DÉPÔT DE LAINES ET LAVOIR PUBLIC
situé au port de l'Hôpital, n» 33. Cet eta blissement, fondé en 1813, est placé sous la surveillance de plusieurs membres du conseil général d'agriculture. Il a reçu depuis une nouvelle organisation, qui fut mise en activité au l^r janvier 1820. Les plus grandes précautions sont prises pour mettre les intérêts des dépositaires à l'abri de toute atteinte, et pour conserver aux laines travaillées dans l'établissement la réputation dont elles jouissent.
Abattoirs, ou bâtiments destinés aux tueries des bestiaux. Avant ces établissements, lesbouchers conduisaient les bœufs qu'ils avaient achetés dans les marchés de Sceaux ou de Poissy (I), à travers les
(1) II existait à Poissy un marché de bestiauxdu temps de saint Louis. Colbert, ministre de Louis XIV, propriétaire de la terre de Sceaux, y fit transférer le marché de Poissy. Cette injustice, qui n'est pas la seule qu'on ait à reprocher à ce ministre célèbre, fut en partie réparée avant sa mort. Dans la suite, le duc du Maine, propriétaire de Sceaux, ne s'opposa point à ce que les habitants de Poissy recouvrassent leur marché, qui fut rétabli par lettres patentes de l'an 1701 ; mais il ne voulut point se des- •aisir du marché de Sceaux. Ce marché est situé loin du village de ce nom et à l'extrémité méridionale du Bourg-Ia-Reine.
Les marchés de Sceaux «t de Poiiîv ap-
rues de Paris, et exposaient les habilanls à plusieurs dangers. Ces animaux, et les tueries, contribuaient en outre à y salir les rues, à les embarrasser, à corrompre l'air qu'on y respirait. On souhaitait depuis longtemps que les bestiaux n'entrassent plus dans cette ville, et que les tueries fussent portées hors de ses murs.
Un décret de Napoléon, rendu le 9 février 1810, porte qu'il sera fondé à Paris cinq abattoirs, savoir : trois sur la rive droite de la Seine et deux sur la rive gauche. Les trois abattoirs de la rive droite, dit ce décret, .seront : l'un de 24 échaudoirs, le second de 18 et le troisième de 12. Les deux abattoirs de la rive gauche seront de i8 échaudoirs. Ces cinq établissements sont, aunordde cette ville, ceux du Roule, de Montmartre et de Popincourt, et, dans sa partie méridionale, ceux d'Ivry et de Vaugirard. Ces étabhssements occupent chacun un vaste espace^ et contiennent plusieurs cours et corps de bâtiments.
L^ Abattoir du Roule, situé dans la plaine de Monceaux, au bout de la rue Miroménil, fut construit sur les dessins et sous la conduite' du sieur Petit-Radel, architecte. Les travaux commencèrent en 18 iO. Cet édifice se compose de quatorze corps de bâtiments et de plusieurs cours. L'espace qu'il occupe a 202 mètres de longueur sur 118 de largeur.
L Abattoir de Montmartre est situé entre les rues Rochechouart, de la Tourd'Auvergne et des Martyrs, et les murs de Paris. Cet établissement fut commencé, en 1810, sur les dessins et sous la conduite du sieur Poitevin, architecte. L'emplacement qu'il occupe a 350 mètres de longueur sur 127 mètres de largeur. Il contient quatre bergeries, quatre bouveries, et autres corps de bâtiments.
L'Abattoir de Popincourt, situé entre l'avenue Parmentier, les rues des Amandiers, Saint-Maur etSaint-Ambroise, fut commencé en 1810. Les sieurs Happe
provisionnent Paris de bestiaux. La caisse de Poissy, fameuseparles discussions qu'elle a fait naître, paie comptant aux marchands de bestiaux le prix de ceux qu'ils vendent aux bouchers de Paris et du département de la Seine, et avance à ces bouchers le montant de leurs achats,jusqu'à concurrence du crédit ouvert à chacun d'eux par le préfet de ce département.
sous NAPOLEON
ti Vautier, architectes, ont contribué à la construction de cet immense édifice, qui a sept bergeries, sept beuveries, etc.
VAbattûir^d'Icry, situé près delà barrière d'Italie, entre les boulevards intérieurs, et extérieurs, fut commencé, en 48<0, sur les dessins du sieur Leloir, architecte. Il occupe un espace considérable, quoiqu'il se compose de bâtiments moins étendus que les abattoirs dont je viens de parler.
UAlattoir de Vaugirard, situé entre l'avenue de Saxe, la place et l'avenue de Breteuil, la rue des Paillassons et le chemin de ronde de la barrière de Sèvres, a été commencé en 1811, sur les dessins du sieur Gisors. Cet abattoir est composé, comme les autres, de plusieurs cours et bâtiments.
Ces cinq abattoirs ont été terminés en •18 !8, et une ordonnance de police, du 1 1 septembre de cette année, fixa au Iode ce rr.ois l'époque où ils seraient ouverts et livrés aux bouchers de Paris, et ordonna qu'à partir de ce même jour les bestiaux ne pourraient plus être conduits dans l'intérieur de cette ville aux élables et abattoirs particuliers.
Po7iis et quais.
Une loi du 24 ventôse an ix ,15 mars 1801) ordonne la construction de trois ponts à Paris : l'un en face du Jardin des Plantes, l'autre pour servir de communication de l'île Saint-Louis à celle de la Cité, et remplacer l'ancien Pont-Rouge, et le troisième en face du Louvre et du collège des Quatre-Xations. Voici la notice de ces trois ponts :
Le pont d'Austerlitz ou du Jardin des Plantes communique à son extrémité septentrionale aux quais Morland et de la Kàfée, et à son extrémité méridionale aux quais de l'Hôpital et de Saint-Bernard, et au boulevard de l'Hôcital.
Ce pont, commencé en 1802, fut, le 1er janvier 1806, ouvert aux piétons; et, le 5 mars 1807, aux voitures; il reçut le nom d'Austerlitz, en mémoire de la célèbre bataille gagnée le 2 décembre 1805, par les Français, sur les Russes et les Autrichiens. Il a été construit sous la direction du sieur Laraandé, ingénieur en chef des ponts et chaussées, d'après les dessins du sieur Becquey-Beaupré, aux frais d'une compagnie qui doit, pendant
soixante-dix ans, l'entretenir et percevoir un péage.
