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MORT LE 5 MAI 1821, A 52 .\NS

HÔPITAL Lariboissîère. AvBut d'être achevé, cet hôpital a successivement porté le nom àLiôpital de Louis -Philippe et dliopital de la République. Il est situé dans le clos Saint-Lazare, et occupe un terrain de plus de deux hectares de superficie. Neuf corps de bâtiments, séparés entre eux par des cours, jardins, préaux, etc., le composent.

Les deux premiers corps de logis sont destinés à l'administration. Puis, sur deux bgnes parallèles de chaque côté de la cour centrale, viennent les six bâtiments destinés à recevoir les malades. Ces bâtiments sont élevés de trois étages. Leurs jardins et leurs préaux aboutissent au mur d'enceinte, et sont reliés avec ceux de l'administration par une galerie couverte formant cloître. Delà porte d'entrée, cette galerie conduit jusqu'au dernier bâtiment, au centre duquel est l église

A droite et à gauche de l'église sont placés la pharmacie et les bains, le logement des sœurs et la buanderie.

L'acquisition du t-rrain seul a coûté 4,204,235 fr , pris sur les fonds de l'admiûistralion de l'Assistance publique.

D'après les devis primitifs, les travaux devaient coûter 5,384,867 fr. ; mais les travaux complémentaires devenus indispensables, et s'éknant à 751.737 fr.; de plus, une indemnité de 40,876 fr., réclamée par l'entrepreneur pour le couvrk des pertes éprouvées en 1848, par suite de la suppression du marchandage, portèrent

cette somme à 6,177,480 fr.

Pour le prixprincipal d'acquisition et les frais. . 1,204,235 Pour le pi ix du mobilier, évalué à. 600,000

Dépense totale. . . 7,981,715 fr.

Cet hôpital a été inauguré en 1855.

HÔPITAL SaINTE-EuGENIE, HOSPICE IM- PERIAL DE ViNCENNES, BAINS ET LAVOIRS PUBLICS, CRÈCHiiS, SALLES DASILE, AU- MÔNIERS DES DERNIÈRES PRIÈRES, ASSIS- TANCE PUBLIQUE, FOURNEAUX DE l'iMPë-

RATuiCE . L'hOp ita l Sain te - Eugé'n le , dans la rue du faubourg Saint-Antoine, pour les enfants des ouvriei^ pauvres; Yhospice irtipérial de Vincennes ^our les ouvriers convalescents, dans le même quartier, fondé, comme le premier, par

TABLKAU PHTSIOFE

les dons généreux de l'irnoératri -e Eugénie, 3ont deux établissements spéciaux de bienfaisance qui manquaient à Paris.

L'un a été inauguré en 1856, l'autre, fondé et doté en 1857, ne tardera pas à l'être.

Les bains et lavoirs puhJirs, institués dans les quartiers populeux sons le même patronage impérial, vers ces mêmes époques, étaient aussi un grand bienfait pour les classes peu aisées, et, en ^852, Louis-Napoléon, président de la République, rendit le décret suivant :

« Une somme de 590,984 francs est ouverte au ministère de l'agricalture et di commerce, ayant pour destination d'eccourager la création d'établissements modèles pour bains ou lavoirs publics gratuits ou à prix réduit. »

On se Hiit immédiatement à l'œuvre, et voici le -plan d'un de ces établissements.

Un pavillon à droite est occupé par cinquante baignoires pour les hommes, dont vingt-cinq de première classe et vingtcinq de deuxième.

Un autre pavillon a gauche contient un pareil nombre de baignoires à l'usage des femmes; dans l'un et dans l'autre sont disposés des cabinets pour bains médicaux, Barége, vapeur et douches. Les deux pavillons sont séparés par une cour plantée avec jet d'eau au milieu. Au fond est établi le lavoir contenant cent places de laveuses, buanderie et bassin à rincer, essoreuses, emplacement de cuves et chaudières, et de chaque côté les séchoirs d'aprè> le systèaie employé à Westminster, tables a repasser et fourneaux pour les fers.

