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OUÏS XV

petit marché; la quatrième, au carrefour des rues de Charonne et do Basfroi, et la cinquième, rue de Charenton, près les Anglaises et la basse-cour de l'hôte! dt)i Mousquelairos.

Ce projet fut exécuté en partie et avec beaucoup de lenteur. En 172-4. il n'existaitencore que troisde ces cinq fontaioe», dont voici les noms:

La fontaine dit Baafi-oi, située a'i.

Hôpital Notre-Dame-de-Pitié

coin de la, rue de ce nom et de celle de i Charonne : elle fournit aujourd'hui de : l'eau de la pqmpe à feu de Chaillot.

La fontaine Trogneux. rue de Cha- ' ronne, entre les nos 65 et 67 : elle est au- 1 jourd'hui alimentée par les eaux de la pompe à feu de Chaillot. |

La fontaine de la Petite-Halle, Qn i face de l'hôpital, ci-devant monastère de Saint-Antoine : elle donne de l'eau de la pompe à feu de Chaillot.

^Des deux autres fontaines projetées, on D a construit que celle du marché Le Noir, qui n'a été exécutée qu'en 4779.

Ou construisit dos foataites sans jfs mettre en peine de les alimenter. Au lieu d'eau, on offrait de rarchiiecture; l^'s plu!^ anciennes, pour la plupart, étaient taries; les machines établies sur la Seine se détèrioraient; la détresse se faisait sentir. On eut recours au remède violent qu'on avait déjà employé : on attaqua les concessions qu'on avtiit faites.

Ce fut alors que plusieurs compagnies présentèrent de nouveaux projets dj machines hydrauliques. En 4737, Bellidor fut chargé de perfectionner celles du pont Notre-Dime : elles recurent une amélio-

ration seusible par les soins de cet habile ingénieur; mais les effets n'eu furent pas durables.

LadJFetfe d'eau se fit de nouveau sentir; elle était d'autant plus urgente que les eaux ^e l'aqueduc de Belleviile venaient d'être retirées de plusieurs fontaines, pour êlre exclusivement employées au lavage du grand égout qui ne consistait encore qu'en un simple fossé. Malgré celte stérilité, on voulut se montrer fécond ; on était pauvre, on voulut paraître magnifique, et l'on fit bâtir à grands frais la fontaine de Grenelle.

- Lb f entaille de (rr^w^Z^^ fut construite dans ce temps de pénurie : elle est située rue de Grenelle-Sainl-Germain, entre les n°s S7 et 59, et adossée à des maisons de cc-tte rue.

Sa façade s'élève sur un plan demicirculaire, eile a 15 toises d'étendue et 6 toises de hauteur. Elle se compose d'un soubassement à refend, qui, au centre, forme un avant corps, sur lequel est une figure en maibre, assise et couverte d'une draperie: c'est la représentation de la vilie de Paris.

A ses deux côtés sont, à demi couchées, des figures de rivières: l'une représente la Seine, et l'autre la Marne. Derrière ce groupe, l'avant-corps est décoré de quatre colonnes ioniques couronnées par un fronton ; au centre de ces colonnes est une table de marbre chargée d'une inscription.

Aux deux côtés de cet avant-corps se pr. seule une ordonnance de pilastres ioniques, et quatre niches où sont placées les statues allégoriques des Saisons, au-dessous desquelles on voit des bas-reliefs surdestalles renfot;cées.

De l'harmonie, de la grâce, et le mauvais goût du temps se font remarquer dans cette composition dont Edme Boucha rdon a fourni les dessins et sculpté les ligures et bas-reliefs. Deux portes, figurées sur cette' fontaine, interrompent les ligne? du soubassement; et des (ormes de croisées lui ôtent le caractère d'un monument public, et lui donnent celui d'une maisoi. psrliculière. On ne dessinait guère mieux sous le règne de Louis XV ; on exécutait j lus mal encore.

Cette fontaine fut arhevée en 4739.

Pendant de longues années, elle a mérité la qualification de trompeuse ; elle promettait de l'eau qu'elle ne donnait pas •

I ce n'est que depuis l'établissement des I pompes à feu qu'elle s'est animée et â I cessé d'être stérile : elle fournit aujour* ; d'hui les eaux de la pompe du Gros- , Caillou.

