architecte a laissé, dans cette composition. un monument de son talent, de la pureté de son goût, de sa belle imagination, el des i reuves incontestables de sa supériorité sur les architectes qui, avant lui, avaient travaillé à l'édifice de Saiut-Sulpice. Ce portail fut, en grande partie, achevé en 174o: les ,tou:S et quelques autres accessoires se terminèrent plus tard. Le 30 juin de cette année, l'église fut consacrée par les prebts qui tenaient l'assemblée du clergé, et dédiée sous l'invocation de la Sainte-Vierge, de Saint-Pierre et de Saint-Sul; ice.
La beauté de ce portail, son caractère sim; le, mâle et imposant, résulte de la continuité des lignes sans ressaut et de l'heureuse harmonie qui règne dans toutes ses parties : qualités d'autant plus remarquables qu'alors l'architecture, comme presque tous les autres arts, était tombée dans un état de barbarie.
Ce portail est long de 384 pieds : il se compose de deux ordonnances, le dorique et l'ionique. Aux deux extrémités, et sur la même ligne, sont deux corps de bâtiments carres, qui servent de base à deux tours ou campanilles, qui ont 210 pieds d'élévation, 6 pieds de plus que les tours de Notre-Dame.
Il faut des cloches et des clochers aux églises, et ce besoin est toujours l'écueil ou vont échouer les architectes modernes. Servandoni ne fut pas heureux dans la
(77, M. Chalgrin f'^t chargé de la
composition de ces tours. Il les avait fai
LOUIS XiV 3
tes moins élevées qu'elles ne le sont aujourd'hui; elles n'avaient qu'une ordonnance. Les paroissiens zélés mettaient beaucoup d'importance dans la hauteur des clochers. G'titait pour eux nnc gloire d'avoir une église dont les cloches surpassassent en grosseur et en élévation ct'lles des autres églises. Ils voulaient que toutes les oreilles, sans distinction, fussent frappées par le tintamarre de la sonnerie. En conséquence les marguilliers et le curé jugèrent qu'il fallait reconstruire ces tours t'rop basses. Un architecte médiocre en talent fut chargé de cet ouvrage. Il fit exécuter, en 1749, deux tours, dont la première ordonnance, élevée sur un plan quadrangulaire, était octogone, et la seconde circu aire. Celle qui existe à l'angle méridional de cette façade, et dont les scu'ptures sont encore à faire, est l'oavrage de cet architecte : on peut en juger. On décida que les deux tours disparates étaient à reconstruire sur un dessin uniforme.
En \i reconstruction de ces tours : il s'occupa de rebâtir celle qui s'élève au nord de la façade. Il la composa de deux ordonnances, Tune sur un plan quadran.::ulaire, et l'autre, plus élevée, sur un plan circulaire, quoiqu'elle repose sur un socle carré; de sorte qu'elle s'accorde un peu mieux que les précédentes avec le dessin de l'ensemble de la façade. Elle est, d'ailleurs, plus élevée, d'une plus riche composition que la tour du sud, qui n'a pas été reconstruite, et qui, sans doute, ne le sera jamais.
Servandoni avait placé entre ces deux tours un large fronton qui couronnait ses ordonnances. En 1770, le tonnerre, qui ne respecte guère les églises, à cause de leur élévation, tomba sur ce fronton et le dégrada : ou le remplaça par une balustrade.
On ne peut disconvenir que les deux tours de ce portail ne nuisent à la beauté de son ensemble : elles lui donnent un caractère étrange, l'écartcnt de la forme pyramidale, la plus belle et la plus en usage, et laissent entre elles un vide qui fait désirer quelque chose; enfin, en ne considérant que les masses, elles ressemblent aux jambages d'un meuble renversé.
