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III. Sociétés et autres Institutions

Société d'Agriculture, dont les séances se tiennent dans une des salles de l'Hôtel-de-ViUe. Elle fut autorisée par un arrêt du conseil du P"" mars 1761. Les famines et le monopole des griins, que le

(1) Petite rivière qui coule au nord-est de Paris, et se jette dans la Marne, près du village d'Anet.

gouvernement de Louis XV n'avait pas rougi de faire, dirigèrent les esprits éclairés et solides vers l'agriculture, et cette société s'occupa de tout ce qui peut produire le perfectionnement de cet art. Elle a survécfi aux orages de la révolution; avantage que n'ont pas eu un grand nombre d'institutions fastueuses.

Société libre d'Émulation, pour l'encouragement des métiers et inventions utiles : elle doit son existence aux causes qui ont fait naître la société dont je viens déparier. Elle fut établie en 1776, et tint ses premières séances rue Hautefeuille, dans la maison des Prémontrés, puis dans celle des Grands-Augustins , ensuite à l'hôtel de Soubise. Les membres de cette société étaient dans les opinions des économistes, et l'abbé Beaudeau, apôtre célèbre de cette espèce de secte, en fut le secrétaire. Elle distribuait des prix, se signalait par des principes patriotique qui faisaient la satire des administrations du temps, et préparaient à la partie utile de la nation un état meilleur; mais les lumières et la raison ne sufilsent pas à un établissement; il faut des finances. Il paraît qu'en 1780 cette société, qui d'ailleurs déplaisait à quelques magistrats satisfaits des vieilles méthodes, fut entièrement dissoute (1).

Société philanthropique. Cette société, qui tenait ses séances dans une des salles du couvent des Grands-Augustins, fut établie en 1780 ; elle doit son origine à .'^ept hommes ze'.és qui entreprirent de soulager les malheureux et de les secourir sans ostentation. Bientôt ces sept hommes vertueux s'en associèrent d'autres, parmi lesquels on remarque le duc de Charost, dont le nom se trouve toujours uni à tous les actes de bienfaisance de cette époque.

Les secours que répandait cette société furent d'abord très bornés ; mais bientôt, lorsqu'elle fut mieux connue, des personnes distinguées par leurs vertus, leur rang, leur talent, s'empressèrent de participer à ses travaux. Jusqu'en 1783, elle ne pouvait soulager que douze ouvriers octogénaires. En 1787, elle parvint à répandre ses secours sur plus de mille infortunés, tels que : ouvriers octogénaires, femmes enceintes et chargées de cinq enfants, veufs et veuves pauvres, ayant six enfants, ainsi que les enfants aveugles dont le sieur Haùy était l'instituteur, et

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dont rétablissement se maintient encore.

Les bons exemples ne restent pas sans iaiitation : plusieurs sociétés pareilles furent établies dans diverses villes de France. Cette utile société n'a point souffert de la révolution ; son administration est toujours en activité, et ses séances se tiennent à l'Hûtel-de-Ville. Tous les deux ou trois ans !a société philanthropique adresse à la Faculté de médecin-? les demandes des jeunes médecins ou chirurgiens qui désirent s'instruire en s'associant à ses bienfaits. D'après les notes de la Faculté, ces jeunes gens sont admis et attachés aux dispensaires de la société philanthropique qui leur conHe le sein des malades à domicile.

Musée de Paris, société de savants et de littérateurs, instituée le 17 novembre 1780, et dont la première séance publique se tint le 23 décembre de cette année, dans une maison de la rue Saint- André-des-.'.rts. Elle prit d'abord le titre de société apolloiii; nne, titre auquel elle renonça pour s'en tenir à celui de musée. Parmi les j-remiers membres figuraient les noms de Court de Gebelin, de l'abbé Rozier, de Lefèvre Villebrune, de Foutanes, etc.

Ce musée passa de la rue Saint-Andrédes-Arts dans un hôtel de la rue Dauphine, où l'on donnait des fêtes; et la première sance qui eut lieu dans ce nouveau local, le 21 novembre 1782, contribua à l'au"e mieux connaître cette société.

