‹ Histoire de ParisChapitre 177 sur 261 · SOIS NAPOLEON · texte numérisé non relu

SOIS NAPOLEON

daignant les plus solides appuis du pouvoir, la justice et la liberté publique. Aveuglé par sa passion pour les conquêtes, il en poursuivit inconsidérément le cours, vit enfin sa fortune l'abandonner, [lusieurs de ses protégés le trahir : il fut réduit j terminer dans l'exil sa glorieuse et turbulente carrière (1). Napoléon, préférant la gloire ternie de César à la gloire impérissable de Washington, séduisant pour enchaîner, dissimulant pour envahir, opprimant avec prudence, coudamnaiit en public les actes d'oppression qu'il avait ordonnés en secret, voulant cacher et cachant très mal ses déportements sous l'éclat de ses victoires, Napoléon, blâmé par les historiens, loué par les poètes, laissera de grands et douloureux souvenirs ; il figurera dans la postérité comme ces héros antiques et désastreux qui, heureusement pour l'humanité, ne paraissent que rarement sur la scène du monde.

Mais je ne dois considérer cet homme colossal que dans ses rapports avec la capitale de son vaste empire. Paris lui doit beaucoup ; par ses soins, cette ville fut réparée, embellie; il y fit exécuter un grand nombre de travaux et d'établissements dont les uns sont utiles, les autres fastueux. Je parlerai des premiers avant de m'occuper des seconds.

Au premier rang des établissements d'utilité publique, il faut placer les marchés, les dépôts ou magasins de comestibles et de boissons-, il en existait plusieurs, la plupart très incommodes, et leur nombre était insuffisant.

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