Les culées et les piles de ce pont sont construites en pierres de taille et fondées sur pilotis. Cinq arches en fer fondu présentent chacune une portion de cercle; leur dimension moyenne e.-t de 25 mètres; la largeur entre les tètes est de 12 mètres, et la longueur totale du pont, entre les culées, est de 130 mètres.
Ce pont est le second à Paris dont les arches aient été construites en fer. Sa construction est curieuse et sa solidité à toute épreuve. Il est destiné à supporter les plus lourdes voitures. Si l'on excepte les masques en métal qui ornent les extrémités des solives de sa route, il ne présente d'autre ornement que la beauté de ses proportions.
Le pont de la Cité sert de communication entre l'île Saint-Louis et celle de la Cité; il est situé sur le bras de la Seine qui sépare ces deux îles; il remplace l'ancien Pont-Rouge, qui, fort irrégulier, était placé à environ vingt-cinq toises plus bas. Cet ancien pont, entièrement en bois, fut emporté par un débordement dans les premières années de la révolution.
La construction du nouveau pont de la Cité, commencée en 1801 et terminée en' 1804, fut entreprise par une compagnie qui y perçoit un péage. Ses deux culées et son uiwque pile sont en maçonnerie et fondées sur pilotis; ses deux arches en cha: pente de chêne, doublées en cuivre et goudronnées, portaient un plancher destiné aux cabriolets et aux gens de pied.
Voici ses dimensions. Le diamètre des arches était de 31 mètres 3 centimètres : sa largeur, entre les tètes, de 10 m.ètres 27 centimètres; sa longueur, entre les cuiées, de 64 mètres 56 centimètres.
Ces deux arches étaient extrêmement surbaissées, et cette forme, vicieuse aux yeux des hommes les moins instruits en architecture, présageait leur ruine prochaine. Bientôt ces arches surbaissées éprouvèrent un affaissement très sensible ; la route du pont fut interdite aux voitures et aux chevaux: les bois de cette route furent enlevés, et on ne permit qu'aux piétons de passer sur un des trottoirs. Ces ai ches ont été reconstruites en 1819. Elles sont moins surbaissées, et ont reçu d'ailleurs des soutiens qui paraissent garantir leur sohdiié. La route, plus étroite qu'a-
nîSTOIRS DE PARIS
vant cette restauration, ne peut recevoir que des piétons.
Une rue ouverte entre le jardin de l'archevêché et des maisons particulières se présente à l'entrée de l'île de la Cité et à l'extrémité de ce pont ; elle se nomme rae Bossuet.
Le pont des ^4/^5 traverse le cours entier de la Seine, et communique du Louvre au palais de l'Institut, ci-devant collège des Quatre-Nations, ou deMazarin.
Sa direction est celle de l'axe de ces deux édifices correspondonts. Son nom lui vient da Louvre, cpi portait le titre de palais des Arts avant qu'on l'eût appliqué à l'éf^ifice des Quatre-Nations.
Cepont, qui ne sert qu'aux piétons, fut ommencé en 1802 et terminé en 1804. Il a été bâti aux frais de la compagnie qui a entrepris les ponts dont je viens de parer. On y perçoit un péage. Ses culées et ses piles, en pierres de taille, sont fondées sur pilotis. Il a neuf arches en fer fondu supportant le plancher qui sert de route. Ce plancher est bordé par une balustrade en fer.
Le diamètre moyen des arches est de 16 mètres 18 centimètres; la largeur, entre les têtes, est de 10 mètres, et la longueur totale de ce pont, entre les culées, est de 166 mètres 59 centimètres.
Ce pont est, à Paris, le premier dont les arches furent construits en fer.
Le pont (Vlêna, situé en face de l'édifice de l'École-Militaire et du Champ-de- Mars, communique de ce champ et des quais placés à ses extrémités, à la route de Versailles, au bas de Chaillot, et près de la barrière de Passy.
Ce pont, tout construit en pierres de taille, et dont les piles et culées sont fondées sur pilotis, fut commencé en 1809 et achevé en 1813, sous la direction de MM. Lamandé et Dillon. Use compose de cinq arches à plein cintre, dont le diamètre moyen est de 28 mètres ; la largeur, entre les têtes, est de 1 2, et la longueur totale, entre les culées, est de 140 mètres. A chaque extrémité des parapets sont quatre piédestaux eu marbre de Ghàteau-Landon, destinés à porter des statues. Au-dessus de chaque pile, et dans l'inteivalledesarches, étaient sculptés des aigles entrelacés de couronnes. Ces sculptures ont été effacées depuis l'établissement du gouvernement royal, et d'autres y ont été substituées.
Le détail estimatif, arrêté le 10 octobre 1809, porte la totalité des dépenses de la construction de ce pont, y compris l'acquisition du terrain des abords, à la somme de 6 millions 173 mille 12.8 francs 75 centimes.
La dénomination d'ïéna fut donnée à ce pont en mémoire de la bataille de ce nom, gagnée, le 14 octobre 1806, sur les Prussiens. Lorsqu'en 1814, dans le temps des revers, l'armée prusienne vint à Paris, son chef voulut faire sauter ce pont. Quelques tentatives furent faites sans succès. On négocia avec lui, et il fut convenu que le pont serait conservé, mais qu'd changerait de nom; le roi, par ordonnance de juillet 1814, lui appliqua celui de I ont des Invalides.
Les travaux de ce pont, le terrain énorme qu'il a fallu entasser pour former une culée du côté du Champ-de-Mars, les mu'.s de terrasse des abords, ne sont pas les seuls qui furent entrepris sur cette rive par Bonaparte. Les quais élevés aux deux extrémités de ce pont, et prolongés du côté d'amont comme du côté d'aval sur les deux rives de la Seine, sont encore plus considérables. En face, sur l'axe du pont et sur le penchant de la montagne de Chaillot, fut commencé le palais du Roi de Rome. Aux deux côtés de l'extrémité occidentale du Champ-de-Mars, et dans le voisinage de ce pont, devait s'élever, du côté de Paris, le palais des Archives, et da côté de la barrière., un édifice destiné à des casernes. Ces constructions projetées, et dont l'exécution était commencée, ont été abandonnées par l'effet des événements de 1 8 1 4. On y a depuis établi une route bordée d'arbres.