I Fontaine du Re g ard- Saint- Jean oVi ^ du Regard des Enfants-Trouvés, si- I tuée au coin de la rue Neuve-de-Notre- ; Dame, sur le parvis et en face de l'église j de gs nom. Lorsqu'en 1748 on eut con- . struit l'édifice des Enfants-Trouvés , on ' établit, sur la face opposée à l'église I Notre-Dame, une double fontaine dont I les deux parties sont séparées par une 1 pore du bâtiment où elles sont adossées. ! Chacuûe d'elles offre une niche où est î placé un vase ; chaque vase est orné d'un i oas-relief qui mérite, malgré ses petites ! proportions, de fixer l'attention des curieux : ces bas-reliefs, composés avec goût, représentent des personnes charitables abreuvant des malades.

Une seule de ces fontaines jette de l'eau qui provient de la pompe Notre-Dame.

Fontaine du Diable on de V Echelle^ située à l'angle formé par la rencontre des petites rues de Saint-Louis et de l'Echelle. On ignore l'origine de ce premier nom ; le second vient d'un instrument de supplice appelé échelle, qui était à demeure dans ce lieu. Cette fontaine fut construite en 1759; elle est décorée d'un obélisque, d'une proue de vaisseau, de que'ques figures allégoriques, et d'autres ornements dans le mauvais goût du temps de Louis XV. Je ne crois pas qu'il existe i3 Paris une personne qui ait vu l'eau jaillir de cette fontaine avant l'établissement de la pompe à feu de Chaillot, qui l'alimente aujourd'hui.

F 071 tain es du marché Saint-Martin, situées dans le marché de ce nom. Les religieux de Saint-Martin obtinrent, en 1768, du bureau de la ville, la concession d'un demi-pouce d eau de rivière et d'un j demi-pouce d'eau de Belleviile pour deux \ fontaines qu'ils se proposaient d'établir

■ dans ce marché. On ignore si l'eau a vivifié ces fontaines ; mais l'on sait qu'un

I nouveau marché, établi en 1816 dans le j voisinage de l'ancien, a une fontaine ali- : montée par la pompe de Chaillot : j'en I parlerai en son lieu.

! Pendant que les concessions se multi-

■ pliaient, les sources qui devaient donner 1 la vie aux fontaines publiques étaient dé- I tournées pour les fontaines particulières.

SOLS LOLIS w 487

Dans cet état de disette, un homme de , n'y compte que deux cent vingt articlest génie proposa un vaste projet qui aurait eu Les seuls membres de l'Acidémie avaien. son exécution sans les contrariétés des droit d'y exposer. D'ijbord Texposition intérêts particuliers et sans l'indifférence fut annuelle; mais, étint peu consideradu gouvernement. ' ble, on arrêta, en 17io, qu'elle n'aurait

Le sieur Depaicieux, en 176Î, proposa lieu que tous les deux ans. Cet ordre de de conduire à Paris les eaux de la petite choses s'est maintenu jusqu'au temps de rivière d'Yvette qui prend sa source entre la révolution.

Versailles et Rambouillet, et se jette, un , Les premières exposit'ons furent paupeu au-dessus de Juvisy, dans la rivière vres de talents. On n'y voyait qu'un pede rOrge; et de construire un aqueduc tit nombre, d'ouvrag?s et de noms dignes oui aurait environ 17 ou 18 mille toises de de passer honorablement à la postérité, développement. Cette rivière devait four- i Les arts ont besoin d'encouragement; et, nir à Paris 1,200 pouces d'eau. [sous le règne de Louis XV, ce n'ôtait