Aux extrémiiés du portail et à l'aplomb des tours, sont, au rez-de-chaussée, deux chapelles : l'une est un baptistère,
l nVgTOÎRE
et l'autre le sinctuaire du Viatique. Chacune Q^i ornée de quatre statues allégoriques, sculptées parBoisot et Mouchi. Les fonts baptismaux, exécutt s d'après les dessins de Chaliirin, ^ont précieux par leur matière, élégants par leur forme.
La totalité de la longueur de cet édifice, depuis la première marche de la façade principale jusqu'à l'extrémité de la chapere de la Vierge, a 72 toises hors d'œuvre; sa hauteur, depuis le pavé jusqu'à la voûte, esL de 99 pieds.
Les portes latérales de cette église offrent, à l'extérieur, des niches où sont placées des statues de saints qui ont 9 pieds et demi de proportion ; elles sont l'ouvrage de François Dumont.
Le chœur, entièrement construit sur les dessins de Guitlard, a 89 pieds de longueur : il est enlouré de sept arcades, dont les pieds droits sont ornés de pilastres corinthiens : cette ordonnance est aussi celle de la nef.
L'autel (rincipal, placé à l'entrée du chœur, est d'un bon elfet. Le 21 août 1732, on eu posa la première pierre asec beaucoup de cénmonie.
La cl apclle de la Vierge, située au rond-poinl de l'église, est un objet de curiosité, couime tour de force architectural. La coupole, peinte à fresque, par Lemoiiie, repreten;e rAs>om|tion de la Vitrge.
Ce. te peinture, endommagée lors de lincendiC qui, en 1763, consuma la foire Saint-Geimain, fut réi^rée par Callet. A.u fond de la chapelle est udc niche ajoutée à la ccn.-tructicn, et qui fait sailhe du côté de la rue Garancière; elle est supportée par une trompe dont la coupe de* pierres tst digne des regards des curieux. Dans cette niche, as.'^ez vaste, est un groupe dont la principale figure représente la Vierge tenant l'enfant Jésus : ce groupe est éc.airé par un jour céleste, jour dont on voit l'effet sans voir l'ouveiture par biquelle il pénètre. Cette chapielle a tté pncieusement décorée par Serxandoni.
Elle ne lut tntièrcmcnt terminée qu'à la fin de 1777.
A droKe, dans la chapelle de Saint- Maurice, M. Vinchon, aidé par M. de George, a peint en 4822, à fresque et par un précédé nouveau, sur les deux parties latérales et sur le j.lafond, des tableaux doni voici le ^ujel : Sami Maurice et la légion Ihcbaine qu'il commandait r<. fusèrent d'obéir à l'empereur Maximien, qui
nE PARTS
ûr>ionnait à cette légion, coniposée de chrétiens, d'aller combattre les chrétiens de Genève. Celte désobéissance fut cruellement pun've. Ce génie de peiuti re, à peu près nouveau à Pari«, a excité la curiosité des amateurs.
On voit dans deux chapelles, h gauche en entrant, des tableaux de l'école moderne.
Les bénitiers de cette église sont curieux; ceux qui se trouvent du côé de la principale entrée of rent deux coquilles appartenant à un poisson appelé la Tuilée, très remarquables par leur volume, et dont la république de Venise fit présent à François 1er.
La chaire à prêcher, placée en 1789, est d'une forme plus extraordinaire que belle; l'auteur qui en a fourni le dessin à sacrifié le bon goût au faux mérite de la hardiesse.
La tribune diî buffet d'orgues est soutenue par des colonnes d'ordre composite. Ces orgues ont été fabriquées par Cliquet célèbre facteur.
Il ne faut pas so tir decet'e église sans voir la ligne méridienne établie au milieu de la croisée. Cette ligne est tracée sur le pavé avec les signes du zodiaque au vrai nord et sud, dans la longueur de 17^»
pieds. A son extrémité seplentrionale, cette ligne se prolosige et s'eiève verticalement sur un obélisque de marbre blano de 25 pieds de hauteur.