Des sociétés du même ordre d'idées et de toutes sortes se formèrent vers cette époque avec ou sans le patronage du gouvernement pour répandre des bienfaitparmi les classes ouvrières, chacune ayant sa spécialité. Ce fut :

Les crèches pour recueillir les filles de treize ans et au-dessus, les soustraire au danger que peuvent produire l'ignorance et la misère, et les former à une vie religieuse et de travail qui puisse leur fournir ultérieurement des moyens d'existence :

La société charitable de Saint-Régis, pour faciliter le mariage civil et religieux des indigents du diocèse de Paris, qui vivaient dans le désordre.

L'école 'iiorviiale des salles d'asile, ayant pour o'ojet de former, pour les di-

verses localités de France, de bonnes directrices de saies d'asile.

La société d'adoption pour l^ enfants tfouv-s, abandonnés et orphelins nauvres et d'autres sociétés charitabes du m*'me genre, embrasj;ant dans leur ensemble tous les ecnres de soufTrance

Institution des au 'huniers de^ dernières prières. Un acte gOMVPrriPmental qui sembla résumer cette tend mce charitable, fut l'institution des aum6nies des dernières prières.

En province, le dernier pauvre, le mendiant des villages et des bourg-, était mis au to nb^au en chrétien : les cîvhes <.onnaient son glas, le prêtre accoi>pa2nait sa dépouille, récitant les prières des morts et bénissmt sa fosse.

A Paris, la mortalité mov^nne par an était de douze à treize mille individus ; en 1850 e'Ie s'éleva à 12.851, et de ce nombre 6,033 morts furent eutp-rés sans que la religion consacrât leur de. nier isile.

Cet élat^ de choses fàcheix, qu'il n'était ni religieux, ni moral, ni politique de conserver, cessa.

Sur les instances du président de la République et de l'archevêque de Paris, le pr-fet de la Seine proposa a a conseil munici: al un projet qui attachait à chique cimetière de la cap;tale deux aum-iniers, spécialement chargés d'accompagner les convois gratuits et de bénir la fos>e qui leur étai^ destinée. Ces orêtres devaient être logés dans les bâtiments d'administration des cimetières, et recevoir de la ville untrai^em-^ot particulier .'l's devaient attendre à la porte le convoi du pauvre : précédés de la croix portée par an enfant de chœur, ils devaient l'accompagner jusqu'au lieu de sépulture, et répan Ire l'eau bénite sur la fosse, en récitant les prières consicrées par l'Eglise.

Il y avait dans cet acte un hommage rendu à l'égalité de tou- les hom nés devant la mort ; la dignité du pauvre en était relevée, et il y avait un utile enseignement profitable à la morale et à la religion.

"Un décret du 21 mars 1852. rendn sur le rapport du ministre de l'in-truction publique et des cultes, régla cete belle mesure ain-i qu'il suit.

« Considérant que le nombre des membres dd clergé paroissial de Paris ne permet pas d'accompagner tous les morts jusqu'au cimefière, et qu'ainsi beaucoup

de familles indigentes et peu aisées sont privées des dernières prières de l'Eglise; ^ « Con>;idérant qu'il importe de remédier promt)tement à cet état de choses d'une manière conforme à la charité chrétienne ;

« Décrète : '

« Art. 1er. i\ est attaché à chacune des trois succursales de la Trinité, Saint-Amproise, et Suint-Jacques-du-Haut-Pas, deux vicaires qui, sous le titre d'aimôiiiers des dernières prières, seront spécialement et exclusivement chargés, dans les cimetières du Nord, du Sud et de l'Est, auprès desquels ils résideront, de recevoir gratuitement quand la demande leur en sera faite, les corps qui ne seront point accompagnés par le clergé, de les conduire jusqu'à la tomhe, et de réciter pour eux les dernières prières de l'Église. » Art. 2. Le traitement de ces aumôniers est fixé à <,200 francs indépendamment de l'indemnité de 600 francs, qui a été voté par le conseil municipal de Paris. »

Du reste pour donner une idée précise de la nécessité de ces mesures de bienfaisance publique, il n'est pas sans intérêt de résumer quelques faits généraux de l'assistance publique de Parisien ISoT.

AptRÇU DE l'assistance PUBLIQUE DE

Paris en 1857. Les principales professions exercées dans Paris peuvent être évaluées à 700 environ.