QvAii d'Orsai, situé entre le Pont- Royal et le pont Louis XVI. Il portait anciennement le nom de la Grenouillère.
Il doit sou nom au prévôt des marchands, Boucher d'Orsai, qui, en 1708, en fit commencer une partie. Il fut, sous Bonaparte, dans les années 1808 et 1809, entièrement reconstruit; il porta d'abord le nom de quai Bonaparte; eu 1814, on lui redonna son ancien nom de quai d'Orsai. Le quai des Invalides est à la suite du quai d'Orsai, et commence au-delà du pont Louis XVI ; il borde, dans toute la longueur de la rive, le quartier du Gros- Caillou jusqu'au pont d'ïéna.
La première pierre de ce quai fut posée le 13 messidor an x (2 juillet 1S02).
sous NAPOLEON
En 481 4 les travaux en furent suspendus ; ils ont été repris depuis, et ce quai a complètement été achevé jusqu'au pont d'Iena.
Qi'.ai Dehilly, situé aubasde Chaillot, sur la rive droite de la Seine, qui sépare ce quai de celui des Invalides. Ce quai portait indistinctement les noms de la Conférence, de Chaillot et des Bons- Hommes. Par décret du 10 janvier 1807, il reçut le nom du général Debilly, tué à la bataille d'Iéna.
Le quai Debilly fait partie de la route de Paris à Versailles. Cette route, autrefois fort étroite, reçut, pendant qu'on construisit le pont d'Iéna, une largeur depuis longtemps désirée. On rorta le mur de terrasse de ce quai au milieu du cours de la Seine, dont on déploya le lit aux dépens de la rive opposée. Ce mur de terrasse vient se rattacher à la culée du pont d'Iéna et facilite ses abords.
Le quai de la Conférence longe les Champs-Elysées et le Cours-Ia-Reine.
Son mur de terrasse, entrepris sous le gouvernement du Directoire, laissait encore un assez long espace vide ; il fut continué sous le règne de Bonaparte et est terminé maintenant.
Le quai du Louvre, qui s'étend depuis le Pont-Royal jusqu'au pont des Arts, fut considérablement réparé sous ce règne. Le mur de terrasse, ses parapets, ses trottoirs, furent construits en 1803. On éleva la route de ce quai, entre le Louvre et le pont des Arts, à la hauteur de la route de ce pont ; et sur le bord de la Seine, au bas de ce quai, au port Saint- Nicolas, on construisit un bas-port très solide et très commode au commerce.
Quai Desaix, situé entre le pont de Notre-Dame et le pont au Change, sur la rive gauche de la Seine. Il occupe l'ancien emplacement de la rue de la Pelleterie. Il est bordé, du côté de la Cité, par le Marché aux Fleurs.
Le 18 avril 1788, un arrêt du conseil avait arrêté le projet de ce quai ; mais alors on projetait et on n'exécutait guère. Ce quai, en 1802, fut complètement construit.
L€ quai de la Cité commence au pont de la Cité et à la rue Bossuet, et se termine au pont de Notre-Dame et à la rue de la Lanterne. Un arrêté du gouverne- • ment, du 29 vendémiaire an xii (22 octobre 1803; ordonne Touverturede ce quai
et la construction de son mur de terrasse. Les travaux furent achevés en 1813. Sur l'emplacement de ce quai étaient autrefois des maisons hideuses, et les rues étroites, dites Bjsse-des-Ursins et d'Enfer, qui menaient à la rivière.
Quai Catinat. Il commence au pont de la Cité et à la rue Bossuet, et finit au Pont au Double et à la rue de l'Evêche. Ce quai, ordonné par décret du 29 mars 1809, fut terminé en 1813. 11 contourne l'ancien jardin de l'archevêché, et occupe une partie du lieu appelé le Terrain ou la Motte aux papelards, et une partie des jardins des chanoines et de larchevèché.
Le quai MonteheUo, ou Bignon, aujourd'hui quai Saint-Michel, commence au pont Saint-Michel et finit au Petit- Pont. Bignon, prévôt des marchands, avait, en 1772, projeté sa construction; mais alors il y avait loin du projet à l'exécution. Il fut commencé en 1811 et achevé en 1813. Il est placé sur une partie du derrière des maisons de la rue de la Huchette, et sur une partie des ruelles dites de'sTrois-Chandelierset du Chat-qui -Pêche.
L'île de la Cité serait entièrement entourée de quais, si les bâtiments de IHôtel-Dieu n'y mettaient obstacle.
Le Quai Morland s'étend le long du petit bras de la Seine qui le sépare de l'île Louvier. Il occupe l'emplacement d'un ancien mail, auquel succéda un chemin bordé de cabarets. On lui donna, en 1806. le nom qu'il porte, en mémoire de Morland, commandant des chasseurs de la garde, tué, le I décembre 1803, à la bataille d'Austerlitz.
Quai 7iouveau de la TourneUe. Il s'étend depuis le Pont au Double jusqu'au port aux fruits. Il fut terminé en 1819.
Les quais qui bordent la Seine au nord du cours de cette rivière ont éprouvé, dans les années 1830 et suivantes, de notables améliorations. Les uns reconstruits, élargis aux dépens du lit de la Seine ; d'autres alignés, nivelés: tous rendus plus commodes, offrent, au heu de ces étroits passages où les piétons se pressaient, se heurtaient, où les voitures s'embarrassaient, offrent, dis-je, aujourd'hui de magnifiques abords, des promenades, des places spacieuses et des communications faciles et dignes d'une grande cité.
m. Eaux de Paris.
