I. Chorographie de Paris
Boulevards. Paris est environné de deux boulevards plantés d'arbres, qui s'unissent en quelques parties, notamment depuis la barrière d'Italie jusqu'à la barrière d'Enfer. On les divise en boulevards intérieurs et boulevards extérieurs. Ces deux boulevards se subdivisent en vingt- I deux autres qui ont chacun leur dénomi- '■ nation.
Ces deux boulevards sont, par le cours de la Seine, divisés en deux parties : le boulevard du nord et le boulevard du midi.
Le boulevard intérieur du nord, nommé grand boulevard, fut en partie planté, en 1668, sur l'emplacement des fossés creusés en 1536. Ce boulevard a 2,400 toises de longueur. Ses diverses parties portent différents noms : les boulevards de Bourdon, de Saint-Antoine, des Fillesdu-Calvaire, du Temple, de Saint- Martin, de Saint-Denis, de Bonne-Nouvelle, Poissonnière, de Montmartre, des Italiens, des Capucines et de la Madeleine.
Le boulevard intérieur du midi, entièrement terminé en 1761 , a 14,490 mètres de longueur; il se divise en parties différemment nommées : les boulevards de l'Hôpital, des Gobelins, delà Glacière, de Saint-Jacques, d'Enfer, du Mont-Parnasse et des Invalides. Ces boulevards sont plantés de quatre rangs d'arbres qui forment une route et deux contre-allées.
Boulevards extérieurs. Ils furent établis par suite de la construction d'un nouveau mur d'enceinte, ordonnée par Louis XVI, le 13 janvier 1783. Ce mur ; d'enceinte, qui n'avait pour objet que les intérêts du fisc, et dont les barrières trop
Vont fourrant parloiu bien ou mal?
C'est un diaiinuUf de libre.
Ce mot libéral se prend aujourd'hui dans '', un sens différent : il signifie un ennemi des anciens privilèges, le partisan d'une liberté forte et légale.
' L'Académie Française, dans son Dictionnaire, n'oubliera pas de marquer les changements d'acception que ce mot a éprouvés et les causes de ces changements.
magnifiques qui l'accompagnent ont été bâties sur les dessins de Ledoux, fut presque entièrement achevé en 1789.
Quelques parties, notamment celles qu'on nomme boulevard Saint-Jacques et des Gobelins, ont été te/min es en 1813 et 1814. Quatre rangées d'arbres, plantées au-delà de ce mur d'enceinte, forment le boulevard extérieur.
Barrières. Soixante barrières (1) dé- | corent ce mur d'enceinte, et offrent autant d'entrées à la ville de Paris.
Je commence la description de ce boulevard, de ce mur d'enceinte et de ces barrières, de leur distance de l'une à l'autre, par la partie nord de Paris, en partant du point le plus oriental de la rive droite de la Seine.
La barrière de la Râpée, située sur la rive droite de ce fleuve, donne entrée au quai Je la Râpée; de ce point, le mur d'enceinte et le boulevard s'étendent jusqu'à la barrière de Bcrci. La distance de l'une à l'autre est de 200 mètres ou 103 toises;
De la barrière de Berci à celle de Charenton, 800 mètres ou 410 toises;
De la barrière de Charenton, route de Provins, Troyes, Bàle, à. celle de Reuilly, 500 mètres ou 2o7 toises;
De la barrière de Reuilly à celle de Picpus, 350 mètrjs ou 179 toises ;
De la bairière de Picpus à celle de Saint-Mandé, 650 mètres ou 332 toises;
De la barrière da Saint-Mande à celle de Vincennes, 400 mètres ou 205 toises;
De la barrière de Vincennes, autrefois barrière du Trône, route de Lagny et de Vitry-le-Français, à celle de Montreuil, 400 mètres ou 205 toises;
De la barrière de Montreuil à celle de Fontarabie ou de Charonne, 680 mètres ou 348 toises;
De la barrière de Fontarabie ou de
(1) Cinq de ces barrières (trois au nord, celles deRiom, des Vertus et des Réservoirs ou Bassins; deux au midi, celles des Paillassons et de Croulebarbe) ayant été murées, il ne reste plus que cinquante-cinq barrières effectives.
fiEX». — Typographie Laccib.. rue ^'oufnol, IS.
