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I. PARIS SOUS LOUIS XVIII ET CHARLES X

A la suite delà révolution de 1789, par l'avènement au trône de Napoléon I^r, un fait nouveau et dominant s'était produit dans l'ordre politique européen.

Ce fait le voici :

Une société broyée sous des fers séculaires se lève en 1789, au nom de la légitimité du DROIT HUMAIN OU NATIONAL Contre la légitimité du droit dit divin.

Un homme, un nom, Napoléon Bonaparte, se dresse grand de génie et de gloire, au milieu de l'arène où se débattait ce grand intérêt humanitaire.

En lui s'inca'rne le principe du droit national : en d'autres termes, la révolution devient homme.

Deux unités restent en présence. Napoléon Bonaparte et l'Europe absolutiste.

L'un représente le droit national, l'autre le droit divin.

Le principe représenté par le premier est une rénovation sociale dans les hommes et dans les choses: c'est un monde nouveau avec la liberté réglée, l'égalité relative, une part égale de soleil pour tous, et pour drapeau, cette devise : Tout par la nation et pour la nation.

Le principe représenté par l'autre, c'est

le vieux monde avec ses vieux abus, ses

privilèges odieux, ses exactions arbitrai-

I res, et pour devise, cet inique adage : Nos

\ pères ont été loups, nous voulons rester

j ce que furent nos p)ères.

j De là une lutte à mort entre les deux

' unités. Napoléon et l'Europe absolutiste.

; Napoléon tombe et avec lui le principe

dont il était l'emblème.

Ce nom principe représentant le droit humain couronné est entraîné dans cette chute. Deux bouleversements successifs à quinze années d'intervalle, en 1830 et i 1848, viennent violemment protestercontre cet odieux abus de la force, qui, dans la

sous LOUIS XVI

vie des peuples, s'étant sabstitué au droit, voulait se perpétuer dans son inique usurpation.

Et c'est là toute l'histoire de cette période.

Le premier bouleversement eut lieu quinze ans après que l'Europe absolutiste, armée contre le principe de la révolution, eut rétabli sur le trône la branche aînée des Bourbons. ♦

On sait ce que fut la Restauration : une réaction générale en fait et en principe contre la Révolution. Les lois de spoliation et de vengeance, les cours prévôtales, les catégories, les assassinats juridiques, des proscriptions, l'échjfaud, ouvrirent la marche : boue et sang ; passons.

Dès la rentrée des Bourbons à Paris, il avait fallu payer aux étrangers les frais d'intronisation. Les Bourbons soldèrent leur couronne avec les frais d'un quart de siècle de victoires de la Révolution et de l'Empire, et la France, un moment, parut devenue la proie des nations.

Une fois sur le trône, faisant aussi bon marché des libertés de la France que de ses gloires, rêvant une France à leur taille et à leur idée, ils la couvrirent de monuments d'expiation, sorte d'amende honorable pour tout ce ^ui tenait de la Révolution : on eût dit un pays pestiféré.

La France, habituée à commander à l'Europe, traitée d'une part en pays conquis, de l'autre en écoîière indocile, se demande ce que c'étaient que ces maîtres qui, pendant 25 ans d'exil, s'étaient tenus assez en dehors des mœurs et des tendances nationales pour rappeler, au xixe siècle, la fable de l'Épiménide du vieux monde.

Tout, faits et actes, hommes et choses, semblait s'appliquer à justifier cette similitude: n'avoir rien oublié, n'avoir rien appris.

On reprend sous-œuvre toutes les vieilleries de l'ancien régime et, autour du trône, de ridicules débris de l'ancienne noblesse s'essayent de représenter une ombre de l'ancienne France et ne parviennent qu'à en retracer les travers et les passions, (j'était blesser la France dans son orgueil révolutionnaire dont elle était encore toute bouillante.

On rétablit dans les institutions les distinctions et les privilèges des castes. C'était violemment froisser les sentiments d'émulation et d'égalité relative, passés

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