Ces professions diverses occupent en été 470,000 ouvriers, en hiver, 250,000. Les ouvriers ayant domicile fixe à Paris sont au nombre de 80,000; les ouvrières atteignent un chiffre de 40,000. La moitié seulement est mariée. Les apprentis des deux sexes sont au nombre de 1 0O.OUO. 20,000 ouvriers et ouvrières logent en g'3rni. Les domestiques externes, ïes portiers, leurs femmes et leurs enfants forment un total de 80,000 individus environ. En tout;, ouvriers domiciliés, ouvrières, apprentis, portiers, 300,000 individus.

En «khors du chiffre des employés admmistratifs, on compte 25,000 commis commerciaux et salaries par l'industrie.

^ Les peiits rentiers jouissant en moyenne a un revenu de 800 francs y sont environ au nombre de 100,000.

Les trois quarts de ces deux dernières classes, .salariés f>ar l'industrie ou petits rentKTs, sont mariés et pères de famille, et, comme les ouvriers, ne peuvent contreba-

niSTOlRE DE PARIS

lancer leur budget individuel, et vivent d incessantes et multiples économies

Les ménages indigents se romno^^n' année commune, à Paris de 80,000 personnes amsi classées : 20 000 hommes 30 000 femmes; 13,000 garç ns et 17,000 biles. 11,000 ménages reçoivent des secours temporaires; 15,000 des secours annuels ordinaires.

Quant aux secours spéciaux, ils sont repartis entre 2,800 octogénaires, 3 000 septuagénaires, 1,400 aveugles et 600 paralytiques.

Le nombre des lits d'hôpital est d'- 64,000 environ. Sur ce chiffre 16,700 sont d'^stinés pour les militaires, reste pour les malades civils près de 47,000 lits.

L'administration de l'assistance pubîi-^ que accorde à la population pauvre do Paris 860 secours à domicile fixés pour les hommes à 253 francs, pour les femmes a 195 francs.

Pendant les cinq mois de novembre à avril, chaque vieillard secouru reçoit suivant son sexe 2i ou 18 francs. Pendant les sept mois de mai à octobre, les hommes reçoivent 19 francs par mois et les femmes 15. Mais de si lourdes conditions sont imposées pour participer aux secours d hospice qu'il arrive malheureusement trop souvent que les plus infortunés et les plus méritants ne peuvent y avoir part.

Pendant vingt ans, de 1804 à 1824, le nombre des malades reçus dans les hôpitaux s'est maintenu 'entre 36,000 et 40,000. En 1839, on comptait 74,000 ad- missions; en 1850, plus de 83,000 admis, et malgré ce chiffre énorme de misère on

est vu depuis dans l'obligation de refuser l'entrée des hôpitaux à près de 80 malades par jour.

D'après ces faits on peut juger du nombre des indigents si l'on réfléchit au chiffre des refusés, de ceux qui meurent sans secours, de ceux qui périssent de misère, parce qu'ils ne sont pas des pauvres honteux, et ce qu'il y a de plus triste à dire, ceux qui, pour participer aux bienfaits de la bienfaisance municipale, ne remplissent pas les conditions exigées. De ce nombre sont ceux qui ne sont pas dans leurs meublés, c'est-à-dire les plus pauvres!

Asile impérial de Vincennes pour LES OUVRIERS CONVALESCENTS. Un établissement de bienfaisance manquait à Paris; c'était un ho^pice spécial où l'ouvrier sortant de maladie pût se rétablir et

recevoir les soins que nécessite le temps de cor.Vulesccnce quelquefois plus long que celui de la maladie.

Un décret impérial du 8 mars 1835 combla cet e lacune et ordonna l'établissemenl d'un hospice spécialement affecté aux ouvriers convalescents.

Les travaux furent poussés avec activités, et moins de trente mois après, en septembre 1857, le nouvel hospice fut inauguré par l'impératrice Eugénie, qui le prit sous son p tronage et sous le titre de Asile imjjérial de Vinceivues pour les ouvriers corvalescents.

Cet asile est construit, de l'est à l'ouest, dans la partie du parc de Vincennes limitée au nord par le chemin de Pompadour; à l'est par le parc ; au sud par la maison impériale de Charenton; à Touest p.r le mur d'enceinte et une partie du rondpoint de la porte de Chareuton.