La tenètre méridionale de la croisée est entièrement close, à Texcei lion d'une ouverture d'un pouce de diamèire, pratiquée sur une plaque de laiton. P.ir cette ouverture, placée à la hau!eur de 75 pieds audessus du pavé, passe un rayon du soleil qui vient frapper la ligne tracée, et , y forme une image ovale d environ dix pouces et demi de long. Au solstice d'hiver cette image se forme sur la ligne verticale de lobelisque, et se meut avec rapidité, parcourant 2 lign s par seconde : j son diamètre a 2 pouces 1 tiers d'étendue.
Celle ligne méridienne, l'obélisque sun^ lequel elle se continue, furent établis,' J en 1743, par Henri de Sully. Le but de . ! son établissement fut de fixer d'une ma- ■ niere certaine l'éciuinoxe du pr.nlemps et • : le dimanche de Pâques '^1 .
I (1) Foye;: deux savants Mémoires sur cette ligne méridienne dans le tome second, ee-
sous LOUIS \IV
Ou voyait dans celte libleaux de différent? ma l 'S monuments sépulcraux, on remarquait le mausolée du curé Jean-Baptiste Languet de Geriïy, mort en 17o0, fameux pour son Z' le pour rnchèvement de cet édifice et pour son embellissement (l). Ce mausolée, exécuté par Michel-Ange Slodtz, a été transféré au musée des Pe-
Des fautes grave-, des imprévoyances digues des ma^guilliers de ce temps, des intrigues, des dilapidations, des infidélités dans l'emploi des deniers, etc., signalent l'histoire de la construction de cet édifice. A ces inconvénients ajoutons-en d'autres d'une nature différente. Le feu du ciel, comme je l'ai dit, frappa, en 1770, le fronton de la façade de celle église et le dégrada; pendant la nuit du 27 au 28 juillet 16i8. des voleurs s'introduisirent dans cette église par les fenêtres, forcèrent le tabernacle de la chapelle de la Vierge, enlevèrent le ciboire et jetèrent les hosties consacrées dans le coin d'un confessionnal. Ces voleurs sont toujours restés inconnus. Pour réj aration d'un tel attentat, on fit avec beaucoup de solennité des prières et des processions.
Le séminaire de Sjint-Sulpice, dont les bâtiments s'avançaient jusque auprès de !a principale façade de cette église, et ^'opposaient à ce qu'on pût observer dans un point de vue convenable celte belle façade, a été démoli en 1802. Une place vaste, au centre de laquelle on avait élevé une iontaine dont les dimensions n'étaient • "int proportionnées aux objets qui l'en-
lonuaient, a succède à ces sombres bàti-
euts. En 1824, celte fontaine a été de-
'"■'nde partie, d'un recueil intitulé Variétés
:>rortqu«s, pag. 330 et 348.
(1) Avec lu vaisselle^d'argent, les plats, wiietières, etc.^ qu'il quêtait et qu'il enlevait quelquefois en riaut cliez ses plus riches i-aroissiens qui r.'osaient pas le contrarier, il :it exécuter la figure d'une Vierge haute de iix. pi ds, toute eu argent. La richesse de
: matière rendit cette figure inutile •, on •raigiiit qu'elle ne tentât les voleutà ; on la renferma dans la sacrisiie, et on y substitua une Vierge en marbrai, ouvrage de Pigalle. Lt Vierge d'argent s'est docilement prêiéi aux nécessités du temps; elle a, jjendautla révolution, été convertie eu monnaie.
î église plusieurs j molie et reconstruite au centre du marché aîtres, et, parmi ' Saint-Gi-rm lin.
Un nouvel édifice destiné à ce séminairf s'élève au sud de celte place, et contribuera à sa décoration. La première nierre en a été posée, le 21 novembre 18 20, par le ministre de l'intérieur, qui. dans un discours prononce en cette circonstance, a cru n'''cessaire d'adresser aux suipici'Mis celte exhortation pacifique : « Puisse l'E- « glise gai icane trouver ici des défense irs « de ses libertés, soumis au saint-siège, « centre d'unité catholique; mais attachés « à nos immunités et à l'indépendince « de la couronne... rendant à Dieu ce qui « esl à Dieu, et à César ce qui est à Cé- « sar! » En I82i, on a fait exécuter divers embellissements, et des cloches, préalablement baptisées, ont été placées dans la grande tour.