Canal de l'Ourcq. J'ai dit que les
sieurs Solage et Bossu avaient, en 1799, proposé la" dérivation des eaux de la ri- \ière de 1 Ourcq et leur conduite à Paris, en orenant les eaux de cette rivière aux env'irons du village de Lisy. On jugea qu'ils ne les prenaient pas assez haut ; on parlait de remonter jusqu'au village de Crouy, lorsqu'un décret du 29 Horéai an x {19 mai 1802) mit fin à cette discussion. Il porte : « Il sera ouvert un canal de dé- « rivation de la rivière d'Ourcq, qui amè- « nera cette rivière dans un bassin près « de la Villette. » Le 25 thermidor suivant, un autre décret prescrit le commencement des travaux au l^r vendémiaire an XI (23 septembre 1802), assigne les fonds qui leur sont nécessaires sur les produits des octrois établis aux entrées de Paris, charge le préfet du département de la Seine de l'administration générale de ces travaux, et les ingénieurs des ponts et chaussées de leur exécution.
La prise d'eau, dans l'Ourcq, fut fixée au bief supérieur du Moulin de Mareuil, distant de la barrière de Pantin de 96,000 mètres, ou 24 lieues.
Ce canal a plusieurs objets d'utilité : le premier consiste à amener dans le bassin de la Villette un assez grand volume d'eau pour suffire aux besoins de Paris, et procurer de l'embellissement à cette ville; le seconda établir, par cette conduite d'eau, une commimication navigable entre la rivière d'Ourcq et Paris; le troisième à former, au nord de Paris, un canal de la Seine à la Seine, composé de deux branches navigables, alimentées par le bassin de la Villette : l'une dirigée de Saint- Denis à ce bassin, et l'autre de ce même bassin aux fossés de l'Arsenal; et le quac-rième, à disposer du superflu des eaux pour former des usines dans Paris, et principalement sur les deux rives du canal de la Seine à la Seine.
Je vais parler des diverses parties, embranchements et ramifications de ce canal.
Le Bassin de la Villette, commencé en 1806 et terminé en 1809. Il présente un parallélogramme dont la plus grande dimension est de 800 mètres, et la moindre de 80. Il reçoit au nord les eaux du canal de l'Ourcq. Ce bassin, bordé de quatre rangs d'aibres, et dont la surface est animée par des barques ornées de banderoles, acquiert un nouvel ornement de l'édifice magnifique et pittoresque
qu'offre la barrière de Pantin. L'axe de cette vaste pièce d'eau correspond parfaitement avec celui de cet édifice. Ce bassin est revêtu en maçonnerie sur toutes ses faces.
Aux deux angles de son extrémité, du côté de la ville, ses eaux ont deux issues, dont l'une, partant de l'angle occidental, alimente l'aqueduc de Ceinture dont je vais d'abord parler.
Aqueduc de Ceinture. L'eau qui sert aux besoins et aux embellissements d'une partie de Paris sort d'un des angles du bassin delà Villette, parcourt l'aqueduc de Ceinture, long de 4,350 mètres, et qui s'étend de ce bassin jusqu'à Monceaux.
De cet aqueduc partent deux branches ou galeries, l'uneappelée deSaint-Laurent, et l'autre des Martyrs. Ces deux galeries, dont la première a 900 mètres de longueur, l'autre 800, parties de l'aqueduc de Ceinture, se terminent au grand égout. Elles ont des ramifications de moindres dimensions, ainsi que des tuyaux en fonte de fer de 9,700 mètres de longueur, qui alimentent les bornes-fontaines de la rue Saint-Denis et d'autres rues adjacentes, les fontaines des Innocents, du Ponceau, et la belle fontaine-située sur le boulevard de Bondi, et qui alimentaient la fontaine de la Place Royale, avant que cotte belle fontaine fût détruite.
L'issue de l'angle oriental du bassin de la Villette est destinée à fournir de l'eau au canal Saint-Martin.
Le Canal Saint-Martin, appelé d'abord Canal de navigation, partant du bassin de la Villette, et aboutissant à la gare des fossés de l'Arsenal; cette distance est de 3,200 mètres Sa largeur est de 19 mètres au fond et de 20 au sommet; il a 2 mètres de hauteur d'eau; il est revêtu en maçonnerie et bordé, sur ses deux côtés, de chemins de halage, plantés d'arbres et pavés sur une largeur de 12 miètres. Ce canal passe entre l'hôpital Saint-Louis et le boulevard extérieur, traverse le faubourg du Temple, la rue Mesnilmontant, celle du Chemin- Vert, et arrive à la place de la Bastille. Sa pente totale, de 25 mètres, est répartie entre dix écluses, non compris l'écluse de garde de la gare.
Le 3 mai 1822, M. le préfet de la Seine a posé, dans les fossés de la Bastille, la première pierre de l'écluse de Seine, pour le canal Saint-Martin.
sous NAPOLEON
La Gare de l'Arsenal, à laquelle aboutit le canal Saint-Martin, e^t d'une utilité incontestable. Etablie sur les fosses de l'Arsenal, élarais et débarrassés de leurs vieilles constructions, cette care a en longueur 586 mètres et en largeur en- I virou 58 mètres; elle ne peut contenir que 70 à 80 bateaux, parce que son milieu doit être laissé libre aux bateaux entrants ou sortants. Un pont en biais est élevé au-dessus de l'écluse de garde, au point où les eaux de la Gare communiquent à la SeinQ.
Les fossés de l'Arsenal et l'emplacement de la Bastille doivent à l'exécution de ces travaux immenses de notables embellissements.
Le canal Saint-Martin sert de complément au canal de communication de la Seine à la Seine, en traversant des quartiers de Paris; communication dont le canal de Saint-Denis est la première partie.
Canal de Saint -Denis. Il commence près de la ville de Saint-Denis et du lieu de la Briche, au point oii la petite rivière du Rouillon se jette dans la Seine, et se termine au canal de l'Ourcq, à une pièce d'eau en demi-lune, située au-dessus du bassin de la Villette, et à une distance d'environ 800 mètres de ce bassin.
Depuis longtemps on avait senti la nécessité d'établir un canal de Saint-Denis à Paris; en 172o, le comte de Jumelle offrit auconseild'Etatunprojetdececanal, projet qui fut examiné, approuvé, mais non exécuté. Ce gouvernement n'était pas expéditif.
; Ud décret du 24 février 1811 ordonna la construction de ce canal, et les travaux commencèrent la même année.
