‹ Histoire de ParisChapitre 18 sur 261 · T)]Z PARIS · texte numérisé non relu

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du v;n dans les environs de Paris,- rendent ma conjecture très vraïsemblable (i).

Voici ce qu'on a imaginé pour donner de l'im.portance et un caractère d'authenticité à l'origine de cet établissement chrétien, et pourquoi, portant d'abord le nom de Saint-Bicchus, il a reçu ensuite celui de Saint-Benoît.

Sur un vitrage d'une chapelle de cette église on lisait ces mots : It, hoc saceilo sat-ctus Dloiiysluscœpit inrocare nomen sajicfœ Trin, tatis. « Dans cette chapell^ < saint Denis commença à invoquer le non» « delà sainte Trinité. » L'écriture de cette inscription est du quatorzième siècle.

Adrien de Valois en traite le contenu de fable ; et l'abbé Lebeuf, cherchant la cause du changement de nom de cette église, s'appuie sur cette inscription. Il dit que la Trinité était qualifiée de benedicta, benoite. et que de beiioite on a fait s((int Benoit. Lancé dans le champ des conjectures, je crois qu'il s'y égare. Voici la cause de ce changement de nom.

Près de cette église il existait une aumônerie de Saint-Benoit , Eleemosyna saiicfi Benedicti, mentionnée dans un acte de l'an LL38 , par lequel Louis VII donne une obole de cens à cette aumônerie, située dans le faubourg de Paris, à côté du lieu api^elé les Thermes (2). Cette espèce d'hospice était placée près et hors de la seconde enceinte , comme l'hospice de Saint-Julien l'était, quelques siècles avant, au dehors de la Cité et près de la porte du Petit-Pont.

Il paraît que l'église de Saint-Bacchus fut réunie à cette aumônerie de Saint- Benoît, laquelle était fort pauvre, si l'on en juge par des vers qu'un chanoine de la cathédrale, appelé Léontius, adressa en 1 1 55 au pape Adrien IV ; et sa pauvreté dut déterminer cette réunion. Alors le nom de Saint-Benoît . fort accrédité, prévalut sur le nom de Bacchus , un peu suspect. Ce dernier resta toujours un des patrons de l'église ; mais il fut subordonné au patron nouveau.

Dans la suite, vers l'an 1203, on donna cette aumônerie aux pères de la Rédemption des captifs . depuis dits Mathurins.

(l'i Voyez ci-dessus les articles Autel à Bacchus, et Etablissement du christianisme à

(2) Histoire de Paris, par Félibien, t. III,

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Quelques années après, ces pères, secounis par les libtpralitès de saint Louis . achetèrent un terrain dans le voisinage, et firent construire une maison conventuelle et une éslise sur une partie de l'emplacement du palais des Thermes. AlorsTéglise de Saint- Benoît fut entièrement séparée de l'aumônerie, mais elle en conserva toujours le nom.

Cette église, avant même l'an MSI, était desservie par un chapelain et quelques autres prêtres, qualifiés de chanoines. La preuve en résulte d'une lettre q'TElienne, abbé de Sainte-Geneviève, éciivil au pnjie Luce IIL où il parle des querellesd'intérèt qui fxi-taient alors entre le chapelain et ces prêtres.

On ne sait pourquoi cette église avait .son chevet tourné du colé de, l'occident, .situation contraire au rit observé généralement par les païens el les chrétiens, qui obligeait le prêtre céK'bnint de tourner la face (!u côté du .soleil levant. Celte contravention à l'usage gt'n rai valut à l'église de Saint-Benoît les surnoms de \fa/è l'ersus, de Bétuhnié, ou fnal tournée.

Dans la pièce des Moustiei- '1»^ P;"i-. on lit:

Saint Bénéois li bestornez Aidiez à toz mal alornez.

Au quatorzième siècle, on fit disparaître cette inconvenant, en Iran.sporfant du côté de l'orient l'autel placé ii l'occident de l'église. Alors elle reçut le surnom de Bien tournée; tcclesia sancli Denedicti bene ver si.

Le 1 1 juillet 1.364, jour de la translation de saint Benoît, les chanoines de Notre-Dame vinrent en procession à celte église. Instruits de leur approche, le^ prêtres de Saint-Benoît les firent avertir de no point attenter à leurs immunités , privilèges et franchises. Les chanoines de la cathédrale continuèrent leur entreprise, entrèrent dans lég ise, dirent la messe à l'autel de Saint-Nicolas , puis pénétrèient dans le chœur et y firent lire des titres qui tendaient à prouNcrles droits du chapitre de- la calhéd;ale. Les chanoines de

Snint-Benoît demandèrent acte de cette violence à un notaire . chanoine de leur chapitre, appelé M. Jean Leclerc. Ce notaire accoui^t aussitôt vêtu deson surplis, de sa chape de soie et de son aumusse. Sa présence excite taut de vacarme qiil ne

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