Ce projet, vivement attaqué et défendu, point au mérite, mais a l'intrigue, qu'on fut abaudonné, parce que l'administration accordait des récompenses. La corruption de la ville ne se trouva pas assez en fonds des mœurs amena celle du goût, pour l'exccuter. Il fut reproduit en 1769. i Entraînés dans une faas-ie route, les Les sieurs Peronnet et de Chezy en firent artistes présomptueux dédaignèrent d'iun rapport, qui fut lu, le 15 novembre miter la nature, d'imiter les beaux mode- 1775, à l'académie des sciences. On était les de l'antiquité, pour s'attacher à ua d'accord sur ses avantages ; la difficulté genre factice, bizarre, maniéré et miséraconsistait dans l'exécution : on y renonça ble ; et la mode asservit le pinceau du en 1775, par le même motif qui l'avait ; peintre comme le ciseau du sîatuaire. fait abandonner en 1762, | Les héros de la fable oa de l'histoire

On verra dans la suite comment, sous '. étaient représentés, non comme ils dele règne de Louis XVI, on parvint à four- ' talent l'être, d'après leur caractère, mais nir de l'eau aux fontaines sans recourir ! comme les acteurs les représentaient sur à la rivière d'Yvette. | le théâtre.

Exposition publique des tableaux . Dans les sujets frivoles, fort nombreux dans le grand salon du Louvre. j alors, le mauvais goût était encore plus

Les arts d'imitation tombaient dans la barbarie; les membres de l'Académie de peinture et de sculpture le sentirent; et, po.ir les arrêter dans leur chute, ils imaginèrent d'exciter l'émulation parmi les artistes, en faisant exposer leurs ouvrages, et en les soumettant au jugement du public. Déjà on était autorisé par l'exemple de quelques expositions faites sous Louis XIV J).

La première des expositions qui eurent lieu dans le salon du Louvre, par ordre du roi et du sieur Oiry, contrôleur général et direcfeur gjnéral des bâiiments, ne fut pas de longue durée : elle commença le 18 août 1737, et finit le 1*^ septembre suivant. On voit dans le livret oui parut en cette année, sous le titre à'Explicatio7i des peintures et sculptures, que les ouvrages furent peu nombreux; on

(I) On connaît deux anciennes expositions faites à des époques très éloignées, l'une en 1673 dans une des^ cours du Palais-Royal, l'autre en 1704 dans la grande galerie du Louvre.

remarquable. Les artistes cou-'-aient après les grâces, et n'en saisissaient que l'ombre déformée : elles s'éloignaient d'eux, parce qu'ils s'éloignaient de la nature il).

L'archlecture se ressentit beaucoup de cette dégradation générale : elle commençait à dégénère.' sur la fin du règne de Louis XIV; secondée dans sa chute par l'architecte Openord et quelqus autres, elle perdit ses formes nobles et simples pour se charger d'ornements sans motifs,

(1) Cette dégradation, qu'on doit uniquement attribuer aux mœurs de la cour, à Ia frivolité des esprits et aux réc.mpensps accordées à l'intrigu?, était sentie par quelques écrivains du temps, qui en gémis -aient. L'auteur d une brochure intitulée R-'ilnions sur quelques causes de î'élat présent it U Peinture 9n France, publiée eu 1747, donne pour cause de cette dégradation l'usage de préférer dans la déjoration des appartements les glaces aux tableaux. Les glaces sont aujourd'hui pour le moins aussi nombreuses qu'elles l'étaient du temps de cet écrivain, et l'art da la peinture n'en souffre pas.

HISIOIRE DE PARIS

de formes bizarres, contouriiées, et de ce qu'on nommait nlors des rocailles.

Tel élait l'état des beaux-arts sous le règne de Louis XV, lorsqu'on établit l'exposition des ouvrages de peinture et de vcLilpture à Paris. Cet établissement, en î-timulant les talents, aurait pu opérer nne régénération désirée, si les ouvrages offerts aux regards des artistes et du public eussent eux-mêmes été des modèles de goût et de pureté. Cette condition n'exis'.ait pas ; le mauvais goût domina encore.

Il fallut attendre que des artistes, favorisés par la nature , inspirés par les chefs-d'œuvre d'Italie, vinssent produire dans les arts une révolution nécessaire. Vien et son élève David contribuèrent

f>uissammentà régénérer la peinture, Juien l'art du statuaire, et Soufflet l'architecture.