La séance du 6 mars 1783 fut célèbre par la présencede l'illustre Francklin.

Un nommé Golenot mit le desordre dans c tte société ; les chefs se divisèrent; une scission de ces membres, présidée p'ar le sieur Cailhava , tint ses séances dans une maison de la rue Sainte-Avoie.

Le musée s'établit en 1786 «ians le couvent des Cordehers, et dans la salle diftô» de Saint-Thomas. L'abbé Cordier do Saint Firmin , l'homme qui donnait le mouvement à cette machine littéraire, ne la prése.va point de sa ruine.

Musée de Pilâtre des Rosiers , nommé depuis Lycée, et aujourd hui Athénée, situé rue de Valois, n° 2, près le Palais-Royal, autorise par le gouvernement, et^ spécialement protégé par Monsieur , frère du roi Louis XVL Ce musée tint sa première séance le 11 décembre 1781, dans une maison de la rue Sainte-Avoie.

de paris

L'objet de cette société était le perfectionnement des sciences et des arts relatifs au commerce. On faisait des cours sur diverses parties des sciences. Il s'y trouvait un cabinet de physique.

A la mort du sieur Pilâtre des Rosiers, arrivée le 16 juin 1785 (1), les membres de ce musée, endettés, déconcertés, se réunirent, réorganisèrent la société, lui donnèrent le titre de Lycée, titre qu'elle a conservé jusqu'en 1803, épfque où ce nom ayant été donné aux collèges, elle prit cefui d'Athénée, qu'elle porte encore. Les savantsles plus distingués de la France y ont professé tour à tour. C'est pour cet établissement que la Harpe fit son Cours de littérature, Ginguené son Histoire littéraire de l Italie, Fourcroyson SijStènie des connaissances chimiques, et c'est encore à l'Athénée que M. Cuvier a fait' ses belles leçons d'histoire naturelle et d'anatomie comparée, qui lui ont mérité les suffrages de toute l'Europe.

Cette société continue toujours avec succès ses sôances et ses cours. Les femmes y furent longtemps admises; et ce mélange des deux sexes lit naître, en 1786, une chanson qui. se trouve dans dis ers recueils (I).

Correspondance générale et gratuite POUR LES SCIENCES ET LES ARTS, ins'ituée par le sieur de La Bliinchcrie. Sans fortune, ; ans protection, dépourvu des connaissances les plus ordinaires, et

(1) Le sieur Pilâtre des Rosiers et le sieur Saiut-Romaiu davcùent, avec un af^rostat de leur composition, franchir dans les airs le détroit qui sépare la France de l'Angleterre. Le 15 juin, à sept heures du matin, l'aérostat et les aéronautes s'élevèrent; puis, bientôt après, un vent contraire les repoussa sur les cotes de France : on vit alors cette mafcliine tomber avec rapidité à une lieue de Boulogne. Les deux aéronautes périrent dans la* chute.

(2) Mémoires secrets, au 27 février 1786. A l'exemple de cette société, une autre

également protégée par le gouvernement, s'est formée, au commencement de l'année 1820, dans la rue Neuve-Saint- Augustin, no 17. Elle porta dès son origine le nom de Société des bonnes lettres, et ne devait exister que trois ans ; mais le roi lui ayant conféié, en 1824, le titre de société royale, cette réunion s'est reconstituée pour suivre le cours de ses travaux.

ne possédant que de l'audace et des talents pour l'intrigue, cet homme, courant d'antichambre enantichamf»re, ne put obtenir que des succès éphémères, et son établissement fut suspendu en 4780 : il le rétablit l'année suivante , dans l'hôtel de Villa ver, situé rue Saint-André-des-Arts, au coin de celle de l'Éperon. Il y fixa son établissement, y reunit des gens "de lettres qui, sous sa direction , composèrent un journal hebdomadaire, intitule : Nouvelles de la république des Lettres. Les artistes y exposèrent leurs productions.

On y faisait des lectures, etc. En ITSb, le salon de la correspondance générale fut fermé, et le sieur de La Biancherie s'enfuit, ne pouvant payer ses dettes; mais c'est trop s'arrêter sûr un établissement qui ne dura que peu d'années.