11 doit contenir 500 lits.

Deux pavillons destinés aux concierges précèdent une cour formant terrasse^'et flanquent l'entrée principale située vis-àvis la route impériale de Saint-Mandé.

A droite et à gauche de la cour sont disposés des bâtiments à un étage, avec portiques, destinés d'un côté à !a direction et aux services qui en dépendent, de l'autre côté à l'infirmerie et aux logements des médecins et des sœurs.

Un vaste jardin, dont le centre est occupé par un bassin avec jet d'eau, forme la cour d'honneur bordée à droite et à gauche par des bâtiments à deux étages pouvant contenir 250 lits. Au fond est "un pavillon d'un aspect plus monumental où sont, au rez-de-chaus^ée, lâcha elle; au premier, la bibliothèque entre deux vastes promenoirs; près delà les réfectoires et les cuisines, et au sous-sol du pavilion, les caves destinées aux approvisionnements.

Sur la façade postérieure du pavillon ! sont d'au'res constructions pouvant conte- ' nir encor 250 lits qui, joints aux 2 ;0 des bâtiments liiéiaux de la cour d honneur, portent le chif re à 500 I

Les l.ts sont répartis dans deschambrjs parquetées, dont chacune peut être occupée par quatre couvalescents.

Une machine à vapeurqui eiève leseaux d'un puits dans des réservoirs d'où elles sont distribuées pour les divers services, est installée près des cuisines.

Celte machine alimente en outre douze

baignoires, des bains de vapeur et une buanderie. Elle met aussi en mouvement un hydro-extracteur, pour rincer et sécher le linge, fait fonctionner un séchoir à cxdunint d'air chaud, ventile la buanderie et les cuisines.

Les lavabos sont |)lacés au centre des ailes principales occupées par les chimbres.

Les pièces destinées à l'habitation sont chauffées par huit calorifères construits dans les caves. Dans les parties supérieures de la voûte contenant les conrluites d'eau et de gaz, sont placés des égouts destinés à rece\oir les eaux pluviales et ménagères pour les déverser dans le gi-and ég'ut de la maison de Charenton qui les déverse à son tour dans la Marne.

Des portiques qui permettent de S3 rendre sur tous les poiiits a couvert relient extérieurement tous ces bàtimentset forment la clôture de l'établissement sur les jardins dont il est environne.

La surface totale des terrains est de 16 hectares 95 cent., celle des constructions est de 8,000 m.ètres.

Fourneaux LE l impératrice. — Une chose manquait au système de charité publique et privée adopté jusqu'à présent; c'était de ne pas être à la portée de ceux des ouvriers qui, n'étant pas assez dénués de ressources, pour recourir aux établissements de bienfaisance, ou retenus par un sentiment de noble dignité, ne pouvaient, au temps de chômage ou de dure saison, atteindre au prix des choses de pr mière nécessité et se trouvaient reduitsaux plus dures privations.

Le système à résoudre était dès lors de ménager la dignité de cette clas^e intéressante et défaire arriver la b.e;.faisance jusqu à elle sans froisser en rien son honoiabie susceptibiliié.

La création àQsfourwaux de Vimpératrice a résolu ce problème : l'idée cq ap; artieut a S. M. rimperalrice Eigéuie; la réalisation à M. le préfet de police Piétri. Rappioché par la nAwvQ de s:^s atti'ibutions des claies souffrantes, ce magistrat a pu témoigner en cette occasion tout i'interèt qu'il leur porte.

Lebutque l'onse proposa parla création de ces fourneaux économiques, se .rouve nettement indique dans les ligues suivantes extraites d une circulaire ad. nioistralive du 20 décembre ^855.