En 1802, l'église de Saint-Sulpice fut érigée en paroisse du 11^ arrondissement. Elle à pour succursales Tes églises deSainl- Germain-des-Prés et de Saint-Severin.
Saint-Pierre de Ciiaillot, église aujourd'hui TROISIÈME SUCCURSALE DE LA PAROISSE DELAMADELEiNf-:, sltuée grand© rue de Chaillot, entre les n»^ 50 et 52. Cet'eeg!ise, dont on ignore l'origine, était, à ce qu il paraît, une ancienne chapelle de château. Les dîmes et les produits de son autel furent, au onzième siècle, donnés au prieuré de Saint -Martin -des- Ghamps.
Louis XIV, en 1659, érigea le village de Chaillot en faubourg de Paris On croit
qu'à cette époque l'église de cç village fut leconstruite, ou plutôt que son sa.ic.luaire fut rebâti. Vers l'an 1740, on commença la nef et le poriail. Cette église n'offre rien de remarquLible. Elle reçut e i l'an 1802, comme je l'ai dit, le litre de troisième succursale de la pjroisse dj la Madeleine.
Chapelle Sainte-Anne, située quartier du faubourg Mon'marîre. Hola:.d de Bure, confiseur, avait une maison dans ce faubourg : il la destina à une chapelle. L'abbes-e de Montmartre l'auloriv», le 19 mars 1655, à la f.iireconslr ire, ain^i que le logement du c'iapelain. Elle fut bénite le 27 juillet 1657. Cette cha e le, sous l'invocation de S.iinle-Anne, doani son nom à une porte de la ville et à une longue rue qui sépare le fuibourg Poissonnière du Taubourg Montmart e, et qui, avant relablissemenlde la chapelle Sainte-
Anne, portait le nom de Chaussée de la Nouvelle Fiance. Cette chapelle avait cessé d'exisler au commencement du règne de i.ouis XV.
"chapelle des Porcher ons, depuis Domn^ee Notre-Dame-de-Lorette, située rue ("oqueiiard : elle servait de chapelle à lhô!e( des Percherons, ^n y établi^ en 1646, une confrérie sous le nom d^ Notre-Disme-de-Lorelte. En 1760 il s'y forma une école de charité. Cette chapelle fut, en 1800, vendue et démolie (\).
HcPITAL GÉNÉRAL dit LA SaLPÊTRîÈRE,
situé rue Poliveau, n» 7; et boulevard de l'Hôpital, quartier Saint-Marcel, dans le lieu où se fabriquait le salpêtre. La grande quantité de pauvres, de mendiants valides, et surtout de ceux qui demandaient l'aumône l'énée au côté, avec le collet em-
E esésur la peccadille, étailundes plus grands eaux de Paris. Parmi eux on couiptait les coupeurs de bourse, les tireurs de laine, les passevolants ou militaires sans paie, dont j'ai parle sous le règne de Louis XIII. Leur nombre, très grand sous Henri IV, augmenta sous la régence de sa veuve et )endant les désordres des guerres civiles, ^n 1612 on chercha à s'en débarrasser, en les renfermant d?ins diverses maisons qu'on étciblit au faubourg Saint-Victor(2). Ces hospices, par la faiblesse et les désordres du gouvernement, ne purent se soutenir plus de six années. Le parlement rendait continuellement d'inutiles arrêts contre les mendiants et les vagabonds.
Il ordonna, le 16 juillet 1632, qu'ils seraient en'ermés dans une maison construite exprès. Les bâtiments furent commencés.
On y employa des sommes considérables; mais les arrêts de cette cour, surtout en '^ matière de police, restaient presque toujours sans exécution.