Société royale de MÉoEcrNE. Elle prit d'abord le nom de Société pour l'épizootie, et fut instituée en vertu d'un arrêt du conseil d'avril 1776, confirmé par lettres-patentes du 1er septembre 1778. Sa première séance se tint le l^"" février 1778, <lans la grande salle du Collège royal. Le sieur Vicq-d'Azyr en fut nommé secrétaire perpétuel. Dans la suite elle tint ses séances dans une des salles du Louvre.

La Faculté de médecine vit avec peine et jalousie ce nouvel établissement, ainsi que la protection spéciale que lui accordait le gouvernement. Elle se crut humiliée, injuriée ; elle s'en plaignit : on ne l'écouta guère. Elle menaça de punir, par l'exclusion, ceux de ses membres qui faisaient pariie de la nouvelle société : on lui défendit tout acte à cet égard. La

de médecine ont reçu une orga-

sous LOUIS xvi 283

en 4782 ; le Club des artistes, en 1 783, et plusieurs autres réunion? de c^tte nature.

Société de l'harmonie, instituée et présidée, en 1784, par le docteur Mesmer. Son objet consistait dans la révélation du secret du magnétisme. Bientôt après il se forma une scission dans cette société. Oe se plaignait de ce que Mesmer ne remplis sait pas ses engagements : grands débats qui firent naître plusieurs écrits et la dissolution de cette société.

Le Clubpolitique, établi, enavril 1782, parle sieur Boyer, rue Saint-Nicaise ; le Club des Américains, en 17So ; la Société olympique, le Club des Arcades, et le Cfub des étrangers , qui siégeait au Panthéon, ou Wauxhall de la rue de Chartres, et qui, le 20 mars 1791 , fut transféré dans la rue du Mail, n» 19, où l'on enseignait la géographie politique, les langues modernes, etc. , et où se donnaient des fêtes, furent tous, au mois d'août 1787, supprimés; on en excepta le Lycée, c'est -à dire le musée de Pilàtre, aujourd'hui nommé Athenee. Ceux qui dirigeaient ces sociétés conservaient encore l'espérance de les voir rétablies; mais une lettre du lieutenant-général de police, du mois d'octobre suivant, leur ravit tout espoir. La Société olympique, qui ne s'occupait que de franche-maçonnerie, fut autorisée à continuer ses réunions. C'est par de tels moyens que le gouvernement cherchait à détourner l'orage dont il se sentait menacé ; mais ces suppressions de sociétés ne supprimèrent point la pensée, l'opinion publique et le mécontentement général.

Dès les commencements de k révolution, il se forma un grand nombre d'autres sociétés politiques. Voici la notice des principales :

Société des amis de la constititiox, séante dans le couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré. Voici l'origine et la notice de cette société, devenue si fameuse sous le nom des Jacobins.

Au m.ois d'août 1789, plusieurs comités particuliers se formèrent à Versailles, pendant que l'assemblée des états-généraux s'y tenait encore. Parmi ces comités se distinguait celui des députes patriotes de la province de Bretagne. Bientôt un grand nombre de députés d'autres provinces, et même des personnes qui n'étaient point membres de l'assemblée, se réunirent à ce comité, dans lequel fut faite la propo-

l'ancienne et de la nouvelle institution. Les deux partis se lancèrent des libelles, des chansons satiriques, des récits virulents, des comédies, des procès dont je ne parlerai pas. La Société de médecine, forte delà protection royale, s'est maintenuejusqu'au temps où, pendar.t la révolution, les école nisation nouvelle.

Il existe aujourd'hui une Société de médecine, composée de membres de cette faculté : il n'y a point de querelles.

Plusieurs autres sociétés s'etaijlirent à Paris sous ce règne : les unes avaient les arts pour objet, les autres des intérêts particuliers , et plusieurs la politique. Tels étaient le Concert des amateurs, qui florissait en 1778: les Enfants de l'harmonie, Isition de constituer les états-généraux, en

HISTOIRE DE PAÎ\îS SOTJS LOUIS

proposition qui, le

Assemblée nationale

47 juin 4789, eut son exécution.