Ce canal, après avoir contourné, dans une longueur d'environ 2,000 mètres, les dehors de la ville de Saint-Denis, du côté de Paris, se dirige en une ligne droite, d'environ 3,800 mètres, jusqu'au canal de rOurcq. La longueur totale de ce canal est de 6,600 mètres; la différence des niveaux, ou sa pente depuis le canal de l'Ourcq jusqu'au point où il s'ouvre sur la rive de la Semé, est de 28 mètres 40 centimètres. Cette pente est rachetée par douze écluses. Trois ponts sont construits sur sa longueur : deux sur les deux routes qui de Paris mènent à Saint-Denis, et le troisième à l'extrémité septentrionale du village de la Villette.
Du point où commence le canal, il fallait aux bateaux, en parcourant les sinuosités de la Seine, trois jours pour arriver à Paris; il ne faut que huit heures, ou tout au plus une journée, pour qu'ils arrivent au bassin de la Villette.
Ce canal fut achevé en 1821, et l'ouverture en fut célébrée, le dimanche 16 mai de cette même année, par des cérémonies qui n'ajoutèrent rien à son utilité.
Fontaines de Paris.
Sous ce règne les fontaines se multiplièrent dans cette ville; celles qui, depuis des siècles, étaient frappées de stérilité ou qui n'avaient qu'une activité intermittente, reçurent une nouvelle vie ; de plus, de nouvelles fontaines furent créées. Je vais en donner la notice suivant l'ordre chronologique.
Ld. fontaine monumentale de Desaix, située au centre de la place Dauphine. fut élevée en 1802, sur les dessins de M. Percier, à la mémoire du général Desaix, tué le 25 prairial an viii, à la bataille de Marengo. Ce monument est composé d'un cippe qui porte le buste de ce général, couronné par la France militaire. Le Pô et le Nil, fleuves témoins de ses exploits, sont représentés avec leurs attributs sur le bas-relief circulaire. Deux Renommées gravent sur des écussons, l'une Thèbes et les Pyramides, l'autre Kehl et Marengo.
Là sont plusieurs inscriptions . l'une contient les dernières paroles que ce général prononça, dit-on, en expirant, et l'autre le dénombrement des lieux où il signala son courage ; on y remarque ces mots : Les ennemis V appelaient le Juste.
Une troisième inscription apprend qu'il naquit à Ayat, département du Puy-de- Dôme, le 17" août 1768, et que ce monument lui fut élevé en l'an x. Au-dessous, sur une plinthe en marbre, sont les noms de tous ceux qui ont contribué à l'exécution de ce monument.
Quatre têtes de lion en bronze jettent dans un bassin circulaire, des eaux d'à» bord provenues de la pompe de la Sariia< ritaine , et aujourd'hui de l'aquedua d'Arcueil.
Fontaine du Lion-Saint-Marc, située au milieu de l'esplanade des Invalides. Elle était composée d'un piédestal
90 niSTOiRE
de forte dimensioD, surmonté d'un socle sur lequel était le lion ailé qui décorait la place de Saint-Marc à Venise : c'est là un des fruits de nos conquêtes en Italie. Ce lion, en bronze, de proportion colossale, était un monument de nos victoires, mais non un modèle de bon goût ; il a été rendu à ses anciens propriétaires : cette perte n'est pas regrettable. Cette fontaine, construite en i804, fournit de l'eau de la pompe du Gros-Caillou.
\jàfo7itaine de l'Ecole de Médecine, située sur la place de ce nom, était adossée à l'ancien bâtiment du couvent des cordeliers; elle fut construite, pendant les années 1805 et 1806, sur les dessins de M. Gondouin. Elle présentait quatre colonnes doriques cannelées, supportant un vaste entablement, sur lequel était l'inscription suivante, qui fut effacée depuis 1814 :
. Napolionis. Augusti. Providentia.
divergium sequan^.
civium. commodo. asclepiadei. orna-
mento. mdcccvi.
A travers ces colonnes, on voyait un enfoncement dont le plan demi-circulaire offrait une forme de niche, au bas de laquelle était un vaste bassin : d'une ouverture placée à la partie supérieure sortait quelquefois assez abondamment, souvent avec parcimonie, de l'eau qui, comme une cascade, tombait dans le bassin.
Le bassin de cette fontaine n'était pas assez élevé au-dessus du pavé ; les eaux, à défaut d'une pente suffisante, s'écoulaient difficilement, et la place en était toujours inondée.
Lorsqu'on achevait de construire la fontaine de l'Ecole de Médecine, parut un décret impérial, du 2 mai 1806, portant que soixante-cinq fontaines existant à Paris seraient mises en état de fournir de l'eau, et qu'il en serait construit quinze nouvelles : il ajoute que,
« La pompe de Notre-Dame continuera '< d'alimenter vingt-neuf fontaines, ainsi « dénombrées :
« l.'à fontaine Mauhuée, au coin de « la rue de ce nom et de la rue Saint- « Martin;
« La fontaine Sainte-Avoie, rue de « ce nom;
« La fontaine Saint-Leu, rue Salle- « au-Gomte;
« La fontaine Grenetat, au coin de
« la rue de ce nom et de la rue Saint- « Denis;
« La fontaine Saint- Déni s, rue de « ce nom, prèscelle de Saiiite-Foi;
« La fontaine Saint-Martin, rue de « ce nom, près l'ancienne abbaye ;
« La fontaine Saint-Côme, au ■.
