DE 1820 X
.\ droite et a gauche, deux sentinelles mortes gar.lent le mort qu'elles ont tant aimé de leur vivant : d'un côté est le tombeau du général Bertrand, de l'autre celui du maréchal Duroc.
Après quelques pas dans cette ombre religieuse et au point où la baie de la crypte commence à répandre quelque clarté, oa trouve à droile et à gauche, sous un ves-tibule, un grand bas-relief en marbre blanc, représentant, l'un le roi Louis- Philippe recevant des mains du g neral B rtrand lépee de Napoléon ; l'autre le prince de Joinville recueillant à Sainte- Hélène les cendres du héros.
Le vestibule franchi, on est dans la crypte : elle est circulaire; sa profondeur^ au-dessous du sol du dôme, est de 6 mètres; son diamètre de 23. Le centre, qui est à ciel ouvert et borde la balustrade, se développe sur 15 mètres. Le reste da diamètre général est sous le parvis supérieur, et forme portique.
Douze pilastres, en marbre blanc de Carrare, d'un seul bloc, et offrant chacuQ une figure colossale, tenant en main le symbole de- principales victoires de l'Eraî ereur, supportent ce parvis. Ces Génies, ces Victo res, dernières œuvres de Pradier, ont le regard tourné vers le cercueil, élevé au centre de la crypte.
Ce sarcopbige est d'un granit rouge antique de Finlande, plus dur et d'ua granit plus lin que celui d'Afrique. Oi> n'a pu le scier et le polir qu'avec le secours puissant d'une machine à vapeur.
Le cercueil a 4 met. 50 cent, de hauteur. Il est posé sur un socle de gracit vert des Vosges. Le dernier coffre qui a reçu les cercneils de cèdre et de plomb rapportés de Sainte Hélène est en substance nom ;,ee agaïli, venant de G'>rsc, et semblable au soubassement de la colonne Vendôme.
Au pied du sarcophage s'étend un pavé de mosaïque olîrant un** immense colonne de laurier, daiis le goût de l'antique Rome. Des rayons jail.issent de cette couronne, qui entoure le monument. Ou y lit les noms des principales victoires de l'Empereur.
Douze lampes de bronze, prises sur les mo lèles tn terre cuiie de Pompéia, et qu> ne sont allumées (jue deux fois l'année, le 15 août et le 5 mai, jour de la naissance et de la mort de l'Empereur, éclairent la Dortioa ouver.e de la crypte.
Dix grands bas-re-.iefs, en marbre blanc, ' recouvrent les parois de ce portique circulaire. Les sujets allégoriquement traités ie ces bas-reliefs sont :
La imrijicatio'il des trovMes civils;
r institution de la Légion dliowneur;
Le Concordat;
VAd m in is trafion ;
Le Conseil d'Btat;
Le Code civil;
L'Université;
La Cour des comptes ;
Les Encouragements au commerce et à l'industrie;
Les Travaux j)uhlics.
Dans la chambre souterraine, espèce de sanctuaire en marbre noir, d'un aspect
DE PABIS
sévère et religieux, sont déposés, défendus par une grille : l'épée que l'Empereur po'tait à Austerlitz: les insignes qui décoraient sa poitrine aux jours solennels; la couronne d'or votée par la ville de Cherbourg, et soixante drapeaux provenant des victoires de l'Empire.
Au fond s'élève une grande statue de Napoléon, en manteau impérial, et taillée dans la carrière par M. Simart.
Une lampe, suspendue à la voûte sépulcrale, et toujours allumée, entretient une clarté mysté;ieuse dans ce sanctuaire, qu'on ne voil qu'à travers les ciselure? dune grille.
L'inscription suivante est burinée sur le cercueil :