L'Assemblée nationale étant, en octobre 4789, transférée à Paris, le comité breton y continua ses séances.

Au mois de novembre, une société établie à Londres, sous le nom de Club de la révolution de France, ayant adressé à l'Assemblée nationale une lettre pour la féliciter de ses travaux, les membres du comité breton conçurent le projet de former à Paris une société à l'instar de celle de Londres, et de lui donner des bases plus solides et plus étendues que celles de ce comité. En conséquence, ils choisirent et louèrent la salle de la bibliothèque du couvent des Jacobins de la rue Samt-IIonoré, et nommèrent d'abord leur réunion Société de la révolution. Mais au mois de février 4798, ils lui donnèrent le nom de Société des amis de la constitution.

Son objet principal, outre ceux de diriger l'opinion publique et de discuter d'avance les questions qui devaient être portées à l'Assemblée nationale, consistait à s'assurer des nominations à faire dans l'assemblée, en opérant dans la société des scrutins préparatoires, afin de déterminer la majorité des votes.

Cette société, pendant la durée de l'Assemblée constituante, jouit d'une grande considération; elle comptait parmi ses membres des ambassadeurs étrangers, des princes; et, ce qui l'honorait davantage, elle comptait aussi des hommes illustres par leurs talents, célèbres dans la littérature, et des savants qui ont honoré leur siècle.

Bientôt les passions, allumées par l'in-

trigue et l'esprit de parti, se manifestérent dans cette société. Il s'y opéra une scission qui se fépara d'elle, et forma une autre société, nommée Club de 89. La société répara cette perte, fit des règlements nouveaux, et soumit ses membres à une épuration nécessaire. Elle était paisible, lorsque Robespierre vint y semer des germes de discorde, et remplir, comme il est vraisemblable, la mission qu'il tenait des étrangers. A la fin de 4792, cette société fut encore en proie à l'intrigue et aux factions d'une infinité d'êtres "immoraux, et notamment d'agents de l'étranger. Les gens de bien s'en éloignèrent ou en furent exclus ; et le parti chargé de rendre la révolution odieuse, de la souiller de crimes, y domina despotiquement.

En 4792, le nombre des membres s'élevait à plus de treize cents; il se serait monté à quinze cents, si le local eijt pu les contenir. Plus de trois cents sociétés, établies dans les départements, étaient affiliées à celle des amis de la constitution de Paris, et correspondaient avec elle. La correspondance était immense. Vers les premiers mois de la session conventionnelle, Robespierre s'empara de celte vaste machii:e politique, et la fit servir à soii ambition ou aux projeta de ceux dont il était l'agent.

Cette société fut, le 24 juillet 1794, fermée par le député Legendre.

Le lieu des séances a donné à cette société le nom de .Jacobins, et ce nom a été depuis indistinctement appliqué à toutes personnes ennemies, plus ou moins exagérées, du despotisme et des priviléues.

ri.N m OrATRlEME VOLUME.

r^a:.. Typ. Ucutp. r.if Snir3oi. IS.

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PAR DULAURE

Nouvelle Édition

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CINQJIÈME.

PARIS

H. BOlSliAHO, LI BUAIRE-ÉDITEIR

10 ftlE ir Cî.Ol'fRK-NolRE-DAME, 10

PHYSIQUE, CIVILE ET MORALE

PAR DULAURE

PÉRIODE XV (Suite).

Il se forma, sous la fin du règne de ' amis de la constitution monarchique. H Louis XVf, vers les années 1790 et 1791, : fut établi rue de Chartres, dans h salle du; plusieurs autres sociétés politiques dont j Wauxhall et du Panihéon. Chassée du voici ia notice. j lieu de ses séances, cette société se réfugia,

Le Club monarchique, ou Société des! en 1791, dans l'église Saint-Louis, lue

Fontaine de la place Lonvois.

Saint-Antoine, et n'y demeura pas long- 1 Club de Richelieu, di>persé !e 2 notemps. Le public qualifiait ses membres vembre 1791. de monarchiecs. | Club des Feuillant? ou Ciubde 1789^

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