« Les ouvriers atteints par le chômage,

2Qg HISTOIRE

« ceux dont le salaire est insuffisant,- ceux - « surtout qui doivent appliquer leurs gains t aux besoins, d'une nombreuse famille, « voilà quels seront nos clients habituels. « Dans la plupart des ménages pauvres, « le père de famille n'est pas seul à gagner • le pain du jour ; la mère le suit parfois « à l'atelitr; plus souvent elle se charge « au dehors ou dans sou intérieur même, « de travaux pénibles ou mal rétribués. « Le temps lui manque pour la prépara- « tion du repas commun, qu'elle compose « à la hète d'aliments peu substantiels ou « peu salubres; de là l'altération de la « santé dont les conséquences aggravent « enfeutte si cruellement la misère. C'est « cet ordre de souffrances qui a excité la « profonde sympathie de l'empereur et de « l'impératrice. LL. MM. veulent que « ces laborieuses femmes d'ouvriers trou- « vent dans nos fourneaux un repas sain, « bien préparé et dans des conditions de « bon marché qui le mettent à la portée « des plus minces salaires : que ces enfants « qui feront un jour la force et la richesse « de la France ne voient pas leur vigueur « altérée par des privations précoces. »

Les fourneaux de l'impératrice étaient donc destinés d'une manière toute spéciale à la classe ouvrière, et pour l'y attirer on adopta une combinaison dont le ^uccès fait honneur aux sentiments des ouvriers parisiens. C'est l'exclusion absolue sous quelque forme que ce soit de la gi Luité des distribulioos : c'est-à-dire que quand tous les autres fourneaux de charité, no recevant que peu ou point de consomiri-'teurs payants, émettent un nombre déi 'miné de bons de portions répandus, h, titre d'aumône, dans les classes nécessiteuses, dans ceux de rim[)ératrice, le prix des portions indéterminées, est ^ow/owrs^tt^e en numéraire. Seulement le prix, au lieu d'être le prix de revient, est abaissé jusqu'aux dernières limites du possible, sauf toutefois la gratuité ; et c'est précisément en cela que le caractère de cette œuvre de bienfaisance honore à la fois la pensée qui l'a conçue et celle qui l'a exécutée.

Voici la liste et le prix des aliments préparés dans les fourneaux :

85 grammes de viande

cuite désossée. . , 0 fr. 05 c.

4/2 litre de bouillon. . 0 fr. 05 c.

Kp. litre de haricots, de

pois verts de Lorraine,

de riz préparés au gras

ou au maigre. . . . 0 fr. 03 c.'

D'après ces j)rix un repas suffisant pour l'alimentation de six personnes, composé d'un kilo de viande et d'an litre de hari- j cots, qui, acheté dans les meilleures condi- | tions, coûterait apprêté dans le ménage au ' moins 2 fr. 25, est livré par les fourneaux à un prix inférieur de plus de moitié.

Avec de tels prix de vente l'administration des fourneaux entraîne, on le corn- , prend, d'assez grands sacrifices ; mais ils ' sont couverts par i 00,000 fr. de subvention annuelle accordés parS. M. l'impératrice et par les dons de personnes bienfaisantes.

Les premiers fourneaux ont été ouverts au public le 27 décembre K 855, et le nombre en a été successivement porté à 69, répartis entre tous les quartiers de Paris et les communes les plus populeuses du département de la Seine.

Pendant l'hiver de 1855-1 856, leur durée moyenne d'activité a été de 112 jours. En 1856-1857 ils ont fonctionné durant 161 jours. La vente journalière des 69 fourneaux réunis ayant été de 45à 46,000 portions, et chaque consommateur ne prenant en moyenneque deux portions, 22,000 à 53,000 personnes ont ainsi été nourries dans des conditions inouïes de bon marché.

Le service des fourneaux a été confié à àQsJilles de la Charité, de Saint-Vi?icent de-Paul, sur tous les points qui se trouventà proximité suffisante des maisons de cet ordre. Elles ont occupe cinquantetrois de ces postes fatigants. Pour onze a litres le préfet de police a obtenu le concours de diverses communautés religieuses. Un a été confié aux J,lle de la Sagesse, deux aux JlUes de la Croix de Saint- André, un aux sœurs hospitalières de Sainte -Marie, quatre aux sœurs de la Divine-Providence, un aux sœurs de Saint-Joseph et un aux sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde. Enfin cinq sont dirigés par des femmes séculières.

Tel est le nouveau système de charité publique qu'on appelle fourneaux de l'impératrice. Conçu au point de vue de la philanthropie la plus délicate, il porte la bienfaisance jusqu'aux plus infîmes de la classe ouvrière de Paris sans forcer personne aux dures et pénibles conditions malheureusement et trop généralement

imposées par le cahier des charges de la misère.

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