« des rues des Cordeliers et de la Haijj: « (elle a été supprimée depuis) ;
« La fontaine Saint- S everin^ au coin « de la rue de ce nom et de la rue Saint- « Jacques;
« La fontaine Saint- Benoît, place « Cambrai;
t La fontaine Sainte- Anne, cour de
• la Sainte-Chapelle;
« La fontaine de la place Mauhert;
« La fontaine de la rue des Fossés- « Saint-Bernard;
« La fontaine Saint-Victor (dite « ^Alexandre), au coin de la rue de a Seine, rue Saint-Victor;
« La fontaine du marché Saint- « Jean;
« La fontainedes Blancs-Manteaux ,
* rue de ce nom ;
« La fontaine des Audriettes, au « coin de la rue de ce nom et de la ruei « du Chaume-;
« La fontaine du marché Saivt- « Martin ;
« La fontaine du Temple^ près du « palais de ce nom ;
« Lafo7itaine de VEcha%dé^ près « la rue de ce nom ;
« La fontaine des Enfants-Rouges;
« La fontaine Boucherat^ au coin de « la rue de ce nom et de la rue Chariot, « au Marais ;
« Là fontaine Sainte-Catherine (ou « de Birague), rue Saint-Antoine ;
a La fontaine Saint-Loiàs, rue de « Turenne, au Marais ;
« La fontaine des Tournelles, au « coin de la rue de ce nom et de la rue « Saint-Antoine ;
« La fontaine Trogneux, au coin de « la rue de Charonne, rue du Faubourg- « Saint-Antoine;
<t La fontaine Bas-Froid, au coin de « la rue de ce nom et de la rue de Gha- « ronne ;
« La fontaine du marché Lenoir, a faubourg Saint-Antoine ;
<c La fontaioie de la Petite-Halle^ 0 rue du Faubourg-Saiut-Antoine, à l'en- « trée de la rue de Montreuil ;
« La fontaine dvj Ponceav,, au coiu « de la rue de ce nom et de la rue Saint- « Denis.
« La pompe de la Samaritaine conc tinuera d'alimenter :
« La fontaine de la Croix-dv^Tra- |« hoir, au coin de la rue de l'Arbre-Sec t« et de la rueSaint-Honoré.
« Elle n'alimentera plus :
« hd. fontaine de Dtsaix, place Dau- « phine ;
« La fontaine dv, Diable, située à « l'angle de la rue de l'Echelle et de la « rue Saint-Louis.
« Les pompes a vapeur de Chaillot «fourniront de l'eau aux fontaines ci- « après designées :
« La fon ta in e ci-devant des Capucvis, « rue SainL-Hcnoré ;
« L^ fontaine de la hiUte Saintt Roch, au coin de la rue des Moineaux « et de celle des Moulins (dite fontaine « df Amour):
Ld. fontaine de Richelieu, rue de
i nom, au coin de la rue Traversière ;
« L^ fontai7ie Colhert, rue de ce nom;
« Ld^fontoAne d'Antin, à l'extrémité
« de la rue Nenve-Saint-Angustin, et au
« coin de celle de La Fontaine ;
« La fontaine Montiiiartrc, rue de * ce nom, près le boulevard;
<^ L^ fontaine ci-devant des Petits- « Pères, rue de ce nom ;
« La fontaine des Innocents, au mi- « lieu du marché de ce nom ;
« Ldi fontaine du Pilori, dans la halle « au beurre;
« Ld. fontaine d.e Médicis, à la co- « lonne attenante à la halle aux blés.
« Les pompes a vapeur du Gros- « Caillou fourniront journellement de « l'eau aux fontaines ci-après désignées : « La fontaine de l'Esplanade des « Invalides (ou du Lion- Saint- M a/rc) ; « La fontaine de Grenelle, rue de ce « nom ;
« Ldi fontaine de la Charité, rue Ta- « ranne ;
« La fontaine de la ci-devant abbaye • de Saint-Germain-des-Prés ;
' La fontaine des Cordeliers, rue de « ce nom. »
Après quelques dispositions relatives à l'entretien et à l'amélioration des pompes à vapeur, le décret forte que :
a 'Les eaux de Belleville et du Pré- « Sai.nt-Gervais continueront d'alimen-
« ter les fontaines ci-dessous nommées :
« Fontaine du Pré-Saint-Gervais, « hors des barrières;
« Fontaine de Sainte-Pe'rine, de « Chnillot;
e Fontaine d.u Ch<ii(,dron, à l'extré- « mité du faubourg Saint-Martin ;
« Fontaine des Récollets, rue du « Faubo'jrg-Saint-Martin ;
« Fontaine de Saint-Lazare, vis-à- « vis la maison de détention ;
* FontoÀne de Saint-Maur, rue du « chemin Saint-Denis, faubourg du Tem- « pie.
« Les eaux de l'aqueduc d'Arcueil « continueront d'alimenter les quatre fon- « taines suivantes :
« L^ font aine Saint-Michel, place de <t ce nom;
« hd. fontaine de Sainte-Geneviève, <c vers la partie supérieure de la rue de « la montagne Sainte-Geneviève;
« \^^ fontaine du Pot-de-Fer, au coin «' de la rue de ce nom et de la rue Mcuf- « fêtard:
« hdi fontaine des Carmélites, rue du » Faubourg-Saint- Jacques. »
Il faut ajouter au dénombrement une fontaine omise par le rédacteur du décret, et qui provient d'une dérivation de la fontaine des Carmélites :
hd. fontaine de la nie d^ Enfer, près des Carmélites.
Ce dénombrement présente un total de soixante-six fontaines existantes à Paris avant l'an -1806. Dans ce nombre ne sont point comprises ks fontaines établies dans les palais et dans leurs jardins.
Le même décret porte que, dans la ville de Paris, il sera érigé quinze fontaines nouvelles, et qu'elles seront établies dans les emplacements ci-après désignés :
Fontaine du marché des JacoLins, dit aujourd'hui Marché Saint-Honoré.
Cette fontaine est alimentée par les eaux de la pompe de Chaillot.
Chateau-d'Eau, place du Palais-Boy al.
Ici, rien ou presque rien n'était à construire, il n'y manquait que de l'eau; j'ea ai donné la description.
Fo7itaine de l'Ecole, sur la place de ce nom ; elle est composée d'un piéd^\«tal sur lequel est posé un vase de forme simple et pure. L'eau qui jaillit de quatre masques en bronze est reçue dans un bassin circulaire. Cette eau provient de la pompe Notre-Dame.
Fontaine du Pahnier, située au centre de la place du Chàtelet, à l'extrémité septentrionale du Pont-au-Change. Par ^a forme, son isolement et par ses inscriptions, qui conservent la mémoire des victoires des armées françaises, cette fontaine mérite le titre de monumentale : elle fut construite en 1807. Au milieu d'un bassin circulaire de vingt pieds de diamètre, est un piédestal qui porte une colonne de cinquante-deux pieds de hauteur ; son fùta la forme d'un palmier et son chapiteau en offre les rameaux. De là est provenue la dénomination de cette fontaine.