Cet heureux changement ne se fit sentir que sous le règne de Louis XVL De bons modèles offerts à l'imitation des élèves produisirent alors d'excellents ouvrages. La vieille et barbare école s'en irrita, et lança contre les novateurs quelques traits impuissants et dédaignes. Le génie des arts fit des progrès rapides dans la nouvelle route qu'il venait de s'ouvrir.

Le salon du Louvre était, dans l'origine de l'exposition des tableaux, éclairé par des fenêtres qui occupaient une place considérable, et donnait aux tableaux une lumière qui nuisait à leur effet. Dans la suite, ces fenêtres furent murées, et le jour descendit dans ce salon par lecombleauquel des vitraux furent adaptés.

La révolution fut, plus qu'on ne pense, favorable aux arts : un décret du 21 août 1791 autorise tous les artistes français et étrangers à participer aux expositions.

L'étendue du salon devint alors insuffisante, et les productions des artistes envahirent toutes les pièces aboutissarit a ce salon : les salles qui le précèdent, la galerie d'Apollon tout entière, et une partie de la grande galerie du Louvre.

En 1796, l'abondance des objets expo* ses obligea le gouvernement à rétablir l'exposition annuelle.

Cette exfosiiion, dans les premières années de son établissement, ne durait que douze jours ; ensuite sa durée fut portée à <juinze jours, puis à un mois. En 1763, 1 exposition dura cinq semaines; sa durée,

s'est depuis prclong'e jusqu'à deux m.ois (1).

Ces différences progressives montrent la nécessité, l'excellence de l'institution, et les désavantages résultant du privilège qu'avaient les académiciens d'y placer leurs seuls ouvrages.

L'académie de Saint-Luc imita cet exemple utile : elle eut ses expositions, en 1762, à l'hôtel d'Aligre; et le 23 aoiît 1774, à l'hôtel Jabach, rue Neuve-Saint- Merri, elle fit, sous les auspices de M. de Paulmy, son protecteur, l'exposition des productions de ses membres, amateurs, officiers et agréés (1).

Origine et Logesdes Francs-Maçons et autres sociétés secrètes.

C'est piquer la curiosité et ne point la satisfaire, que de parler d'une institution

(1) Une pièce de vers satiriques, ou caricature sur le salon de 1777, si l'on eu excepte les exagérations poétiques, donne uae idt'e assez juste des défauts de la plupart des expositions de ce temps là :

n est au Louvre un galetas

Ou, dans un calme solitaire,

Les cliauves'souris et li-s rats

Viennent tenir leur cour plénière :

C'est là qu'XpoUon sur leurs pas.

Des beaux-arts ouvrant la barriéip.

Tons les deux ans lient ses état»

Et vient placer son sanctuaire;

C'est là, par un luxe nouveau.

Que l'art travestit la nature;

Le ridicule est peint en beau,

Les bonnes mœurs sont en ptinlu e,

El les bourgeois en grand labieau

Près d'Hcnvi-Qualre en miniatiiie.

Chaque figure à contre-sens

Montre une autre âme que la bicnne :

Saint Jérôme y ressemble au Temjs,

Et Jupiter au vieux Silène.

Ici la fille des Césars,

Dans nos cœurs trouvant son empire.

Semble refuser aux beaux-arts

Le plaisir de la reproduire;

Tandis qu'un commis ignoré,

Narcisse amoureux An lui-même,

Vient dans uu beau cadre doro

Nous montrer son Yisape bième.

Ici l'on voit des ex-voto.

Des Amours qui font des grimaces.

Des cailleiies incognito.

Des laideurs qu'un appelle grâces.

De» peiruque» par numéro.

De» I oùssuns sous des cuirasses.

Des inutiles dt haut ranj.

Des in:posieurs de bas nu ri;e,

flus d'un Midas en marbre Iiiatic,

Plu» d'un grand homuie en terre cuite.

Jeunes morveux bien verni.-SL-,

Vieux barbons à mine enfuméi; ;

Vola les tableaux entassés

Sous l'hangar de la Renommée;

El, »elun l'orJre et le bon sens,

Tout s'y trouve placé de «orle,

Qu'oo voit l'abbé Terrai dedans

Et que Sully reste k la porte

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