STATISTIQUE
Charonne à celle des Rats. 520 mètres ou 267 toises ;
De la barrière des Rats à celle d'Aunai, 180 mètres ou 98 toises;
De la barrière d'Aunai à celle des Amandiers, 320 mètres ou 164 toises;
De la barrière des Amandiers à celle de Mesnilmontant, 320 mètres eu 164 toises;
De la barrière de Mesnilmontant à celle des Trois-Couronnes, 600 mètres ou 307 toises:
De la barrière des Trois-Courortnes k celle de Riom (murée), 300 mètres ou 154 toises;
De la barrière de Riom ou de Ramponneau à celle de Belleville, 200 mètres ou 1 03 toises ;
De la barrière de Belleville à celle de la Chopinette, 290 mètres ou 150 toises;
De la barrière de la Chopinette à celle du Combat, COO mètres ou 307 toises;
De la barrière du Combat à celle de
Embarcadère du chemin de fer de Strasbour-''
la Boyauderie, 10 mètres ou 5 toises;
De la barrière de la Boyanderie à celle de Pantin, 500 mètres ou 257 toi.^es ;
De la barrière de Pantin, route de Meaux et de Mayence, à celle de la Rotonde-Saint-Martin, 100 mètres ou 51 toises:
De la barrière de la Rotonde-Saint- Martin à celle de la Villette, \ 00 mètres ou 51 toises;
De la barrière de la Villette ou de Saint- "Martin à celle des Vertus (murée), 300 mètres ou 154 toises;
V DULAUEK
De la barrière des Vertus à celle de Saint-Fj^iis, 360 mètres ou 185 toises;
De la barrière de Saint-Denis, route de Pontoise, de Rouen, du Havre et d'Amsterdam, à celle dite Poissonnière, 900 mètres ou 462 toises; *'
De la barrière Poissonnière à celle du Télégraphe ou de Rochechouart, 200 mètres ou 103 toises;
De la barrière du Télégraphe ou de Rochechouart à celle des Martyrs, 500 mètres eu 257 toises :
ûe la barrière des Martyrs à celle de
niSTOfRE DK PARTS
Montmartre, 200 mètres ou 103 toises;
De la barrière Montmartre à la barrière Blanche, 450 mètres oa 232 toises;
De la barrière Blanche à celle de Glichy, 480 mètres ou 246 toises ;
De la barrière de Clichy à celle de Mouceaa, 800 mètres ou 410 toises ;
De la barrière de Mouceau à celle dite Rotonde-de-Ghartres , 780 mètres ou 403 toises;
De la barrière dite Rotonde-de-Chartres à celle de Coarcelles, 600 mètres ou 307 toises ;
De la barrière de Courcelles à celle du Roule, 580 mètres ou 298 toises;
De la barrière du Roule à celle de Neuilly , route de Saint - Germain , Poissy, etc., 420 mètres ou 215 toises;
De la barrière de Neuilly à celle des Réservoirs ou des Bassins ( murée ) , oOO mètres ou 257 toises ;
De la barrière des Réservoirs ou des Bassins à celle de Longchamp, 700 mètres ou 359 toises;
De la barrière de Longchamp à celle de Sainte-Marie, 500 mètres ou 257 toises;
De la barrière de Sair.te-Marie à celle de Franklin, 550 mètres ou 2o7 toises;
De la barrière de Franklin à celle de Passy, 360 mètres ou 185 toises. Gelte dernière barrière est située sur le bord de jn Seine, et sur la route qui conduit à Versailles, à Rayonne, etc.
Ici, le cours de cette rivière interrompt la continuité de l'enceinte et du boulevard.
La barrière située sur la rive opposée est nommée barrière de la Gunette ; elle ne se trouve point en face de celle de Passy, mais plus bas qu'elle: elle en est distante de 300 mètres ou 1^54 toises.