Par 1 effet des guerres de la Fronde, le nombre de ces mendiants, de ces vagabonds, et celui des habitants des environs de Paris que les militaires forçaient à quitier leurs foyers.se montait à quarante mille, à peu près le cinquième de la population parisienne. Les désordres, Tembar-
(1) En 1802 on érigea en succursale delà paroisse de Saini-Roch une chapelle de Saint- Jean attenant au cimetière de Saint-Eustache, à laquelle on ûonna, lors de cette érection, le titre de Notre-Dame-de-Lorette.
(2) Vo} fZ ci-dessus Hôpital de la Pitié ,et liaison de Scipion.
ras que causait cette partie de h population, déterminèrent enfin les magistrats à prendre des mesures nécessaires. On consulta, comme à l'ordinaire, les anciens registres pour y trouver des modèles à suivre; mais le mal, quoiqu'il ne fiât pas nouveau, était extraordinaire : il fallait imaginer un remède qui le fût. Après de longues délibérations, on convint que tous les mendiants valides ou invalides seraient renfermés, et qu'on les f?rait travailler suivant leur force et leur talent, Pompone de Bell èvre, alors premier président du parlement, mit beaucoup de zèle dans i'exécu'ion de ce projet, et détermina le roi à rendre un édit, du 27 avril 1656, qui ordonnait l'établissement d'un hôpital général et prescrivait les règles qui devaient y être observées. Ou céda, pour cet objet, les masures de Bicêtre, château depuis longtemps abandonné, et la maison de la Salpêtrière.
On fit disposer ces bâtiments pour les rendre propres à leur nouvelle destination. Libéral Bruant, architecte, fut chari:© des constructions de l'hôpital de la Saluétrière. Il fit notamment bâtir l'église qui s'élève sur un plan circulaire de 10 toises de diamètre; elle est couverte par un dôme octogone; l'intérieur est percé par huit arcades qui communiquent à quatre nefs chacune de 1 2 toises de longueur, et à quatre chapelles. Ces nefs et ces chapelles, disposées en rayons, aboutissent au centre de l'église oii s'élève l'autel principal.
Les bâtiments de cet hôpital sont immenses et occupent, avec les cours et jardins, un emplacement qui contient plus de 55,000 toises carrées. Ils ne sont point fondés sur un plan régulier, parce que les nombreux co' ps qui en font partie turent bâtis dans des temps différents, suivant que le besoin en était senti.
Le projet d'y renfermer les mendiantssemblait offrir de grandes difficultés, et mêmie des dangers "on en redoutait l'exécution. Au commencement de mai 1657, les magistrats firent publier, au prône de chaque paroisse, que l'Hôpital général ou ses annexes seraient ouverts le 7 de ce mois, et que tous les pauvres qui voudraient y entrer y seraient reçus ; et en même temps il fut fait défense de demander laumôue dans les rues. On piit des mesures de police pour prévenir le désordre et les contraventions.
sous LOUIS XiV T
Les mendiaYits valides et les vûgabonds , Une anci«'nnffi. propriété, appelle la se retirèrent dans les provinces, et quatre j Grarge-au\-ljuedx (ouaux Cuisiniers), fut ou cii;q mille pauvres en peu de jours se j acquise par Jejn, é\êque de Winchester rendirent dans Ihospice de la Piiié, en \ en Angleterre. Il y fit bâtir, vers l'an
attendant que les autres maisons qui leur taient destinées fussent construites.
Les hommes puissants croient faire une œuvre de justice lorsque, après avoir ruiné les peuples par leurs guerres, ils leur offrent pour dedommage.nent un hôpital et une prison.