Sur le piédestal sont quatre statues symboliques plus grandes que nature, et sculptées par M. Boisot; elles représentent la Loi, la Force, la Prudence, la Vigilance. Unies entre elles par la jonction de leurs mains, elles forment un cercle autour de la base de la colonne, dont le fut est divisé par des anneaux de bronze doré,, sur lesquels sont inscrits les noms des victoires remportées par les Français. Aux quatre angles du piédestal sont placées quatre cornes d'abondance dont les parties inférieures se terminent par des têtes de poissons marins qui lancent de l'eau. La face du piédestal qui regarde le Pont au Change, et la face opposée, sont décorées d'une large couronne de lauriers en relief, au centre de laquelle est une aigle éployée.
Au-dessus du chapiteau de la colonne on voit une portion sphérique en bronze doré, d'où s'élance une figure de même métal; c'est celle de la A' ictoire, aux ailes éployées, élevant et tenant de chaque main une couronne.
Cette fontaine est alimentée par les eaux de la pompe Notre-Dame.
Le même décret indique ensuite une fontaine à construire, au pied du regard de Saint-Jean-le-Rond, adossée à une des faces latérales de l'église de Notre- Dame, et destinée à fournir les eaux de la pompe Notre-Dame.
Une autre fontaine au pied du regard lies Lions-Saint-Paul doit produire les mêmes eaux.
Fontaine de Popincourt, située dans la rue de ce nom, vis-à-vis la caserne. Elle est décorée d'un bas-relief représentant la Charité qui assiste un enfant et donne à boire à plusieurs autres ; elle est alimente par la pompe de Ghaillot.
Fontaine de l'Hospice militaire du
Gros-Caillou, située rue Saint-Dominfque. Elle est isolée, et offre une construction carrée, ornée de huit pilastres et d'uiî entablement dorique. Sur une de ses faces est un bas-relief représentant Hygie donnant un breuvage à un guerrier'épuisé ; dans les entre-pilastres sont des vases dont chacun est entouré par le serpent, symbole du dieu de la médecine. Cette fontaine fut terminée en 4809; ses eaux proviennent de la pompe à feu du Gros- Caillou.
Fontaine dupalais des Artsovi de V Institut, quai Conti. Celte fontaine ne consiste point en un monument isolé ; aux côtés du perron de la façade du Palais des Arts on a construit deux bassins, chacun desquels est rempli par quatre jets d'eau, sortis des gueules de quatre lions. Ces quatre lions, en fer fondu et d'un beau style, proviennent de la célèbre fonderie du Creuzot, village situé au bas du Mont- Cenis, département de Saône-et- Loire.
Cette fontaine est alimentée par les eaux d'Arcueil.
Fontaine Egyptienne, rue de Sèvre>, située entre les n^s 58 et 60 ; elle est adossée aux maisons. L'architecture et la statue placée dans une niche carrée portent le caractère égyptien ; les deux brade cette statue sont collés le long de son corps, et de ses mains elle tient deux cruches qui répandent de l'eau provenue de la pompe du Gros-Caillou.
Au-dessus, en bas-relief, au lieu d'uu ibis, on voit une aigle éployée [\).
Fontaine de la 7'ue de Vaugirard ou du Léda, située à l'angle de la rue de ce nom et de celle du Regard. Elle n'est point isolée, mais adossée à l'angle de ces rues. On y remarque un bas relief en pierre, qui' représente Léda caressant Jupiter métamorphosé en cygne; à côté est une figure de l'Amour qui contemple le mystère. C'est du bec en métal de ce cygne que sort l'unique jet de cette fontaine qui iournit de i'eau d'Arcueil.
Fontaine de la place Saint-Sulpice.
Elle était située au centre de cette place. Au-dessus de trois gradins est un bassin carré, du milieu duquel s'élève une con-
(1) En 1816 et 1817, des réparations à faire à cette fontaine suspendirent momentanément l'activité de ses eaux ; on y a suppléé par une bouche d'eau placée dans le 1 voisinage.
sous NAPOLEON
structiou quadrangulaire, dont chaque face est couronnie par une fiise et un fronton. Deux tuyaux, l'un sur la face orientale, l'autre sur la face opposée, . versent l'eau dans deux coquilles, d'où I elle se répand, par six filets, dans deux f bassins carrés placés au-dessous; elle sort ensuite par quatre tuyaux des faces latérales de ces deux bassins, et retombe dans le grand bassin. Quatre bas-reliefs en marbre, sculptés par le sieur d'Espercieux, et des inscriptPons indicatives de leur sujet, décorent les faces de cette fontaine. Celui de la face opposée à l'églisede Saiot-Sulpice est dédié à la Paix, les trois autres représentent l'Agriculture, le I Commerce, les Sciences et les Arts.
Les dimensions de cette fontaine n'étant point en proport/ion avec l'étendue de la place, ni avec l'élévatiou du portail de Saint-Sulpice, elle se trouvait rapelissée par ce qui l'environnait. Elle fournit l'eau de la pompe du Gros-Caillou.
Cette fontaine, démolie en 1824, a été rétablie Tannée suivante au centre de la cour du marché Saint-Germain, où elle se trouve beaucoup mieux proportionnée aux objets qui l'entourent: elle a été. dans sa^ nouvelle place, entièrement ragréée.
F 071 1 aine du Lycée ou dv. Collège ^owrèo'/?, établie rue Sainte-Croix, Chaussée-d'Antin. Elle est alimentée par la pompe de Chaillot.
Fontaine de la rue Ce'/isier, située au coin de cette rue et de la rue Mouffetard. On y remarque la figure, à micorps, d'un Satyre ou Baccbant, qui tient sous son bras et presse une outre, d'où, au lieu de vin, sort de l'eau qui provient de l'aqueduc d'Arcueil.