De la barrière de la Gunette à celle de Grenelle, 500 mètres ou 257 toises;
De la barrière de Grenelle à celle de l'École-Militaire, 750 mètres ou ^88 toises; ^
De la barrière de l'Lcole-Militaire à celle des Paillassons (murée), 300 mètres ou 154 toises;
De la barrière des Paillassons à celle de Sèvres, 450 mètres ou 232 toises;
De la barrière de Sèvres à celle de Vaugirard, 300 mètres ou 134 toises;
De la barrière de Vaugirard à celle des Fourneaux, 300 mètres ou 134 toises: De la barrière des Fourneaux à celle
du Maine, 650 mitres ou 333 toises;
De la barrière du Maine à c lie dit Mont-Parnasse, 460 mètres ou 235 toises;
De la barrière du Mont-Parna=se à celle d'Enfer, route d'Étampes, d'Orléans, etc., 1,100 mètres ou 564 toises;
De la barrière d'Enfer à celle d'Arcueil, 500 mètres ou 257 toises;
Te la barrière d'Arcueil à celle de la Santé, 480 mètres ou 246 toiles;
De la barrière de la Sauté à celle da rO'irsine, 220 mètres ou 115 toises; j'
De la barrière de l'Oursine à celle de [ Groulebarbe ( murée ), 220 mètres ou j 1 15 toises ; \
De la barrière de Groulebarbe à celle \ d'Italie, 680 mètres ou 348 toises; k
De la barrière d'Italie, route de Fontainebleau, Lyon, Rome, à celle d'Ivry, 400 mètres ou 205 toises;
De la barrière d'Ivry à celle des Deux- Moulins, 300 mètres ou 154 toises; et de la barrière des Deux-Moulins à celle de la Gare, 1,600 mètres ou 820 toises. G* t ordre de choses a changé pour ces dernières barrières. En 1817, et dans les années suivantes, a été construite, depuis la barrière d'Italie jusqu'à la rive de la Seine, unt* portion d'enceinte qui enserre dans les murs de Paris l'abattoir de Villejuif, le vaste emplacement de l'hôpital de la Salpêtrière, et deux hameaux composés de guinguettes, et formés au-delà des barrières précédentes : l'un situé hors de la barrière des Deux-Moulins, porte le nom de cette barrière; l'autre qui s'est établi près de la Gare, est appelé d'Austerlitz, nom du pont [>lacé dans le voisinage (1).
Gette nouvelle construction ne change presque rien à la distance respective des l)arrières de cette nouvelle portion de l'enceinte.
Ici le cours de la Seine interrompt la continuation du mur d'enceinte et du boulevard, et se termine leur description métrique, .l'ajouterai qu'entre cette dernière barrière et celle de la Rèpée, située sur la rive opposée, la distance est de 300 mètres ou de 434 toises.
Au milieu de la largeur de la Seine est fixé entre ces barrières un grand bateau, appelé patachc, sur lequel sont établis des bureaux pour la perception des droits
(1) Il se forma, dès que les droits cfeatrée fureiit établis à Paris, de pareils hameaux au-delà de toutea hs barrières.
STATISTIQUE
d'entrée; il en est de même à l'autre extrémité de Paris, entre les barrières de Passy et de la Cunette.
L'étendue totale de cette enceinte ou boulevard extérieur est de 24.100 mètres ou 12,364 toises, ou environ six lieaes de 25 au degré.
Les barrières de cette enceinte sont construites avec plus ou moins de magnificence, suivant l'importance et la fréquentation de la route. Les barrières qui, du côté du nord, se font le plus distinguer par la singularité ou la pompe de leurs formes, sont :
La barrière de Reuilly, qui offre une ,' rotonde pareille à celle que les anciens "' consacraient au temple de Vénus;
La barrière du Trône ou de Vincennes, qui se compose de deux va?tes bâtiments symétriques, imposants rar leur caractère monumental, et de deux colonnes de 75 pieds de hauteur, dont les piédestaux servent de guérites ;
La barrière de Saint-Martin, rem.arquable par ses formes pittoresques, semble plutôt convenir à un teniple qu'à un bureau de percepteurs des droits d'entrée. Cette barrière se trouve sur la ligne de l'axe du bassin de ia Villette, et l'observateur qui se place à l'extrémité de ce bassin, voit cette riche perspective heureusement terminée par ce pompeux édifice.
Les autres barrières remarquables sont celles de Montmartre , du Roule , de Neuilly, au bout de l'avenue des Champs- Elysées.
Du côté du midi, on remarque celles du Maine, d'Eufer et d'Italie.
Toutes ces constructions, tantôt élégantes, tantôt excessivement solides, tantôt bizarres et quelquefois ridicules, diffèrent de caractère, quoiqu'elles ne différent point d'objet.