En 1662, la misère était excessive; on con.p'ait à l'Hôpital général neuf à dix mille pauvres. Les directeurs de cet hôpital, dans une assemblée qui se tint le 21 et le 24 avril de cette année, déclarèrent qu'ils seraient forcés d'ouvrir les portes de cette maison si l'on ne pourvoyait promptement à leur pressiint besoin.' Le parlement ordonna que les communautés religieuses des deux sexes seraient invitées à contribuer à la nourriture et à l'entretien des pauvres de cet hôpital jusqu'à la somme de cent mille livres. Cet appel à l'humanité des maisons religieuses ne produisit rien (1).
La misère augmentait toujours ; les habitants des campagnes venaieiit en foule mendier è Paris. On ordonna que ces nouveaux pauvres seraient réparlis dans les maisons dépendantes de l'Hôpital général jusqu'au temps de la moisson.
Ces maisons dépendantes étaient celles de la Pitié, de Bicêlre et de Scipion.
Dans la Salpêtrière, on plaça les enfants au-dessous de quatre ans et toutes les femmes, quels que fussent lear âge et leurs infirmités.
On y voyait, en 1720, deux s:5.1îes habitées chacune par huit cents peliles fiUes occupées à divers travaux. On y trouvait trois grands dortoirs contenant deux cent cinquante cellules destinées aux époux âgés qui ne pouvaient plus subsister par leur travail : c'est ce qu'on nommait les Ménages. Dans une cour séparée était la ma. son de force pour les filles et les femmes débauchées.
Dans la suite, je donnerai de nouveaux détails sur letat actuel de cet hôpital.
BicÊTRE. château, hospice, prison, etc., situé à une demi-lieue de la barrière d'Italie, et à l'ouest de la grande route de Paris à Fontainebleau.
(1) Registres manuscrits du Parlement dt Paris aux 26 avril et lôjuin 1662.
1204, un château qui porta de.iuis son nom, dont on a fait Winch-'s're et Bicètre. Philippe le B^l en 1294 conli^qiia ce château, et ses successeurs le po^>édèrent- Charles VI, en 1381 et en Uuy, donna des let'.res dattes de ce lieu (l;.
Le duc de Berri, qui en devint possesseur, le fit em'oellir; il s'y retira avec le duc d'Orléans pour se liguer contre le duc de Bourgogne. On y négocia une paix nommée "dans l'histoire la paix da Wincester. Un an après, le traité ayant été viole, on nomma cette violation la trahison de Wincester.
Les guerres civiles du quinzième siècle causèrent la ruine de ce château. Le duc de Berri le donna en 1416, ainsi que ses appartenances, au chapitre de Notre- Dame, qui n'y fît aucune réparatiin. Dans un diulogu • satirique où le sieur de Saint- Germain fait parler Vincennes et Bi«:être, ce dernier chùteau est qualiné de masure où l'on a, dit-il, établi un hôpital rempli d'hôtes languissants et de couitisans estropiés (2'."
Louis XIII en 1632 acquit c^tte propriété, fit construire en iô34, dans l'emplacement du château, une chapelle de Saint-Jean, des bâtiments p^ur y loger des officiers et des soldats invalides; et il érigea cet établissement en c:m:nanderie de Saint-Louis.
Louis XIV ayant construit l'Hôtel des Invalides, cette 'maison devenue inutile, fut, en 1656, comme je l'ai dit dans l'article pré'3édent, convertie en succursale de l'Hôpital général. Ou y plaça des pauvres, des veufs, des garçons vahdes ou invalides, des jeunes gens débjuche», ou bien atteints de la maladie vénérienne.
Les chirurgiens, avant le pans^meul de ces derniers, étaient en usage de les faire fustiger, comme je le dirai ailleurs.
Voici ce qu'un rineur satirique, qui écrivait sous Louis XIV, dit de c»itte maison :
Auguste château d-* Bicestre, LeslU'iiiiei l«» luup> garo IX Rev;euQenl-iIs loujuurs ch i voui Faire U nuii leur» diiiblcrieâ ?
(Ij Ordonnances des rois de France, t. Vi>p 607 , e: t. IX, p. 449.
(2j Calholicon français, p. 9.