ROMAINS
de la Gaule, et surtout désorganisé son gouvernement. Les Parisiens durent beaucoup souffrir de ces désastres. Le césar Julien, envoyé exprès dans la Gaule pour les faire cesser, parvint, pendant les années 356 et 357, à la purger entièrement de ses dévastateurs. Au lieu de rétablir l'ordre ancien, ce prince, à ce qu'il paraît, y substitua un nouveau plan d'administration plus uniforme et plus populaire. Il fit disjDaraître toutes les différences qui se trouvaient entre les diverses r.ations et les diverses cites ; on ne vit plus de villes colonies, de cités alliées, libres, amies, \ectigales, etc. ; les privilèges disparurent, et furent remplacés par l'uniformité d'administration et l'égalité de droit.
Les chefs-lieux des nations qui ne jouissaient d'aucune prerogahxe. d'aucune distinction nationale, acquirent alors des droits égaux à ceux dont axaient joui les colonies^ les métropoles, etc. : les institutions de la cité, c'est-:i-dire de la nation, furent concentrées dans son chef-lieu, qui reçut dès lors le titre de cité, et de plus le nom de la nation. Le chef-lieu des Parisiens, amsi que tous les chefs-lieux non privilégiés, perdit son nom primitif, et fut appelé Po ri. s//, les Parisiens.
Ce changement eut lieu à la suite du dt^astre dont je viens de parler, pendant que séjournait dans la Gaule le césar Julien, qui, avec tant de zèle, répara les maux soufferts par h^ Gaulois, purgea de leurs vices, de leurs abus, la plupart des administrations, affranchit le peuple de chaiges arbitraires et d'exactions, le rétablit dans l'exercice de ses droits ; m re ritili uiuguanimiiaie correxit et liberiate (t), dit un contemporain ; civibus jura restituit, dit un autre (2).
Ce changement de condition politique, qui amena un changement dans les noms de chefs-lieux, s'opéra entre les années 358 et 360.
Les géographes, avant ces années, donnent toujours au chef-lieu des Parisiens les noms de Lutecia, Luteiia : dans Strabon, on lit Lucototia ; dans Ptolémee, Locotecia : dans Julien, Leuketia ; Ammien Marcellin, en traçant le tablea»
géographique de la Gaule, nomme ce chet-lieu des Parisiens Lutetia; mais.
(1) Jhttmian. Afarcell., lib. 16, cap. 5. |2) Mamertinus, panegyr. in JulianutHy cap. 4.
iliSTOlKE
(ian.s le récit qu'il fait des événements postérieurs à l'an 358, il l'appelle Parisii. f,e changement commençait alors à s'opérer. Un "synode, tenu dans les mois de novembre et de décembre 360 ou 361 , donne à ce chef-lieu le titre de cité et le nom de Paris; aptfd Pariseam civitatem (I).
Dans les mois de novembre et de décembre 365, les empereurs Valentinien et Va- Jens, qui y résidaient, y publièrent trois lois rapportées au Code théodosien ; elles nomment dans chacune d'elles le chef-lieu des Parisiens, Parisii. Depuis, ce nom lui a été conservé dans les histoires et dans les actes publics (2).
I! faut conclure que le changement de régime et de nom, et l'érection de Lutèce en cité, opérés entre les années 358 et 360, pendant le séjour de Julien dans les Gaules, furent l'ouvrage de cet empereur.
Ce prince, comme on doit le savoir, s'occupa beçiucoup de municipalités : il rendit plusieurs lois à ce sujet. Ammien Marcellin le blâme, et Libanius le loue d'avoir fait, avec une sévère énergie, exécuter les lois concernant les charges municipales.
Lutèce, comme les autres chefs-lieux de la Gaule qui éprouvèrent le même changement, dut alors être érigée en municipe ; elle portait le titre de cité ; elle dut en avoir les institutions ; elle dut, comme toutes les autres cités, avoir un corps de juges et d'administrateurs municipaux, corps appelé, au quatrième siècle , orclo rminicipalis. curia, composé de decuriones et de cvriales^eWe dut contenir un édifice propre aux séances du corps municipal et au dépôt de ses actes, que les monuments historiques nomment gesta muni cipa lia.
Cet édifice était évidemment celui qu'on a depuis désigné sous le nom de Palais de la cité.
Il est certain que l'ordre municipal et les bâtiments consacrés à cette institution
(1) Le nom de cette cité est écrit dans la lettre synodale, Fariseam ; mais il n'a jamais existé dans les Gaules de cité ainsi nommée, et il est évident que c'est une erreur de copiste.
(2| Néanmoins, sous la seconde race des rois irancs, on trouve quelques écrivains qui donnent au chef-lieu des Parisiens le nom <!'! 1 utèce.