Superficie de Paris. L'espace contenu dans cette enceinte extérieure est calculé d'après les 72 cartes du plan de Paris, par M. Verniquet. On évalue ta superficie des boulevards extérieurs à 72 hectares; la superficie des rues, quai=, rivières, places, marchés, l'avenue des Tuileries et le Cours-la-Reine, à 706 bectaies;
La superficie des emplacements des maisons, des cours et jardins qui en dépendent, est évaluée à 2,661 hectares;
Enfin, la superficie totale de Paris est de 3,439 hectares 68 ares , ou
34,396,800 mètres carrés, ou dix mille soixante arpents et soixante-dix-sept perches, l'arpent étant de 100 perches et la perche de 18 pieds; ou bien, en lieaes carrées de 25 au degré, environ une lieue et soixante-quatorze centièmes de lieue.
La totalité de cette superficie, encadrée par l'enceinte extérieure, est divisée, par le cours de la Seine, en deux parties inégales en grandeur, la partie septentrionale étant d'une étendue à peu près double de la partie méridionale.
Cette superficie se divise idéalement par la ligne méridienne et par une autre ligne perpendiculaire à cette niéridienne.
La ligne méridienne t^e dirigeaiit du sud au nord, d'un point de la clôture méridionale à un autre point de la clôture septentrionale, et en passant par le milieu du bâtiment de l'Observatoire, a de longueur, en mètres, 5,505, et, en lieues de 25 au degré, une lieue et 24/100 de lieue, à peu près une lieue et un quart.
Laligre perpendiculaire à la méridienne, qui se dirige de l'est à l'ouest, do la barrière de Charoune à celle des Bons-Hommes, a, de longueur en mètres, 7,809, et en lieues de 25 au degré, une lieue 78/100 environ.
Iles de la Seine. Cette rivière, vers le tiers de sou cours dans cette enceinte, forme trois îles : l'île, Lp^^ier, l'île Saint- Louis et l'île de la Cité.
Ces deux dernières sont couvertes de maisons ; la première n'est point habitée, et sert de chantier de bois à brûler.
Quais. Les deux bords de cette rivière, ainsi que ceux des de«x îJes habitées, sont aujourd'hui, .si l'on eja excepte la partie de ces bords occapée par les bâtiments de l'Hôteî-Dieu, partagés en quais, en ports et en abreuvoirs.
On compte 33 qusis : 14 sur la rive droite de la Seine, fi sur la rive gauche. 4 dans l'île Saint-Louis et 4 dans l'île de la Cité.
Ports sur la rive droite de la Seine.
Port de la iRàpee, établi en 1812, pour les pierres à plâtre, le bcis flotté et le bois neuf, etc.
Fort de l'île Louvier, pour 1? bois flotté, le bois neuf, les iagois et les coirels.
Port Saint-Pau!,"pour les coches qui remon'eLit la Seine, les pavés, les fers et les charbons de terre.
Port aux Blés, le long du quai de la
Grève, pour le charbon de bois, le charbon de terre et le sel.
Port de l'École, pour le sel, le charbon de bois, les cotrets et fagots.
Port Saint-Nicolas, quai des Tuileries, solidement rétabli en 1804: pour les pavés, cidres et vins. C'est sur ce port qu'arrivent et sont déposées les marchandises venant de Dieppe, du Havre, de Rouen, de Provence, de Hollande, etc., telles que huiles, savons, oranges, poivre, café, cidres, eaux-de-vie, vins étrangers, liqueurs, marées, etc.
Ports sur la rive gauche de la Seine.
Port de l'Hôpital, sur le quai de ce nom, pour les pavés.
Port Saint-Bernard, sur I2 quai de ce nom, pour les vins, les bois ilottés, les bois neufs.
Port de la Tournelle ou des Miramionnes, pour les charbons de bois, tuiles, ardoises, fruits.
Port des Quatre-Nations, pour les charbons de bois et de terre.
Port d'Orsay, ci-devant dit port de Bonaparte, et plus anciennemeut la Grenouillère, construit en 1808, pour diverses marchandises venues de llouen ou d'ailleurs.
Port des Invalides, pour le bois.
Sur les deux rives de la Seine et sur celles des deux îles habitées, il existe vingt-un abreuvoirs et douze puisoirs, endroits désignés pour puiser de l'eau dans cette rivière.
Hauteurs des eaux de la Seine. J'ai déjà fourni des notions sur celte matière, et parlé à diverses époques des inondations de cette rivière. Le mémoire sur les inondations, par M. P. Egault, ingénieur, publié en 1814, me procure l'avantage de rectifier quelques erreurs, de rétablir des notions omises et de reproduire le tableau suivant :
Hauteurs
des inondations
aux différents ponts.