Fontaine au caxrefour qui termine la rue du Jardin des Plantes. Cette fontaine isolée est d'un style pur. Son élévation présente un m.assif de maçonnerie dont la partie supérieure se termine en forme cintrée; une large couronne de lauriers, au centre de laquelle était une aigle éployée, qu'on a fait disparaître, et un masque en bronze d'après l'antique, de la bouche duquel sort un jet, sont les principaux ornements de cette fontaine, qui se dessine avantageusement sur la verdure de quelques peupliers plantés- derrière. Elle donne de l'eau d'Arcueil.
Telles soût les foûtaiûes ûouvelles dont
la construction fut ordonnée par le décret de 1806. Elles ont été exécutées depuis, ains' que quelques autres dont ce décret ne fait pas mention ; je vais parler des plus remarquables de ces dernières.
Fojitaine de Tantale, adossée aux maisons qui forment la pointe Saint-Eustache. Dans une niche est un vase qui reçoit ''eau sortie d'une coquille au-dessus de laquelle est une tête couronnée de fruits, qui, la bouche ouverte, semble s'efforcer, mais vainement, de se désaltérer avec l'eau dont cette coquille est pleine. C'est en p rtie le sujet de la fable de Tantale, et la cause du nom donné à cette fontaine. Cette fontaine fournit de l'eau provenue de la pompe du pont Notre- Dame.
Fontaine de la place des Vosges, dite aujourd'hui Place Royale. Du centre du bassin situé au milj^u de cette place, ou plutôt de ce jardin, s'élevait une gerbe d'eau, composée de plusieurs jets, qui produisaient un très bel effet. Cette belle fontaine, pareille à celle du jardin du Palais-Royal, et dont l'eau provenait du canal de 'l'Ojrcq, a été détruite en 1819; elle est remplacée par la statue équestre de Louis XIII.
Fontaine de la rue du Ponceau. Un jet d'eau, situé à l'angle rentrant que forme cette rue, s'élançait à la hauteur de dix à douze pieds du milieu d'un bassin. Ce jet était alimenté par les eaux dii canal de l'Ourcq.
Fontaine du marché aux Fleurs, s\ir le quai Desaix. Elle consiste en deux bassins séparés qui ne se remplissent que les jours de marché: alors on voit jaillir de chacun de leurs centres, et d'une calotte spherique percée de plusieurs trous, des jets divergents. Ces eaux proviennent de la pompe Notre-Dame.
Fontaine ou Château-d'Eau du loulerard Bondi. Elle fut terminée ea 18 10. Sa beauté ne peut être comparée qu'à celle de la fontaine du marché des Innocents : si elle est moins riche en sculpture, ses eaux sont plus abondantes, et leur effet plus imposant et plus pittoresque. Elle est située sur l'esplanade du boulevard Bondi, entre la porte Saint- Martin et la rue du Temple.
Le plafond de son bassin est à 12 mètres au-dessous du niveau moyen des eaux du bassin de la Villette, par lesquelles cette foQtaiue est alimentée.
Sa construction et le jeu de ses eaux présentent une forme pyramidale, dont la base, qui est celle du bassin inférieur, a -13 mètres de rayon, et dont le sommet s'élève au-dessus du sol du boulevard à la hauteur de 5 mètres.
Une gerbe volumineuse jaillit d'une cuvette supérieure, y retombe, puis ses eaux se versent dans une seconde cuvette, d'où elles sont versées dans une troisième, et enfin dans le bassin; ainsi le jet supérieur se reproduit par trois cascades circulaires, et ses eaux se déploient plus largement à mesure qu'elles se rapprochent du bassin qui les reçoit.
D'autres ornemxents embellissent cette fontaine et en varient les effets. Quatre socles divisent le bassin circulaire ; sur chacun de ces socles sont posés deux bons «en fer fondu, qui de leur gueule lancent huit jets-dans ce bassin.
Les arbres du boulevard mêlent leur verdure à l'éclat brillant de ces eaux, et l'ensemble de cette fontaine et de ce qui l'entoure est un spectacle d'autant plus admirable, que l'œil des habitants n'y était point accoutumé. Elle a été réparée enl 825.
Fontaine de VEUjjluint^ située sur l'emplacement de la Bastille, entre le canal Saint-Martin et la nouvelle gare. Le décret qui ordonne sa construction est du 9 février 4 810; il porte qu'il sera élevé sur cette place une fontaine sous la forme d'un éléphant en bronze, fondu avec les canons pris sur les Espagnols insurgés.
Cet éléphant sera chargé d'une tour, et l'eau jaillira de sa trompe. Cette fontaine, qui, suivant ce décret, devait être terminée au plus tard le 2 décembre 1811, ne l'est pas encore en 1837, et les fondations
HISTOIRE DE PAPJS
furent posées en l'an 1810. Elle devi être magnifique et se présenter sous formes que je vais décrire.
Une voûte à plein cintre, déjà construite' en pierres dures et ouverte sur le canal devait porter un socle surmonté de la figure colossale d'un éléphant en bronze-, haut de plus de 24 m.è'res, y compris la hauteur d'une tour placée sur son dos: cet éléphant devait lancer l'eau par sa trompe.
On aurait monté à la tour, placée sur le dos de cet animal, pur un escalier a vis pratiqué dans l'intérieur d'une de ses jambes, et chaque jambe aurait eu 2 mètres de largeur. Cette fontaine devait être décorée de vingt-quatre bas-reliefs en marbre représentant les sciences et les arts.
En parlant des fontaines les plus récentes, je dois rappeler celle du marché Saint- Martin, qui n'a été terminée qu'en 1817. et celle du marché Saint-Germain, située dans le milieu de la galçrie destinée aux boucheries de ce marché, .l'ai décrit Tune et l'autre.
Il est, à Paris, plusieurs autres fontaines que j'ai déjà mentionnées; plus simples, moins magnifiques, elles n'en sont pas moins utiles. Je me bornerai à dire que, sans y comprendre les nombreuses concessions faites aux palais, hôtels et maisons particulières, les distributions aux tonneaux, les fontaines marchandes, constructions placées dans diverses places publiques et sur les quais, et les bouches d'eau pour le lavage des rues, il se trouve cent vingt-sept fontaines ou regards publics dans l'intérieur de Paris.
Pour faire connaître la quantité d'eau distribuée à ces fontaines pendant vingtquatre heures, je joins le tableau suivant :